Gilly: Un Central Park au quartier des Quatre Bras

Vendredi 01 Décembre 2017 - 14:26

Des arbres, des plantations, une ou des pièces d’eau à géométrie variable, des modules de jeux, de sport et de lecture, etc,  que l’on retrouve ci et là posés dans un espace ouvert réunissant toutes les fonctions publiques, vivant et dynamique, capable d’accueillir de grands événements : C’est ainsi que le bureau d’architecture bruxellois Central, lauréat du concours Europan 13, imagine le futur de la place Destrée, à Gilly. Son Masterplan a été présenté ce vendredi midi.

Le dess(e)in de la place Destrée, à Gilly, se dessine petit-à-petit. On connaissait la volonté générale de la Ville, qui consiste à lui rendre la centralité qu’elle mérite au nom de la nouvelle politique d’urbanisation et de reconversion mise en place à Charleroi, on en connaît désormais les contours un peu plus précis.

Ces contours, ce sont ceux couchés sur papier par le bureau d’architecture bruxellois Central, qui n’aura jamais aussi bien porté son nom, retenu par la Ville au terme d’un concours qui a réuni, excusez du peu, des équipes basées dans 45 pays différents.

« Rarement un site belge a connu pareil succès auprès des candidats du concours Europan. Gilly a remporté presque autant de suffrages que Barcelone ou Bordeaux ! Cela démontre l’intérêt européen de Charleroi. C’est à cela qu’on voit que la ville a réussi à faire comprendre aux architectes et urbanistes d’aujourd’hui et de demain qu’elle mène une vraie réflexion autour de la notion de territoire et qu’elle a une vision ambitieuse sur la manière d’envisager l’espace public » confiait le Bouwmeester de la Ville, Georgios Maïlis, lors d’un point presse, ce vendredi midi.

« Dès le départ, l’idée de la Ville était d’aller plus loin, de dépasser le concours d’idées pour tendre vers un projet concret de revitalisation du centre de Gilly", ajoutait pour sa part le Bourgmestre Paul Magnette.  « Au nord des Quatre Bras, la place Destrée accueille la Maison communale annexe (une des cinq maisons citoyennes). Elle constitue le cœur d’un quartier de service comprenant différents équipements : bâtiments scolaires, complexe sportif, centre culturel, bibliothèques, locaux pour associations et parking public ; le métro léger traverse le site en souterrain avec un arrêt accessible depuis la place Destrée. Or, « envahie par le stationnement, cette surface ne joue pas son rôle d’espace de convivialité et de cohésion sociale. Les autorités communales souhaitent revoir l’organisation de l’espace public entourant la maison communale, tant sa partie avant sur la chaussée de Lodelinsart que sa partie arrière, en conservant une liaison avec la chaussée de Charleroi au sud ».

Sur base d’un cahier des charges, l’exercice a donc consisté à faire coïncider les intentions initiales des quatre candidats finaux avec la volonté de concevoir un schéma de développement évolutif portant sur l’espace et les bâtiments publics et une proposition concrète pour un montant de travaux n’excédant pas 5 millions d’euros.  

« Le projet, très réaliste, du bureau Central nous a paru le plus conforme à nos intentions » ajoutait Paul Magnette.

Après analyse des projets, et ils ont été nombreux, c’est au bureau bruxellois Central, dont la proposition plafonnée à 5 millions d’euros englobe aussi les interventions architecturales au niveau des bâtiments publics, que la Ville a donc décidé d’attribuer la mission.

« Au-delà d’une requalification nécessaire de l’espace public en tant que tel, l’ambition du projet, qui n’est pas figé et qui s’appuie sur le travail et la dynamique déjà en place,  est d’activer le quartier en venant redéfinir, connecter et articuler les différentes qualités présentes sur le site, le Métro Gazomètre et l’impasse du Major. Il s’agira donc de transformer et d’entendre en profondeur l’espace public en le libérant du stationnement ( qui ne sera peut-être pas totalement banni) et en créant une promenade continue sous les couronnes d’arbres et de végétation. Différentes interventions (artistiques, végétales…) pourront venir ponctuer cette nouvelle grande esplanade (dont l’aménagement s’accompagnera évidemment d’un volet mobilité ad hoc) . Les bâtiments qui structurent la place seront quant à eux reconnectés à l’espace public grâce à des opérations architecturales minutieuses (et à coûts très basiques) et sur mesure ». Bref, pour les auteurs de projets « Tout existe sur ce site pour faire de ce quartier une centralité publique et habitante de qualité ».

En parlant de bâtiments publics, il y en a un dont le sort a déjà été évoqué dans la presse. Il s’agit de la piscine, aujourd’hui fermée. Eh bien dans la perspective ci-dessus énoncée, on confirme qu’elle serait également rénovée et transformée, pour partie, en halle publique.