Au Conseil communal du 17 décembre

Lundi 22 Décembre 2014 - 10:10

Des chiffres et encore des chiffres au menu de la séance du Conseil communal du 17 décembre, la dernière de l'année. Et pour cause puisque son principal objet n'était autre que la discussion des différents budgets: Celui de la Ville bien sûr, adopté majorité contre opposition, mais également ceux de la Zone de police et du CPAS. Un peu en marge, on retiendra que le Conseil, sur proposition des trois partis de la majorité, a adopté une modification de son règlement d'ordre intérieur (ROI) visant à interdire les prises de son et d'images d'amateur lors des débats publics.

Comme indiqué par Gérard Monseux, chef de file du groupe PS, le texte en question, cosigné par le MR et le cdH, vise à éviter certaines dérives ou abus. Dès lors, dorénavant, sur base de l'art. 26 bis nouvellement introduit dans le ROI du CC, ne seront plus autorisés à filmer, opérer des prises de sons ou d'images (lors des séances publiques) que les journalistes professionnels reconnus comme tels, les journalistes stagiaires reconnus par l'AJP ou la VVJ, les membres de la presse périodique spécialisée, les techniciens détenteurs de la carte « T » et, à titre exceptionnel, toute autre personne ne relevant pas d'une des catégories precitées moyennant une autorisation préalable impérative accordée par le président de séance.

« Cette disposition va à contre sens de la volonté de transparence des travaux du Conseil communal. Elle va à contre sens de l'évolution de la communication entre les personnes » devait s'insurger pour sa part X. Desgain (Ecolo). « C'est un pas en arrière sur le plan démocratique. A l'heure où le citoyen demande plus de transparence, la Ville de Charleroi veut interdire au citoyen de diffuser ce qui se déroule dans le conseil communal qu'il a élu. C'est incompréhensible! » devait surenchérir sa collègue du PTB+, Sofie Merckx.

Et le premier de rappeler, en la matière, une réponse apportée par le ministre des Pouvoirs locaux, Paul Furlan, en commission parlementaire. En substance, que « la prise de sons et d'images lors d'une séance du conseil communal ainsi que sa reproduction dans les médias ne peuvent (donc) pas faire l'objet d'interdictions ou de restrictions ». « Cela ne vous permet donc pas d'être aussi restrictif que vous le voulez. Sur cette base, je vous demande de la retirer. Si pas, nous introduirons un recours ». Le texte a finalement été adopté non sans que le bourgmestre P. Magnette ait précisé qu'il était quant à lui favorable à une retransmission en direct mais « dans le respect de la déontologie journalistique ».

Place ensuite au budget du CPAS présenté par son président, Eric Massin. Un budget 2015 à l'équilibre, adopté à l'unanimité par le Conseil de l'Action sociale, qui s'établit à 214.803.616€. « Les augmentations sont particulièrement modérées sauf en ce qui concerne les dépenses de transfert ». Et pour cause puisque l'on s'attend à une augmentation (balisée) de quelque 18% du nombre de bénéficiaires du RIS l'année qui vient suite à la limitation dans le temps des allocations d'insertion (coût net estimé à 2,246 millions d'euros).

Au niveau des recettes, et compte tenu de cela, si la part du fédéral grimpe à 47% (sont envisagés des augmentations de 5% à partir de 2017 et 5 autres pourcents à partir de 2020 ainsi qu'une augmentation de 10% du FSAS à partir de 2018), la dotation communale, restrictions budgétaires oblige, est rabotée d'un million d'euros pour s'établir à 35,527 €.

Eric Massin a rappelé que la revendication de subvention Ville était au départ de 39,4 millions. Nonobstant, « Il s'agit d'un budget responsable, émancipateur et même ambitieux ». Principalement en termes de projets et chantiers, lesquels pourront puiser sur une enveloppe de 33 millions (à l'extraordinaire). A commencer par le desamiantage et la démolition du CHU de Charleroi. Pêle-mêle, citons-en dans plusieurs registres: Hôtel social: phase 3 (bureaux), château Delhaize (logements d'urgence); service informatique: logiciel pour les services de soins à domicile; actions de quartiers: projet Charleroi Cultures d'Avenir (sur le site du Martinet) et mise aux normes AFSCA du restaurant social Jean Ester; service social: regroupement d'antenne (+ travaux aux antennes de Dampremy et Lodelinsart); MRS Couillet: installation modules chambres/déconstruction/reconstruction; MRS Gilly: remplacement chaufferie et économies d'énergie; MRS Marcinelle: isolation et bardage; MRS Charleroi: isolation et remplacement de châssis; construction d'une RS à Marchienne; projet d'acquisition des bureaux TRACE (afin de réaliser des économies d'échelle) et pose de panneaux phovoltaïques sur plusieurs immeubles dont le CPAS est propriétaire.

Sur un autre plan, la volonté du CPAS pour 2015 est également de poursuivre sa politique proactive en matière de remise à l'emploi, de logement et d'insertion socio-professionnelle; de répondre au vieillissement de la population via l'offre d'infrastructures adaptées; de mettre sur pied une coopérative alimentaire instigatrice de la création d'un réseau d'épiceries sociales en Wallonie et à Bruxelles; de créer une offre sanitaire mobile et mettre en place un plan assuétudes; de consolider le transfert des missions Ville-CPAS, de poursuivre et d'accroître les synergies avec la Ville notamment.

Après l'examen du budget du CPAS, de la voirie, de la Régie communale Autonome, de la MB2 2014 de la Régie des Marchés, c'est la Police qui présentait sa copie par les bons soins de son chef de Zone, Philippe Straetsart.

Mais avant, deux remarques de Sofie Merckx (PTB+) à propos justement du budget de la RCA et de deux matières qu'elle gère, à savoir les piscines et les parkings. « Au niveau des tarifs piscine, on voit que les tarifs pour les élèves et les clubs seront revus à la hausse pour 2015: On va chercher quelques 55.000€ chez les uns et 30.000 autres euros viendront des enfants des écoles primaires ».

Côté parking: « Je salue la bonne nouvelle de voir retirée la carte pour handicapés version carolo (rempacée par la carte « C »).  Elle semble attractive, mais je voulais vous conseiller d'étudier d'abord ce qui se passe réellement dans d'autres villes, comme Anvers ».

La carte C, ainsi que l'a indiqué l'élue, c'est laccès à une multitude de services (bibliothèques, piscines, stages sportifs, etc. « C'est une bonne idée de s'en inspirer mais, telle que proposée actuellement (aux prix de 5, 10 ou 15€), cela risque d'être contre-productif. Par ailleurs, Sofie Merckx a également regretté l'instauration du parking payant généralisé prévu à partir de septembre 2015 dans l'intraring. « Je pense que pour une ville qui souffre d'une désertification importante de son centre-ville il serait intéressant d'avoir une réflexion par rapport aux personnes qui viennent y travailler ». Ou ceux qui y habitent et qui devront débourser, demain, au grand dam de S. Merckx, 100€ au lieu des 50€ aujourd'hui pour obtenir leur carte riverains .

« Nous pourrons en débattre très largement au moment où le plan communal de mobilité sera effectivement adopté » a conclu le bg P. Magnette.

Un mot donc du budget police et surtout de son impact sur les finances de la Ville. « Sur base de 1000 agents opérationnels, la première version s'établissait à 84 millions, soit 10 millions de plus que ce qui était prévu lors de la MB2 2014. Nous avons donc essayé de voir quelle(s) mesure(s) pouvaient être prises pour limiter l'évolution de la dotation Ville en maintenant les dépenses de personnel (représentant 85% des dépenses totales) à cette situation. « Cela s'est avéré totalement irréalisable puisque cela nous aurait obligé à ramener les effectifs à 883 opérationnels ». Et donc?  Malgré les efforts réalisés (suppression des cycles de mobilité, instauration d'un officier de zone unique le week-end, option 0h supplémentaire- 2400 h pour l'ensemble de l'année- réflexion sur les normes strictes d'engagement pour certains services, fin de la convention avec le laboratoire de la police judiciaire locale, limitation des prestations salons, de la voiture tonneau, de la piste de sécurité routière et du service environnement), la dotation a dû être revue à la hausse: 61,7 millions contre 48,8 en 2014 (en réalité quelque 2 millions pour couvrir la cotisation au Fond de pension).

Au niveau de l'actualisation du Plan de gestion, les conclusions de Ph. Straetsart sont claires: « Une croissance de 1% de la dotation Ville ne sera pas suffisante pour garder dans les années à venir un budget à l'équilibre en maintenant les mêmes paramètres (sauf stabilisation du taux d'index). Un scénario qui n'exclurait dès lors pas (plus) une réflexion sur les fonctionnalités de la police qui pourrait, avec un cadre fixé à 931 opérationnels, se limiter à celles prévues par arrêté royal.

Le gros morceau de la soirée, c'était le budget Ville. La présentation était assurée par Géraldine Dubois, sous l'édie de laquelle est placé le service qui s'est attelé à le ficeler et qui reçut les félicitations unanimes du jury, à savoir ici le conseil communal.

Résumons son exposé. A l'exercice propre, il s'établit, côté recettes, à 397 millions d'euros contre 407,8 millions d'euros en dépenses (+6,48%), ce qui donne un déficit de 10,8 millions au final (-26,7 millions avant conclave budgétaire). Plutôt donnait car, moyennant certaines aides exceptionnelles et mesures de réduction de dépenses (aides sidérurgiques et transfet du coût des travaux projetés au Mambourg, qui seront réalisés via emprunt, etc), il sera néanmoins en équilibre.

Au rang des postes les plus budgivores arrive en tête, comme toujours, celui réservé aux dépenses de personnel (43,99%) qui passe de 163 millions en 2014 (après MB2) à 179,4 millions, soit une augmentation de 10,6%. Cela s'explique notamment par l'augmentation des PTP, des APE, du taux de la cotisation patronale au Fonds de pension, le plan d'embauche 2015 (et le solde des précédents), la régularisation des nominations, etc). Du côté des dépenses de fonctionnement, elles sont en diminution de 2,1 millions, soit -4,98% (par rapport 2014 après MB2) grâce notamment aux mesures de gestion. Notons aussi -13,42% en recettes de prestations, des recettes de dette stables (+ 1,02%), + 4,78 % en recettes de transferts avec une dotation du Fond des Communes stable (151,7 millions), un précompte immobilier légèrement en hausse (51,8 m contre 51,3 millions) et un IPP qui passe de 39,2 millions à 42,4 millions.

« Conformément à ce qui est demandé par la tutelle, il s'agit d'un budget à l'équilibre mais qui ne l'est que parce que nous bénéficions d'un soutien accru de la part de la Région wallonne » devait préciser P. Magnette. « Nous ne sommes malheureusement pas encore, à Charleroi, structurellement en équilibre. Nous ne le sommes pas car nous continuons de pâtir d'un contexte socio-économique général qui reste très difficile pour notre ville. » Et lui de donner quelques chiffres. Ainsi, notre taux de chômage s'élève à plus du double de la moyenne nationale, le revenu annuel brut/hab est de plus de 6000€ en moins que la moyenne régionale. Par ailleurs, nos dépenses sont largement plus élevées, « c'est le fait d'une grande ville qui traverse des difficultés sociales. Nous investissons 3x plus que la moyenne wallonne pour notre sécurité (182€/hab contre 117€), nous dépensons plus que la moyenne wallonne pour notre SRI (154€/hab contre 70€) pour notre personnel (820€/hab contre 505 euros). Par contre, « nous sommes une des villes les plus économiques: 168€/an/hab contre une moyenne régionale de 226€. « Heureusement, nous sommes particulièrement bien aidés par la RW notamment via le Fond des Communes: 737€/an/hab contre 207€ en moyenne. En termes de subsides, on s'en sort bien également puisque l'on recherche 319€/an/hab contre une moyenne de 171€ en RW. » Le bât blesse au niveau des additionnels à l'IPP: 184€/an/hab contre une moyenne de 248€. La conclusion de P. Magnette: « Nous avons donc encore des efforts à faire dans les années à venir pour arriver structurellement à l'équilibre ».

Cela dit, que permettra-t-il de réaliser ce budget?

Beaucoup de choses, dixit P. Magnette. D'abord, « On continue à améliorer notre administration et notamment le management comptable, tout ce qui améliore notre efficacité au quotidien. Nous allons aussi investir d'une manière importante avec le budget extraordinaire (84 millions) dans une série de travaux qui permettent de continuer à moderniser en profondeur notre ville ». Dans ce cadre, à la ville basse, la Ville devrait par exemple consentir un investissement d'1 million d'€ pour aménager le Quai 10 (futur cinéma situé au quai de Brabant), intervenir en acquérant des bâtiments dans le PRU afin d'y mener diverses opérations de rénovation. Ville haute, « c'est le vaste projet Charleroi District Créatif qui nous permettra de rénover tout le cadran nord-ouest du centre ville ». Mais d'autres projets sont envisagés. P. Magnette évoque l'Espace Bertrand où, après démolition, il y aura l'érection de nouveaux logements. « Il y a aussi des projets envisagés à Roux, à Gosselies (rues st-Eloi et Ferrer), à Marchienne-Docherie, Jumet Gohyssart ou bien à Gilly . Nous travaillons aussi pour améliorer le service au citoyen ». Et lui de citer à ce titre la réorganisation des guichets uniques, dans une logique de districts et de synergies.

Affaires sociales:  le service sera aussi réorganisé en 2015. L'éducation restera une des priorités majeures selon le bourgmestre. « On continue, sur le budget extraordinaire, à embellir et entretenir les infrastrctures scolaires. Nous le ferons cette fois avec des moyens humains renforcés: 20 assistants techniques seront engagés dans le cadre du programme de transition professisonnelle pour travailler avec la Direction des bâtiments afin d'identifier les travaux nécessaires ».

Sur le plan pédagogique, on retiendra la volonté de reconstruire une cellule éponyme forte d'au moins 5 inspecteurs Ville et la volonté de rester attentifs à des projets phares que sont la Cité des Métiers, l'Université ouverte,... "Nous veillerons aussi à moderniser les plaines éducatives de proximiyé (PEPS) et, au niveau de la petite enfance plus particulièrement, à faire en sorte de généraliser les formules de co-accueil afin de libérer des places supplémentaires. 2015 sera aussi l'année de l'inscription unique dans les crèches ».

Dans ce registre, notons la volonté de maintenir des actions tels que Métro Music, Place aux Enfants, Noël des Mômes et de soutenir les maisons de jeunes.

En matière de logement: « Nous veillerons à poursuivre les actions de revitalisation (plan Vauban, etc) et accroître l'offre de logements via notamment le plan d'ancrage communal (156 logements dont 12 de transit prévus).

Au plan urbanistique: « On continuera de travailler sur le RGU et à un guide local d'urbanisme pour mieux faire connaître les règles. L'éxécution des différents plans d'embauche nous permettra de continuer à embaucher des agents pour un département en souffrance et ainsi améliorer les délais de traitement des dossiers ».

Patrimoine: « Nous restons très attentifs à la gestion de notre patrimoine selon la logique de réparation des espaces abritant les services de la Ville et, en priorité, les écoles. Sans oublier les travaux économiseurs d'énergie. »

Voirie: « Nous continuerons d'investir très massivement (notamment sur fonds propres) afin de continuer à améliorer en profondeur nos voiries et nos trottoirs ».

Préservation du patrimoine: « Là aussi, nous resterons très attentifs à faire éxécuter les opérations de maintenance nécessaire sur divers immeubles. 2015 sera aussi l'année qui verra la conclusion de la commission Patrimoine Porte Ouest. » Patrimoine toujours, les cimetières ne sont et ne seront pas oubliés, avec la poursuite du plan Osiris.

Espaces verts: « Nous continuerons d'améliorer le matériel mis à la disposition du personnel mais aussi le matériel public tels que les corbeilles et les cendriers ». Les actions locales de prévention seront soutenues et encouragées.

Aménagement des espaces verts: on épinglera des investissements notamment dans les parcs de Monceau (piste finlandaise, étang paysager, aire de jeux pédagogique, etc) et Hiernaux. Afin d'améliorer la cohérence de notre paysage, « nous nous doterons d'une charte paysagère ».

En termes de bien être animal, le partenariat avec la SRPA sera poursuivi, notamment pour des actions de stérilisation des chats errants.

Quant à la culture, « un des leviers de notre redéploiement », divers investissements seront consentis. A côté du million d'euros prévus pour le Quai 10, 100.000€ seront débloqués pour divers travaux sur le site de Charleroi Danses et 100.000 autres euros pour soutenir des projets dans lesquels Charleroi sera partenaire de Mons 2015. 750.000 euros seront consentis à l'aménagement du nouvel espace du PBA dans l'aile vacante des casernes Defeld. Enfin, des enveloppes permettront aussi la sortie de presse de deux ouvrages thématiques sur l'urbanisme.

Sport: « Charleroi reste, sur ce plan, une ville très dynamique. Nous envisageons de redynamiser les courses du Trophée du Pays de Charleroi, de maintenir des projets comme Sport in the City », les chèques sports ou des événements comme le Beach Volley place du Manège. »

Développement commercial: « Le schéma de développement commercial en cours nous permettra de finaliser une vraie stratégie de (re)déploiement cohérente. » Il sera doublé d'un plan com' à l'adresse des commerçants et d'une promotion des diverses actions d'animations que sont le village de Noël (qui signe un beau succès), les tables rondes du commerce et les initiatives visant à occuper les commerces actuellement vides. « Nous poursuivrons également l'animation de la ville à travers toute une série d'animations urbaines à l'instar des quartiers d'été dont la formule devrait être revue en profondeur ».

Développement touristique. La volonté sera notamment d'améliorer le balisage des circuits pédestres le long des terrils mais aussi d'apporter, par exemple, un soutien à de grands événements comme le bicentnaire de la Bataille de Waterloo et aux associations qui relèvent de notre folklore.

Selon P. Magnette, le budget 2015 n'oubliera pas les aînés (projet de maison des Aînés, activités, etc), la politique des Grands Villes (la matière étant revenue dans le giron de la RW, il faudra s'accorder sur les projets à poursuivre), les grands événements (réorganisation des 10 Miles, de la saint Jean, etc), la participation citoyenne (avec la poursuite de la mise en place des Conseils de participation) ou encore la communication. A ce dernier titre, un budget de 50.000€ devrait être consenti pour refondre toute l'identité visuelle Ville, du document administratif en passant par les publications et le site Internet.

Les réactions. Celle tout d'abord de Luc Parmentier (Ecolo).

« Ce budget 2015 ressemble à un budget de transition, sans âme, un budget lisse et manquant de chiffonnant; un budget dans la continuité et dans la droite ligne des budgets d'une ville sous plan de gestion et bien loin des effets de manche sur les projets du Charleroi de demain. Un de vos prédécesseurs, ajouta le chef de file d'Ecolo, « prétendait qu'à Charleroi on était arrivé à l'os, mais cette année, vous êtes allés plus loin que d'habitude: vous êtes passés au stade ultime, celui de l'amputation. Le nouveau plan de gestion prévoit l'amputation de 2 piscines communales, six guichets uniques, l'Orangerie de Ransart, 4 bibliothèques, 3 PEPS, six centres pour les aînés, la menuiserie de Couillet, la Régie des Marchés, la liquidation de la Régie Foncière. Vous espérez même guillotiner le Médiateur communal. Au niveau de la Zone de police, vous prévoyez d'autres amputations (citées supra). Pour atteindre l'équilibre à l'exercice propre dès le budget 2015, votre majorité a actualisé diverses mesures conjoncturelles et structurelles mais aussi utilisé la provision constituée en 2014 de 2,7 millions et transféré au service ordinaire les deux aides exceptionnelles octroyées par la RW. Toujours au niveau ordinaire, le saut d'index fédéral devrait rapporter 2, 7 millions à la ville mais ce bonus présumé devrait être amputé par le projet fédéral kamikaze de taxation des dividendes des intercommunales ».

Dixit L Parmentier, le plan de gestion prévoit aussi une diminution de 2,9 millions des frais de fonctionnement. « Nous redoutons qu'avec cette énième diminution les services communaux ne soient plus en état de fonctionner ». Idem pour la Zone de police: « avec 931 agents opérationnels à la place des 1058 inscrits au cadre, nous craignons qu'avec un effectif aussi faible, les missions de base de notre police locale ne soient plus réalisées ».

Quant à l'actualisation du PG, « Elle n'est pas piquée des hannetons ». Et L. Parmentier d'épingler la réduction des événements et des coûts y liés: ce n'est pas loin de 270.000€ que votre majorité compte récupérer dans les poches des associations de bénévoles qui ont déjà toutes les peines du monde à nouer les deux bouts, le rabottage des heures d'ouverture et de fermeture des crèches communales dans 3 entités; le retard d'au minimum six mois de l'engagement de 32 sapeurs-pompiers qu'on attend depuis des années; la continuation de la réduction de 3% l'an des subsides culturels: « il me semblait que la culture était un des axes forts du redéploiement de Charleroi – j'ai dû me tromper »; l'arrêt du Fonds social hospitalisation pour un montant annuel de 345.000€, « ce qui diminuera l'attractivité de la fonction publique carolorégienne » ainsi que toute une série d'autres mesures à l'instar de la hausse des tarifs pour les stage d'été, la facturation de la consommation énergétique pour les clubs sportifs (300.000€), l'alignement des taxes communales au maximum du taux recommandé par la RW. Terminant sur une critique eu égard aux notes politiques accompagant le budget, « il est inutile de dire, devait conclure L. Parmentier, que nous ne le voterons pas et, pour une première fois, ni même celui de la Zone de police ».

Sofie Merckx (PTB+).

Un premier commentaire au sujet du budget de la Zone de police. D'abord pour regretter elle aussi la fermeture de la piste de circulation routière- véritable outil de proximité qui permettait à nos enfants d'apprendre la sécurité routière- et puis pour déplorer la réduction des moyens humains. « Les citoyens sont en droit d'attendre de vivre dans une société où règne la sécurité. Ce n'est pas en réduisant les moyens de notre police locale que nous y arriverons ».

Quant au budget Ville, « je dirais qu'il est imbuvable pour les travailleurs de la Ville, indigeste en terme de service au citoyen et, enfin, mauvais pour la santé. C'est cher payé pour un retour à l'équilibre obtenu grâce à des réductions drastiques et à quelques tours de passe passe comptables ».

Comme son collègue L. Parmentier, elle devait regretter la diminution du service au citoyen au travers notamment de la fermeture de 4 bibliothèques; des guichets uniques, etc. « Mais la mesure la plus symbolique, dans ce chapître est pour moi l'idée de supprimer le service du Médiateur communal. Vouloir supprimer ce service revient à témoigner du peu de considération vis-à-vis du citoyen en droit d'attendre un service de qualité de la part de l'Administration. On a l'impression qu'après la démission du Bureau d'Ethique, le Collège préfère gérer la ville sans trop de spectateurs critiques vis-à-vis de son fonctionnement ».

S. Merckx s'est montrée aussi très critique vis-à vis de mesures contenues dans l'épure mais qui doivent encore être discutées avec les syndicats (la révision à la baisse des forfaits pour prestations insalubres, refonte du système de garde pour les services Voirie et Bâtiments, révision de la cotisation au Fonds social assurance hospitalisation, baisse du salaire des étudants, suppression du jour de congé pour don de sang et de certains autres jours de congé, etc. « Tout cet argent provient de la poche des travailleurs. Il s'agit d'une nouvelle atteinte à leur pouvoir d'achat, comme si les mesures gouvernementales ne suffisaient pas . La cerise sur le gâteau me semble être le licenciement des personnes malades de longue durée ».

Quant au Plan de gestion, ajouta-elle, « ce n'est que la somme d'une série de mesures sans vision sur le redressement de l'Administration. L'horizon semble bien sombre ».

Démontrant avec force exemples combien selon elle ce budget pouvait être mauvais pour la santé de tout un chacun – pour monsieur Tout-Le-Monde au travers de la fermeture des piscines, de la suppression des crédits sports pour les agents communaux, etc-, plus particulièrement celles des enfants (avec la réorganisation et la diminuition de la capacité des PEPS) elle devait conclure: « Ce plan de gestion, ou plutôt d'indigestion proposé par notre FMI local est une application docile des plans d'austérité fédéral et régional. Nous devons sortir de ce carcan budgétaire imposé et travailler à l'épanouissement de notre population ».

Son de cloches tout à fait différent sur les bancs de la majorité. Avec Gérard Monseux, au nom du PS, qui a d'emblée, après un long flash back sur les origines de la crise socio-économique, invité à ne pas se tromper de cible: « Il me semble injuste de désigner les actuels responsables communaux des malheurs du temps. Comme le précise l'adage: celui qui ne connaît pas l'histoire se trompe et est obligé de la revivre ».

Au niveau de notre Ville, ajouta Gérard Monseux, "malgré les contraintes, il est évident que l'intelligence sociale et de coeur de notre Exécutif atténue le choc en améliorant la qualité des services aux citoyens, tout en promouvant des projets ambitieux, innovants et originaux afin de faire de Charleroi une métropole humaine capable de semer des graines d'avenir (...) Avec les partenaires de la majorité et en invitant la minorité à s'associer, nous démontrons que nous agissons comme si rien n'est impossible. Nous avons le courage d'agir. Nous prenons ainsi le pouvoir sur l'histoire de la vie de notre métropole ».

Philippe Sonnet (MR).

« Le Mouvement Réformateur est prêt à prendre ses responsabilités et à assumer les options que notre majorité propose pour redessiner le Charleroi de demain. La réalisation de ces objectifs impose des efforts qui nous permettront de maintenir un niveau d'investissement indispensable au redéploiement de notre Vile. Il nous faut aller de l'avant: après des budgets techniques et de de transition, il nous faut prendre nos responsabilités et poursuivre le redressement de notre ville. Oui, nous pouvons envisager sereinement notre avenir. Notre Ville, a-t-il ajouté, peut parvenir à trouver un équilibre via des mesures structurelles qui, si elles peuvent apparaître sévères au premier regard, s'imposent pour notre avenir, notre capacité à offrir un service public local de qualité et avec équité vis-à-vis du personnel très majoritairement motivé, volontaire, disponible et compétent. Ce budget 2015 est un budget qui va de l'avant. C'est donc avec conviction de contribuer au développement de Charleroi et à sa qualité de vie que le Mouvement Réformateur le votera ».

Antoine Tanzilli (au nom du cdH et de sa cheffe de fille Véronique Salvi, retenue au parlement). « Ce budget, c'est aussi un Sésame pour permettre des projets ambitieux d'investissements, que ce soit en matière de Fonds européens mais également un ensemble de subsides régionaux et fédéraux. C'est aussi dans ce cadre qu'il faut comprendre la rigueur, le sérieux et le pragmatisme que cette majorité s'impose dans la réalisation de son budget. Nous l'avons évoqué, ce budget présentait, avant les travaux du collège, un déficit de 27 millions. Des efforts ont dû être faits. Même si nous pouvons regretter certains choix, nous en sommes pleinement solidaires parce que la loyauté au sein du collège reste pour le cdH une valeur de base de notre engagement politique et du Pacte de majorité. » Par ailleurs, au niveau du personnel « nous nous réjouissons que le collège ait fait le choix de la concertation plutôt que de l'affrontement. Cela dit, 2,9 millions d'efforts ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval et, en concertation avec les syndicats, tel que vous l'avez affirmé, sans pertes d'emplois, il faut réussir, à travers la mobilité, un organigramme dynamique et la lutte contre l'absentéisme trouver les marges de manoeuvre qui s'imposent. Dans un contexte pas facile, a conclu Antoine Tanzilli, « nous estimons que cette tripartite a fait les choix qui s'imposaient et que ce budget va dans le bon sens. C'est donc sans surprise que nous le voterons ».

« Vous l'aurez compris, devait conclure pour sa part P. Magnette, c'est un budget où, effectivement, nous avons fait le choix de reculer le retour à l'équilibre réel pour éviter de devoir prendre des mesures trop drastiques et vivre avec des éléments de soutien qui nous ont été apportés par la RW. Nous avons aussi fait le choix de ne pas prendre les mesures qui auraient été très douloureuses à l'égard du personnel. Après, pour le reste, c'est vrai, le privilège de l'opposition, c'est de pouvoir faire comme si la question des moyens disponibles ne se posait pas et de regretter les disparitions de ceci ou de celà. Mais vous l'avez remarqué, nous avons tout fait pour le faire avec le plus grand discernement et ne réduire les dépenses que là où on ne touchait pas à l'esseentiel. Quant au Médiateur communal, P. Magnette a rassuré: « Il n'a pas la tête sur le billot, au contraire. Nous avons effectivement décidé de réduire un certain nombre de dépenses liées à ce service mais nous réfléchissons par ailleurs à des solutions d'hébergement plus adaptées à ses fonctions.

Quant aux PEPS ou les stages, « on ne vise pas à les supprimer Mme Merckx, mais la question qui se pose est celle-ci: « Est-ce que la Ville doit tout faire »? Aujourd'hui, on se recentre sur les métiers qui sont les métiers communaux et, un certain nombre d'autres, qui ne sont pas au coeur de ceux-ci, on ne les suppriment pas, mais on travaille davantage avec le secteur qui est actif dans ce domaine ».

Petit revenez-y de X. Desgain (Ecolo) au sujet du budget de la Zone de Police. Pour regretter, lui aussi, la réduction des moyens consacrés à la prévention. «Surtout à l'heure où on discute de l'actualisation du Plan Communal de Mobilité. Je pense qu'il y avait moyen de faire autrement. Réduire les moyens du budget police, ce n'est jamais un bon calcul à long terme ».

Reprenant la parole, Sofie Merckx est revenue sur les mesures prévues dans le budget. « Elles ne sont même pas dans le Plan de gestion. On a vraiment une série de petites mesures et quand ça peut rapporter on le fait. Il n'y a pas de plan global de réorganisation qui nous est présenté. Et je pense que le fait que les structures ont été partiellement abandonnées, c'est le résultat du sous-financement structurel dont notre ville souffre vraiment. Je pense que, oui, c'est à une ville d'organiser des plaines de jeux. En 2010, on avait 65.000 fois 1 enfant accueili contre 30.000 aujourd'hui. Vous dites que c'est bien, moi je dis que ce n'est pas bien du tout. Il y a moyen de faire autrement. Il y a de l'argent et nous avons tout intérêt à redemander ce refinancement aux autres niveaux de pouvoir ».

« Les représentants de la majorité qui sont présents aux autres niveaux de pouvoir, je vous rassure, le font aussi (P. Magnette).

Pour le reste, retenons que le Conseil a pris acte du rapport annuel du directeur financier. Comme l'a rappelé Eric Wartel, l'exercice est devenu obligatoire depuis la réforme du Code de la Démocratie locale (1er septembre 2013). Celui-ci reprend notamment la matière relative aux avis de légalité qui doivent, aujourd'hui, acompagner toute décision de l'Autorité ayant un impact financier supérieur à 22.000€ HTVA.

A Charleroi, la mesure est devenue effective le 28 mars 2014. Depuis, et jusqu'au 1er décembre, ce ne sont pas moins de 769 avis qui ont été rendus. 414 étaient favorables (54%) contre 37% non favorables (les autres non remis pour raisons diverses). « On pourrait se dire, à la première lecture, que ce n'est pas très positif avoir à peine une grosse moitié de dossiers qui sont favorables mais, devait expliquer E. Wartel, n'oublions pas qu'il s'agit d'une réforme toute nouvelle et qu'il faut laisser à l'administration le temps de s'adapter. Puis, « objectivement, même si les chiffres ne le démontrent pas ici, de mois en mois, on constate une nette amélioration dans les dossiers qui sont présentés. Enfin, ce chiffre reprend le premier avis: « en bout de course, les dossiers sur lesquels le collège ou le conseil a décidé avec un avis défavorable remis par l'inspection des finances est estrêmement faible ».
Ledit rapport contient également deux autres matières: l'analyse de l'exécution des budgets (la tendance lourde fait apparaître une amélioration du taux d'exécution de nos dépenses tant en fonctionnement qu'en investissements) et la situation de la trésorerie. A ce dernier propos, trois chiffres, dixit E. Wartel suffisent à convaincre que celle-ci est particulièrement catastrophique à la Ville de Charleroi. « Depuis le début de l'année, nous avons dû émettre pour environ 292 millions de billets de trésorerie (ce qui remplace le crédit de caissse à court terme) et c'est, à ce jour, environ 40 millions de fonds de roulement de ces billets qui sont emis en permanence ».

Troisième chiffre, celui relatif au solde mensuel de trésorerie. En 2010, à la fin de chaque mois, la situation était positive; elle était négative 3 mois/12 en 2011, 4 mois/12 en 2012, six mois/12 en 2013 et, en 2014, nous n'aurons que 2 mois où nous aurons été en positif.

Enfin, le Conseil a adopté, en son point 29, la Charte relative à l'ouverture et la fermeture des grilles des cimetières par des bénévoles dans le cadre d'une campagne de sécurisation de ceux-ci.

« Personnellement, je suis tout à fait pour l'implication des bénévoles. Mais je pense que ça doit toujours rester dans des fonctions qui ne sont pas vraiment légales. Commencer à faire effectuer des tâches qui sont vraiment nécessaires au bon fonctionnement par des bénévoles, je pense que c'est un précédent qui n'a pas mon soutien » fit savoir Sofie Merckx.

« En aucun cas ces personnes ne sont obligées, loin de là. Il s'agit de bénévolat pur et simple: ils vont poser un acte citoyen et, pour les avoir rencontrés avec mon collègue Serge Beghin, nous avons pu voir combien ils en sont fiers et honorés » devait préciser l'échevine Déléguée, Françoise Daspremont. « Il ne s'agit en aucun d'une mission de surveillance ».