Au Conseil communal du 26 janvier

Lundi 02 février 2015 - 08:40

Après Charlie Hebdo, un attentat terroriste déjoué chez nous, à Verviers. Dans ce climat délétère, quelles sont les mesures de sécurité prises à Charlero? Surtout, quelles sont les mesures prises pour améliorer le mieux vivre ensemble, la cohésion sociale, contrer l'exclusion et donc la radicalisation? Le Conseil communal a consacré une grande partie de son objet à ces questions, lors de sa réunion du 26 janvier.

Des questions conjointes soulevées par Xavier Desgain (Ecolo), J-P. Deprez (MR), Sofie Merckx (PTB+) et Véronique Salvi (cdH), juste après l'approbation (sans remarque) du PV de la réunion du 17 décembre 2014) et une intervention du bourgmestre P. Magnette (seul aux commandes en l'absence de l'échevine déléguée F. Daspremont, souffrante )informant que « le Collège et la direction générale réfléchissent ensemble à une formule technique qui permettra, dans les meilleurs délais, de filmer l'intégralité de nos conseils communaux, puisque c'était une demande de transparence et d'ouverture, et de les transmettre en direct ou en tout cas de stocker l'intégralité du contenu sur des supports qui seront accessibles à tout le monde. Ca pourrait rendre caduc le règlement que nous avons adopté lors d'une séance précédente visant à réguler l'accès aux caméras. C'est une volonté de notre part d'ouvrir largement les débats; nous viendrons avec des propositions très bientôt ».

« Dans le contexte de tension actuel, je trouve qu'il est essentiel, au-delà des mesures de sécurité qui s'imposent, de relancer le bien vivre ensemble à Charleroi, de renforcer le dialogue, de créer des lieux d'échanges entre toutes les cultures et les religions, entre tous les habitants qui vivent ces cultures et qui pratiquent ces religions au quotidien. Nos différences sont une richesse extraordinaire pour notre communauté urbaine. Encore faut-il que ces différences soient bien comprises, bien ressenties et qu'elles ne créent pas des discriminations intolérables qui poussent alors aux actes les plus fous » devait insister X. Desgain.

Pour J-P. Deprez: « Il faut briser les ghettos, ouvrir les portes, donner à chaque habitant de ce pays sa chance, entendre sa voix, apprendre de lui autant qu'il apprend des autres. Il faut cesser de laisser se construire une étrangeté à l'intérieur de la nation. Il faut remédier à la misère des esprits pour guérir la maladie qui ronge les bases de notre société démocratique ». « Aujourd'hui, devait surenchérir S. Merckx, « il nous faut gérer l'après, tirer les enseignements de ces événements dramatiques et prendre les mesures appropriées pour lutter contre la montée de la haine, de l'intolérance, de l'obscurantisme; c'est l'affaire des gouvernements fédéral et régionaux, du milieu associatif, mais aussi des villes, bien entendu. Mieux vivre ensemble passe par la lutte contre les inégalités. Une société inclusive, c'est aussi la promotion de valeurs comme la solidarité, du respect de la différence, de la liberté d'expression, de la coopération entre les gens et de l'ouverture au monde ».

« Je ne voudrais pas revenir sur tout ce qui vient d'être dit par mes collègues et que je partage. Cependant, après ces événements, conclut V. Salvi, le gouvernement fédéral a pris des décisions importantes notamment concernant la présence de l'armée afin de sécuriser, peut-être, des endroits sensibles. Il est vrai que, depuis lors, on a peu entendu le Collège sur cet aspect plus sécuritaire alors qu'on entend par ailleurs un questionnement dans le chef de nos concitoyens à ce sujet. Cela ne doit, bien entendu, pas être la seule réponse, toute la question du bien vivre ensemble est évidemment primordiale et je rejoins l'ensemble de mes collègues pour qu'effectivement on puisse ouvrir le débat, et pas seulement au sein de cette assemblée. »

P. Magnette:« Il y a et il y aura un avant et un après Charlie Hebdo. Nous avons tous été profondément bouleversés par ces événements. Nous avons aussi été positivement impressionnés par la force de mobilisation spontanée des Carolos face à ceux-ci. A côté de cette grande mobilisation, on sent, dans tous nos contacts, un profond désarroi. D'abord de la police – et je tiens à leur rappeler toute notre gratitude- mais ce désarroi traverse aussi nos enseignants, tous les travailleurs publics et associatifs. Trouver une bonne réponse à une situation comme celle-là est extrêmement difficile. Bien sûr il faut être ferme et pouvoir réprimer tout ce qui doit l'être. Mais il faut faire attention aussi à ne pas nourrir une certaine psychose. C'est pour cela que nous devons toujours bien doser les actions que nous entreprenons. Bien entendu, nous sommes vigilants face au phénomène du radicalisme; vigilants aussi à l'égard de ceux qui, hélas, sont toujours régulièrement des cibles visées. Cela étant, il faut redire qu'on ne part pas de rien. Que même, la Ville de Charleroi a été relativement pionnière en la matière » précisa le bourgmestre,: « Au travers de notre Plan de cohésion sociale, c'est encore le cas avec celui en cours de finalisation, on s'aperçoit qu'on a été depuis très longtemps attentifs à l'insertion socio-professionnelle, à l'accès au logement, aux soins de santé et en particulier à ces moments très particuliers de l'existence où un individu peut basculer. De même, cela se sait peu, la direction de la DPS est un département qui a été pionnier, qui l'est encore, qui est reconnu, depuis des années, pour l'excellence de ses analyses et pour son travail multidisciplinaire sur la prévention du radicalisme. Elle travaille sur l'accroissement de la résistance des individus, à soutenir les stratégies locales, pédagogiques, associatives, médiatiques, de prévention, ... Ce travail que mène la DPS, c'est un travail exemplaire qui la place au coeur du forum belge pour la prévention et la sécurité urbaines et même européen.»

Répondant plus précisément à X. Desgain, P. Magnette indiqua que le phénomène du radicalisme et des départs vers la Syrie est un phénomène plus marqué au nord du pays et à Bruxelles qu'en Wallonie; et, en Wallonie, plus à l'est qu'à l'ouest. Autrement dit «  Charleroi n'est pas connue comme un foyer de radicalisme et sans doute le devons nous à ce travail de cohésion sociale et de prévention menée par nos agents communaux, du CPAS et du milieu associatif ». Bien entendu, ajouta-t-il, « nous sommes extrêmement vigilants ».

Pour le reste, répondant à V. Salvi, il précisa qu'un Conseil zonal de sécurité, spécifiquement consacré à cette question, se tiendrait bientôt. « Nous sommes particulièrement sensibles au renforcement du vivre ensemble; il faut tout faire pour que ce formidable acquis des Carolos soit préservé. Et donc, afin d'éviter toute dérive et mener un dialogue en toute franchise, invitation a été lancée pour le vendredi 30 janvier à l'ensemble des représentants des mosquées de la région.  Sur cette base, on verra quelles mesures complémentaires peuvent être prises pour continuer à travailler à cette formidable tradition de tolérance carolo ».

Enfin, le bourgmestre a indiqué que la Ville veillait à ce que les différents acteurs de terrain, comme la police de quartier, les agents du CPAS et de la Ville, ceux de la société de logements sociaux La Sambrienne, soient bien formés et informés afin de détecter les éventuels décrochages sociaux.

« Bien avant les tristes événements du début d'année, ajouta pour sa part l'échevin de l'Education, Serdar Kilic, « les écoles de Charleroi ont toujours veillé à faire de la diversité culturelle de notre ville un atout ». Citant pêle-mêle diverses initiatives prises en ce sens encore récemment par les écoles (spectacles, journée des langues maternelles,...) il dit aussi un mot de ce projet de partenariat en cours avec la Maison de la Presse qui permettra à chaque chef d'établissement scolaire de recevoir un journaliste afin d'aborder avec les élèves les questions relatives à la liberté de la presse. « Cette démarche sera accompagnée par les inspecteurs pédagogiques afin qu'elle garantisse le respect de l'autre, le droit à l'expression libre et la défense de nos valeurs démocratiques. »

« En ce qui concerne le service Egalité des Chances » ajouta l'échevin Mohamed Fekrioui, le travail sur le terrain est préventif. Je rejoins M. Deprez quand il dit qu'il faut briser les ghettos. C'est un travail constant et de longue haleine. A travers des partenaritas locaux (avec l'asbl D'Cole, GRAIR, CAL, CRIC,...) le service mène des actions de formations, de sensibilisation à la citoyenneté. Au-delà de ces actions, nous étudions la faisabilité d'un programme d'actions concrètes qui sont pour moi dans l'esprit Charlie, de la liberté d'expression et de la compréhension de l'autre. Au-delà de l'émotion suscitée par l'affaire Charlie, il faut pouvoir apporter une réponse sur le long terme, ce à quoi nous nous employons ».

« C'est vrai qu'en matière de cohésion sociale, il y a pas mal de choses qui sont faites à Charleroi » repris X. Desgain. « Mais je pense que nous devons éviter de tomber dans le travers de nous donner de trop bons points à nous-mêmes. On sent quand même bien que, sur le terrain, le vivre ensemble est aujourd'hui plus en difficulté qu'il y a un mois. On sent que les risques de basculer sont plus importants qu'avant et donc je pense qu'il faut pouvoir, par rapport à ça, apporter des impulsions nouvelles. Je pense qu'aujourd'hui il faut pouvoir tenir compte de l'évolution des choses et adapter le dispositif. Il faut aussi avancer sur le volet sécurisation. Vous avez annoncé une série de choses: nous serons vigilants à ce qu'elles se mettent en place effectivevment ».

J-P. Deprez: « j'ai simplement peur que l'effet de police ne soit qu'un effet de dissuasion mais sans réelle efficacité. Il faut faire un mix entre la sécurité et le bien vivre ensemble mais c'est évidemment du coté du bien vivre ensemble et de la resocialisation des gens à risque qu'il faut travailler fondamentalement. Et ce que l'on a dit là-dessus m'a réconforté » conclut le conseiller réformateur d'accord avec le fait que « quand on veut gagner un match ou un combat, il faut travailler sur ce que l'on n'a pas encore fait ».

« Vous avez bien fait de rappeler, qu'à Charleroi, nous ne sommes pas dans la situation que l'on connaît dans certains lieux comme en France » indiqua Malika El Bourezgui (Ecolo). "Grâce à Dieu nous n'avons pas de ghettos". Cela dit, « la communauté musulmane est très inquiète, bouleversée par ce qui s'est passé. Elle est inquiète pour sa jeunesse, pour l'islamophobie qui se développe; inquiète car il y a des problèmes socio-économiques qui créent des discriminations et des inégalités. Il y a une jeunesse qui est très sensible à cela. La communauté musulmane est très inquiète" poursuit-elle, "c'est pourquoi il faut aller à sa rencontre et l'écouter afin d'éviter au maximum que de la radicalisation s'installe chez nous". Pour le reste « c'est vrai qu'on a mis en place des plans d'actions au plan social, mais pour moi il y a beaucoup de théorie, mais en pratique peu de choses réellement concrètes. Il faut plus d'éducateurs de rue pour faire le lien social; il faut (re) investir les quartiers parce qu'il n'y a pas que des jeunes musulmans qui peuvent se radicaliser ».

Rassurant Mme El Bourezgui, P. Magnette précisa, pour conclure, en ce qui concerne les acteurs de terrain directement en contact avec le citoyen, qu'il n'est pas question pour eux de faire de la délation mais seulement que, le cas échéant, ils puissent savoir comment réagir face à une personne manifestant des signes de radicalisation. Ce sera tout l'objet de l'aide et de la formation qui leur seront apportées pour faire la part des choses.

Pour suivre, une intervention de Nicolas Tzanétatos (MR) au sujet du financement structurel de la culture. « J'ai (enfin) reçu les tableaux détaillés reprenant ville par ville le montant des subsides octroyés par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le secteur culturel. Une première analyse desdits tableaux montre à quel point Charleroi est catastrophiquement sous-financée par rapport à d'autres villes concernées » indiqua le conseiller réformateur. Pour 2013, on arrive selon lui à un montant de 48,8€ par habitant à Charleroi contre 93,8€à Namur, 144,9€ à Mons et 211,34€ à Liège. A elle seule, Bruxelles a reçu 206.794.481€ de la FWB. « Au vu de la gravité de la situation, ne serait -il pas opportun de mettre sur pied une task force regroupant les mandataires politiques et opérateurs culturels pour analyser ces chiffres et surtout aller négocier en front commun avec la FWB?"

« Je connais très bien ces chiffres » rétorqua le bourgmestre P. Magnette. « L'explication budgétaire de la culture dans les villes en question tient notamment au fait que, historiquement, les sièges culturels se trouvaient dans les chefs-lieux de province. Si on décompose ces budgets, on s'aperçoit que la grosse partie est à chaque fois prise par des institutions dites nationales (Théâtre Royal, Opéra de wallonie, etc). Si ont veut une comparaison objective, et si on enlève ces institutions là, on arrive déjà à des chiffres beaucoup plus comparables: Une fourchette de 12 à 18 millions selon les villes pour ce type de financement. Ca reste néanmoins toujours en défaveur de Charleroi. Nous travaillons à corriger cette situation en montant des dossiers revendicatifs. Nous avons ainsi déjà pu obtenir avec la ministre Fadila Laanan, un refinancement structurel du BPS 22, du Vecteur, le contrat de gestion du PBA, une intervention structurelle pour le Coliseum, on a lancé la plate-forme pour le théâtre populaire Divertiscènes, District Art,etc ». Pour P. Magnette, si on veut être tout-à-fait objectif aussi, il faut aussi prendre en compte les investissements consentis dans les infrastructures et le personnel des institutions (points APE, PTP,...) » Ce rééquilibrage doit se poursuivre et ça reste mon intention. J'ai demandé audience à la ministre en charge de la Culture, Joëlle Milquet et je lui présenterai des revendications soutenues toutes familles politiques confondues pour des institutions qui, après analyse de leurs projets et de leur public, nous apparaissent en avoir le plus besoin". Sans exhaustivité: Le BPS 22, le Rockerill, le Théâtre de l'Ancre, le Cinéma le Parc,...

« L'objectif, repris N. Tzanétatos, ce n'est pas de jouer au Caliméro. La Ville de Charleroi, au niveau culturel, ne doit pas faire sa gênée. Elle est pleine d'initiatives; il y a beaucoup d'opérateurs de renomée qui s'attachent à redorer le blason de Charleroi par ce biais. La culture doit être accessible à tout le monde et ne doit pas dépendre d'une division administrative. Tout le monde a droit à son lot d'activités culturelles. Et toutes ont droit à un financement équitable. »

A la suite du récent déménagement de nos policiers dans leur tout nouvel hôtel de police, c'est, comme s'en inquiète Luc Parmentier (Ecolo), le devenir de plusieurs bâtiments qu'ils occupaient au sein du quartier Trésignies qui est posé.

L'échevin Eric Goffart a informé que la Ville avait acquis le site en 2003 pour une prix de 4.075.000€; la Régie y effectuant pour sa part des travaux pour un montant de 70.000€ en 2005. « Il y a un accord avec le Gouvernement sur un cadastre des superficies disponibles pour l'accueil des compétences issues des accords de la Sainte Emilie. » Les ressources humaines concernées par ce projet représenteraient, selon l'édile, quelques 450 agents (OIP) plus les 410 eq/t/p du service allocations familiales. « Une fois les constats posés, plusieurs solutions ont été proposées. La recommandation du groupe de travail mis sur pied à cette fin est, dans une première phase de répartir l'ensemble des agents transférés sur 2 sites: une aile de l'hôtel de police (bloc Q) et, dans une seconde phase, de prévoir une construction permettant d'accueillir l'ensemble des agents formant l'OIP sur la dalle de la gare (ancien Tri Postal). « Le Gouvernement wallon a approuvé les conclusions du groupe de travail. Il l'a également chargé de poursuivre les travaux afin de proposer une convention entre la Ville de Charleroi et le SPW concernant l'occupation de l'hôtel de police, de budgéter les aménagements nécessaires à réaliser au sein des sites transitoires et de poursuivre la réflexion quant à la localisation à plus long terme de l'OIP en privilégiant le site de la gare du sud. Le résultat de ces travaux est attendu pour le mois de juin prochain. »

On revient à la sécurité avec une intervention de J-P. Deprez. En l'occurence, le conseiller MR se demande si Charleroi, à l'instar de ce qui se fait notamment en Flandre, ne pourrait pas tenter l'expérience, réusssie là-bas, des PLP. Les PLP, ce sont des partenariats locaux de prévention qui donnent l'occasion aux citoyens de participer à la défense de leur propre sécurité via l'échange des informations dans une situation « win-win ».

« Il y a deux ans, informa le bourgmestre, notre Zone de police avait mené une étude quant à l'intérêt de développer une telle initiative sur notre territoire. Cette étude avait révélé des avis pour le moins mlitigés. Cela n'empêche qu'il existe déjà un certain nombre de formes d'entente entre les citoyens et les citoyens et la police que nous souhaitons continuer à encourager (partenariat avec les Gardiens de la Paix, comités de quartiers, etc). Par ailleurs, nous réfléchissons à des rencontres plus directes entre les policiers et les habitants des quartiers notamment, à titre d'expérimentation dans un premier temps, d'ouvrir, à raison d'une ou deux fois par mois, des postes à la population le week-end ou en fin de journée afin d'organiser des rencontres thématiques entre la population et les inspecteurs de quartier. L'objectif est qu'ils se connaissent mieux et que s'établisse un diagnostic partagé de sécurité dans les quartiers »

« A-t-on vraiment bien expliqué aux Carolos l'intéret des PLP? Car, conclut J-P. Deprez, ça me semble encore plus interactif que tout ce qu'on a déjà en mouvement: Les PLP offrent une réactivité que les autres systèmes n'ont pas! »

Conseil(s) de participation, quel bilan? La question était posée par Elio Paolini (PS).

Comme l'a rappelé l'échevin Serge Beghin, c'est le 25/06/2013 qu'était mis en place un premier CP à la ville haute dans le cadre de l'opération Vauban. A son actif déjà, l'organisation d'événements mais aussi d'ateliers thématiques intéressant au premier chef les citoyens (propreté-environnement, logement, actions sociales, etc). « Il y a peu une évaluation externe du CP a été réalisée par l'ULG. Outre des éléments très positifs, cette évaluation a révélé quelques faiblesses du système. Il s'agit notamment d'un manque de clarté dans le cadre du fonctionnement de ceux-ci et des objectifs. Ce rapport pointe aussi la constitution d'un out group au sein du CP considéré comme un obstacle au bon développement de son projet. Suite à cette évaluation, les conseillers ont participé à l'élaboration d'une charte de fonctionnement en concertation avec l'administration et mon cabinet. » L'édile a également rappelé qu'un 2è CP avait été mis en place à Gilly dans le cadre de Vauban II, le 22/09/2014. « Après 3 mois de fonctionnement, l'on peut constater le dynamisme de ce Conseil qui a démarré très vite ces travaux. Ce type de contribution citoyenne (portés aussi à Charleroi par les relais de quartier, les jardins partagés,etc) est particulièrement innovante dans notre ville. En 2015, la visibilité des CP et le partage d'expériences avec d'autres villes seront développées ».

Le Centre Civique de Gosselies est en attente de travaux de rénovation depuis près de 3 ans ainsi que l'a souligné J-Ph. Preumont (PS) « Les conditions d'accueil et de travail n'y sont pas optimales » a ajouté le conseiller qui a voulu savoir s'ils allaient bientôt commencer...

L'échevin Eric Goffart l'a informé qu'un dossier de travaux (200.000€) concernant la façade arrière du bâtiment a été adopté par le Conseil en date du 23 juin 2014. Le chantier devrait démarrer dans le courant du 2è semestre 2015. Une fois ceux-ci terminés, il est prévu de poursuivre avec les rénovations intérieures. Ces travaux permettront aussi de faciliter l'accès à la MCA des PMR grâce à la réalisation d'aménagements spécifiques. « L'objectif est de pouvoir investir dans les maisons communales annexes qui seront aux 4 points cardinaux des points de référence, et donc, celle de Gosselies, la référence du District Nord ».

La presse s'en est fait largement écho: Le nouvel hôtel de police prend l'eau. Antoine Tanzilli (cdH) a cependant souhaité obtenir quelques éléments de réponse sur la situation actuelle.

Des éléments de réponse que lui a fourni l'échevin E. Goffart: « Le problème d'infiltration d'eau se concentre dans quelques zones bien localisées et l'adjudicataire a immédiatement pris toutes les mesures pour cerner la problématique et apporter les aménagements adéquats que ce soit à l'extérieur du bâtiment ou à l'intérieur de celui-ci. Dès que les conditions météorologiques seront favorables les équipes de maçons pourront entamer les réparations à l'extérieur. Je peux vous rassurer: cela n'engendrera aucun surcoût; ces interventions font simplement partie de la bonne exécution des conditions du marché ». Aucun risque financier donc selon E. Goffart, d'autant, a-t-il idiqué que, non seulement la réception définitive du bâtiment n'a pas encore été réalisée mais que la garantie décenale a été réassurée auprès d'un autre organisme afin de couvrir le risque de faillite de l'adjudicataire .

Où en est le (projet) d'extension du parc de Gosselies? En avril 2014, ainsi que la rappelé Mohamed Kadim (cdH), un montant de 46.000€ avait été prévu au budget extraordinaire afin d'y réaliser divers aménagements. Depuis, il est apparu que le terrain est pollué, ce qui a conduit la ville à arrêter la mission d'Igretec et à introduire un dossier auprès de la SpaQue.

« Très certainement » a indiqué l'échevin Cyprien Devilers, on peut convenir que ce dossier aurait mérité une étude plus approfondie au moment de son lancement ». Quoi qu'il en soit, « l'échevinat a demandé que ce site soit inscrit comme site à dépolluer prioritairement. Depuis lors, il est repris en ZAC. Or, à Charleroi recence actuellement quelques 400 sites potentiellement pollués: la dépollution d'un site coûte cher et est chose de longue haleine. Nous ne maîtrisons pas l'agenda de la SpaQue et il est donc très difficile de donner une date de début de travaux. » Cela dit, « au vu des lacunes contenues dans le dossier initial, notre volonté est de travailler en toute transversalité et de manière globale et pas seulement de rêver tout haut, notamment avec le maître achitecte de la Ville ain d'intéger l'espace vert dans une dynamique gloable concernant le quartier et l'intégration du parc dans son environnement urbain. Le cas échéant, les riverains seront informés des avancées en la matière ».

Ainsi que l'a indiqué Luc parmentier (Ecolo), la Ville a décidé de rembourser un solde de subvention de la FWB non utilisé de 202.838,22€ dans le cadre de la discrimination positive des années 2006/2007 et 2007/2008. Mais quels sont les grandes lignes des projets actuels mis en place dans le cadre de ces subventions a-t-il interrogé en substance?

« Des réunions périodiques ont lieu entre l'administration centrale et les directions d'écoles, lesquelles restent responsables des projets qu'elles ont initiés » a informé l'échevin Serdar Kilic. « Dans les grandes lignes, ces projets portent principalement sur l'amélioration des conditions de vie en milieu scolaire, sur la mise à disposition des élèves et des enseignants d'outils pédagogiques mais aussi sur leur épanouissement culturel notamment au travers des classes de dépaysement, la visite de musées, de séances de théâtre,etc. L'ensemble de ces projets ont l'objectif commun de réduire l'échec scolaire. Ils sont tellement fondamentaux que tout sera mis en oeuvre pour optimiser les dépenses qui y sont liées avant la fin de la programmtion 2011/2015.

Reste enfin, comme s'en inquiète L. Parmentier, les mesures d'économies que s'appêterait à prendre à ce niveau la FWB dans la confection de son budget. « Aucune n'a été prise par le ministre de tutelle au détriment des écoles en encadrement différencié » a rassuré S. Kilic.

L'Office du Tourisme et la MT du Pays de Charleroi réalisent un travail remarquable et créatif afin de faire découvrir les merveilles de la ville aux visiteurs. Toutefois, comme l'a soulevé Dominique Fotia (PS) malgré ce travail de qualité, la presse flamande et internationale préfère suivre les traces du Safari Carolo Tour, créé par un privé et souvent dévalorisant pour notre ville. « Ne serait-il pas temps de couper l'herbe sous le pied de cette initiative en proposant des approches alternatives de la réalité carolo » devait suggérer la conseillère?

« Vous avez raison, inisista l'échevine Julie Patte, Charleroi peut assumer fièrement son profil marginal, y compris ses cicatrices et doit le montrer au public de maière originale. Nous le faisons déjà ». Le tourisme de la construction, qui a rencontré un franc succès, la visite du chantier de la future caserne des pompiers prochainement, la possibilité de voir Charleroi d'en haut depuis la terrasse de la tour de la Vigie, du Beffroi ou de l'église Saint-Chrisophe ne sont que quelques exemples. « Nous avons encore bien d'autres attraits touristiques comme la présence importante de l'art urbain (Asphalte, etc) qui attirent de plus en plus de monde ». A ce propos, précisa l'édile, Wallonie Bruxelles Tourisme a d'ailleurs souhaité mettre cet aspect de notre ville en exergue auprès de la presse internationale. « Nos guides accueillent aussi des journalistes étrangers et, cette fois, le résultat est très positif. Nous proposons bien d'autres choses et là où le Safari carolo Tour annonce la station de métro fantôme nous avons proposé, depuis deux ans, les « secrets du métro carolo ».

Quant aux chiffres de fréquentation des promenades et visites guidées, Julie Patte a indiqué qu'ils étaient en constante augmentation et que les retombées dans la presse étaient très positives ces dernières semaines. Enfin, elle a annoncé la publication récente d'une brochure spécialement tournée vers les visiteurs flamands et le souhait émis par la Belgium Federation of Tourist Press d'effectuer une visite chez nous en septembre prochain. « Voilà pour nous une belle opportunité de briser ou du moins adoucir des clichés encore tenaces. Je voudrais enfin indiquer que l'organisateur du Safari Carolo Tour et la Maison du Tourisme sont pas concurrents mais sont complémentaires. Entre nos circuits, c'est l'éclairage donné qui est différent. Là où l'un définit l'esthétique de la misère et du délabrement, l'autre explique la réalité par des éléments de notre histoire industrielle et sociale, parlera des perspectives de reconversion, tentera de faire comprendre que la joie de vivre est possible dans des conditions difficiles ».

On le sait, mesures budgétaires oblige, l'Orangerie des serres de Ransart devrait être amenée à fermer ses portes. Oui mais voilà, ainsi que s'en inquiète Maxime Sempo (MR) ce bâtiment, outre sa particularité d'offrir un large panel de plantes de tous horizons accueille aussi des événements en tous genres...

« Effectiverment, la fermeture de l'Orangerie est une des mesures de gestion de la Ville pour répondre à sa situation budgétaire particulièrement difficile » expliqua l'échevin Cyprien Devilers. « Dans la logique du plan de gestion, un choix délicat s'est imposé en ces termes: des palmiers ou des emplois. L'économie générée par la fermeture de l'Orangerie (32.000€ de frais de fonctionnement en 2013 + des investissements à hauteur de 217.000€ pour le renouvellement des systèmes d'entraînement de l'aération et des systèmes informatiques pour réguler le climat) contribue au maintien du personnel, ce qui est essentiel » selon l'édile. Lequel a précisé qu'au niveau événementiel, l'Orangerie accueillait peu d'expositions ou de concerts. « Par contre, nous avons beaucoup de visites pédagogiques ou des salons (maquettisme, petit élevage,etc). Ces quelques activités ne sont pas mises en péril au stade actuel. Vos questions sont actuellement examinées par l'administration à qui il faut laisser le temps nécessaire de proposer des étapes concrètes en la matière ».

Pour suivre, une question posée par Djamila Bakkouche (PS) au sujet du dispositif hivernal carolo pour les personnes sans-abri. Quel bilan après 3 mois de fonctionnement demanda-t-elle au président du CPAS, Eric Massin? Un bilan somme toute assez positif dans la mesure où, précisa ce dernier, à aucun moment ce dispositif n'a été en état de saturation. « A ce jour, les retours qui me reviennent font état d'une diminution sensible de la demande. L'abri de crise (12 lits venant s'ajouter le cas échéant au 85 autres de l'abri pérenne situé à Dampremy, rue des Français) n' a jamais dû être ouvert » ponctua E. Massin. Non sans avoir rappelé la philosophie de l'institution qui est d'accueillir, systématiquement et incondionnellement, toutes les personnes qui en font la demande lorsque la température descend en dessous de zéro degré.

Après le bilan du dispositif hivernal, celui du village de Noël, demandé par Mahmut Dogru (PS).

Globalement, indiqua l'échevin Ph. Van Cauwenberghe, le bilan de l'édition 2014 est très positif, tant pour les organisateurs (une société privée gosselienne), les cordinateurs (l'asbl Charleroi Centre Ville) que les commerçants de la ville basse, ceux installés sous les chalets et les visiteurs. Selon Ph. Van Cauwenberghe, le Village de Noël aura attiré entre 40 et 50.000 visiteurs sur l'ensemble de la période. Visiblement, le concept a séduit. « Malgré les conditions climatiques difficiles, les soirées des partenaires événementielles furent aussi, incontestablement, un réel succès. Il est effectivement – comme le suggérait son interpellant, important de voir à plus long terme pour les événements de Charleroi. Le fait de déléguer, comme cette année, l'organisation d'un événement de cette ampleur à une société privée et professionnelle sur base d'un appel d'offres se trouve être la formule la plus adaptée pour la Ville de Charleroi ». Par conséquent, il a informé que la Ville s'appêtait à lancer un appel d'offres pour un marché couvrant plusieurs années (2/3 ans) afin de donner aux futurs organisateurs la possibilité de s'investir davantage dans leur projet mais aussi pour permettre au Village de Noël d'atteindre la dimension et la qualité dignes d'une grande ville comme Charleroi. « La Ville de Charleroi, avec le précieux soutien de l'absl Charleroi Centre Ville, s'est lancée dans une profonde réorganisation de son calendrier événementiel. Ainsi, en ce qui concerne l'édition 2015, elle pourrait débuter une semaine plus tôt et se terminer après les fêtes de fin d'année afin d'englober également les fêtes patronales ».

La dernière question d'actualité était portée par X. Desgain. Son objet: les logements inoccupés sur le terrioire de la ville. Selon le conseiller écolo, qui se réfère à un projet pilote visant à analyser la consommation d'énergie et d'eau dans les habitations, on dénombrerait quelques logements potentiellement vides. « C'est une proportion énorme puisque notre ville compte un peu moins de 100.000 boîtes aux lettres et c'est au-delà des estimations antérieures ». La situation est-elle vraisemblable, quelle est l'analyse faite de ces résultats par les services commaunaux? Deux des questions posées à l'échevine Ornella Cencig. « Si cet ordre de grandeur se vérifie, cela démontrerait qu'une priorité devrait être donnée à la rénovation par rapport à la construction de logements neufs. Car le premier gisement de logements, il serait là ».

Cette étude, présisa l'échevine O. Cencig, est une étude menée par la RW en partenariat avec le Centre d'Etude en Habitat durable et le Relais Social. « La Ville est bien évidemment au courant de cette étude pilote dans la mesure où elle est associée aux différentes étapes et reçoit au fur et à mesure tous les éléments nécessaires ». Il s'agit en fait d'une étude à destination des propriéraires de logements qui sont (re)cencés, potentiellement, et c'est important indiqua-t-elle, comme inhabités sur le territoire de Charleroi. Les logements ont été sélectionnés sur base d'une liste d'adresses de logements où on y a relevé une consommation d'eau et d'énergie faible voire nulle. « Mais attention, il ne faut toujours en déduire qu'ils sont inoccupés effectivement ». Les résultats, ajouta O. Cencig, vont être utilies car ils vont faire apparaître les problèmes rencontrés par les propriétaires de ces logements inoccupés et vont permettre de formuler des pistes d'action. « Le but est d'apporter un outil aux pouvoirs publics pour essayer de faire diminuer le nombre de logements inoccupés ».

La prochaine étape c'est l'envoi d'un questionnaire à la moitié des propriétaires concernés. « Il est certain que la Ville attend avec grand intérêt cette seconde étape. Il faut espérer qu'il vont y répondre de manière volontaire car il n'ya aucune obligation de répondre à l'ensemble de ces questions.

O. Cencig a par ailleurs signalé qu'avec l'ensemble de ses partenaires, la Ville essayait déjà de savoir pourquoi il y avait un taux de logements inoccupés aussi important à Charleroi. « On espère que, dans ce cadre, la RW réitère l'expérience du capteur de logements. Nous sommes demandeurs car, conclut-elle, le logement c'est vraiment le bras armé de l'aménagement du territoire.

« Je pense en effet qu'il est important de retrouver quelqu'un qui exerce la fonction de capteurs de logements et, s'il le faut, sur le paie-rôle ville » repris X. Desgain. « C'est aussi important que nous branchions notre Bouwmeester sur cette question ».

Dans le reste de l'ordre du jour, on retiendra l'intervention de M. El Bourezgui (Ecolo) au point 27 concernant la suppression de la mission de garde à domicile pour enfants handicapés Cailloux du Petit Poucet. « Il s'agit d'un service fort sollicité. Aujourd'hui on nous annonce que la demande a chuté et, donc, que les parents ne pourraient plus en bénéficier ». Pour la conseillère, c'est d'autant plus regrettable que, analyse faite, il n'y a pas beaucoup d'autres alternatives qui s'offrent aux alentours. Et se reporter sur le secteur privé, ça coûte très très cher.

Pour l'échevin M. Fekrioui, la suppression de ce service serait bien le résultat de la concurrence et de l'offre proposée par 5 absl d'un horaire beaucoup plus flexible englobant les nuits et le week-end.

Une autre intervention de Mme El Bourezgui au point 42 concernant le remplacement des parements de façades et couverture de toiture de la MCA de Gilly. Justement, à propos de toiture, elle s'est dit interpellée par l'état de certaines recouvrant des bâtiments publics. Comme à Couillet, où il lui a été donné de voir des gouttières décrochées et remplie de saletés. "A long terme, cela ne peut qu'occasionner des dégâts" dit-elle en (se) demandant si un service était spécifiquement dédiée à ces tâches d'entretien au sein de la Ville. Peut-être pas un service mais un département, celui des Bâtiments où, dixit l'échevin E. Goffart, toute situation problématique peut être signalée.

Enfin, la séance publique du conseil se terminait par l'examen d'une vingtaine de points inscrits en urgence. Sofie Merckx (PTB+) fit savoir qu'elle voterait contre chacun des points au motif qu'il y en avait beaucoup trop. « Il faut arrêter; il y a un dossier d'un million d'euros dans le cadre du projet Phénix. C'est impossible pour les conseillers de faire leur travail de contrôle convenablement ».