Compte rendu 09/07/2007

Compte rendu de la séance du Conseil communal du 09 juillet 2007


L’équipe de Jean-Jacques Viseur prête serment

Entre autres points à l’ordre du jour de sa séance du 9 juillet, le Conseil communal avait à pourvoir à l’installation du nouveau Collège communal conduit par Jean-Jacques Viseur. La prestation de serment des nouveaux échevins a été émaillée de nombreuses interventions, dans une ambiance parfois électrique…

Il y avait du monde, beaucoup de monde pour assister à la réunion du Conseil communal du lundi 9 juillet. Et cela se comprend puisque l’assemblée municipale avait à pourvoir à l’installation du nouveau Collège communal emmené par le cdH Jean-Jacques Viseur.

Léon Casaert (PS), toujours mayeur  à l’entame de la réunion, a tout d’abord proposé aux conseillers d’accepter la démission collective de l’équipe mise en place le 4 décembre 2006 (y compris le membre du CPAS en la personne de Marc Parmentier). Elle fut acquise à la majorité des voix, moins une abstention, celle du FN. Cela fait, le secrétaire communal ff Jacques Bouvier donna ensuite lecture du projet de nouveau Pacte de Majorité qui reçut l’approbation de quelques 41 élus. Ecolo et le FN ont voté contre. Philippe Van Cauwenberghe (PS), Alisson De Clercq (PS) ne l’ont pas signé ainsi que Fabienne Manandise (cdh), mais, semble-t-il en ce qui la concerne pour cause de déplacement à l’étranger.

La collation des votes accompli, on eu droit à plusieurs interventions. D’abord celle de l’ex-Premier citoyen de Charleroi, Léon Casaert, qui s’est livré à un petit bilan de sept mois passés à la tête de la première ville wallonne. « Nous sommes peut-être loin de la perfection, mais après sept mois d’effort continu, de travail acharné, et ce, malgré le handicap des douzièmes provisoires, j’ai la prétention de dire qu’aujourd’hui je remettrai dans les mains de J-J. Viseur et de la nouvelle équipe les clés d’un avenir meilleur pour Charleroi. » Evoquant nombre de dossiers mis sur les rails sous sa mandature (Sécurité avec l’augmentation de la dotation à la Zone de Police, pompiers avec le projet d’une nouvelle caserne, environnement et propreté avec l’accroissement des crédits de fonctionnement, nouvelle gouvernance et instauration de règles précises dans la passation des marchés publics,…), Léon Casaert a terminé en revenant sur son inculpation. « Je réaffirme avec force mon innocence et répète qu’en aucune manière je n’ai jamais eu la moindre intention frauduleuse, la moindre intention de nuire à qui que ce soit(…). Aujourd’hui, je suis contraint de faire une pause sur une oeuvre inachevée. Je quitte le mayorat, le coeur lourd ; je quitte mon équipe avec beaucoup de regrets, mais aucun remords ; je quitte les citoyens carolos avec un goût amer ; je suis fier d’avoir toujours cru en mes convictions et ce jusqu’au bout ; des convictions qui continueront à porter et me permettront de passer cette épreuve, pour mieux revenir. » 

S’exprimant à son tour, Philippe Van Cau devait quant à lui revenir sur son éviction du nouveau Collège. Dans un discours qui n’a épargné personne, ni le nouveau bourgmestre Viseur ni son propre parti, il a précisé : « Je veux, une nouvelle fois protester, dans cette enceinte de la démocratie communale, contre mon éviction injustifiée et antidémocratique. Si je le suis, ce ne sont pas pour les raisons invoquées, a martelé l’ex-échevin des Sports, mais bien pour cause d’homonymie.  « Je porte un nom qui dérange, un nom que l’on a encensé durant trois décennies mais qui aujourd’hui fait l’objet d’une véritable vindicte médiatico-politique » . « Heureusement », a conclu Van Cau jr (qui a rappelé qu’il n’avait pas posé le geste ultime afin de ne pas bloquer les institutions), « Il n’est pas d’exemple où la volonté populaire ne réhabilite pas un jour ceux qui ont été victimes d’injustice ou de déni de démocratie ».

Après le ton musclé de Philippe Van Cau, retour à un langage fleuri et imagé, celui auquel nous a habitués le chef de file d’Ecolo, Luc Parmentier. « Aujourd’hui, une partie des révoltés du Bounty a repris la barre du bateau, mais ils ont choisi de ne pas nous faire monter dans la cabine. Soit, je leur souhaite quand même bon vent et leur rappelle bien des défis qu’ils doivent relever en matière de sécurité et de propreté notamment ».

Au nom du groupe PS, c’est ensuite Alain Lelubre qui prit la parole. Quelques mots pour souligner le travail accompli par les échevins sortants – lesquels ont fait preuve de sacrifice en plaçant l’intérêt général au-dessus du leur- quelques mots aussi pour dire qu’il n’était plus temps de regarder dans le rétroviseur mais qu’ « il faut aller de l’avant, rassurer le personnel communal et faire redémarre les institutions de notre ville pour offrir aux citoyens les services qu’ils sont en droit d’attendre de celles-ci ». Quant au nouveau Pacte de majorité, « il est capital  a insisté Alain Lelubre, qui a rappelé qu’il comprenait les grandes lignes politiques pour la gestion de Charleroi durant 5 ans et demi, en ce compris les grandes priorités du PS.

Toujours dans les interventions, celle d’Etienne Knoops (MR). Evoquant le Pacte de majorité, le conseiller réformateur devait dire combien il était porteur d’espoir : « Dans ce nouveau Pacte, nous y fondons beaucoup d’espoir ; Charleroi a besoin de toutes ses forces, celles d’hier et celles de demain. J’espère que l’on ne nous décevra pas « conclut le doyen de l’assemblée qui n’oublia pas de saluer la dignité et le travail accompli par l’Exécutif démissionnaire.

« Malgré le contexte, je tiens à saluer le travail de l’équipe de Léon Casaert » a enchaîner Véronique Salvi (cdH). « Vive la complémentarité » s’est extasiée la conseillère humaniste faisant référence au bel équilibre au sein de la nouvelle équipe. « Et maintenant au boulot ! Les Carolos vous attendent. Et ils ont besoin de vous » a-t-elle ponctué.

Au boulot, mais d’abord la prestation de serment. Après J-J. Viseur, se sont ainsi succédé dans l’ordre, pour jurer fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et aux lois du Peuple belge, Paul Ficheroulle (1er Echevin – PS), Philippe Sonnet (2è Echevin – MR), Eric Massin (3è Echevin – PS), Latifa  Gahouchi (4è Echevin – PS), Françoise Daspremont (5è Echevin – PS), Laurence Wilgaut (6è Echevin – PS), Ornella Cencig (7è Echevin – MR), Ingrid Colicis (8è Echevin – PS), Antoine Tanzilli (9è Echevin – cdH) et Bernard Dallons (président du CPAS – PS).
Paré de l’écharpe mayorale, J-J. Viseur y est allé aussi d’un petit discours. Un discours bref, « car le temps des paroles doit céder le pas le plus rapidement possible au temps des actes. » Adressant quelques félicitations à son prédécesseur (qu’il compara au Docteur Rieux, le héros de La Peste, d’Albert Camus, une personne qui refuse l’héroïsme spectaculaire mais a une morale de la responsabilité et de la solidarité), le Premier Carolo conclut en ces termes : « Avec nos fonctionnaires et nos agents, et le capital humain qu’ils représentent qui est une vraie richesse, nous allons dessiner cette ville chaleureuse, belle et si humaine que, comme dans la chanson, est celle que nous préférons ». Cette même chanson symbole du Pays de Charleroi que le public a entonné un moment, dos tourné à l’assemblée, pour s’opposer aux délires verbaux, parfois carrément infâmes des élus du FN, et plus particulièrement de M. Delcourt lequel est allé, eh oui, jusqu’à gifler séance tenante, un collaborateur d’Eric Massin.

Bien d’autres points étaient inscrits à l’ordre du jour de cette séance du 9 juillet. Sous la conduite du président frais émoulu, le Conseil à par exemple adopté la Charte d’audit interne qui cadre les missions du comité et dudit service d’audit. Le Conseil a également adopté le règlement d’ordre intérieur et de fonctionnement du Bureau d’Ethique et de Déontologie ainsi que la Charte de l’Administrateur communal mis en place dans le cadre du Livre Blanc sur la nouvelle Gouvernance.  Le Conseil a également adopté à l’unanimité l’extension de l’objet social statutaire à « l’organisation d’événements à caractère pubic » pour la Régie communale autonome ; pris acte du rapport du Médiateur communal (lire en actu sur notre site internet), entendu la déclaration d’intentions en matière de logement exposée par l’échevin Eric Massin (à lire par ailleurs), adopté les dispositions pour revoir de manière automatique au 1er juillet (selon l’indice des prix à la consommation), les interventions dans les frais de missions du personnel communal, y compris, avec effets rétroactifs au 1er janvier dernier, pour ceux se déplaçant à bicyclette. Toujours au sujet du personnel communal, le Conseil a adopté un texte relatif à l’indemnité funéraire, qui pourra dorénavant être liquidé au profit de toute personne physique ou morale (qui justifie avoir assuré les frais funéraires). Toujours en ce qui concerne le personnel communal, le Conseil a suivi la proposition du Collège de mettre sur un même pied d’égalité les agents Ville et ceux du CPAS au sujet de la prime non-indexée dans le cadre du départ anticipé à mi-temps.

Une décision importante à retenir également, celle concernant le Centre de délassement de Marcinelle. Le Conseil a décidé l’octroi d’une subvention de fonctionnement de 133.863,35€ correspondant au solde disponible du crédit voté au budget 2007 de l’asbl Samara. Notons que le Conseil communal a également examiné le dépôt du dossier de candidature pour la construction d’un nouvelle hôtel de police au quartier Drion.  Celui-ci, qui devra être déposé pour le 14 septembre 2007, formalise l’engagement de la Ville et de la police locale dans le processus du financement alternatif. A huis clos, le Conseil s’est penché sur le transfert des 20 militaires qui devraient venir renforcer les rangs de la police pour des missions administratives et logistiques. Enfin, à retenir deux interpellations d’Anne Cattiez (Ecolo), au sujet, premièrement de la problématique des personnes sans domicile fixe (la conseillère s’inquiète de la concrétisation des engagements pris et des réflexions menées), deuxièmement, au sujet d’un projet d’implantation d’une centrale électrique TGV de 500MW à l’entrée ouest de Charleroi, projet que Mme Cattiez aimerait que l’on rediscute dans le cadre d’un plan global d’aménagement du territoire tant en matière de réinvestissements industriels qu’environnementaux et ce, en concertation avec la Porte Ouest.