Charleroi a son Plan Climat: Moins 40% d'émissions de GES à l'horizon 2030

Mardi 05 Septembre 2017 - 09:36

La Ville de Charleroi a adopté son PAEDC. Un plan d’actions ambitieux qui vise à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030. Des mesures en faveur du patrimoine bâti sont particulièrement envisagées pour atteindre une diminution de quelques 480.000 tonnes de CO². Coût total de l'investissement estimé: 1,3 milliard d€.

On le sait, comme 7000 autres communes en Europe, la Ville de Charleroi s’est engagée à développer sur son territoire un programme d’actions en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC) découlant directement du protocole de Kyoto. Moins d’un an après la signature de la Convention des Maires (en novembre 2016), l’audit préalable a été réalisé et finalisé et on a aujourd'hui une idée plus précise des actions qu’il faudrait concrétiser et des priorités à suivre pour faire baisser de manière drastique nos émissions de GES.

« Il s'agit d'écologie pragmatique. Dans ce plan - il a été adopté lundi soir par le Conseil communal (non sans quelques critiques de la part de l'oppotion Ecolo et PTB+) - , il s’agira de sélectionner des actions prioritaires et y consacrer les budgets nécessaires. Un état des lieux sera réalisé tous les deux ans, il faudra donc se fixer des objectifs mesurables. Sachant que le résidentiel (logement privé) représente 37% des émissions de CO² (activités communales, 3%) sur le territoire, et que la marge d’amélioration avoisine les 56% ,on pense notamment à des mesures en faveur du patrimoine bâti" précise l’échevin de l’Environnement, Cyprien Devilers. Le PAEDC se veut être un projet fort, fédérateur, porté par tous et de développement local. Il vise un ensemble d’efforts répartis entre l’administration communale, qui doit endosser le rôle de leader exemplaire, les citoyens, les entreprises ou encore les associations, etc ».

Concrètement, pour y arriver, "il s’agit d’intégrer une dimension énergétique dans le développement stratégique de la ville, de favoriser le développement local durable dans un contexte de développement énergétique, d’intégrer un volet de prospective stratégique régionale, replaçant le développement communal dans son environnement et un volet de prospective technologique, intégrant les technologies qui sont ou seront effectivement applicables pour atteindre les objectifs visés » précise quant à lui Etienne Botman, ingénieur gérant du bureau d’études Energy Village. On pourra s’appuyer pour cela sur quelques 80 fiches détaillées. Au cas par car, elles reprennent le(s) pilote(s) de l’action, le(s) cibles de l’action, le(s) partenaire(s), les gains attendus ou encore le calendrier prévisionnel.

En parlant de gains, l’ensemble du programme d’actions entrevoit donc de faire l’économie de quelques 480.000 TCO² à l’horizon 2030 (479.391TCO²). L’amélioration de la performance énergétique des bâtiments et des équipements permettrait à elle seule de réaliser plus de la moitié de l’effort entrevu avec 267.000 TCO². Plus précisément, par exemple, si on isole correctement 18.607 logements, cela permettrait d'économiser 50% des GES, soit 41.484 TCO². En sachant, selon la société d'audit, que chaque tonne de CO² = 500€, cela permettrait d’économiser 2,4 milliards d'euros, bref, de rentabiliser très vite l'investissement global estimé à 1,3 milliard d'€.