Compte rendu

Compte rendu de la séance du Conseil communal du 22 septembre 2005


Crise (à la) Carolorégienne !

La crise à la société d'habitations sociales " la Carolorégienne " a constitué la majeure partie des débats de ce Conseil communal. Dès le début de séance, le Bourgmestre a annoncé que les Echevins Van Bergen, De Spiegeleer et Liesse avaient été déchargés de leurs attributions par le Collège. Jacques Van Gompel a ensuite détaillé la nouvelle répartition de celles-ci, avant de faire part au Conseil de la démission d'André Liesse en tant que Conseiller communal et Echevin. Etienne Knoops (MR) a tenu à s'exprimer directement sur une situation " extrêmement grave pour la Ville ". Il s'est, en outre, dit " inquiet sur le futur de la gestion de celle-ci, avec un Collège décapité et deux Echevins sans attributions pour lesquels il est délicat de conserver mandats et rémunérations sans pouvoir exercer " tout en s'étonnant de la façon dont le Bourgmestre a géré la crise. JVG a rappelé qu'au niveau légal, il y a peu de choses qu'un Bourgmestre peut faire par rapport aux Echevins, interrogeant le MR sur " qui a déclenché la crise ? " alors que le Conseiller MR concluait provisoirement en parlant de " manquement grave à la déontologie ".

Oppositions…

Après l'examen de l'ordre du jour, la Carolorégienne revenait au centre des discussions via les interpellations groupées d'Olivier Chastel (MR), Luc Parmentier (Ecolo) et Anne-Marie Boeckaert (CDH). Olivier Chastel (MR) se défend " d'être rendu responsable de la situation, n'ayant fait que son devoir ".Il revient sur le rapport d'audit avant d'évoquer un rapport 2002-2003 du réviseur d'entreprise de la Carolorégienne, déposé auprès de la Banque nationale, qui met en lumière des pratiques illégales à l'encontre des locataires. Le Conseiller affirme être resté mesuré dans son attitude mais demande, au nom de son groupe, que la clarté soit faite dans cette affaire, émet de vives réserves sur la poursuite de la mission de l'administrateur gérant, demande plus de pluralisme dans les sociétés de logements sociaux et que la société " la Carolorégienne " se constitue partie civile dans l'affaire en cours. Il souhaite que les moyens financiers soient mis en oeuvre pour les locataires et qu'une section supplémentaire soit mise sur pied au Conseil pour suivre l'évolution des sociétés d'habitations sociales et s'assurer que rien ne soit en contradiction avec la loi. Luc Parmentier (Ecolo) exprime d'abord sa tristesse de " voir Charleroi pointé du doigt comme zone franche de non-droit politique ". Administrateur de la Carolorégienne, il évoque son devoir de réserve mais constate que " le Comité de direction a déshabillé le Conseil d'administration de nombreux pouvoirs ".Il parle de rapports faussés, de pièces posant problème non communiquées par le Comité de direction " mais précise que " la Carolo n'est pas un cas unique " . Le Conseiller Ecolo réclame la démission des Echevins mis en cause et demande à ce que l'on réponde aux besoins et demandes des locataires en ce qui concerne, notamment, les travaux urgents à effectuer. " Pour Ecolo, le logement social doit être au service des plus faibles " conclut-il. Anne-Marie Bouckaert (CDH) demande à ce que l'on tire les conséquences de la situation, précisant " qu'il y a des Echevins pour qui elle a de l'estime et qu'elle n'a pas à juger " avant de rendre hommage à la décision d'André Liesse. Elle demande que l'on " pense à traiter de manière juste les locataires et le personnel de la Carolorégienne, ainsi que ceux qui doivent aujourd'hui prendre une décision… "

Le PS a pris ses responsabilités…

Le Bourgmestre Jacques Van Gompel, dans sa réponse, a évoqué son impression qu'une grande partie des efforts fournis pour donner de Charleroi l'image d'une ville en route vers son futur soient mise à mal par cette crise. Pour lui, la Ville devait être informée de la situation de la Carolorégienne. Il s'interroge sur ce qu'ont fait les autorités de tutelle et constate que si des mesures ont été prises au sein de la société, elles ont été insuffisantes. Le Bourgmestre se félicite de la désignation d'un commissaire spécial. Humainement meurtri, le Mayeur ne peut " sur le fonds, en tant que Socialiste, cautionner la disproportion entre l'objet social de la société et l'utilisation que semblent en avoir fait certains ". Le PS a pris ses responsabilités et Jacques Van Gompel détaille la chronologie des événements et de l'action de l'USC. Il invite aussi le Conseiller Chastel à analyser son " comportement politicien pathologiquement exempt de toute déontologie " avant de remercier Claude Despiegeleer, André Liesse et Serge Van Bergen pour le travail énorme fourni au sein du Collège.

A Chastel…

L'Echevin Serge Van Bergen s'adresse alors longuement à Olivier Chastel, déplorant que ce dernier se " lance dans une campagne basée sur le dénigrement " et précisant qu ' " à ce jour, je ne suis pas inquiété par la justice, mais uniquement par Chastel et la presse… ". L'Echevin dit au conseiller " tu es allé jusqu'à la provocation, créant un marasme politique, un foutoir qui dépasse tes espérances, une hystérie politique et sociale collective, mais crains l'effet boomerang, la perte de contrôle de tes manoeuvres, car toutes les dictatures se sont construites sur ce modèle ".

Exigence citoyenne

Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), après avoir salué la force qu'il faut à Jacques Van Gompel pour rester de manière déterminée à la tête de Charleroi, appelle à travailler pour restaurer une crédibilité qui dépasse de loin la Carolorégienne ou le PS. Il évoque l'action de l'USC mais aussi une nouvelle culture politique et une exigence citoyenne traduite dans nombre de législations. " Du jour au lendemain, si vous commettez une erreur, vous payez et tout ce qui a été fait précédemment disparaît. Il n'y a plus qu'un plateau à la balance. Les Echevins ont démissionné de la Carolorégienne, l'USC a pris une sanction politique, et, au-delà, les 30 représentants PS au Conseil d'administration ont démissionné. " Le Commissaire spécial désigné se substituera aux organes de gestion mais Van Cau plaide pour qu'on recrée un Conseil d'administration : " Mon souhait est que la Carolorégienne devienne une société modèle au terme de la crise que l'on vient de connaître " . Par rapport aux Echevins, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) évoque ensuite le code de la démocratie locale dont l'examen a débuté au Parlement. Dans ce contexte, le PS pourrait plaider la " méfiance constructive " pour activer le remplacement des Echevins mis en cause, car, précise le Conseiller, " rien ne va s'arranger avec deux Echevins que la presse qualifie déjà d'être en congés payés ".Van Cau conclut son intervention en demandant un dernier et immense service à Claude Despiegeleer et Serge Van Bergen : leur démission !

Etienne Knoops (MR)
ne peut admettre la moindre responsabilité dans cette crise, évoquant des " pratiques mafieuses " et faisant appel à la démocratie. " Il y a eu un travail tout à fait valable d'un Conseiller que mon groupe félicite, et cela a amené des mesures qui devaient être prises ". Et s'adressant à la majorité : " soyez réalistes, demandez à l'opposition d'être plus vigilante !"
Véronique Salvi (CDH) en appela à la conscience politique de chacun. " Ethiquement, la population ne peut comprendre que les Echevins restent en place. Il n'existe pas d'autre issue que la démission " . La Conseillère CDH souligna que cette guerre ne servait personne et qu'il était temps de travailler ensemble !

Le Bourgmestre
demanda, lui aussi, que les groupes démocratiques se serrent les coudes pour traverser cette crise et reprendre le travail. Il évoqua la réflexion entamée via Charleroi 2020, mais aussi l'attention qui doit être portée à la société de logements, ses locataires et ses travailleurs, avant d'appeler à la confiance en la justice.

On retiendra également l'interpellation de Manu Simon (Ecolo) quant aux économies à réaliser dans le parc automobile communal et dans les sociétés subventionnées par la Ville de Charleroi à laquelle répondit l'Echevin Monseux. Une question d'actualité de Jacques Coupez (Ecolo) à l'Echevin Demacq portait sur les conditions de travail à l'école des Haies de Mont-sur-Marchienne et Luc Parmentier (Ecolo) interrogea Evelyne Druart sur l'hygiène dans les crèches communales.