Au Conseil communal du 26 octobre

Mardi 03 Novembre 2015 - 08:40

La stratégie de développement territorial et urbanistique de Charleroi, la problématique de l'accueil des migrants, la réorganisation des secours au sein de la future zone Hainaut-Est, la réforme du statut du personnel communal, etc, sont quelques-uns des sujets qui ont alimenté le débat du conseil communal du 26 octobre 2015. Il s'est tenu sous la présidence de Paul Magnette.

Avec les interventions pour commencer. Maxime Sempo (MR) et Mohamed Kadim (cdH) furent les premiers à se lancer, avec une interrogration commune: La Ville va-t-elle réorganiser la célébration des noces? Autrement dit, envisage-t-elle de regrouper plusieurs célébrations de noces d'or, d'argent, de platine, de diamant,...en un seul événement? Pour l'élu réformateur, « aller dans cette direction notre ville perdrait plus en terme d'image, d'accueil et de sympathie que ce qu'elle gagnerait financièrement » ».

« Sur le fond, cette réorganisation est sans doute nécessaire; néanmoins, sur la forme, il subsiste plusieurs questions », et non des moindres si on devait résumer le sentiment de son collègue du parti humaniste.

Au nom du PS, Gérard Monseux y est allé, quant à lui, d'un bref mais beau plaidoyer, enrobé dans le langage fleuri qu'on lui connaît, pour le maintien du système actuel: « Nous pensons sincèrement que l'éclosion de cérémonies totalement impersonnelles rompra avec la convivialité, la charge émotionnelle, la courtoisie, les souvenirs personnels privilégiés et uniques de ce type de célébrations ».

« Je constate, avec regret, que la plupart de vos inquiétudes sont fondées sur des informations totalement erronées. Je tiens à énoncer que, contrairement à ce qui a été relaté dans les articles de presse, il n'a jamais été dans mes intentions de mettre fin aux célébrations de noces à domicile ou en dehors des maisons communales pour privilégier les célébrations collectives » indiqua l'échevine Déléguée, Françoise Daspremont. Néanmoins, ajouta-t-elle « Au vu de vos nombreuses réactions très très vives, je vous confirme que cette décision  (de rassembler les célébrations lors d'une fête des jubilaires dans chacun des 5 districts) est suspendue. Le temps pour moi, précisa l'édile, de réunir une commission spécifique à ce dossier. Ensemble, je suis certaine que nous allons trouver une solution qui conviendra le mieux aux différentes parties ». Alors regrouper, pourquoi-pas? « je pense que vous pouvez y réfléchir, dixit X. Desgain (Ecolo), mais à condition dit-il que ce soit un petit nombre de couples, pas plus de 6 ou 7, histoire de préserver le caractère humain et intimiste de l'événement. Affaire à suivre donc...

On reste avec Maxime Sempo (MR) pour un revenez-y au sujet de l'EPA. Manque de communication claire et dans les délais requis entre les entités fédérées et les communes, manque de moyens, pressions exercées sur les parents, programme peu attractif, etc, autant de motifs pouvant expliquer le faible succès rencontré par l'Encadrement Pédagogique Alternatif (moins de 2%) dans nos écoles?.

« Votre question me fait d'autant plus plaisir qu'elle reconnaît et souligne les efforts de mon cabinet et de l'administration de l'enseignement pour organiser, dans les meilleures conditions, ce type de cours dans toutes les écoles où la Ville de Charleroi est le PO » précisa l'échevin Serdar Kilic. Cela dit, « Au regard des actions menées afin d'informer le mieux possible les directions d'écoles et les parents d'élèves, mais aussi en vue de résoudre les difficultés organisationnelles que la mise en place de l'EPA engendre,  je constate cette année qu'il y a eu peu d'inscriptions en EPA dans les écoles communales, même si ce taux est très proche de celui enregsitré en FWB (2,56%). Je ne peux qu'espérer que cette première expérience amènera les autorités de tutelle à reconnaître, dès l'année prochaine, l'existence d'un véritable cours de citoyenneté dispensé à tous les élèves dans la plage horaire dévolue jusque-là aux cours philosophiques. Au-delà de l'absence de budgets spécifiques alloués par la FWB en vue d'engager du personnel supplémentaire, des délais de mise en oeuvre trop courts, des consignes trop peu claires... A l'impossible, nul n'est tenu si on voulait résumer le sentiment de l'échevin Kilic.

« Si vous me dites que vous avez fait des efforts, on doit vous croire, mais j'aurais aimé des exemples concrets", regretta in fine Maxime Sempo. Lequel devra sans doute faire remonter ses questions vers l'autorité de tutelle et sa ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet, à qui il adresse au passage une belle carte jaune, pour en savoir plus d'une manière générale.

Petite précision de Véronique Salvi (cdH) à l'adresse de l'échevin Kilic: « La présidente de la commission Education n'est autre que Mme Gahouchi; si, effectivement, il y a des contacts qui doivent être pris, je pense qu'ils auraient dû être pris précédemment; il me semble par ailleurs que les informations, dans l'ensemble des PO et des communes ont été transcrites comme il se doit ». »

« J'ai bien entendu les éléments de réponse, mais je reste (aussi) un peu sur ma faim » surenchérit X. Desgain (Ecolo). « Je me demande toujours comment cela va pouvoir concrètement s'organiser alors que ça touche un si petit nombre d'élèves. Le danger est que, dans ces horaires, ils ne soient finalement discriminés et qu'ils soient dans des situations difficiles pour suivre ce cours qui pourtant a tout son intérêt ».

« Nous avons fait du mieux que nous pouvions cette année pour donner toutes les chances à ce cours d'EPA. Mais nous, notre volonté c'est de voir apparaître des cours de citoyenneté destinés à tous les enfants » conclut Serdar Kilic.

Avec la fermeture des piscines de Gilly et de Marchienne, il y a clairement, aujourd'hui, une situation de pénurie qu'a tenu à (re)dénoncer, pour suivre, Sofie Merckx (PTB+). « Un certain nombre d'écoles n'arrivent plus à organiser les cours de natation depuis la fermeture des piscines de Gilly et de Marchienne. Que ce soit par l'impossibilité d'obtenir un couloir, soit par la difficulté d'organiser le transport plus éloigné. Cela pose (aussi) un problème légal étant donné l'obligation pour les écoles d'obtenir des élèves qu'ils sachent nager au sortir de la seconde année du secondaire » dit-elle en substance. Problème légal, mais que dire aussi du problème sanitaire. « La présence d'une piscine communale accessible à tous et à prix démocratique est bien sûr de toute première importance pour permettre aux Carolos de vivre plus sainement en pratiquant une activité physique régulière, et ce, dès le plus jeune âge ». Elle doute que la modification du système tarifaire que s'apprête à proposer aux écoles la RCA permette d'atteindre ces louables objectifs.

« Sur base des informations communiquées » informa l'échevin S. Kilic, ce serait un peu moins d'un tiers des écoles qui aurait rencontré des difficultés pour organiser correctement des cours de natation lors de l'année scolaire passée. « C'est pourquoi une réflexion entre l'administration et les cabinets concernés a rapidement été initiée. Son objectif était de permettre aux écoles tous réseaux confondus, si possible, dès cette année scolaire, d'accéder à l'une ou l'autre des 3 piscines communales dans les meilleures conditions. Une première et importante décision a été prise le 25 août 2015 par le CA de la RCA. Elle vise à optimaliser, au profit des écoles, les lignes d'eau dans le créneau horaire scolaire, et ce, tout en maintenant un niveau de sécurité d'encadrement et de nombre d'élèves par ligne d'eau. »

Quant à l'application d'une tarification forfaitaire, « Celle-ci devrait permettre d'optimaliser les lignes d'eau réservées par les directions d'écoles et donc d'accueillir plus d'écoles à Hélios, en maintenant un prix par enfant tout-à-fait raisonnable, notamment au regard des prix appliqués par d'autres villes et communes ».

En ce qui concerne les piscines de Montignbies/S et Gosselies, « une réunion s'est encore tenue il y a quelques jours afin d'évaluer les moyens pour permettre un élargissement des créneaux horaires en faveur des écoles qui le souhaiteraient en ne modifiant pas les tarifs applicables, les plus bas en FWB » a insisté l'édile. A la suite de cette réunion, un groupe de travail a été mis en place afin de relever les difficultés. « Sur base de ce travail préalable, une réunion se tiendra le 30 octobre à laquelle sont conviés les départements de la gestion pédagogique de la Ville et les services gestionnaires des piscines. Une proposition sera faite au Collège dans les meilleurs délais ».

Enfin, quant à l'obligation pour les écoles d'organiser des cours de natation, S. Kilic a précisé que celle-ci s'imposait par cycle scolaire et non par année.

« Ma perception, ajouta pour sa part X. Desgain, est que les piscines commencent à saturer. Je pense que la question d'une autre piscine sur Charleroi se pose. » Et pourquoi-pas Marchienne-au-Pont? Pour le conseiller écologiste, d'autres que Charleroi pourraient profiter de l'aubaine, ce qui pourrait dès lors laisser envisager une formule d'exploitation par le biais d'une intercommunale, comme cela se pratique dans d'autres zones urbaines.

« L'idée est intéressante. Je propose que nous la relayions dans le cadre de la Conférence des bourgmestres du Comité de Développement stratégique qui est l'endroit où l'intercommunalité est en train de se développer » conclut P. Magnette.

Le mot de la fin pour L. Parmentier. Il a dit attendre la réponse à sa question écrite au sujet de l'encadrement. « La ville de Charleroi s'alignerai-t-elle sur la norme des 4 personnes par classe »? Mon administration y réfléchit (encore) lui a rétorqué l'échevin S. Kilic.

Feu vert pour les feux rouges? Toujours pas pour ceux installés au croisement de la rue Fosse du Bois et de la rue de Trazegnies à Monceau ainsi que ceux situés au croisement de la rue Emmanuel Jacquet et de la rue Léon Willocq, à Roux. « Cela fait maintenant plus d'un an"  regrette Philippe Hembise (PS), lequel a rappelé que ces feux, toujours clignotants, sont sensés régler le trafic à des endroits considérés comme dangereux et accidentogènes.

« Depuis votre dernière intervention, le Collège a attribué le marché public (en date du 13 octobre 2015) » et il sera prochainement notifié » l'informa l'échevin Eric Goffart. « Effectivement, un tel délai pour attribuer un marché public, c'est un délai beaucoup trop long » reconnut-il. « C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à ce que la Ville puisse renforcer sa cellule Marchés publics. Dans le cadre de ce dossier spécifique, étant donné l'impact évident en terme de sécurité, un arrêté de réquisition a été pris afin que l'on puisse procéder aux premières réparations dans le plus brefs délais et indépendemment du début officiel du marché ».

Quid de la rénovation intérieure de la maison communale annexe de Gilly?. Certes, ainsi que l'a rappelé le conseiller J-Ph. Preumont (PS), des projets de rénovation de la place (Europan, etc) et d'autres bâtiments communaux sont dans les cartons. Mais, ici, devait-il insister, il y a urgence en la demeure, dans l'optique d'un accueil optimal des citoyens et de sécurité, en premier lieu pour les services administratifs et ceux de la zone de police.

« Comme vous le signalez, le concours Europan est actuellement en cours et c'est lui qui déterminera les lignes directrices de l'aménagement futur de la place et des bâtiments qui y sont liés » indiqua l'échevin Eric Goffart. « Evidemment, les investissements de la Ville devront être examinés en fonction des orientations retenues. A ce stade, on attend les résultats de ce concours. A court terme, il importe bien entendu d'assurer l'occupation et la sécurité du bâtiment. Le Conseil communal a approuvé un marché de rénovation des parements et de toiture (prêt à démarrer) pour un montant de 700.000€ ». Par ailleurs, a ajouté l'édile, le projet de budget 2016 prévoit deux autres interventions pour un montant de 300.000€: au niveau des sous-sols (occupés par la police) et de la menuiserie du 1er étage .

« J'espère que tout cela pourra se réaliser en 2016 » repris J-Ph. Preumont, car l'inquiétude est grande dans les rangs du personnel, surtout les policiers, qui se demandent s'ils vont pouvoir rester à Gilly dans ces conditions-là ».

Qui dit travaux ou déménagement, et on sait que cela pourrait être le cas dans le cadre de la réorganisation en district des GU, dit risque pour le patrimoine qu'abritent certaines MCA. D'où les inquiétudes de M. Sempo (MR) qui a plaidé pour que celui-ci soit (bien) préservé et rapatrié dans des lieux adéquats le cas échéant.

Où en est le Schéma de structure communal qui, ainsi que l'a rappelé L. Parmentier (Ecolo) permet d'orienter, gérer, programmer le développement de l'ensemble de notre territoire communal?. Il a été adopté en séance du Conseil communal en date du 12 juin 2012. Mais depuis lors?

Depuis lors, de l'eau a coulé sous les ponts de la Sambre. Depuis lors, ainsi que l'a expliqué le bg P. Magnette, il a été soumis à l'examen d'une série d'organes consultatifs et de la tutelle (DG04 notamment). Ceux-ci en ont déduit que si la partie « diagnostic » était intéressante, la partie « recommandations » était très très générale et qu'elle ne tenait pas (assez) compte de la structure de notre territoire telle que nous, Carolos, la percevons et l'appréhendons.

Bien-sûr, les objectifs qui étaient repris dans le SSC – améliorer le cadre bâti et paysager; rendre Charleroi plus rayonnant et plus métropolitain; renforcer Charleroi comme ville habitée et vécue; rendre Charleroi plus et mieux entreprenant; améliorer les qualités environnementales de la ville, assurer une mobilité durable pour tous; - tout le monde peut y souscrire souligna P. Magnette. « Mais c'était trop général pour être opérationnel ». D'où, la décision prise de mettre fin à la convention nous liant à la COOPARCH et de demander à notre administration directement concernée, en collaboration avec le Bouwmeester (cf le Charleroi Métropole, 3è édition, présenté au Forum Immobilier des 22 et 23 octobre au PBA), de rerefléchir à un nouveau SSC sur base de grands principes directeurs que sont, par exemple, la mise en évidence de notre patrimoine vert et de la Sambre, la mobilité, la prise en compte des densités urbaines,...

Bref, on ne jette pas le bébé avec l'eau du bain mais on se sert de l'acquis pour redimensionner cet outil ambitieux; « Nous voulons nous inscrire dans un Schéma qui dépasse le territoire carolo, qui pense aussi aux relations avec son voisinage (bassins de vie). Côté agenda, l'heure est à l' "affinage" de ces principes généraux. Une fois le CoDT opérationnel (courant du 1er trimestre 2016), cela nous permettra d'aborder la dernière étape: L'ouverture d'un marché permettant à un bureau d'études de réaliser un schéma guide d'urbanisation. » Lequel, complémentairement, comme s'en inquiétait Malika El Bourezgui (Ecolo), tiendra par ailleurs compte de l'évolution sociologique de notre population.

La ville veut-elle sauver et rénover son chauffage urbain pour offrir un environnement plus sain à ses habitants? « Les écologistes, a rappelé Xavier Desgain, plaident pour que ce chauffage urbain soit modernisé et qu'il utilise les énergies renouvelables (...) Pour les écologistes, il est grand temps que votre majorité se réveille et sauve son chauffage urbain pour le moderniser et l'inscrire pleinement dans le développement durable... Il serait regrettable qu'au moment où les autres grandes villes européennes rénovent leur chauffage urbain, la Ville de Charleroi abandonne le sien . C'est maintenant qu'il faut le faire, tant qu'il y a des clients sur le réseau «  a insisté le conseiller qui a au passage jugé scandaleuse la décision du gestionnaire (la SA SOCAGETH) de le fermer juste avant l'hiver.

Tout d'abord, à propos de cette décision, la Ville, en tant que cliente, a souligné l'échevin Eric Goffart, « regrette bien évidemment cette situation. Néamoins, il faut rappeler que l'impact sur le chauffage des bâtiments communaux est relativement limité. Cela dit, le service juridique de la ville examine, à ce stade, les dispositions à prendre via-à-vis de cette décision unilatérale ».

Concernant le devenir du chauggage urbain « Je vous rappelle que la Ville n'est pas le propriétaire, mais simple cliente et donc, à ce titre, on ne peut pas reprocher aux autorités communales d'investir ou de réinvestir dans ce système qui est vétuste. Vous l'avez évoqué, la Ville a pris en main la conception d'un nouveau système de chaleur qui pourrait se baser sur une partie du système existant. A ce stade, un avis de prospection de marché a été lancé et a suscité un intérêt certain. Igretec, qui pilote la mise en oeuvre de Charleroi DC est dès lors chargé de la rédaction d'un cahier des charges sur base des pistes actuellement en cours ».

Eric Goffart a encore indiqué que si au niveau budgétaire la fiche Feder retenue par le GW prévoit de réaliser une unité de production d'énergie alimentant le Palais des Expos, le PBA et le Centre de Congrès, Igretec développe la réflexion quant à l'opportunité d'étendre le réseau et notamment en lien avec le réaménagement des espaces publics à la ville haute. « Comme vous pouvez le constater, la Ville met tout en oeuvre pour se doter d'un chauffage urbain performant et pense qu'il est illusoire de croire qu'on pourrait rénover, à moindre coût, le réseau actuel qui est dans un état de vétusté avancé, comme l'avoue la SOCAGETH qui ne parvient pas à l'assumer' ».

« Les techniques, pour pouvoir rénover , elles existent; je peux vous dire que les marques d'intérêt d'entreprises wallonnes qui ont la capacité technique et économique de procéder à la rénovation de réseau de chaleur existe » repris X. Desgain. « Je pense que nous devons pouvoir saisir l'occasion. Et dire que nous sommes juste des clients, la réponse est un peu courte dans la mesure où la propriété du réseau c'est à l'intercommunale à qui la Ville a délégué la gestion. Si j'insiste (tant) sur ce point, c'est qu'il y a urgence. Il y va de la qualité de l'air dans la ville de Charleroi. Dans les 40 années qui viennent, nous savons que nous devront atteindre des objectifs importants d'utilisation d'énergies renouvelables. Et que nous devrons le faire aussi pour le chauffage ».

« Je voulais me joindre aux inquiétudes » surenchérit quant à elle S. Merckx: « Si les particuliers veulent demander un avis juridique, pourquoi la Ville ne décide-t-elle pas d'en faire quelque chose de collectif et de les soutenir activement » suggéra-t-elle, tout en regrettant elle aussi, alors qu'on parle tant du sommet pour le climat de Paris, qu'on laisse notre cauffage urbain à l'abandon, sans réagir.

« On ne le laisse pas à l'abandon sans réagir mais comme cela a été expliqué, ce n'est pas la même chose que si on était propriétaire et que nous étions directement concernés par le concessionnaire. Il est évident que personne ne peut trouver légitime l'attitude de la SOCAGETH: c'est incompréhensible de se comporter de la sorte. On ne va certainement pas rester inactifs dans ce dossier important » indiqua en substance le bg P. Magnette. Suite au prochain épisode...

En attendant, une intervention de Mohamed Kadim (cdH), à propos des honoraires d'avocats. « En 2014, la Ville de Charleroi déboursait près de 700.000€ en frais d'avocats (contre environ 570.000€ en 2013). Les mesures du plan de gestion- à l'instar du renforcement du service juridique- auront-elles permis d'alléger la facture?

L'année 2015 n'est pas achevée mais, à ce jour, informa l'échevine Déléguée, F. Daspremont, la Ville a payé des honoraires pour un montant de 430.000€. Quant aux mesures du PG, « le renforcement du service juridique n'a été que partiellement réalisé. En cause, dixit l'édile, les mouvements de personnel et la multiplication des sollicitations en interne. « En tout état de cause, la Ville est aussi en attente de prises de position de la part de diverses autorités (régionales, judiciaires,...) quant à la possibilité pour les juristes de la Ville d'être mandatés devant les tribunaux pour agir en son nom dans divers dossiers ».

On le sait, comme d'autres villes du Royaume, Charleroi sera confrontée à l'accueil de réfugiés fuyants les horreurs de la guerre en Syrie ou en Irak. Existe-t-il un plan de répartition pour l'accueil des rmigrants; de quels moyens disposons-nous pour y faire face; a-t-on bien anticipé cet événement,... Autant de questions et bien d'autres posées conjointement par les conseillères Véronique Salvi (cdH) et Malika El Bourezgui (Ecolo) au président du CPAS, Eric Massin.

Matériellement parlant, informa celui-ci, « le CPAS de Charleroi n'a pas d'ILA sur son territoire. Il y a cependant le Centre Fedasil de Jumet qui a vu sa capacité d'accueil portée à 206 places. Est-ce pour autant que nous allons rester les bras croisés? Non: J'ai demandé à nos services de travailler sur une possibilité de création d'ILA pour accueillir des candidats réfugiés en complément de ceux qui sont déjà hébergés par Fedasil ou par des organismes non gouvernementaux, associations établies sur le terrioire de la Ville de Charleroi. Nous ne sommes pas, au niveau du CPAS, un gros propriétaire immobilier mais nous avons déjà obtenu des services de la Ville des lieux disponibles qui pourraient, sans devoir exposer des frais gigantesques, être tranformés en lieux d'accueil. »

Dans ce cadre, a ajouté Eric Massin, « notre souhait, notre politique, est de ne pas créer un phénomène de ghettoisation. Nous nous préparons donc, évidemment, à faire cet accueil ».

Il encore précisé que Charleroi avait répondu, comme les 242 autres viles, communes et autres CPAS, favorablement à la demande faite par le Fédéral pour la mise à disposition de logements tant pour les candidats demandeurs d'asile que ceux ayant obtenu le statut.

Relativement à ces derniers, précisément, tout comme les conseillères, E. Massin a rappelé qu'ils y avait tout un accompagnement à mettre en place. « Le CPAS sera bien entendu un partenaire à part entière; un certain nombre de choses sont mises en place; il y va de notre responsabilité ». Et lui de citer: l'aide juridique spécifique, les cours de français/langues étrangères, le programme par niveau de connaissance de la langue, l'accompagnement dans la scolarité des enfants, le suivi en matière d'activation sociale, les groupes de parole à orientation psychologique, la définition de projets orientés vers l'insertion sociale, les accompagnements sociaux spécifiques, le suivi individuel complémentaire, l'intégration dans les activités des Espaces citoyens, l'accompagnement à la gestion de logements, la guidance budgétaire...

« On essaie d'être le plus complet possible. On essaie de ne pas être qu'un Bancontact. On essaie de développer un certain nombre de choses et d'activités en partenariat avec le CRIC, la Funonc, la Mirec, les groupes scolaires... On essaie de se préparer. Il y a déjà un certain nombre de choses qui sont effectives mais on essaie d'aller un peu plus loin car quand on est confronté à ce type de situations, évidemmenbt notre souhait est de les prendre en charge de la manière la plus adéquate possible et imaginable ».

Enfin, Eric Massin a informé que, renseignements pris auprès du ministre Willy Borsus, le Fédéral devrait dégager des moyens financiers pour combler les interventions que seraient amené à faire les CPAS.

« Dans ce contexte humanitaire entrêmement sensible, je pense qu'on doit pouvoir aller au-delà des clivages politiques, au-delà des petites guéguerres qu'on peut se faire entre gouvernements interposés ou niveaux de pouvoir et pouvoir effectivement être solidaire dans un accompagnement serein de ce personnes. Je me réjouis que la ville de Charleroi puisse s'engager dans cette direction » ajouta quant à elle Véronique Salvi.

« C'est vrai que le CPAS n'est pas qu'un Bancontact, mais vous devez comprendre que les réfugiés ne sont pas ici pour chercher un Bancontact mais qu'ils sont ici pour être à l'abri de situations catastrophiques et tragiques » conclut de son côté Mme El Bourezgui. Sa dernière prise de parole aura donné l'occasion à E. Massin et au bourgmestre P. Magnette de rappeler qu'en la matière, toutes les bonnes volontés étaient bien entendu les bienvenues. D'ailleurs, « beaucoup de propositions spontanées se sont déjà manifestées ».

La mutualisation des services incendies de plusieurs communes- la future zone Hainaut-Est- n'est pas pour rassurer tout le monde. Il y a le problème du statut, des promotions, mais surtout des moyens qui pourraient être, selon les soldats du feu- une délégation du SRI carolo s'était invitée au Conseil communal, l'autre soir-, bradés au détriment de la sécurité des citoyens. « Aujourd'hui, la sécurité des citoyens et des pompiers est remise en cause par un audit concernant le passage en zone des hommes du feu; cette réforme ne doit pas être un prétexte pour réduire les moyens alloués au service incendie de zone » pouvait-on lire sur des tracts distribués en séance.

« Tout cela inquiète bien logiquerment nos hommes du feu » argumenta Fabienne Prévinaire (PS) dont l'intervention permit à l'échevine Déléguée de faire le point sur ce dossier... brûlant.

A propos de cet audit, justement, le Conseil de Pré-zone vient de prendre connaissance des résultats,:« Le consultant propose de passer à un système de garde de 12h au lieu de 24h, actuellement, la fréquence des événements de nuit étant plus faible que le jour. Ce fait, ainsi que d'autres aménagements, permet en effet de présenter une organisation où, en effet, la présence effective des pompiers est fixée à 37 hommes à Charleroi ».

Les conclusions du consultant, a poursuvi F. Daspremont, sont que « cette organisation permettrait, sans diminuer la présence d'hommes du feu lors de chaque intervention, de couvrir 99,5% des besoins au départ des hommes présents en caserne et que des rappels ne devraient être organisés, en moyenne, que 45h/an.  Le Conseil de Pré-zone a pris connaissance des conclusions du consultant et le rapport final de l'étude constituera un document de référence pour la prise de décisions. Je rejoins néanmoins le président de Pré-zone (Ph. Blanchart) lorsqu'il dit que ce document n'est pas une bible. Les conclusions doivent être confrontées à la réalité de terrain et de nombreux contatcs, tant au travers des directions des services que des syndicats, a actuellement lieu afin que nous puisssions prendre les meilleures décisions en faveur des citoyens et des pompiers ».

A cet égard, l'échevine a informé qu'une réunion aurait lieu entre les délégations syndicales et les représentants du Conseil de Pré-zone début novembre. « Nous serons particulièrement attentifs à ne pas brader notre sécurité tout en collabroant au mieux afin que l'ensemble de la nouvelle structure puisse fonctionner en 2016 ».

En ce qui concerne les statuts, tant pécuniers qu'administratifs, F. Daspremont a indiqué qu'une information complète serait transmise dans les meilleurs délais aux pompiers afin que ceux-ci puissent faire leur choix entre l'ancien ou le nouveau régime.

Enfin, relativement à la clé de répartition, elle a indiqué qu'un accord était intervenu en Conseil de Pré-zone pour fixer les contributions de chacune des 22 communes pour 2016. « Le projet, avalisé, permet qu'aucune commune de la zone ne subisse de choc financier important ».

L'interdiction progressive de l'utilisation des herbicides doit, dixit X. Desgain, « déjà amener les services communaux à concevoir l'entretien et l'aménagement des cimetières de façon nouvelle ». Selon le conseiller écolo, « la verdurisation des cimetières pourrait être une de ces nouvelles méthodes: Elle vise à laisser plus de place à la nature dans les cimetières, tant pour les rendre plus beaux que pour y abriter une faune et une flore naturelle en manque d'espace, surtout dans les villes », dit-il, tout en demandant s'il entrait dans les intentions de la ville de s'engager dans des actions pilotes?

« La verdurisation des cimetières est un de nos soucis constant » précisa l'échevine Délguée, F. Daspremont. « En collaboration avec l'Ecologie urbaine, le service technique des cimetières a envisagé les éventuelles dispositions à prendre dans le cadre de l'obligation, pour les gestionnaires publics, d'atteindre le zéro phyto pour le 1er juin 2019. La nature doit bien évidemment prendre sa place dans nos cimetières et l'administration suit cela de près. Dans le cadre du plan Osiris, de nombreux efforts ont été fournis, s'agissant de l'embellissement et de la volonté d'offrir des lieux de recueillement sereins et naturels. Nous poursuivons ce travail difficile mais évidemment, avec les moyens qui sont les nôtres » ajouta l'édile.

Concernant une éventuelle action pilote en collaboration avec le SP de Wallonie, elle a indiqué que les critères de labellisation étaient, pour nos services, trop nombreux à respecter dans le cadre imparti. « Une nouvelle labellisation sera proposée en 2016; je compte bien que Charleroi puisse s'inscrire dans cette démarche avec une action pilote dans le cimetière le plus adéquat pour ce faire ».

« C'est dommage que ayiez laissé passer la première occasion offerte repris » X. Desgain, d'autant qu'il y a avait un subside qui y était lié ». Quant à la problématique de la prolifération des mauvaises herbes – un risque évoqué par F. Daspremont: « le but de la verdurisation c'est plutôt d'amener la végétation qu'on a envie d'y voir, plutôt que de laisser proliférer les mauvaises herbes. C'est une gestion différente qui ne demande pas forcément des moyens plus importants ».

Dans le reste de l'ordre du jour, le Conseil était appelé à voté les MB2. « Ce ne sera pas un scoup de vous dire que nous ne voterons pas les MB2, ni de la Ville ni de sa zone de police » fit savoir le chef du groupe Ecolo, L. Parmentier.

Et lui d'argumenter: A l'ordinaire, les dépenses de personnel diminuent globalement de 4,3 millions d'€ (5,5 millions d'€ si on y ajoute selon le conseiller le 1,2 million d'€ du transfert vers la future zone de secours du pécule de vacances 2016 pour les pompiers); l'augmentation des dépenses de fonctionnement, soit 1 million d'€, dont 100.000€ rien que pour couvrir le coût d'une fuite d'eau à la caserne des pompiers – Ce n'est pas une première, si j'additionne tout ce qu'on a perdu en eau, cela commence à faire beaucoup s'est indignée au passage Malika El Bourzgui, surprise qu'il n'existe pas de système pour donner l'alerte en l'occurrence; la diminution des dépenses de transfert de l'ordre de 5,4 millions d'€ de la dotation au CPAS; la diminution de la dotation à la zone de police (- 560.000€); l'augmentation des dépenses de dettes (120.000€ en partie à cause du retard pris dans les travaux de la future caserne des pompiers); la diminution des transferts du Fonds des Communes (2,2 millions d'€ - compensée en petite partie par la hausse du dividente de Brutélé (+300.000€). Quant à l'extraordinaire, un nombre important d'investissements sont reportés aux années suivantes » a regretté L. Parmentier, avant d'en livrer une longue liste. Qui n'est jamais qu'une liste des travaux reportés, a rectifié P. Magnette: « Année après année, notre taux d'exécution s'améliore et s'améliorera encore grâce à la mise en place d'un plan plurinannuel d'investissements ».

« Vous avez parlé d'un budget d'investissement glissant, je vois effectivement qu'il glisse, mais pas dans le bon sens » indiqua un peu sur le ton de l'humour X. Desgain. « Il glisse, mais il ne dérape pas », lui répondit sur le même ton badin le bg.

« Vous faites la liste de tout ce que l'on ne fait pas, mais je veux bien faire aussi la liste de tout ce que l'on fait » ponctua quant à lui l'échevin E. Goffart.

On notera qu'à la demande d'Anne-Marie Boeckaert, au nom du groupe socialiste, le Conseil a dit oui à l'inscription de deux articles budgétaires supplémentaires. Le premier, à l'ordinaire, afin de permettre à la Ville d'intégrer un don de 7500€ qui serait versé à l'opération Viva for Life; le second, à l'extraordinaire, afin de permettre d'intégrer le subside régional de 7.134.000€ en faveur de l'opération (d'acquisition de bâtiments) et de rénovation du Théâtre de l'Ancre.

Au point 6, le Conseil était appelé à voter des modifications portant sur le statut des travailleurs. Tant sur la forme que sur le fond, Sofie Merckx (PTB+) tint à faire part de sa désapprobation. Suppression des 4 jours de maladie sans certificat, conditions pour bénéficier de promotions et accès aux postes éléves dans l'administration, autant de mesures épinglées par l'élue dans ce protocole qu'elle qualifie de « désaccord ». Supprimer les 4 jours de maladie sans certificat? «Avant d'aller plus loin, il serait utile d'avoir des informations plus précises à ce sujet ». Pour S. Merckx, c'était peut-être aussi l'occasion de (re)lancer le débat autour de la diminution du temps de travail et de la pénibilité, peut-être à l'origine de ces jours d'absence. Quant aux promotions: « les agents devront faire état d'une mention positive et non plus d'une mention « à améliorer », alors qu'entre les deux, il y a la mention « satisfaisant . Cela risque de bloquer par mal d'agents dans l'évolution de leur carrière (NB: plus de 94% des agents peuvent faire état d'une mention positive, comme précisé par le bg). L'impossibilité, pour les agents contratuels d'accéder à des postes élevés? « Autoriser des contractuels à accéder à des postes élevés (elle prit l'exemple du Directeur général) risque d'aggraver la dépendance des hauts gradés vis-à-vis de la majorité communale, ce qui pose un problème en terme de contrôle démocratique ».

« Je suis très surpris que ce dossier ait été mis à l'ordre du jour du conseil communal d'aujourd'hui alors que la concertation avec les syndicats n'a eu lieu que ce matin » surenchérit Xavier Desgain. « Je ne trouve pas ça normal et très correct en terme de procédure, quand on veut faire de la bonne gouvernance, d'autant qu'elle touche à des matières sensibles ».

Pour le bourgmestre P. Magnette,  les procédures ont été respectées; il y a eu 3 réunions programmées de longue date et nous arrivions en fin de délai ». Cela dit, « on veille à avoir une concertation toujours de qualité dans cette ville; vous pointez ici le cas où il y a un protocole de désaccord, mais je pourrais vous détailler tous les points qui sont passés ces dernières années. Ceci étant, l'autorité reste tout-à-fait ouverte à une concertation sur l'ensemble de ces questions, dont celle relative à l'aménagement du temps de travail et des fins de carrière ».

« Si tel est votre volonté, il faut alors reporter la délibréation qui nous est proposeé afin que la concertation puisse se poursuivre « insista X. Desgain.

« Sur la procédure, il y a des choses à dire; on aurait pu prendre le temps pour présenter un texte amendé. Vous passez au forcing; en pratique, on a du mal à joindre la parole aux actes, conclut pour sa part Sofie Merckx.

Au point 48, le Conseil a approuvé le règlement/redevances, exercice 2016, pour le stationnement des véhicules. A la suggestion de X. Desgain, renseignement sera pris auprès de la RCA pour examiner la possibilité de rendre le stationnement gratuit en centre ville durant le temps de midi.

Au point 49 enfin, le Conseil a voté la taxe communale sur les centres d'enfouissement techniques. « J'espère que la Ville se sentira tout de même libre de prendre une position de soutien aux riverains du Champ de Beaumont dans le cadre du projet d'extension à l'étude actuellement » indiqua X. Desgain. Il fut rassuré par le bg: « il n'y a pas de lien entre cette taxe et le débat que vous évoquez ».

 

 

 

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