Centre-Ville: Des conteneurs collectifs enterrés accueilleront bientôt vos déchets ménagers

Mercredi 15 Novembre 2017 - 07:25

Dès 2018, dans le nord du centre-ville, la gestion des déchets ménagers résiduels et la collecte sélective du verre s’effectueront par le biais de conteneurs collectifs enterrés.  La Ville de Charleroi vient en effet de déléguer à l’intercommunale ICDI l’installation de 60 conteneurs enterrés dans le périmètre élargi de Charleroi DC. L’objectif : Une gestion moderne et plus performante des déchets ménagers, adaptée aux zones urbaines à forte densité de population.

La revitalisation du Nord du centre-ville autour du projet « Charleroi DC » va amener une augmentation démographique importante et il importe d’anticiper et d’adopter dès maintenant une stratégie adaptée en termes de gestion des déchets, de propreté et de salubrité publique.

Dans ce contexte, l’ICDI a proposé à la Ville de Charleroi d’étudier la faisabilité d’implémenter un réseau de conteneurs collectifs enterrés dans le périmètre de Charleroi DC, qui remplaceraient l’actuel sac blanc utilisé par les citoyens pour collecter leurs déchets.  Le dispositif est également adapté aux collectes sélectives en vue du recyclage.

Les travaux de rénovation et de modernisation de la ville haute présentent en effet une opportunité d’implémentation de nouveaux modes de collectes et de gestion des déchets ménagers et commerciaux, en meilleure adéquation avec les besoins des usagers d’une métropole en mutation vers la modernité: Les conteneurs collectifs enterrés, accessibles aux citoyens 7j/7 via un badge attribué par ménage.  Ces « poubelles collectives » représentent une solution moderne, innovante s’inscrivant dans l’objectif de redynamisation urbaine et d’amélioration de l’attractivité et de la qualité de vie en centre-ville. « Il faut apporter des solutions à la problématique de la salubrité publique. Pour y arriver, nous avons décidé de nous appuyer sur le professionnalisme de l’intercommunale de gestion des déchets de notre bassin de vie, explique Paul Magnette. "Nous devons aller chercher les compétences là où elles sont. Par ailleurs, nous avons estimé que l’espace de Charleroi DC, qui va faire l’objet d’une profonde transformation urbaine, est idéal pour mettre en place cette solution novatrice ». 

Pour être efficace, le projet doit être bien réfléchi dans l'espace et situé à proximité immédiate (pas plus de 75 m) des lieux de fréquentation et de résidence intégrant les besoins spécifiques présents sur le périmètre à couvrir (y compris les opérateurs culturels, publics, les commerces et les restaurants). Suite à cette analyse, et sur base des résultats très positifs des tests menés notamment à la cité Warmonceau depuis 2016 à la grande satisfaction des utilisateurs, il a été établi que 36 conteneurs pour les déchets ménagers résiduels et 24 conteneurs pour le verre mixte seront prochainement installés dans le périmètre élargi de Charleroi DC. Concrêtement, 2400 ménages pourraient être concernés dans un rayon de 0,36 km².

« Nous avions souhaité que le projet soit neutre budgétairement pour la ville. C’est pourquoi j’ai sollicité l’intercommunale pour qu’elle étudie une proposition adéquate», précise Paul Magnette.  Plusieurs facteurs ont permis à L’ICDI de présenter un projet sans conséquences budgétaires pour la Ville. Le territoire définit pour développer ce dispositif tout d’abord : Il devait être suffisamment large pour réaliser des économies d’échelles réalisées par la rationalisation des modalités actuelles de collecte qui compense l'investissement. Une augmentation de la quantité de verre mixte collectée est également espérée dans la zone concernée.

Il faut enfin souligner le financement par Fostplus à raison de 50 % du coût de 24 conteneurs maximum pour la collecte du verre si ceux-ci sont implantés en 2018. « Je suis heureuse que l’intercommunale intègre  le projet urbain de Charleroi DC avec le déploiement d’un système si innovant, explique Françoise Daspremont, présidente de l’ICDI. "Le professionnalisme de cette structure a déjà été mis en avant par des cercles d’experts externes.  Avec la mise en œuvre de ce projet, l’ICDI prouve qu’elle a les reins solides et est capable d’investir dans des modes de gestion de déchets à la pointe. »

Si le projet ne présente aucun effet budgétaire négatif pour la Ville, il aura aussi des effets bénéfiques sur le coût vérité. « Actuellement, une proportion significative des déchets collectés dans le centre-ville provient d’institutions publiques, associations culturelles ou pédagogiques ou d’activités professionnelles qui ne sont donc pas soumises à la taxe déchets alors qu’ils utilisent des sacs blancs, explique l’échevine des Finances. Les conteneurs groupés obligeront ces institutions à acquérir des accès et à s’acquitter aussi d’une contribution pour l’évacuation de leurs déchets  Ce projet pilote permet donc de tendre vers une application plus correcte du coût de l’enlèvement des déchets sur les ménages. »

L’installation technique est relativement simple : les conteneurs enterrés (d'une capacité de 5m³) sont placés dans une fosse, accessible via une borne aérienne. En termes d’utilisation, chaque ménage ou commerçant qui le souhaite disposera d’un badge d’accès (rechargeable) permettant l’ouverture d’une trappe qui se referme une fois le sac de déchets déposé. Les bornes d’accès destinées au verre seront adaptées afin d’éviter que d’autres types de déchets y soient déposés.

Ce projet présente de nombreux avantages pour la ville. « Il va considérablement améliorer le cadre de vie et la propreté dans le quartier. En effet, aucun sac blanc ne sera plus déposé sur les trottoirs avec les risques d’éventration habituels, explique Cyprien Devilers, échevin de la Propreté. Mais aussi, les riverains seront libérés de la présence de sacs sous leurs fenêtres, ce qui améliorera l’image de leur quartier et de la propreté. Nous attendons également une diminution du nombre de dépôts clandestins car nous savons que les sacs en rue (même conformes) attirent les dépôts. Libérés des contraintes « calendrier » des collectes de sacs, les riverains pourront se débarrasser de leurs ordures en permanence. Ce système est particulièrement adapté pour les logements verticaux où le stockage de déchets s’avère souvent difficile. Les conteneurs enterrés permettent d’améliorer la salubrité et l’esthétique de l’espace public. Sans oublier qu’il y aura aussi un impact  sur la mobilité, les pollutions sonores liées à l’enlèvement et l’environnement en général. ». Bref, selon Cyprien Devilers, l'installation de ce nouveau système de collectes des déchets ménagers permettra de faire entrer Charleroi dans le concept d'une ville smart city.

Pour le citoyen, l’installation de ce nouveau système sera également une petite révolution et lui apportera bien des avantages dans la gestion quotidienne de ses déchets. Ces conteneurs seront accessibles  7 jours/7 avec possibilité d’horaire modulable. Chaque citoyen peut donc évacuer ses déchets en toute légalité, lorsqu’il le souhaite.  Les habitants ne devront plus stocker et conserver des déchets résiduels dans le logement. Il sera aussi possible de contrôler en ligne sa production de déchets directement sur le site web www.icdi.be. Quant au service minimum, il ne lui sera plus offert sous forme de rouleaux de sacs blancs mais sous forme d'un nombre équivalent d'ouvertures de la trappe des conteneurs groupés.

Des études complémentaires seront effectuées par l’ICDI afin d’envisager le déploiement à terme de conteneurs collectifs pour d’autres types de déchets tels que PMC et cartons en îlots de tri.

On l'aura compris, ce projet s'inscrit dans un cadre plus large qui est celui de l'hygiène et de la propreté publiques et donc, par voie de conséquence, de l'image d'une ville en pleine phase de rénovation. Notons que c'est dans ce contexte qu'a été décidé aussi de faire "glisser" certaines missions ville de propreté publique vers l'ICDI. "Il s'agit du 3è plus gros transfert de la législature. Le long travail de réflexion a été mené en bonne intelligence avec les syndicats", précise le bourgmestre Paul Magnette. "Le but n'est pas de faire des économies, ni de dégager du personnel, mais de récupérer des moyens budgétaires pour faire en sorte d'améliorer la qualité du service. On sait que l'on travaille avec un partenaire fiable et professionnel. L'idée est de travailler par phase, en commençant par le transfert des moyens mécaniques  avant les moyens humains". "Une attention particulière a été portée à la situation personnelle de chaque agent" souligne pouir sa part F. Daspremont. "Le transfert des locaux et du matériel avance bien et tout devrait être opérationnel pour le 1er trimestre 2018" conclut le bg P. Magnette.