Compte rendu 23/04/2007

Compte rendu de la séance du Conseil communal du 23 avril 2007


BUDGET 2007 : Priorité à la sécurité et à la propreté…sans nuire aux autres secteurs !
C’est finalement un budget en équilibre qui a été présenté au Conseil communal lors de la séance du 23 avril. Comme l’a expliqué le Bourgmestre Léon Casaert dans son exposé, « le régime actuel des 12 èmes provisoires allait entraîner, à terme, un dysfonctionnement général des services de la Ville. »

Un budget, un programme…

Le budget total porte sur un montant de près de 348 965 000 € et permettra de définir et appliquer des priorités pour les mois à venir. A l’ordinaire, l’équilibre est atteint en intégrant des dividendes sur les intercommunales et des recettes de parking jusqu’ici cantonnées au niveau de la Régie communale autonome, soit 9 millions d’ € et 1, 5 million d’€ qui ne sera plus versé à l’ISPPC et Aquasambre sous forme d’aide à l’emploi. Le budget extraordinaire peut, de son côté, intégrer des aides non utilisées l’an dernier, soit 7,9 millions d’€ qui s’ajoutent à l’objectif initialement fixé de 15 millions d’€. Pas d’augmentation de l’impôt sur les personnes physiques ni du précompte immobilier, pas de licenciements de personnel, mais au contraire  un choix de priorités politiques principales : la sécurité et à la propreté.  Pour la sécurité : « Charleroi doit devenir de façon urgente et durable une ville sûre permettant un exercice normal de la vie sociale et économique…J’entends qu’au terme de la législature communale, Charleroi atteigne un niveau de sécurité supérieur à la moyenne nationale.» Ce qui passera par une stratégie s’articulant autour de la police de proximité, la sécurisation d’espaces publics sensibles, la lutte contre les incivilités, la drogue et la grande criminalité. Léon Casaert évoque ainsi la négociation du nouveau plan stratégique de sécurité et de prévention et en particulier son indexation annuelle, la revalorisation de l’enveloppe accordée par la Région wallonne pour le plan de prévention de proximité. « Charleroi doit devenir de façon urgente et durable une ville sûre permettant un exercice normal de la vie sociale et économique… » Au niveau des quartiers, la problématique des jeunes jugés dérangeants et le thème des médiateurs d’urgence feront l’objet d’un développement nouveau et mobilisateur. Les initiatives en faveur de la prévention des nuisances et des agressions envers les personnes âgées et les petits commerces seront amplifiées. La dotation octroyée à la zone de police s’élèvera à 47 715 000 €, soit 13,5% de l’ensemble des dépenses. Ceci permettra l’engagement de 20 agents supplémentaires en juin. Le nouvel hôtel de police constitue également une priorité (l’Echevin de l’Aménagement urbain Eric Massin avait d’ailleurs présenté le plan directeur de la zone en tout début de séance du Conseil). L’acquisition du terrain destiné à la construction de la nouvelle caserne des pompiers sera, elle aussi, d’actualité en 2007.
Autre grande priorité 2007, la propreté, pour laquelle des moyens supplémentaires importants seront dégagés. 1 217 000 € iront au service propreté de la Ville. « Notre ville est confrontée à un état de saleté préjudiciable à la qualité de vie de nos concitoyens et à l’attractivité de Charleroi. Le département pourra avoir à sa disposition les moyens nécessaires pour redonner une apparence plus conforme à la métropole, ce qui va de pair avec un sentiment de sécurisation au sein de la population » indique le Bourgmestre Léon Casaert. Les effectifs seront augmentés de 50 unités et le budget ordinaire de la Division propreté sera augmenté de près de 40 %. Un plan global de gestion des déchets sera présenté au Conseil en 2007. On sera également attentif à la pollution de l’air. « Le département propreté pourra avoir à sa disposition les moyens nécessaires pour redonner une apparence plus conforme à la métropole » La collaboration de la ville au Contrat de rivière sera intensifiée. La pollution sonore sera, elle aussi, en ligne de mire.  Si le budget 2007 est placé sous le signe de la sécurité et de la propreté, les autres secteurs ne sont évidemment pas remis en question : « Ce qui importe pour nous, c’est de mobiliser les dynamismes de chacun afin d’assurer, avec tous, le redressement institutionnel, économique, social et environnemental de notre Ville afin de contribuer au bien-être de nos citoyens, de leur rendre la fierté d’être Carolos. »   Le Mayeur a ensuite décrit une longue série de mesures projetées dans chaque secteur avant de conclure : « Mes priorités ne remettent nullement en cause la politique des autres départements. Je pense à l’éducation, l’action sociale, l’économie, l’emploi, la santé, les activités tant pour les enfants que pour le troisième âge, la culture, le tourisme. Ceux-ci ne souffriront pas de notre volonté de mettre tout en oeuvre pour redonner à Charleroi l’image qu’elle mérite. Si nous atteignons nos objectifs, ces départements en profiteront pleinement. ».

Côté chiffres

Jean-Jacques Viseur (CdH), Echevin du Budget a ensuite procédé à une présentation plus technique de l’exercice budgétaire 2007, en en décrivant l’historique et le processus d’élaboration. Pour Jean-Jacques Viseur (CdH) « le budget 2007 constitue un budget-miroir, une base de travail pour les années à venir » car Charleroi ne reçoit toujours pas de juste financement et entend bien continuer à le revendiquer : « je n’ai aucun problème personnel avec l’autre métropole wallonne mais on ne peut pas toujours demander qu’une politique d’austérité soit la règle dans l’une si elle ne l’est pas dans l’autre ». Outre la propreté et la sécurité, l’Echevin du Budget épingle également le social (CPAS) comme priorité avec une augmentation de 12,7 % de la part de la ville dans les charges de fonctionnement du CPAS « Il s’agit là d’une expression d’excellence dans toute une série de domaines et c’est un signe qui doit être donné aux citoyens avec la lutte contre la pauvreté, les soins et l’attention aux personnes âgées… ».
Côté chiffres, pour la propreté qui voit ses moyens de fonctionnement augmentés de 42 %, 78 000€ seront consacrés à des opérations spéciales de nettoyage du Centre Ville, 30 000€ sont prévus pour la lutte contre les tags et la désinfection, 50 000€ sont affectés au désaffichage et 55 000€ sont consacrés à l’entretien et à la désinfection des poubelles urbaines. Les moyens prévus pour l’assainissement des terrains privés dans le cadre des dispositions réglementaires et décrétales ont été décuplés et les investissements dans le secteur propreté multipliés par 5. Pour la sécurité, on retiendra l’accroissement de 10% de la dotation à la zone de police et la multiplication par 3 des dépenses extraordinaires qui comprennent notamment la 1ère phase d’élaboration du projet du nouvel hôtel de police, estimée à 2,8 M €.
En comparant  des données de Charleroi et d’autres villes, notamment en ce qui concerne le précompte immobilier et l’impôt des personnes physiques par habitant (1% à l’IPP représente 19,02€ à Charleroi contre 32,12 € à Gand !) , l’Echevin souligne que ces chiffres ne pourront rester exclusivement carolos et que les autorités de tutelle devront en tirer les conclusions.
Enfin, en évoquant l’élaboration d’un plan financier triennal 2008-2010, tant pour l’ordinaire que l’extraordinaire et le vote du budget 2008 dès octobre prochain, Jean-Jacques Viseur entend marquer une volonté de rigueur de construction et d’ambition : « le budget doit traduire les ambitions de Charleroi et nous ne jouerons pas « petit » dans les années à venir »

 

Ecolo : un équilibre précaire pour un budget qui n’est pas à la hauteur des défis à relever
Le groupe Ecolo, par la voix de Xavier Desgain, souligne que l’équilibre présenté au budget 2007 est précaire et que l’emploi d’artifices comptables de type « one shoot » sur les dividendes des intercommunales lui paraît être un leurre. Il relève que Charleroi a bien besoin de nouveaux habitants, mais pour cela il faut améliorer le cadre de vie, sécurité d’existence, propreté, sécurité etc… Une ville où il fait bon vivre, où l’habitat est rénové, où les quartiers désaffectés retrouvent une nouvelle vie par la rénovation de l’habitat et la création de petits commerces. Au niveau de la propreté, le chemin est encore long pour y arriver et malgré le plan propreté, il serait temps de passer à la phase « bâton » car la phase « carotte » est à saturation et que Charleroi ressemble plutôt à Crasse sur Sambre que Libre sur Sambre. Le poste le plus important des dépenses est celui des dépenses du personnel, il est temps d’actualiser l’organigramme pour enfin savoir qui fait quoi et pour quelle direction. La priorité des priorités est avant tout de gérer cette ville de manière efficace et légaliste, et de mettre un terme à une gestion à la petite semaine. Les dépenses liées à la propreté sont en augmentation, mais la moitié de cet accroissement servira à confier à un opérateur privé des opérations spéciales de nettoyage au centre ville. N’y a-t-il pas, à terme, un risque de voir ce département privatisé ? On ne retrouve plus, dans le budget, d’article relatif à l’aide aux groupes politiques, pourtant prévue dans le règlement d’ordre intérieur du Conseil. Ce budget fait penser à un catalogue de bonnes intentions mais où les moyens de réalisation manquent. Il laisse notamment de grosses zones d’ombre sur la construction du nouvel hôtel de police et de la nouvelle caserne des pompiers. Les augmentations des budgets logement et urbanisme ne sont pas à la hauteur des enjeux en termes de rénovation urbaine, et globalement, ce budget ne paraît pas à la hauteur des défis à relever. Au niveau de la sécurité, Malika El Bourezgui regretta que des moyens plus imlportants ne soient pas consacrés à l’accompagnement des personnes souffrant d’assuétudes.

MR : le travail doit continuer, il reste beaucoup à faire
Etienne Knoops, pour le groupe MR, exprima sa satisfaction quant à un budget présenté en équilibre tout en répétant la nécessité pour Charleroi d’être revendicatif envers le Fonds des Communes et les autres aides régionales. Le budget doit permettre de démarrer une gestion sérieuse mais difficile et doit maintenant être exécuté correctement. Le travail doit continuer et les dépenses doivent être examinées une par une. Certaines peuvent être réduites, d’autres supprimées. L’amélioration de l’image de la ville viendra d’une meilleure gestion et il faut faire appel à la tutelle pour une approbation rapide de ce budget. Le MR s’associe à la remarque d’Ecolo en ce qui concerne l’aide aux groupes politiques. Le groupe MR insiste pour que l’on se penche sur le secteur de l’expansion universitaire, indispensable pour Charleroi même dans les difficultés. Il félicite le Collège pour le travail effectué mais il reste beaucoup à faire et espère que le calendrier sera tenu pour le budget 2008.

CdH : demain doit se réfléchir aujourd’hui
Véronique Salvi
, pour le CdH, souligne qu’on ne pourra compter éternellement sur la dotation de la Région Wallonne et l’avance des dividendes des intercommunales. Son groupe plaide pour une politique d’investissement plutôt que de distribution comme par le passé, demande une gestion des dépenses et des investissements sur le long terme, une politique efficace et efficiente. Des priorités ont été définies, mais demain doit aussi se réfléchir aujourd’hui. Comment investir dans l’attractivité ? La Culture est prioritaire dans de nombreuses villes en mutation, ce qui ne se marque pas dans le budget. Le sport pour tous doit également devenir un atout majeur. Il est également nécessaire pour Charleroi d’investir dans son capital humain, de donner à son personnel les moyens d’évoluer. Le CdH  réclame au niveau du budget extraordinaire l’expression d’une politique à long terme cohérente et ambitieuse.

PS : il est temps d’activer le plan revendicatif de Charleroi
Pour le PS, Alain Lelubre se réjouit de la présentation d’un budget qui tient la route intégrant des objectifs bien clairs, et rappelle le soutien de son groupe à l’équipe dirigeante en place. Jacques Van Gompel rappelle, lui, que la large majorité mise en place l’a été dans le but de revendiquer un traitement plus juste pour Charleroi au plan financier. L’an prochain les effets « one shoot » n’existeront plus et il est temps d’activer le plan revendicatif de Charleroi, d’agir ensemble dans les différentes directions où des correctifs en faveur de notre Ville peuvent être obtenus, notamment un retour plus rapide de la part des impôts au fédéral et un financement plus adéquat sur le plan culturel. Ingrid Colicis insiste, de son côté, sur la nécessité de la priorité « sécurité ».