Au Conseil communal du 25 novembre

Lundi 01 Décembre 2014 - 09:00

On l'annonçait agitée, et elle le fut, la séance du conseil communal du 25 novembre. Raison de cette atmosphère électrique? Un ordre du jour épicé par autant de points délicats que sont le nouveau règlement prostitution, la fermeture éventuelle de plusieurs maisons de quartier, des piscines de Gilly et Marchienne, le rapport mendicité, l'abandon, à son triste sort, de la maison communale annexe de Jumet, etc. Bref, ce fut chaud, surtout dans la salle. A tel point qu'on n'a pu éviter le clash...

A voir le monde qui s'était rassemblé devant le seuil de la salle du Conseil bien avant l'heure fixée pour l'ouverture des débats, - et les nombreux calicots que brandissaient tous ceux qui s'opposent à la fermeture des MDQ, qui défendent la préservation du patrimoine jumétois, ceux du monde associatif et les travailleuses du sexe elles-mêmes qui jugent imbuvable le nouveau règlement visant à limiter le phénomène de la prostitution sur le territoire communal, etc- il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que la réunion de ce 24 novembre 2014 ne se déroulerait pas comme un fleuve tranquille. Et on ne s'y est pas trompé: L'agition de mise à l'extérieur est carrément montée d'un cran une fois à l'intérieur de l'enceinte démocratique. A tel point, qu'après avoir plus d'une fois invité les acteurs au calme, exédé, le bourgmestre P. Magnette en vint à demander une suspension de séance. Bien nécessaire pour que chacun reprenne, un peu, ses esprits.

On parlait justement, alors, des maisons de quartier et au moment précis où le président du CPAS, Eric Massin, tentait une explication sur le sujet, comme le lui demandait, à nouveau, Sofie Merckx (PTB+). C'était sans compter les invectives d'une dame particulièrement décidée à dénoncer, comme l'élue, les différents sons de cloches entendus à propos du devenir de ces lieux.

A propos de celle du Roctiau, « Le CPAS a proposé aux habitants de faire une convention avec la Ville afin de pouvoir utiliser les bâtiments; mais quel avenir est-il prévu pour ces bâtiments renfermant la MDQ et la salle de sport? La même question se pose pour la petite école maternelle de l'ONE située dans le même bâtiment. Qu'en est-il pour les 2 autres MDQ? Celle de Gilly serait déjà fermée et celle de la Broucheterre ne devrait pas tarder à l'être. Qu'a prévu le CPAS pour les usagers de ces 2 autres MDQ?

« Au mois d'avril, je vous avait fait part de ce qu'il en était des transferts de missions de la Ville vers le CPAS et je vous avait indiqué qu'une réflexion était engagée sur les MDQ. J'ai répondu aussi à une autre question sur la MDQ de Gilly et répondu que celle-ci était bien fermée, et que d'autres allaient suivre compte tenu qu'il y avait un redéploiement qui était envisagé. Concernant la MDQ du Roctiau, il y a donc une analyse qui a été faite, de la même manière que pour celle de Gilly. Elle fait apparaître 4 types d'activités, dont une pour les personnes âgées (une dizaine) s'adonnant au jeu de cartes ou au bricolage. C'est la raison pour laquelle il a été précisé que si les personnes souhaitaient se conventionner avec la Ville pour pouvoir continuer à occuper les locaux, ils pouvaient le faire bien évidemment. Pour le reste, il y a une réflexion qui est en cours avec les services du 3è Age et le cabinet de l'échevin Serge Beghin afin de voir quelles offres pourraient être faites. »

Reste la salle de sport: « A ce propos, le CPAS a passé une convention avec l'école de kinésithérapie de Montignies/S pour offrir non seulement des activités sportives mais aussi des prises en charge par des étudiants, y compris des activités de remise en forme. La présence d'un AS est aussi envisagée. Cela ne me semble pas tout-à-fait insurmontable compte tenu que les jeunes de l'Espace Citoyen de la Docherie se rendent à la MDQ du Roctiau tous les lundis. Cela dit, « concenant votre suggestion de transformer la MDQ en Espace Citoyen, il y a un problème d'adéquation ». Au niveau du panel d'activités, précisait E. Massin, plus large dans les EC, de la situation (la MDQ du Roctiau est quasiment située sur le terrioire de Châtelineau) et en termes de capacité des locaux. « La réponse est à peu près la même pour les deux autres MDQ, ce sont des espaces mal adaptés avec, en plus, des coûts de location assez importants. Nous envisageons des Espaces Citoyens au Nord, sur l'Est, mais aussi sur le Sud, ce qui permettra non seulement de faire de l'insertion sociale, mais aussi de l'insertion socio-profesionnelle ». Conclusion d'Eric Massin: « Au-delà du contexte politisé de ce dossier, il y a donc eu toute une série de contacts qui on été pris; et même si certaines choses ne plaisent pas, tout le monde, a-t-il insisté, est pris en charge. Personne n''est laissé sur le bords du chemin ».

« Je pense qu'il y a eu tellement d'infos contradictoires qui ont circulé, qu'il y a lieu, je crois, de se concerter de manière plus constructive » conclut pour sa part S. Merckx, s'excusant au passage pour l'énervement manifesté dans le public.

« Il y a manifestement un problème de communication, surenchérit Malika El Bourezgui (Ecolo), Il conviendrait de mieux la travailler afin qu'elle ne donne pas lieu à des interprétations qui ne correspondent pas à la réalité. » Et elle de demander, au passage, s'il était possible d'obtenir un compte rendu des visites effectuées à l'époque par l'échevin dans les 55 quartiers de Charleroi ainsi qu'une plus grande proactivté des Espace Citoyens à l'adresse d'un public pas toujours enclin à entreprendre la démarche.

On reste dans la polémique et la contestation avec ce nouveau règlement pris pour limiter le phénomène de la prostitution sur le territoire communal. Contestation manifestée, in situ, par les représentants du monde associatif, les acteurs de terrain, du CCEFH, des prostituées elles-mêmes en petit nombre, mais aussi par l'opposition Ecolo et PTB+ qui l'a rejeté aux raisons que le texte, selon eux, à l'instar de celui qu'il est appelé à remplacer, ne résoudra rien, que du contraire. « Nous protestons vigoureusement contre le vote de ce règlement qui, d'une part ne respecte pas à nos yeux le processus démocratique et, d'autre part, exclut davantage encore un public fragilisé; au vu du contexte agité, nous demandons le retrait du vote du règlement et la reprise du dialogue autour dudit règlement et de son éventuelle application » pouvait-on lire notamment sur des tracts signés par l'asbl Entre 2 Wallonie et le Conseil Consultatif Egalité Femmes-Hommes.

« Pour rappel, indiqua P. Magnette, les modifications qui ont été apportées consistent d'abord à abroger la dérogation relative à l'interdiction du racolage et, d'autre part, de lever en partie, le moratoire qui avait été élaboré sur les maisons closes en permettant, après analyse, d'en autoriser d'autres sur le secteur existant du faubourg de Gosselies. »
X. Desgain (Ecolo): « C'est avec déception que nous avons appris la décision de votre majorité d'interdire toute forme de racolage et de prostitution dans le centre ville. A quoi la concertation, qui a duré 8 mois, a-t-elle donc servi? Cette interdiction, clairement dictée par des intérêts immobiliers va plonger davantage encore les femmes directement concernées dans la clandestinité et l'insécurité. Qui plus est, « comment la police fera-t-elle pour lutter contre la traite des êtres humains? Ce règlement, comme les autres (mendicité, vente d'alcool, etc), qui ne prévoit aucun accompagnement social, ne résoud rien et est difficilement applicable. Le groupe Ecolo vous exhorte donc à regarder comment d'autres grandes villes ont décidé de gérer la prostitution de façon humaine, plus respecteuse des personnes. Dans tous les cas, l'interdiction est la pire des solutions. C'est pourquoi les écologistes vous demandent de le revoir en réelle concertation avec les acteurs de terrain. ».

Un manque de concertation, c'est ce qu'a regretté aussi A-M Boekaert. Egratignant au passage Véronique Salvi pour son lamentable pilotage de celle-ci, elle a plaidé, au nom du groupe socialiste, pour, qu' »au moins, au niveau du comité de suivi, on y associe les membres de la commission 1 du Conseil communal » dédicacée à cette problématique notamment ». Histoire de remettre l'église au milieu du village et défendre sa chef de file, absente car retenue au parlement wallon l'autre soir, Albert Frère (cdH) devait, au contraire, confirmer qu'elle avait bien eu lieu. « J'y étais; et nous avons bien débattu de ce problème! ».

S. Merckx (PTB+): « Il me semble que le débat n'a pas vraiment été mené, notamment avec les associations qui s'étonnent de la précipitation avec laquelle le nouveau règlement est présenté. Je soupçonne que la démarche qui nous est proposée consiste plutôt à nettoyer les rues de Charleroi dans la même logique que ce qui a prévalu lors de l'adoption du règlement relatif à la mendicité. Pour S. Merckx,  la recherche de solutions alternatives doit être une priorité. « Pourquoi ne pas s'inspirer de ce qui se fait dans d'autres grandes villes » a-t-elle préconisé. « Les mesures contenues dans le nouveau règlement, a-t-elle conclu, sont dangereuses car elles risquent de renvoyer dans la clandestinité de nombreuses prostituées avec tous les effets négatifs que cela comporte en termes de sécurité. Il me semble que les motifs du présent règlement ont plus à voir avec une image que le collège entend véhiculer de notre ville que la recherche de véritables solutions pour un problème qui est plus que complexe ».

Malika El Bourezgui (Ecolo): « Par expérience, vous voyez quand même bien que la dérogation que vous aviez prévue n'a pas fonctionné et, aujourd'hui, de nouveau, vous recommencez le même schéma: vous proposez quelque chose dont on sait à l'avance que ça ne fonctionnera pas. Je me dis que c'est un peu du masochisme politique. C'est pour cela qu'il faut se donner le temps et je ne comprends pas votre empressement à vouloir réglementer le problème maintenant ».

« On nous a assez reproché de trop attendre; après un moment, il faut trancher et on sait, devait rétorquer le bourgmestre, à ce moment-là, qu'on ne mettra pas tout le monde d'accord. Je le répète, on a cherché la moins mauvaise des solutions. Il s'agit d'un débat très difficile et tout le monde en est conscient. La Ville de Charleroi ne veut en aucune manière criminaliser les prostituées ni porter de jugement moral mais on sait tous que le règlement de 2011 (limitant la prostitution à la rue des Rivages) a fait l'objet de nombreuses critiques et plaintes. Et c'est sur base de ce constat qu'il a été décidé de trouver de nouvelles règles. Nous avons bien entendu demandé à la police de les faire respecter avec discernement et le sens social et humain dont elle a toujours fait preuve vis-à-vis de ces personnes ».

Jumet, et son quartier du Chef Lieu peut s'ennorgueillir d'abriter le plus vieil hôtel de ville de l'entité. L'édifice, érigé en 1827, est cependant fort mal en point. Tellement, qu'il pourrait faire les frais de la réorganisation envisagée des guichets uniques en districts comme préconisé par le plan de Gestion. Cela ne va pas sans inquiéter des habitants, des Madeleineux, présents dans le publics avec leurs grosses caisses et leurs tubas, à qui on avait laisser entrevoir un temps la possibilité d'y installer là le futur centre d'évocation du folklore, mais également, dans l'ordre des interventions l'autre soir, les conseillers Gérard Monseaux (PS), S. Merckx (PTB+) et Maxime Sempo (MR).

« Dans le cadre de la régénération du quartier du Chef-Lieu, la maison communale pourrait constituer l'ossature et le point de départ d'une belle aventure urbanistique ». Mettant en avant les atouts non négligeables du quartier, il y a, selon le premier cité, une belle opportunité à saisir. A cette fin, « le groupe socialiste propose (notamment) de créer rapidement un groupe de travail plurisciplinaire pour lancer la réflexion et déboucher, avant la fin du premier semestre 2015, sur des propositions de solution réalisables et soutenables ».

S. Merckx: « Ce beau bâtiment, construit en 1827 pourrait être, à côté d'un lieu de service pour le citoyen, le lieu idéal pour le centre d'évocation du folklore dont pas mal de Jumétois rêvent depuis de nombreuses années; laisser ce bâtiment se détériorer encore plus, voir sa destruction, serait une réelle perte pour le patrimoine carolo.

Une opinion partagée par son collègue M. Sempo: « La Ville se doit d'entretenir la mémoire de tous et cet hôtel de ville, qui a traversé pratiquement deux siècles, doit en rester une trace visible. Pour cela, il est urgent de l'entretenir: le laisser sans locataire pendant plusieurs mois le vouerait à une dégradation rapide et problablement irréversible. Je n'ose même pas y penser..; ».

L'échevine Déléguée, Françoise Daspremont: « En tant que Jumétoise et Madeleineuse de surcroît, je partage avec vous la valeur hautement symbolique de ce 1er hôtel de ville de notre région. » Mais elle de rappeler les nombreux rapports concluant, dès 2011, l'existence de nombreuses carences au regard du règlement général de protection pour les travailleurs. « Au vu de la situation, et de la lourdeur des trravaux à mener (une réfection complète s'impose) une délocalisation semble donc inéluctable pour le service accueil population/Etat civil. Je reste néanmoins, pour ma part, bien évidemment ouverte à l'idée de la création d'un groupe de réflexion car il s'agit là d'un projet qui demande une analyse pointue doublée d'une réflexion aboutie ».

En attendant, toujours pas de décision sur ce que pourrait devenir la MCA. « A ce stade-ci, compléta l'échevin Eric Goffart, le collège ne s'est pas encore prononcé. Il dépendra des projets qui seront présentés prochainement au Collège. Une seule certitude: le bâtiment ne devrait pas être rasé: « A aucun moment il n'en a été question; au contraire, il convient de tout mettre en oeuvre pour protéger ce bâtiment emblématique présentant un important intérêt patrimonial ». Dossier non clos donc...

« Dans quel délai l'incivilité connaîtra-t-elle donc son chant du cygne sur le territoire carolo? Pour jean-Pierre Deprez (MR) qui posait la question, la nouvelle loi relative aux sanctions communales pourrait contribuer à faire reculer ce véritbale fléau. « J'estime que cette législation, entrée en vigueur le 1er janvier 2014 déjà, pourrait constituer un outil de politique particulièrement intéressant pour Charleroi. Le hic: « sauf erreur de ma part, elle n'a pas (encore) été intégrée à notre arsenal répressif communal ».

« Dès le début de la mandature, notre volonté a été de réinstaurer la responsabilité et le sens du respect, devait indiquer en guise d'introduction l'échevine Déléguée, F. Daspremont. « C'est pourquoi aussi, dans la plan zonal de sécurité 2014/2017, nous avons retenu, parmi les objectifs prioritaires, outre la sécurité routière et la lutte contre les domiciles fictifs, la lutte contre les incivilités constatées en rue ». Cela a débouché notamment sur la mise en oeuvre des différents plans Vauban et c'est dans cette perspective aussi, a ajouté l'édile, qu'un groupe de travail a été mis en place avec pour objectif de proposer au collège des mesures de renforcement du RGP en y intégrant notamment les normes contenues dans la loi du 13 juin 2013 relative aux SAC (sanctions administratives communales). « En renforçant ainsi son dispositif de SAC, la Ville de Charleroi entend poursuivre l'objectif de préserver la sécurité et la qualité de vie de ses habitants en conservant à ces actions une approche préventive et pédagogique. Comme vous le suggérez, au-delà même de l'aspect coercitif des modifications qui seront apportées au RGP, la réflexion sera également portée sur les moyens administratifs nécessaires à l'application de ces nouvelles mesures notamment en matière de formation des représentants de l'ordre public mais aussi des actions de promotion et de communication du bien vivre ensemble qui accompagnent l'entrée en vigueur de celle-ci. A cet effet, la réalisation et la distribution d'un livre contenant la codification des principaux textes réglementaires applicables en cette me matière me paraît, à terme, constituer un outil didactique intéressant ».

Quel avenir pour l'îlot Gazo/Destrée? Avec la fermeture programmée de la pisine, cela commence à faire beaucoup comme le pense J-Ph. Preumont (PS). Son constat est interpellant: « C'est toute une zone en plein coeur du quartier des 4 Bras de Gilly qui risque de se voir, progressivement, à l'abandon aux abords d'écoles et de commerces. Outre la réflexion, dit-il, qui devrait être apportée sur le devenir de ces bâtiments communaux, « la Ville ne devrait-elle pas se lancer, à plus long terme, dans un projet concret et structuré d'une grande infrastructure sportive et/ou autre pour cet îlot allant du gazo à la place Destrée de Gilly?

Plus précisément, au sujet de la piscine, il a rappelé qu'une manifestation a été organisée à l'endroit le 15 novembre dernier: « Car, la fermeture d'une piscine, que ce soit à Marchienne ou à Gilly, a des conséquences telles que des enfants – alors que c'est décrétalement prévu dans leur formation- et des clubs sont privés de natation, sans parler de la cafétéria qui perd sa clientèle »...

A l'idée d'un grand projet structurant,« C'est pour cette raison que Gilly a été sélectionnée pour un concours international d'architecture et d'urbanisme (EUROPAN) devait informer l'échevin E. Goffart. « Le quartier, s'il a un haut potentiel, présente néanmoins certains problèmes: le tissu urbain est entièrement destructuré, la place Destrée est devenue un parking aujourd'hui. L'objectif de la majorité est de faire de celle-ci un centre urbain convivial et d'en développer l'attractivité ».

S. Merckx: « Je voulais juste signaler que si on ferme la piscine de Gilly et de Marchienne, à Charleroi il ne restera plus que 3 piscines. A titre de comparaison il y en a 9 couvertes à Anvers et 5 à Gand. Je me demandais aussi s'il y avait bien eu concertation avec les clubs pour évaluer les disponibilités. Au sujet des écoles, comme l'a signalé mon collègue J-Ph. Preumont, tous les enfants doivent pouvoir nager au sortir du primaire. Il semble que ce ne soit plus le cas désormais. Fermer la piscine de Gilly, plus familiale que celle de l'Hélios, représentera une grande perte », conclut Mme Merckx. « Je regrette que les budgets qui seront alloués pour rénover la place ne pourront pas servir à faire les réparations ».

Comme l'a indiqué L. Parmentier (Ecolo), en 2004, le code de la route a été modifié. Une des modifications est l'introduction d'un nouveau panneau de signalisation pour indiquer l'agglomération. Ce qui veut dire que les anciens modèles expireront et perdront leur valeur juridique après le 1er juin 2015... Selon E. Goffart, il y en aura 110 en tout à remplacer. Une enveloppe de 110.000€ sera consacrée à cette fin dans le projet de budget 2015. Sont concernés également par ce marché (stock) les panneaux relatifs à la signalisation des places PMR et, au besoin, comme s'en inquiétait L. Parmentier, les panneaux à sens unique limité.

On reste dans le domaine de la mobilité avec, pour suivre, une question posée par Lucie Demaret (MR) au sujet du stationnement pour les PMR. « Il s'agit, avant tout, de permettre l'accessibilité, avec la plus grande autonomie possible, à nos bâtiments, voiries et plus largement, à nos espaces publics pour les personnes handicapées ou a mobilité réduite ».

Si Liège compte environ 750 emplacements PMR sur son terrioire, combien sont dédicacés à Charleroi demanda-t-elle en substance?

Après avoir rappelé la réglementation wallonne en la matière, l'échevin en charge de l'égalité des Chances, M. Fekrioui informa, qu'au centre-ville, quelques 6350 places sont recencées en ouvrage. « Selon nos calculs, il y a au minimum 150 places réservées aux PMR dans les différents parkings ».

En ce qui concerne le stationnement en voirie, « le service Etude/Mobilité réagit aux demandes faites par les citoyens. Le Conseil communal, en sa séance du 31 mai 2010, a arrêté le règlement communal définissant les critères à utiliser lors de l'attribution de la réservation de stationnement pour les PMR. Les demandes sont examinées sur cette base ».

Actuellement, a ajouté l'édile, ces emplacement PMR placés devant ou à proximité immédiate du domicile/lieu de travail du demandeur sont au nombre de presque 350 à Charleroi.

Comme Mme Demaret, il reconnaît l'importance des actions de sensibilisation visant l'ensemble des usagers au respect et à l'importance de ces emplacements particuliers. Une de ces actions sera entreprise encore prochainement conclut-il, tout en rappelant, qu'à Charleroi, à ce niveau là,la tolérance zéro est est de mise.

Le sentier Saint-Jacques est un petit sentier qui relie les rues St Jacques et Emile Vandervelde, à Mont/Marchienne. Certes, son propriétaire (privé), qui ne l'a jamais marqué, ne s'est jamais opposé à en laisser la servitude. Mais en sera-t-il toujouirs ainsi? Histoire d'asseoir la perrenité officielle de ce bout de chemin, « Il semble, que dans le cas qui nous préoccupe, il pourrait y avoir prescription acquisitive de la ville sans qu'il ne lui en coûte rien » argumenta Elio Paolini (PS). Et de fait, « je peux vous confirmer, qu'en vertu du décret du 6 février 2014 relatif à la voirie, il est effectivement possible de créer une servitude publique de passage par prescription trentenaire » l'informa l'échevin E. Goffart. « En ce qui concerne le sentier Saint-Jacques, nous nous trouvons bien dans le cadre de l'article 28 dudit décret et, à ce stade, vous pouvez aisément rassurer les aînés, les élèves, les membres du cercle horticole et les joueurs de belote: la servitude existe bel et bien et ils pourront continuer, légalement, à utiliser ce sentier. Par contre, il convient de vérifier, pour la Ville, l'opportunité de l'aquérir de manière définitive ».

Trop de commerces tue-t-il le commerce? Pour X. Desgain (Ecolo): « la réduction du pouvoir d'achat provoquée par la crise socio-économique et la création de nouvelles zones commerciales en périphérie de la ville ont manifestement un impact négatif sur les commerces actuels dans notre Ville. Même les maraîchers se plaignent d'une diminution de leur chiffre d'affaires. Je pense que dans un contexte économique aussi difficile, ll est important que la Ville de Charleroi dispose d'un plan stratégique pour son commerce, tant pour assurer un commerce de proximité et revivifier les marchés hebdomadaires que pour éviter une guerre destructrice entre les zones commerciales de tailles diverses du centre et de la périphérie dans laquelle Charleroi pourrait voir son rôle métropolitain fortement affaibli ».

« La quasi totalité des différentes questions stratégiques que vous me posez se retrouveront dans schéma de développement commercial dont l'attribution devrait passer au prochain collège » l'informa l'échevin Ph. Van Cauwenberghe. Ce schéma devra atteindre 4 objectifs: 1. déterminer et justifier la zone d'étude, définir le fonctionnement, l'état et le positionnement des noyaux existants, analyser la structure et l'offre commerciale et les comportaments d'achat dans la zone d'attractivité de Charleroi; 2. Identidfier la potentialités des noyaux commerciaux existants et d'eventuelles nouvelles implantations. De cette façon, le collège sera doté d'un outil de planification commerciale; 3. La définition du plan stratégique sur base de la situation actuelle de la tendance de développement. Au niveau du centre-ville par exemple, l'analyse devra aboutir à une définition des quartiers en fonction des commerces existants mais aussi des nouveaux commerces à attirer et, à terme, l'idée est d'avoir une identité visuelle par noyau commercial; 4. Le prestataire devra assurer également une mission d'accompagnement de 36 mois. « Ce schéma de développement commercial deviendra un outil indispensable aux prises de décision du collège et du conseil communal. Grâce à d'autres outils gérés notamment par l'absl Centre Ville et le service du Commerce, un état des lieux des cellules vides sur l'intra et l'extra ring est également possible ». A ce propos, a précisé l'édile, la tendance serait à une augmentation d'environ 1%/an.

Au sujet des implantation commerciales de grande superficie, Ph. Van Cau a indiqué que la Ville n'avait plus été consultée pour avis (non contraignant) depuis 2011.

« Pour ma part, a-t-il conclu, tout développement en périphérie ne ferait qu'affaiblir le commerce en centre ville. Les études font apparaître une saturation de l'offre alors même que la demande stagne, voire régresse ». Enfin, concernant les marchés, hormis celui de la ville basse, il a confirmé une diminution du CA, même si la fréquentation est loin de faiblir.

« Je pense effectivement qu'il est grand temps que Charleroi dispose d'une stratégie pour son commerce. Mieux vaut tard que jamais » concluait X. Desgain qui a insisté sur l'importance à accorder aux commerces de proximité et à la promotion des différents marchés de la ville.

Pas toujours facile la vie dans les locaux communaux. Line Manouvrier (PS) en a fourni une belle illustration avec le déménagement récent de la cellule événement et du service des Fêtes dans les locaux de la maicon communale de la place E. Gilles, à Lodelinsart. Elle se disait que, du coup, on allait entamer quelques travaux de rénovation du vénérable édifice, déserté par la police par manque de place et d'insécurité. « Déception!! à la vue des nouveaux locaux; le bâtiment est plus que vétuste, les murs n'ont même pas reçu une fine couche de couleur et les plafonds sont dans un état pitoyable; ces bureaux sont amenés à recevoir du public. Que faire si un morceau du plafond tombe »?

« Dans l'absolu, je regrette que les moyens administratifs et humains n'aient pu être disponibles dans des délais adéquats pour rafraîchir-et c'est un euphémisme- les locaux dans lesquels les services devaient être déménagés. Je n'en reste pas moins sans réaction » indiqua l'échevin E. Goffart. « D'une manière générale, on constate que les services de la Ville, et plus spécifiquement le service des Bâtiments, sont très efficaces dans une série d'interventions (réparations légères). Par ailleurs, on sait qu'on est contraint de passer, pour de grosses réparations, par des marchés publics spécifiques. Jusqu'à présent, la Ville ne dispose pas d'outil pour répondre à des sollicitations intermédiaires. Pour remédier à ce manque, j'ai proposé lors du conclave budgétaire de lancer un nouveau type de marché: un marché stock pour les réparations intérieures et extérieures. Le cahier des charges est en cours d'élaboration et devrait être soumis prochainement à l'approbation du conseil communal ». En deux mot, lorsqu'il sera actif, un ou plusieus entrepreneurs seront alors disponibles pour intervenir à la demande de la Ville et sur bon de commande a expliqué l'édile. « L'objectif est de pouvoir répondre de manière efficace aux différentes interventions et faire en sorte que le personnel communal notamment, mais aussi les écoles, puissent travailler dans des locaux entièrement rénovés. » Une enveloppe d'1 million d'euros est prévue dans le projet de budget pour ce marché de travaux stock.

La place de la Digue a été inaugurée le 3 mai dernier. Bien consciente des investissements tant humains que logistiques pour parvenir à un tel résultat, dont elle se félicite, Fabienne Devilers (MR) ) s'interoge toutefois sur les actions mises en place pour préserver la sécurité autour des lieux. « En effet, depuis son inauguration, plusieurs faits divers (tags sur le mobilier urbain, mauvaises herbes, trafic de drogue,...) sont venus écorner l'image de ce qui devait être le fer de lance du renouveau carolo.

Le bg P. Magnette: « Nous pensons à la fois à animer les lieux – en atteste le très beau ville de Noël en construction- mais bien sûr à en assurer la sécurité. Je rappelle d'ailleurs que la meilleure mesure pour assurer la sécurité, c'est ce qu'on appelle le contrôle social. Cela dit, nous devons aussi mener un certain nombre d'actions préventives et répressives et nous nous y attachons » a conclu le président non sans indiquer que demande avait été faite au chef de zone pour assurer une présence accrue et visible des forces de l'ordre dans le périmètre en question.

En attendant un skate park, - on en parle depuis près de 15 ans- les jeunes, a indiqué Fabienne Prévinaire (PS), se sont donc tout naturellement tournés vers l'esplanade du nouvel hôtel de police, dont les abords extérieurs, bosses, courbes et plans inclinés se prêtent à merveille à la pratique de ces disciples ». Permis, toléré?

« En effet, admet le bourgmestre P. Magnette, le lieu est magnifique et, en effet, il a été conçu comme un espace public ». Est-ce que néanmoins on peut y faire du skate? « Je reconnais que les courbes sont extrêmement séduisantes, mais ce n'est pas très recommandé. La réponse définitive ne nous est pas encore parvenue mais il semble que le revêtement n'ait pas été conçu pour. A la fois, ça va créer du bruit, et provoquer une dégradation rapide du site et, d'autre part, il en va de la sécurité et des adeptes de cette discipline et des usagers se rendant à l'hôtel de polce ». Par contre, a-t-il ajouté, il est tout indiqué pour les parents qui voudraient initier leur enfants à la pratique du vélo. Pour le reste, « nous continuons à travailler sur le projet d'un skate park. Nous avons inscrit dans notre budget extraordinaire une somme de 300.000€ pour l'étude et la réalisation d'une telle infrastructure ». Qui pourrait s'installer, selon P. Magnette, près de la piscine Hélios ou à proximité de la gare du Sud. De préférence à un endroit abrité de la pluie.

A quand une collecte sélective des déchets de cuisine et de jardins à Charleroi? Comme l'a rappelé X. Desgain, la volonté du nouveau ministre wallon de l'environnement est de généraliser la colecte sélective des déchets organiques, pratiquée déjà par 141 communes. Pour lui, « cela doit être aussi réalisable à Charleroi et pouvoir déboucher sur les mêmes résultats, à savoir une diminution forte des déchets à incinérer et une augmentation très significative des déchets collectés, tant en porte-à-porte que via les parcs à conteneurs, ce qui est très profitable à la collectivité. Je pense que, pour les Carolos, c'est d'autant plus important qu'ils paient 109% du coût vérité pour le traitement de leurs déchets.

L'échevin C. Devilers: « Je rappelle tout d'abord les excellents résultats de la zone ICDI: en 2013, nous étions dans le top 3 des trieurs wallons; depuis 2011, nous avons aussi une action de tri sélectif incluant les déchets organiques (3500t/an), avec pour effet une diminution appréciable du volume des ordures ménagères. Le constat, pour Charleroi, ajouta-t-il, c'est 201 kg de déchets résiduels par ménage (40% de déchets organiques); il y a des expériences de collectes de déchets organiques qui ont été menées dans des communes de la zone ICDI mais ce sont des communes avec un profil extrêmement différent. En l'espèce, la métropole wallonne est difficilement comparable à d'autres communes rurales et ont peut difficilement copier-coller une solution appliquée ailleurs. Nous avons une série de modalités de mise en oeuvre qui sont à étudier et que nous évaluerons. A ce stade, l'ICDI a déjà pu réaliser quelques observations. Tout d'abord, que la collecte des déchets organiques nécessite des investissements conséquents, en termes de ressources matérielles et humaines. L'impact financier, ne fut-ce que pour équiper 80% des ménages carolos de conteneurs à puces serait de 4,5 millions d'euros avec un coût supplémentaire de l'offre de services. Au passage, informa l'édile, Liège à tout récemment fait marche arrière toute à ce niveau. « Il y a cependant des solutions qui existent. Par exemple, des sacs biodégradables pour la collecte des déchets organiques. Mais là aussi, il y aura un coût. « Charleroi est prête à devenir une zone pilote, s'il y a la volonté et le soutien financier tant du ministre que du gouvernement wallon. En attendant, nous avons des contacts avec l'ICDI pour analyser les modalités de collectes plus adaptées à ces déchets verts et nous mettons en place un groupe de travail transversal. »

« Je pense, conclut de con côté X. Desgain, que pour des personnes vivant dans un immeuble à appartements (qui doivent déjà garder leurs poubelles 1 semaine...) si on pouvait les collecter dans un conteneur sélectif placé à proximité, ce serait vraiment une amélioration du confort, surtout en été. Je pense que c'est tout l'intérêt des expériences pilotes que de voir quelles sont les modalités à mettre en oeuvre dans les milieux urbains. Je ne peux donc que vous inviter à prendre un peu plus d'envie pour les développer dans les zones d'habitat vertical ».)

A-t-on fait de la discrimination négative à l'école Cobaux? On serait, comme Luc Parmentier (Ecolo) le pense enclin à le croire à en juger par un récent courrier adressé aux parents d'élèves à la suite d'une panne de chauffage. Que disait-il? « Un paragraphe de cette missive laisse entendre que la garderie « chauffée » située dans la salle de gym sera réservée en priorité aux enfants dont les parents travaillent! . Bel exemple d'encadrement différencié que d'instaurer une station de triage avec d'un côté les enfants des travailleurs et les autres » s'indigna l'élu écologiste.

En ce qui concerne la panne, elle est réparée (provisoirement) et je confirme, indiqua l'échevin S. Kilic que le chauffage fonctionne bien dans l'ensemble de l'établissement. En ce qui concerne ledit courrier, j'en ai eu connaissance le 10 novembre, soit 3 jours après son envoi parla directrice de l'école maternelle. Je ne peux que regretter que le contenu de celui-ci ait été pour le moins maladroit. Même si l'intention de celle-ci (qui a été rappelée à l'ordre par la directrice générale du département de l'Education et de l'Action sociale) n'était pas malveillante et ne doit pas être interprétée comme discriminatoire, je peux néanmoins comprendre que les propos tenus puissent avoir été mal perçus. Il ne s'agit cependant, ajouta l'édile, à ma connaissance et celle de mon adminisration que du premier cas d'un courrier envoyé par un responsable d'établissement scolaire qui soit à ce point formulé de manière aussi inappropriée. Afin que cette malencontreuse communication ne puisse plus se reproduire, j'ai demandé à mon administration de bien vouloir emettre une note-circulaire informant les chefs d'établissement qu'à l'avenir, toute communication à portée générale devra faire l'objet d'un avis préalable de l'administration générale ».

La Ville de Charleroi arrêtera-t-elle de gérer du logement public? Compte tenu qu'elle est sous plan de gestion, que le ministre souhaite réformer le secteur et que la gestion de logements n'est pas, dixit Mohamed Kadim (cdH) ce que l'on attend d'une Ville ou d'une commune, ne serait-il pas intéressant de se « séparer » des logements gérés par elle actuellement?

Commençons par quelques chiffres livrés par l'échevine Ornella Cencig. A l'heure d'aujourd'hui, il y a sur le terrioire de la ville de Charleroi quelques 10.621 logements publics. 9943 sont gérés par la Sambrienne, 330 le sont par le Fonds du Logement, 205 le sont par l'AIS, 74 par la Régie foncière, 66 le sont pas le CPAS et seuls 3 le sont par le service du Logement de la Ville. « Avec les 0,03% de logements publics que nous gérons, vous comprendrez que la ville avait déjà anticipé les doléances du ministre dans la mesure où nous savons qu'il ne lui appartient pas de la faire » indiqua l'édile. Par contre, nous sommes très attentifs, et nous l'avons encore prouvé dernièrement avec le Forum consacré à l'immobilier, sur la politique du logement comme bras armé de l'aménagement du territoire. C'est à cet effet que nous souhaitons rester partenaires de tous les opérateurs publics notamment ».

Quant aux 74 logements gérés par la RF, là aussi, c'est clair: « les accords de majorité le prévoient: l'objectif est de pouvoir faire en sorte que la Régie foncière se recentre, à terme, sur ses missions de bases, c'est-à-dire, se concentrer sur le parimoine immobilier de la Ville » informa l'échevin E. Goffart.

On a reparlé de logement au point 61 de l'ordre de jour concernant l'approbation de la liste arrêtée par la Sambrienne en date du 22/09/2014 (logements à loyer d'équilibre). « Il me semble qu'il y a en tout 46 logements et je me demandais s'ils étaient tous loués » interrogea Sofie Merckx.

P. Magnette: « ilfaut poser la question à la Sambrienne ».

S. Merckx: « Vous savez qu'e la Sambrienne ne me répond pas? . Je pense que les logements vides, c'est tout de même quelque chose qui doit intéresser l'ensemble des conseillers communaux. »

P. Magnette: « Bien-sûr que cela nous intérese mais chaque structure a son objet ».

« Pourquoi ce point passe-t-il dès lors devant le conseil communal si nous n'avons rien à dire, s'énerva L. Parmentier (Ecolo). Qu'on nous dise au moins s'il s'agit d'un tiers, d'un quart ou de la moitié. Il y en a ici tout plein à la rue du Dauphin qui sont vides et cela ne semble pas vous perturber. Moi si ».

P. Magnette: « Bien-sur que cela nous perturbe et c'est la raison pour laquelle j'ai interrogé le ministre du Logement au sujet de toutes les mesures qui pourraient être envisagées pour éviter que ce genre de situations ne se reproduisent. Mais j'ai entendu l'offre de service de l'échevine du Logement qui va, de ce pas, prendre contact avec le président de la Sambrienne afin de pouvoir, lors d'une prochaine commission, répondre à la question ».

« Ca ne mange pourtant pas de pain qu'on le fasse ici; j'ai déjà entendu M. Monseux répondre à des questions concernant le TEC alors pourquoi pas en l'espèce? Surenchérit Mme El Bourezgui (Ecolo).

Dernier point, et non des moindres de ce conseil, il était inscrit au 7è urgent de l'ordre du jour. Il concernait la prise d'acte, par le conseil, du rapport annuel 2014 de la commission de suivi et de concertation mendicité.

Malika El Bourezgui: « En lisant ce premier rapport, ce qui m'a d'abord frappé, ce sont les chiffres des interpellations et arrestations administratives (40 sur 9 mois dans la zone ville basse dont une majorité au bd Tirou. Et puis, les commentaires des auteurs: « cette diminution semble ponctuelle et peu influencée par la mise en place du règlement (...). « Ce rapport », ajouta l'édile, indique à suffisance que ce qui a été pertinent et efficace, ce n'est pas le règlement en lui-même, mais le travail des acteurs sociaux sur le terrain (...) Dès le début, ce règlement a posé des questions juridiques et politiques. Contrairement à ce que vous sous-entendez, il ne contribue pas à renforcer la cohabitation, le vivre ensemble, bien au contraire. Par ce règlement mendicité, des individus en détresse, des mendiants à la recherche d'aide de la communauté, sont interdits de circulation à certain endroit essentiellement en raison de leur statut économique et social. Pire encore la mendicité, l'état d'extrême pauvreté sont dorénavant criminalisés. Ce règlement porte atteinte à la liberté de circulation sur le motif de l'extrême précarité ». Vous avez choisi de contourner l'interdiction d'interdire la mendicité de 1993 en élaborant une stratégie de répartition qui en fait conduit de toute façon à exclure les individus les plus en détresse des espace spublics ».

« Vous citez les chiffres, mais je pense que la police a fait un travail de qualité, qui n'était pas que de la répression mais aussi de l'information », rétorqua l'échevin M. Fekrioui. « Pour le reste, je n'ai jamais caché non plus la qualité du travail accompli par les associations sur le terrain. Les chiffres amenés par la police et les associations ont été les plus précis possible, sans pour cela, comme le demandait S. Merckx, que l'on n'ait pu établir une ventilation. Nous avons cependant pu établir que trois catégories de mancheurs étaient concernés: 1. ceux ayant un problème d'addiction à la drogue; ceux rencontrant un problème social et ceux faisant partie d'un réseau ».

Justement, repris Mme. El Bourezgui, il serait intéressant de savoir dans les personnes interppelées de quel profil elles sont afin d'affiner votre analyse et voir là où on doit le plus travailler ». Par rapport aux mendiants appartenant à des filières organisées, « je trouve quand même que ce sont elles qui peuvent et sont le plus à même de s'adapter aux calendriers mobiles ».

« Le rapport et les nombreuses auditions, conclut le bourgmestre P. Magnette, évoquent à tout le moins une nette diminution des violences entre les personnes et c'était là un des premiers objectifs de ce règlement ».