Au Conseil communal du 8 septembre

Vendredi 12 Septembre 2014 - 08:59

Les prestations de serment d'une nouvelle échevine et d'un nouveau directeur général ff, une demande de présidence de l'assemblée acceptée – majorité contre opposition- dans le chef du bourgmestre Paul Magnette: Ce sont les points forts du Conseil communal qui s'est réuni ce lundi 8 septembre 2014.

Ce sont, en effet, les points forts d'une séance qui, comme c'est devenu une tradition maintenant à Charleroi, eut l'apanage de compter dans les rangs du public une belle réprésentation de riverains de la ville haute venus, calicots et banderoles à la main, attirer l'attention des autorités communales sur le commerce illicite de drogue(s) qui sape leur quotidien et la vie dans le quartier. « Les citoyens de la ville haute – excédés de la situation- clament leur inquiétude confrontés à cet état de fait et tirent la sonnette d'alarme; ils en appellent aux autorités » pouvait-on lire en substance dans leur lettre ouverte.

Cela exprimé, dans le calme et la dignité, on en vint, une fois le pv de la séance publique du 14 juillet 2014 approuvé (moins une abstention), à examiner, à la demande de l'Echevine déléguée, Françoise Daspremont, la désignation du bourgmestre en titre comme président du Conseil.

« Ne faisant pas partie de votre majorité, nous voterons contre » conclut le chef de file Ecolo, Luc parmentier, après avoir argumenté. « Vous demandez ce soir à pouvoir présider le Conseil communal, mais vous violez ainsi l'esprit de cette modification intervenue dans le Code de la Démocratie locale qui visait avant tout par là à renforcer la qualité, l'impartialité et la bonne tenue démocratique du Conseil en mettant fin à une ambiguïté: le bourgmestre est à la fois président du Collège et président du CC. En permettant de donner la présidence du Conseil à un conseiller communal non membre du Collège, on renforce le rôle de chacun. On serait bien inspiré de revenir à la lettre et à l'esprit de la loi, à savoir qu'un bourgmestre empêché ne peut plus exercer ses fonctions ».

Par ailleurs fort critique sur le choix de P. Magnette de « quitter Charleroi, capitale de la Walbanie pour rejoindre Namur, la capitale de la Wallonie » – synonyme selon lui de trahison pour de nombreux Carolos, Luc Parmentier le fut aussi envers tous ces nombreux départs et nouvelles arrivées décrétées dans la foulée, au sein des cabinets, des entités consolidées comme Igretec et la RCA par exemple où à la tête de l'administration. A la tête de l'administration justement où Christophe Ernotte « bien connu de nos servives » succède à Olivier Jusniaux: « Un 5è DG en plus ou moins 6 ans; un intérimaire de luxe choisi par la majorité en dehors de tout prescrit légal. Depuis des mois, je demande qu'on acte la vacance du poste et qu'on lance la procédure de désignation d'un véritable directeur général qui pourra enfin recevoir du Collège sa lettre de mission », conclut-il avant d'espérer que «  ces nombreux départs et ces nombreuses arrivées à des postes clé ne seront pas un frein au renouveau de notre ville ».

Même son de cloches sur les bancs du PTB+: « Depuis les élections de 2012, vous avez, en tant que bourgmestre, présidé le Conseil communal, ce qui a déjà posé quelques problèmes de neutralité. Cette présidence de l'assemblée, par le chef de l'Exécutif est une exception communale. Un président objectif et non partisan, c'est ce dont notre conseil à besoin. Et je ne peux imaginer qu'il n'y ait pas, au sein de cette assemblée, personne à qui vous pourriez déléguer cette fonction en toute confiance » déclara Sofie Merckx, concluant son intervention elle aussi (comme le FN) par un vote négatif.

Paul Magnette: « Je vous remercie pour votre confiance qui me permet de continuer à présider ce Conseil . Je vous rassure, M. Parmentier, Mme ...Marx – oh le joli lapsus, qui eut le mérite de détendre l'atmosphère, tout à fait dans l'esprit du Code de la Démocratie locale ».

 

Avant d'appeler M. Christophe Ernotte à prester serment en tant que nouveau DG, le bourgmestre tint à rendre un hommage appuyé au travail de ses prédécesseurs et en particulier à celui d'Olivier Jusniaux: « C'était loin d'être facile, dans un climat, à l'époque, relativement lourd, avec une administration bien souvent démoralisée et paralysée; nous avons, au cours de ces quelques années, retrouvé de l'efficacité et de la motivation générale. C'est un travail remarquable qui mérite d'être applaudi. »

Des remerciements ont également été adressés au directeur général adjoint, Guy Charlier, pour avoir assuré, « comme toujours, l'intérim avec discrétion et efficacité ».

En urgence, le Conseil a, dès après, pris acte de l'empêchement d'Antony Dufrane de siéger au sein du Collège et procédé à la désignation (abstention d'Ecolo, PTB+ et FN: contre) de sa remplaçante, Julie Patte, en tant que 5è échevin socialiste reprenant les mêmes compétences.

La première intervention ensuite, elle est venue du banc Ecolo avec X. Desgain, lequel, rappelant ceux de l'Union Européenne, s'interroge sur les objectifs de la Ville en matière d'utilisation d'énergies renouvelables pour les besoins de chaleur.

« Nous sommes tous d'accord pour dire que l'énergie la moins chère est celle qu'on ne consomme pas. A cet égard, il est important de souligner que la Ville investit massivement dans ses bâtiments en termes d'isolation, de placement de nouvelles chaudières, etc » indiqua l'échevin Eric Goffart. Et lui d'ajouter: « plusieurs bâtiments ont été équipés en outre de matériel permettant la production d'énergie renouvelable (piscine Hélios, PBA, MPA à Marchienne, etc) et d'autres mis en capacité sur le modèle de la cogénération. Quant au réseau de chauffage urbain pour le centre-ville, il est trop tôt pour tirer des conclusions à ce stade sur ce qui n'est encore qu'un projet ».

« Je constate », reprit X. Desgain, « qu'on ne sait pas dire quels sont les besoins de chaleur des bâtiments communaux. La donnée n'est pas disponible et c'est préoccupant. Sans elle, impossible d'établir des objectifs de production d'énergie renouvelable (12% pour la Belgique à l'horizon 2020).

Quant au réseau de chauffage urbain, « telle que déposée aujourd'hui, la fiche Feder indique que ce sera une chaudière au gaz, donc une énergie fossile. Etant donné la situation internationale, notamment, cela ne me rassure pas » conclut le conseiller prêt à revenir prochainement devant le conseil pour plus de précisions.

Cet été, quelques 200 familles ont été avisées de la fermeture (au 1er septembre 2014) du garde temps par le Centre Coordonné de l'Enfance. « 200 familles parmi lesquelles beaucoup de femmes seules avec enfants, pour qui ce service est bien souvent indispensable pour pouvoir garder leur emploi. Une fois de plus, voici une mesure qui va toucher des personnes connaissant des conditions de vie difficiles » s'inquiète Sofie Merckx. « Quelles propositions la ville compte-t-elle faire pour aider à trouver une solution »? »

« Déjà au début du mois de juin, dès qu'elle a été interpellée par les parents, Véronique Salvi a pris contact avec le Centre Coordonné de l'Enfance ». Pour ma part, le 1er rendez-vous que j'ai pris avec la direction, en tant qu'échevin, s'est déroulé le 8 juillet dernier. Depuis lors, la Ville cherche une solution et plusieurs rencontres ont déjà eu lieu. Cette solution devra, bien entendu, outre les besoins des familles, intégrer les balises budgétaires de la Ville et les propores contraintes du CCE qui est en pleine restructuration. Aujourd'hui, ce travail est en cours. L'objectif est de trouver une solution qui dure sur le long terme » indiqua l'échevin Mohamed Fekrioui, qui rappela la mobilisation intervenue dans le chef des responsables politiques carolos, l'octroi de subsides communaux et régionaux qui ont permis la fermeture pure et simple des activités de l'asbl.

« Je constate qu'il y a beaucoup de contacts, cependant le subside communal (dont le vote figurait d'ailleurs à l'ordre du jour) n'a fait que diminuer de 3% chaque année et donc, finalement, regretta Sofie Merckx, cela fait partie de l'austérité que l'on est en train de vivre et j'espère que la Ville peut effectivement libérer un subside afin de répondre positivement à la demande des parents ».

« Je pense qu'il faut effectivement être attentif à l'avenir de cette institution et aux services qu'elle rend, lesquels ont une valeur sociale vraiment très importante pour les familles qui en bénéficient » ajouta de son côté X. Desgain.

Des coupures de courant sont de plus en plus évoquées durant cet hiver pour les raisons que l'on connaît. Mais un plan anti black-out existe-t-il pour Charleroi? C'est ce qu'a voulu savoir Luc Parmentier (Ecolo).

« La Ville de Charleroi a, depuis de nombreux mois, entamé une réflexion sur cette problématique et ce, par le biais de sa cellule sécurité », a rassuré F. Daspremont. « Ces dernières semaines, le mouvement s'est accéléré et plusieurs réunions ont été organisées, notamment, sous l'égide de la province et du bureau constitué à cette effet. Il en est ressorti un PPUI (Plan particulier d'urgence et d'Intervention) discuté, examiné et finalisé lors d'une réunion tenue ce 8 septembre 2014. Ce PPUI sera mis à jour en permanence et prendra en compte les spécificités des secteurs à risque. Comme vous le voyez, nous prenons cette problématique à bras-le-corps afin que nos concitoyens et nos entreprises ne soient pas trop impactés si un tel événement devait survenir ».

Histoire de rassurer totalement le conseiller, l'édile indiqua que le groupe électrogène défaillant lors de la dernière brocante des quais avait été réparé et utilisé depuis lors.

En parlant de groupes électrogènes, Luc Parmentier a regretté de ne pas obtenir un inventaire détaillé ni même, tout comme son collègue X. Desgain, les mesures envisagées par la Ville afin de réduire la consommation d'électricité. « Toutes ces mesures sont reprises dans l'analyse de fond ». Et puis, ajouta le bourgmestre P. Magnette, « il ne faut pas dramatiser: dans le pire des scénarios envisagés par le gestionnaire du réseau Elia, ce sont 2 à 3 heures potentielles de coupure qui sont envisagées et cela, pendant quelques jours, au pire, de l'hiver.

Un Electronic Dance Music Festival (EDMF), c'est bien, ça redore l'image de Charleroi, mais cela ne va pas sans causer quelques problèmes, comme le relatait, pour suivre, A. Tanzilli (cdH). Par exemple, en ce qui concerne l'édition de cette Garden Party organisée le 15 août dernier, la présence de dealers, de toxicomanes, de nuisances sonores et puis, des dégradations à un poumon vert dont on peut légitimement se poser la question de savoir, dixit le conseiller, s'il est bien adapté à ce type d'événement.

« Quant aux problématiques soulevées, la police avait mis en place un dispositif de surveillance et elle nous confirme qu'aucun incident lié au festival n'a été à déplorer » devait préciser la toute nouvelle échevine, Julie Patte. « Les interventions qui ont débouché sur six arrestations au total se sont limitées à des faits constatés à l'extérieur du périmètre de la manifestation. »

Au sujet du bruit, « afin d'éviter les mauvaises surprises, l'organisateur avait veillé à informer les riverains et le Collège avait clairement demandé l'arrêt de toute diffusion sonore à 1h du matin. Qui plus est, l'organisateur avait installé du matériel spécifique capable de canaliser la diffusion sonore et d'en éviter toute déperdition. »

Enfin, il y a les dégâts subis par le parc Astrid. « Les conditions atmosphériques prévalant lors du montage et du démontage du matériel des structures du festival n'ont pas aidé à la préservation optimale du site. Néanmoins, promit Mme patte, je peux vous assurer qu'une de mes priorités sera de réaliser l'analyse et l'évaluation des différents événements organisés à Charleroi en lien avec les services de la Ville et les porteurs de projets. Les problématiques que vous soulevez seront bien entendu prises en compte ».

Il y a quelques mois, le Collège communal validait une liste de monuments à rénover et présents en nombre, dans nos cimetières. Mais, s'inquiète Véronique Salvi (cdH), dont on connaît l'attachement à cette matière, «  à ce jour ce dossier n'a malheureusement pas beaucoup évolué. A l'heure où l'ensemble de nos communes et de nos concitoyens commémorent la guerre 14-18, nous sommes en droit de souhaiter qu'à Charleroi, aussi, nos monuments bénéficient d'une rénovation ».

« Le collège, en même temps qu'il validait cette liste dont vous faites référence, chargeait le bureau d'études d'entreprendre, de coordonner les actions des services et de passer les marchés nécessaires à la réalisation de ces rénovations. Je dois malheureusement constater, aujourd'hui, que l'administration, à laquelle j'avais fait parvenir votre intervention, ne m'a fourni que des éléments parcellaires pour vous répondre. Il me revient qu'à ce stade, et pour l'année 2014, en fonction du programme des commémorations, nous avons demandé la rénovation, par ordre de priorité, du monument de Couillet, dans le cadre de la Journée du Souvenir et l'exposition « Soudain, le chaos », le cimetière de Marcinelle, dès le 15/10 dans le cadre de la manifestation en hommage à l'ordre du Roi de ne plus reculer et, enfin, les cimetières du grand Charleroi à l'occasion de l'Armistice. Aucun calendrier des interventions ne m'est parvenu à cette heure. Soyez assurée que, dès l'installation de notre nouveau DG dans ses fonctions, je demanderai qu'on mette ce dossier parmi les priorités. » indiqua l'Echevine déléguée, Françoise Daspremont

« C'est d'autant plus dommage que cela fait deux ans qu'avec Cyprien Devilers et vous-même, nous avions entamé des démarches afin justement d'éviter la réponse que vous nous donnez aujourd'hui. J'ose espérer qu'effectivement, vous puissiez revenir rapidement vers nous avec de bonnes nouvelles » conclut V. Salvi.

« Je voudrais pour ma part insister sur l'importance qu'il y a à bien entretenir les abords des monuments. J'insiste, comme je l'ai déjà fait, pour que l'enlèvement des gerbes par exemple se fasse dans des délais raisonnables et que nous donnions à nos concitoyens une image respectable et respectueuse de nos monuments. Qu'elles soient toujours présentes un mois après une cérémonie, en terme d'image, c'est catastrophique » indiqua de son côté X. Desgain.

La problématique de la carte « handicapé » a déjà été soulevée à maintes reprises par le passé mais elle est revenue devant le Conseil par la voie de Ch. Meysman (PS), après qu'il ait recueilli la mésaventure vécue par un PMR lors de son stationnement en centre-ville. Les personnes à mobilité réduite doivent-elle, oui ou non, se doter d'une seconde carte valable uniquement sur le réseau carolorégien pour faire valoir leurs droits?

F. Daspremont: « Pour rappel, la carte permettant aux PMR de se stationner sur les emplacements qui leur sont destinés est accordée par les autorités fédérales. Toutefois, le caractère gratuit de ce stationnement est de la compétence des autorités communales. C'est ainsi que le règlement en vigueur prévoit que la gratuité du stationnement est conditionné par l'octroi préalable d'un document émanant des services de la RCA. Une réflexion commune a été entamée sur l'utilité de cette procédure. Cette démarche constructive est menée en collaboration avec le CCPH avec, pour finalité, de revoir, dans un délai raisonnable, les modalités dudit règlement. Notre volonté est de faire coincider ces nouvelles modalités avec la mise en oeuvre du nouveau plan de mobilité qui sera avalisé après son passage à la CCATM courant du mois d'octobre prochain. Dans l'intervalle, certaines réflexions pourront néanmoins déjà être intégrées ».

Septembre, mois de la rentrée, mais aussi des chantiers, en cours et à venir, à l'exemple de ceux qui seront entrepris très prochainement sur le R9 et qui emmèneront dans leur sillage, à coup sûr, quelques problèmes de mobilité. Comme d'autres, ils inquiètent le conseiller MR Jean-Pierre Deprez...

« Effectivement, beaucoup de chantiers vont démarrer en parallèle dans les prochains mois" indiqua le bg P. Magnette. « Ce sera une période assez troublée au plan de la mobilité. C'est la raison pour laquelle nous comptons fournir, relativement à ceux-ci, le plus de détails possible aux usagers. On ne peut pas les éviter, mais il faut qu'ils soient faits de la manière la plus intelligente possible, dans la meilleure coordination possible et, surtout, qu'il y ait autour d'eux la meilleure communication. Nous travaillons à cette fin, très étroitement avec le TEC, le SPW, l'asbl centre ville,etc; Nous allons aussi travailler avec des publics cibles tels que les enseignants et les parents; l'ambition est à la fois d'expliquer la raison des travaux et les solutions de rechange pour que la ville reste praticable ».

« A la ville haute, ajouta l'échevin Eric Goffart, les travaux menés dans le cadre du plan Vauban (démolition des parcovilles, réfection des trottoirs), etc, sont menés dans de très bonnes conditions. Nous avons été attentifs à ce que la plupart des chantiers puissent être réalisés pendant les vacances scolaires afin justement de ne pas trop entraver la mobilité. Les mêmes critères prévaleront lorsque l'on abordera la réfection des voiries. Elles le seront toutes, les unes après les autres, avec l'idée de ne pas tout paralyser ».

La mobilité, elle passe aussi par la problématique du parking, comme signalé par le conseiller réformateur qui regrette parfois leur manque de (li)visibillité. « La RCA gère deux parkings en ouvrage, celui de la Digue (273 places) et celui des Rivages (414 places). L'un et l'autre sont accessibles à des prix très abordables » selon Cyprien Devilers. Lequel a néanmoins rassuré sur les efforts de promotion qui sont et seront faits. Il y a eu tout dernièrement la sensibilisation auprès des commerçants (5000h de parking distribuées lors de la braderie), la mise en place du quart d'heure gratuit ou encore le placement de bannières: « Tout cela fait partie d'un programme beaucoup plus vastre visant la mobilité, à Charleroi. Nous espérons avancer dans la bonne direction ».

Reprenant la parole, Sofie Merckx devait juste déclarer: «  je m'étonne que  M. Le conseiller communal, président de l'assemblée, réponde à une question de M. Deprez, normalement c'est aux échevins de le faire ».

« Il est dans les attributions du président de l'assemblée, du bourgmestre en particulier, de compléter les éléments de réponse. Tout cela se pratique ailleurs de la même manière » devait lui rétorquer Paul Magnette.

Ca ressemblait parfois à des petits arrangements entre amis au point que la Ville a décidé, sur base de ce qu'on a pu comprendre de l'intervention de Maxime Sempo (MR), de régulariser la situation de l'hergement, dans ses infrastructures, des équipes corpos. Oui, mais cela ne met-il pas en péril la survie de certains clubs?

« Il convient de noter que les clubs conventionnés n'ont pas le droit de réclamer une redevance aux clubs corpos mais doivent par contre soumettre à la Ville tout demande de sous -location » indiqua l'échevin Ph. Van cauwenberghe. « Nous avons constaté qu'à ce jour, il n'existait toujours pas de règlementation précise et qu'il convenait dès lors de régulariser cette situation afin d'offrir un cadre légal et d'éviter des situations parfois dépendantes de la simple bonne entente ou du bon vouloir de certains. Au mois de février, un courrier a été adressé aux clubs conventionnés qui accueillent les clubs corpos pour leur demander de se mettre en conformité. Aucune réponse ne nous est parvenue. Il était dès lors inévitable que l'administration intervienne afin d'organiser les choses elle-même. Notre raisonnement est de dire que les clubs corpos qui paient aux clubs conventionnés ne doivent plus le faire mais par contre ils verseront une redevance à la Ville comme tous les clubs. Une convention renouvelable annuellement sera établie entre la Ville et chaque club corpo. La redevance s'élèvera à 250€, ce qui représente un avantage pour certains. Le nettoyage des vestiaires sera à charge du club qui les utilisent ainsi que le traçage du terrain. Cela a aussi permis d'établir un tableau de répartitions des occupations et, à ce jour, ajouta l'édile, chaque club corpo a son terrain pour la saison sportive 2014-2015, et ce de manière officielle. Nombreux sont les dirigeants qui finalement se félicitent de cette initiative qui a permis de mieux cadrer les clubs et régulariser une situation qui n'était pas en adéquation avec le règlement communal en la matière ».

Cela dit, a confirmé M. Van Cauwenberghe, il n'y aura pas de réclamation des sommes non perçues auprès des clubs conventionnés compte tenu que la situation est historique et qu'aucune information précise ne pourrait permettre à la Ville d'infliger d'éventuelles sanctions.

Si on parle souvent du Rambulant, force est de constater que, jusqu'ic ici, c'est bien plus souvent en mal qu'en bien. Pourtant, depuis quelques mois, comme l'a indiqué J-Ph. Preumont (PS) des initiatives porteuses d'espoir se font jour pour recréer, au sein de cet immeuble à appartements, un climat de vie souvent mis à mal. L' « été solidaire – je suis solidaire » fait partie des opérations mises en oeuvre pour retisser ce lien social trop de fois pris en défaut. Mais il y en a d'autres, comme ce projet d'aménagement de convivialité à l'extérieur du bâtiment et pour lequel le conseiller a tenu à avoir certaines précisions de la bouche de l'échevin Serge Beghin.

« Il est vrai, répondit ce dernier, que, "depuis quelques mois, une collaboration plus étroite encore s'est développée entre la division Prévention Quartiers, le service social et la Direction de la Sambrienne. Un travail de fond a été effectué avec les habitants et les professionnels afin d'établir un état des lieux détaillé des difficultés rencontrées et de dégager les priorités à traiter. Il faut à ce titre souligner l'excellent travail réalisé par les éducateurs, les médiateurs et les jeunes qui se sont investis dans cette initiative ainsi que l'intérêt du dispositif « Jeunes Jugés Dérangeants » dans ce quartier à forte concentration de logements. Le pari du dispositif consiste à réduire les tensions par la médiation et proposer des actions de proximité accessibles et adaptées au public de cette zone dans le but de renouer avec le lien social. Ce pari est déjà largement gagné, ce qui n'empêche pas la poursuite des investissements. Le projet « été solidaire-je suis partenaire » est une première concrétisation des efforts conjoints menés par la Ville et la Sambrienne; la qualité du travail est exemplaire mais d'autres travaux sont d'ores et déjà programmes: la destruction de la butte face aux entrées afin de dégager un espace permettant d'y implanter un kiosque semi-ouvert et d'imaginer, avec les usagers, un espace de convivialité pour toutes les catégories d'âge. Je demanderai à cettre fin l'inscription d'un montant de 50.000€ dans le cadre du budget participatif. Nous sommes déjà en possession d'un avant-projet mais il doit encore être avalisé par les services compétents ».

Comme l'a rappelé Véronique Salvi (cdH), le 7 août dernier, Moscou a décidé de limiter les importations agricoles d'un certain nombre de pays, dont la Belgique, en rétorsion à d'autres sanctions commerciales décidées par l'UE dans le cadre du conflit ukrainien. « Charleroi, première métropole wallonne pourrait, me semble-t-il, a soutenu la conseillère, donner l'exemple afin de venir en aide aux agriculteurs wallons ». A l'instar de la commune d'Erquelinnes, qui a décidé une distribution gratuites de poires dans ses écoles, « ne pensez-vous pas qu'une action en ce sens et dans l'urgence pourrait avoir lieu à destination de nos écoles, crèches, maisons de repos, clubs sportifs, etc...?

« C'est un peu plus compliqué au niveau de la Ville, mais, en ce qui concerne le CPAS par exemple, devait indiquer son président Eric Massin, ces aides existent déjà puisque, chaque année, dans le cadre des marchés passés avec les fournisseurs, nous veillons à prendre des pommes et des poires d'origine belge. Nous n'avons pas eu de demandes spécifiques en la matière, mais nous sommes prêts à y répondre tout en respectant la loi sur les marchés publics ».

« Je pense néanmoins qu 'il convient de réfléchir à des solutions alternatives lors de situations d'urgence. D'autres communes l'ont fait, pourquoi-pas Charleroi? » conclut V. Salvi.

Il y a quelques jours, la presse relatait cette initiative originale prise par des éducateurs de rues, à Charleroi: La construction de cabines mobiles avec du matériel de récupération destinées aux SDF. « Si la démarche est originale, créative et écologique, elle pose tout de même question » selon Sofie Merckx (PTB+). La question de la saturation de l'accueil dans les abris de nuit et celle de voir des quartiers se transformer en bidonville. « Ne pouvons-nous pas penser à des solutions plus adéquates pour une ville dans l'un des pays les plus riches d'Europe au XXiè sicècle?

« Tout d'abord, je pense que l'initiative prise par Denis Uvier n'est pas d'inonder Charleroi de cabines mobiles mais de forcer à la réflexion » rétorqua Eric Massin.

Quant aux chiffres demandés par la conseillère, le nombre de personnes hébergées fut, précisa le président du CPAS, de 1201 en 2012 et 1141 en 2013; quant aux nombres de personnes refusées: 4267 en 2012 et 3845 en 2013. « Il y a eu une forte augmentation entre 2011 et 2012 et nous entamons donc une diminution. Les premiers chiffres pour 2014 indiquent d'ailleurs que cette diminution se poursuit. Il y a tout de même lieu, ajouta Eric Massin, de relativiser ces chiffres puisque la toute grosse majorité des personnes refusées se fait pendant les mois qui vont d'avril à à peu près début octobre.  Il y en a tout de même pendant la période hivernale, mais ils sont nettement moins nombreux (177 en janvier contre 486 en mai 2013). Refuser, insista le président du CPAS, cela ne veut pas forcément dire qu'il n'y a pas de place. C'est tout simplement parce que, parfois, les personnes se trouvent dans des conditions qui font qu'on ne peut pas les accepter ou parce qu'elles ont trouvé une autre solution. De toute façon, lorqu'il y a refus, il y a toujours des solutions qui sont présentées. »

Eric Massin a également fourni les capacités d'accueil dans le cadre du Plan Hivernal; Dourlet (ouvert toute l'année): 33 places pour adultes (avec la possibillité de monter à 40 places en cas de saturation du réseau d'urgence + 2 lits); l'abri de nuit supplétif (ouvert lui du 1er novembre jusqu'au 31 mars): 25 lits pour adultes masculins + 2 lits d'urgence et, au-delà, des nuits au Triangle (12 lits) en cas de difficulté); l'abri de nuit de crise (au besoin): 12 places pour adultes hommes + 2 lits d'urgence.

« Au-delà de l'accueil et de la problématique du logement, se pose aussi la question de l'accompagnement qui est, me semble-t-il, le plus important. C'est la raison pour laquelle, avec le Relais Social, nous avons initié ce projet « House in First ».

 Quant aux solutions de logements de rechange – des maisons de style « appartenaires » comme indiqué par Mme Merckx- il s'agit bien entendu d'une piste à explorer pour les villes qui ont un besoin de logements. La Ville, quant à elle, ajouta l'échevine Ornella Cencig, devra se contenter d'être attentive aux aspects techniques et juridiques et plus particulièrement urbanistiques. Je voudrais également rappeler toute l'importance qu'il y a de poursuivre le travail mis en place tant par les opérateurs que la Ville pour lutter contre le sans-abrisme. En poursuivant aussi bien les actions entamées qu'en en développant d'autres ».

Conclusion de Mme Merckx: « Je suis un peu déçue par la réponse quand j'entends qu'un certain nombre de refus sont réorientés. Ce n'est vraiment pas le cas quand je lis le rapport 2012 du Relais Social ni les échos que j'ai sur le terrain. Je pense que ce sont des choses qu'on pourrait résoudre ». Il suffirait, selon Mme Merckx, de créer 30 lits supplémentaires. Mais, pour cela, « il faut changer son fusil d'épaule en voyant le problème et la réalité ».

A quand des "rues à vivre" dans certains quartiers carolos où les jeunes manquent d'espaces de jeux? De nombreuses villes relayent l'initiative qui consiste à fermer certaines voiries locales à la circulation routière durant une à plusieurs semaines afin de permettre aux jeunes d'y jouer. Mais à quand chez nous? C'est la question posée par X. Desgain à l'échevine Julie Patte.

« La transposition du champ d'application du projet européen Bambini (dont la Belgique est partenaire et d'où découle l'initiative des rues à vivre) - me semble envisageable à Charleroi. Il s'agit d'une démarche participative et transversale qui ne peut fonctionner que si toute une communauté est consultée et impliquée. Je vais, dans les prochaines semaines, rencontrer mes interlocuteurs au sein de l'administration ainsi que les personnes qui travaillent sur le terrain. Nous pourrons alors nous mettre autour de la table afin d'envisager ce type d'organisation ».

Une centaine d'autres points étaient inscrits à l'ordre du jour de la séance publique.

Le point 7 concernait la modification du CA de la Maison pour Associations (remplacement de M. Beghin par M. Blanchart notamment ). Luc Parmentier : « Je m'étonne de ce remplacement demandé par le premier intéressé. Dans le temps c'était le groupe socialiste qui présentait ses candidats. C'était pour m'assurer que le groupe socialiste était bien d'accord avec son échevin, ce qui est le cas comme le lui a confirmé Gérard Monseux.

Au point 13, Le Conseil a avalisé un marché public pour l'acquisition (21.175€ TVAC) d'une solution « multi-médias » pour la salle du Conseil communal ainsi que des prestations en régie. « Je me rejouis de cette décision mais ne faudrait-il pas (aussi) penser au public et à un second écran » indiqua Sofie Merckx. « Bien entendu devait confirmer le bg P. Magnette, lequel a aussi informé qu'un réaménagement de ladite salle était en réflexion afin d'organiser de manière plus conviviale et dynamique le débat.

Au point 38, on retiendra l'intervention de X.Desgain au sujet du règlement complémentaire aux quais de Flandre et de Brabant et rue Léopold dans le cadre du projet Phénix pour regretter l'absence d'affichage pour établir la liaison avec le RaVel et attirer l'attention sur l'incongruité de certains panneaux (sens uniques limités) pour les cyclistes.

P. Magnette « Nous en prenons bonne note et allons vérifier. Quant au RaVel, je pense que rien n'avait été prévu mais, le cas échéant, nous demanderons à la Direction des Routes de la RW de prévoir cet affichage ».

Même intervention de X. Desgain au point 41. Le Conseil a avalisé l'achat d'une balayeuse (175.450€ TVAC) et sa maintenance 58.080€TVAC) sur les budgets ordinaires de 2015 à 2019. « Je suis surpris que le contrat de maintennace exclue le remplacement des pièces d'usure à l'exception des brosses ». Chose que le bg P. Magnette a promis de vérifier.

Le Conseil a voté, au point 75, un marché de travaux ayant pour objet la réalisation de locaux pour le personnel du poste avancé du SRI, à Jumet (854.960,15€ TVAC sur le budget extraordinaire 2014). X. Desgain s'est abstenu, regrettant l'absence de chauffes-eau solaires sur le bâtiment. « Une partie des locaux va comprendre des douches pour le personnel et c'est justement l'utilisation type qui peut rentabiliser un chauffe-eau ».

Au point 76, le Conseil a approuvé un marché public de travaux (750.559,08€) comprenant le remplacement des parements de façade et la couverture de la toiture de la maison communale annexe de Gilly. Même absention de X. Desgain qui a dermandé qu'on veille au remplacement des coupoles et qu'on prévoie un dispositif extérieur permettant de réduire les apports solaires particulièrement gênants en été.

Le même conseiler s'est prononcé contre un marché de fournitures pour l'acquisition d'armatures électriques (100.999, 11€TVAC). « On nous propose de remplacer des tubes et des armatures de tubes au néon par des tubes et des armatures de tubes au néon. Je le regrette alors qu'aujourd'hui, il existe des LED qui sont plus efficaces quand on remplace les armatures. La modernisation de l'éclairage dans les bâtiments publics est un élément qui permet de consommer moins d'énergie et je regrette qu'on reste sur de vieilles technologies ».

Le point 88 concernait un marché public de travaux de pourtours au stade Bardet, à Gosselies (199.687;63€ TVAC). « Je trouve qu'en bordure d'un terrain de sport, ce n'est pas forcément le meilleur choix. Dans ce cadre, il y avait d'autres alternatives qui permettaient en surplus de garantir et le cheminement tout à fait confortable et la préservation de surfaces perméables » indiqua en substance X. Desgain.

Au point 89, le Conseil a adopé un marché de travaux de remplacement d'un pavillon préfabriqué par un bâtiment traditionnel à l'école du Bois, à Ransart (739.165,32€ TVAC). X. Desgain est encore intervenu pour se rejouir de toute une série de mesures allant dans le bon sens, mais pour regretter cependant que l'on n'ait pas pris suffisamment pris en compte la problématique de la ventilisation et celle de la performance des chaudières.

Enfin, dernier point discuté en séance publique, le 97, concernait la résiliation du mandat de gestion locative de l'AIS pour des logements sis au n°35 du quai de Brabant et n°20 de l'avenue de l'Europe. « mais que fera la Ville après pour s'assurer que ces logements soient reloués au plus vite pour les personnes qui en ont besoin » interrogea Sofie Merkx. L'idée, indiqua P. Magnette, est de confier le mandat à un gestionnaire de logements publics, en l'occurrence la Sambrienne.