Compte rendu 05/03/2007

Compte rendu de la séance du Conseil communal du 05 mars 2007


Le difficile « exercice » des chiffres

Le compte budgétaire de l’exercice 2005 et le budget 2007 du CPAS constituaient l’essentiel du menu du Conseil communal du 5 mars dernier. Un Conseil communal un peu particulier puisqu’il était commun avec celui de l’Aide sociale.

Avant de le proposer au vote, le compte budgétaire, présenté avec plusieurs mois de retard pour toutes les raisons que l’on connaît comme l’a précisé le bourgmestre Léon Casaert, l’on eut droit à un exposé introductif de la part de Melle Spataro qui, avec force précision, a éclairé l’assemblée sur les arcanes d’une matière parfois difficile à appréhender. Qu’en retenir ? Que le compte annuel de l’exercice 2005 de la Ville de Charleroi présente un déficit budgétaire de l’ordre de 14 millions d’euros. « Le déficit est structurel depuis 1996 et il ne naît pas d’un excès de dépenses (bien maîtrisées notamment dans le secteur des frais du personnel qui représentent une bonne moitié de l’enveloppe globale) mais bien de la faiblesse des recettes » (et en partie des irrécouvrables : 83,6millions d’euros) a souligné l’échevin des Finances J-J. Viseur. « Si l’écart entre recettes et dépenses (difficile à compenser par des taxes sous peine d’étouffer toute initiative) devait continuer à s’accroître, a encore insisté M. Viseur, nous serions dans l’impossibilité d’assumer nos missions. Il est temps que Charleroi reçoive les subsides (Fonds des Communes, Plan Tonus, financement de la Zone de Police) auxquels elle a droit. » Et de conclure : « dans ces conditions, il est difficile de développer une politique ambitieuse ».

Du côté de l’extraordinaire, il faut retenir que la situation n’est pas très réjouissante non plus. En effet, l’on constate un tassement des investissements surtout depuis 2004. « Le déficit à l’ordinaire conjugué à une baisse des investissements confirme un appauvrissement de plus en plus forts des Carolos ».

Pour Ecolo, Luc Parmentier a expliqué pourquoi il voterait contre. « J’aurais voté pour si ces comptes nous avaient été présentés en septembre de l’année dernière, mais pas aujourd’hui ; je ne peux pas confirmer que ces chiffres reflètent la réalité et je n’ai pas la garantie que l’on ne nous cache pas quelque chose ».

Etienne Knoops (MR) et J. Van Gompel (PS), ont pour leur part affirmé leur confiance à ces comptes « qui n’en sont pas moins sincères » a stigmatisé le mandataire libéral « à défaut, comme tous les chiffres, d’être tout à fait exacts ».

Pour le cdH, Véronique Salvi a plaidé pour que l’on poursuive les efforts pour rechercher des subsides mais que l’on ne perde pas de vue l’évolution des dépenses.

Finalement, c’est majorité contre opposition que le compte budgétaire 2005 de la Ville de Charleroi a été approuvé. C’est également majorité contre opposition qu’a été approuvé le compte budgétaire de voirie pour la même période. Le vote sur la prolongation des crédits provisoires pour la Zone de police a par contre fait lui l’unanimité.

Toujours des chiffres pour suivre, avec le budget du CPAS. C’est le tout frais émoulu président de l’institution Marc Parmentier qui en a assuré la présentation avec le soutien du secrétaire général de la Maison Jean-Marie Berger.

Le budget du CPAS pour 2007 s’élève à 127.140.000 euros, avec une subvention Ville qui passe de 23.5000.000 euros en 2006 à 26.500.000 en 2007. « C’est le signe de la volonté de nos autorités communales de travailler à une meilleure cohésion sociale » a commenté Marc Parmentier, lequel, s’il s’est félicité de la hausse notable, a tout de même regretté que celle-ci soit inférieure à la somme projetée par le Plan de gestion actualisé tout en étant inférieure aussi à la subvention de 2002 qui se montait à 29 millions d’euros.  « Alors que, dans tous les secteurs, la demande explose a rappelé Marc Parmentier, et pas uniquement dans le rang des allocataires sociaux : « nous devons faire face à de plus en plus de demandes émanant d’un public nouveau qui n’arrive plus à joindre les deux bouts ».
Mais grâce à de bons efforts de gestion, le Centre public de l’Action sociale pourra, à défaut de pouvoir répondre à tout, poursuivre ses missions, qui sont multiples a assuré Marc Parmentier. Il rappelle que celles-ci ne se limitent pas au revenu d’intégration alloué à quelques 3000 bénéficiaires en 2006. « Depuis 2000, le CPAS s’est lancé dans un programme de rénovation et d’extension de ses résidences qui pourrait, c’est mon voeu, voir aboutir au cours de l’actuelle législature, à la création d’une dixième maison de repos et de soins d’une capacité nécessaire estimée à 115 lits ».

Parce qu’il ne traduit pas véritablement selon elle les attentes du public d’une ville à forte « réputation sociale », Mme Lefin (Ecolo) a déjà fait savoir qu’elle ne l’approuverait pas le 29 mars prochain. Pour les Verts également, Xavier Desgain, après s’être un moment arrêté sur la qualité d’un débat fort enrichissant, a souhaité obtenir des mandataires de plus amples information sur le flux des personnes bénéficiant du RI : « afin d’avoir une idée plus précise de leur parcours ».

Du côté du MR, Etienne Knoops a souligné les efforts accomplis par les gestionnaires du CPAS qui présentent un budget fidèle au Plan de gestion.

Sur le banc du cdH, Véronique Salvi a quant à elle fait remarquer que, contrairement à une idée reçue, « le CPAS n’est pas une charge pour une Ville, mais un attout, et surtout un exemple à suivre en matière de bonne gestion. » (Ceux qui voudraient aller dans le détail, la note de politique générale contenant toutes les précisions sur ce budget 2007 est téléchargeable sur le site www.cpascharleroi.be)

Une interpellation de Mme Cattiez (Ecolo) et une question d’actualité posée par Benoît Delbèque (PS) clôturaient ce Conseil communal.  La première a plaidé pour la mise en place d’une commission pour l’égalité femmes/hommes. La chose  ne devrait pas poser de problèmes selon le bourgmestre Léon Casaert qui proposera dans cette perspective de souscrire à la signature d’une Charte. Quant à B. Delbèque, il a demandé à l’échevin de l’Etat-CivilSerge Beghin quelle était l’optique de la Ville en ce qui concerne la carte d’identité électronique pour les enfants de moins de 12 ans. Oui, il est prévu, qu’à terme, et selon l’AR du 18 octobre 2006, le système actuel soit remplacé par un document d’identité électronique pour les enfants belges de moins de 12 ans (pour les non Belges, il devrait être remplacé plus tard dans le cadre du projet des titres de séjour électroniques).  Quand ? A une date que décidera le ministre de l’Intérieur a conclu M. Beghin.