Au Conseil communal du 29 juin

Lundi 06 Juillet 2015 - 08:32

On a (re)parlé de la problématique des gens du voyage lors de la réunion du Conseil communal du lundi 29 juin. On a aussi (re)parlé du TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) et du plan d'investissement à la gare de Marchienne-au-Pont au travers de deux motions portées par les groupes Ecolo-PS-cdH. Une fois de plus, elles ne sont pas passées comme des lettres à la poste...

Comptent-elles vraiment pour du beurre les motions entérinées par nos conseils communaux? On en douterait parfois à voir avec quelles difficultés- et quel que soit leur objet- elles sont à chaque fois adoptées par notre assemblée municipale. On en douterait encore quand on voit le raffût que cela engendre- en l'occurrence dans les rangs de travailleurs d'une firme sous-traitante de Caterpillar Belgium présents dans la salle venus sensibiliser bruyamment les élus à leur situation de... futurs chômeurs- quand, par malheur, elles ne sont pas déposées en temps et en heure pour être prises en considération. « Notre Conseil l'accueillera volontiers lors d'un prochain Conseil, promis Paul Magnette, une fois le pv de la séance du 1er juin 2015 (approuvé sans remarques), une fois exprimés les quelques mots de soutien adressés aux manifestants par les conseillers Latifa Gahouchi (PS) et Sofie Merckx (PTB+) et avant d'en venir, dans le beau vacarme que l'on imagine, au plan d'investissement concernant la gare de Marchienne que les groupes Ecolo, PS et cdH demandent de revoir.

« S'il est exact que le bâtiment a subi une cure de jouvence permettant un accueil plus agréable, on ne peut tenir le même constat pour la suite des installations et particulièrement des quais » résuma, au nom de ceux-ci, le chef de file du groupe socialiste, Gérard Monseux.

« Pour le futur, et sous réserve de la révision du plan pluriannuel d'investissement, il est prévu la pose de barrières (120.000€), une extension du parking (200.000€) et, surtout, un investissement de près de 7 millions d'€ pour l'aménagement des quais à l'horizon 2020-2023. Le groupe MR, rappela et indiqua Maxime Sempo, ne rejette pas cette proposition et est bien conscient, autant que sa ministre, des améliorations à apporter aux gares de notre région, et particulièrement à celle de Marchienne-au-Pont. Dès lors, notre groupe suggère, en accord avec les autres partis démocratiques du Conseil de reformuler cette motion vu que plusieurs amendements doivent y être apportés afin que ce texte reflète à la fois la réalité de terrain, corresponde aux impératifs budgétaires de la SNCB et d'Infrabel et au Plan communal de Mobilité. Sans quoi nous nous abstiendrons sur ce point ». Ce qui sera le cas puisque la motion fut finalement adoptée telle quelle, après une ultime intervention de Xavier Desgain (Ecolo). « Je pense qu'il est important- c'était l'objectif général de cette motion- d'envoyer un message à la SNCB pour que la gare de Marchienne soit correctement aménagée. C'est une gare importante dans le dispositif de mobilité de la région de Charleroi ».

Correctement aménagée, améliorée et, à ce titre, qu'elle puisse offrir la présence de guichets ouverts les après-midis selon X. Desgain ou encore, histoire d'accroître son attractivité, un stationnement vélos sécurisé.

Pour suivre, la seconde motion de la soirée portée par les mêmes acteurs. Son objet: Les projets d'accords que sont le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP).

« A tous les niveaux, la sonnette d'alarme est tirée à propos des conséquences du TTIP. Charleroi a été précurseur (une motion fut déjà adoptée en octobre 2014); nous sommes déjà vaccinés mais il me semblait qu'une petite piqûre de rappel s'imposait » devait déclarer, au nom des groupes Ecolo, PS et cdH, Luc Parmentier. Une petite piqûre de rappel et des améliorations, au nombre de 3, suggérées au texte initial. Primo, que « la Ville de Charleroi se déclare en vigilance par rapport à tout autre traité qui poursuivrait les mêmes objectifs; secundo: « qu'elle refuse toute tentative d'affaiblir le cadre réglementaire national ou européen en matière d'environnement, de santé, de protection des travailleurs et des consommateurs; tertio: « La Ville de Charleroi déclare qu'en cas de ratification du TTIP, elle se considérera comme non concernée par celui-ci en raison de la non implication de l'ensemble des niveaux de pouvoir, du manque de transparence dans les négociations et, par conséquence, du caractère non démocratique de cet accord ».

« C'est important, en tant que Ville de Charleroi, de nous rendre compte que la ratification de ce traité peut avoir des conséquences importantes sur les finances et la notion de service public que nous devons rendre au citoyen » surenchérit Sofie Merckx (PTB+). Elle rappela au bon souvenir de tous l'expérience cuisante que garde le Canada d'un tel traité conclu avec l'oncle Sam. « Le PTB votera la motion même si je trouve qu'elle manque encore de force. Nous sommes en seconde session et j'aurais visé 80% plutôt que 55% ». L'édile aurait souhaité, à l'instar des 2,2 millions de personnes ou du Parlement wallon et bon nombre de communes, que Charleroi par exemple, au travers de cette motion, demande l'arrêt des négocitions en cours tout en se déclarant hors TTIP. Elle souhaiterait aussi, ce qui selon elle est du ressort des pouvoirs publics, que la Ville de Charleroi puisse jouer son rôle d'informateur auprès du public via des émission télé, des articles rédactionnels ou encore des débats.

« C'est loin d'être une seconde session, au contraire, on réaffirme de manière plus claire et plus forte notre volonté d'être hors TTIP » intervint à son tour Véronique Salvi. L'élue humaniste rappela au passage que, loin d'être à la traîne, Charleroi avait été plutôt proactif et précurseur en la matière.

« En octobre 2014, nous nous étions abstenus, d'une part parce que nous ne pensons pas que le vote d'une motion au sein du Conseil communal puisse fondamentalement changer la donne; d'autre part, parce que nous estimions, à l'époque, qu'il était prématuré de se positionner étant donné les nombreuses inconnues ». Abstention alors, abstention aujourd'hui et pour la même et bonne raison principale, dixit Nicolas Tzanétatos (MR), que « les craintes émises ne sont absolument pas justifiées ». « Une quinzaine de grands rapports ont été publiés depuis. La plupart confirme les prévisions positives de la Commission européenne ». Pour N. Tzanétatos, « On pourrait asseoir notre leadership par rapport aux Etats-Unis et ne pas attendre que le centre de gravité de l'économie mondiale ne se déplace vers l'Inde ou la Chine. Nous ne sommes pas contre la motion, mais il est prématuré de se positionner. Rien ne sera voté avant fin 2016, début 2017. Il y a encore beaucoup de travail et laissons-le se dérouler sereinement ».

« Avec toute la sympathie que j'éprouve à l'égard de mon collègue Tzanétatos, je pense qu'il croit encore à saint Nicolas » indiqua pour sa part Gérard Monseux (PS). « J'observe que, depuis un demi-siècle, ce sont des pans entiers de la solidarité qui sont battus en brèche. Nous pensons, sincèrement, que si nous n'attirons pas l'attention à l'égard de ce qui se prépare, on en enlèvera d'autres et, malheureusement, la loi de la jungle va s'épanouir davantage ».

« Comme écologistes, clairement, le modèle américain ce n'est pas notre rève, ni notre objectif. Une dérégulation sociale, environnementale, la privatisation de pans entiers de secteurs qui sont toujours des services publics, chez nous, en Europe, ce n'est pas notre modèle » devait ajouter X. Desgain. « Je pense que nous devons, en tant que Carolos, Wallons, Européens, nous protéger de l'accélération de cette dérégulation de dispositifs qui nous tiennent à coeur en matière de solidarité et d'envronnement. Et si les lignes commencent à bouger un peu, c'est notamment parce que des citoyens, des communes, des collectivités locales se sont dressées contre le TTIP. Je pense donc que c'est une raison suffisqnte pour voter cette résolution de motion ».

Mot de conclusion pour Nicolas Tzanétatos. Pour insister sur le fait que « tous les actes dits de base (OGM, qui protègent la vie et la santé, le bien-être des animaux, l'environnement, les intérêts des consommateurs, le respect de la vie privée...) sont exclus des négociations. C'est bien ce que je disais: On en revient à crier au loup! ».

Les interventions, pour suivre. Avec une première, portée par Maxime Felon (PS), lequel s'inquiète du manque d'entretien évident de deux aires de jeux et de convivialité situées à Montignies/Sambre (rue de l'Egalité et de Lodelinsart). « Outre le fait de voir ces espaces se transformer en véritables prés, deux dépôts d'immondices ont récemment vu le jour » regretta le conseiller socialiste.

Quant à l'état de salubrité, le site a été remis en ordre avec le concours des services de l'échevin Serge Beghin indiqua son collègue Cyprien Devilers (entre-temps, on a déjà redéposé des vieux vélos sur l'un d'entre-eux a informé M. Felon). Concernanant les jeux, il précisa qu'une vérification est en train d'être opérée. Cela dit la question fut pour lui l'occasion de rappeler qu'annuellement, les services de la propreté enlèvent quelques 10.000 tonnes de déchets clandestins sur le territoire de la Ville. « C'est un combat évidemment quotidien qui mêle tout à la fois nettoiement, répression et sensibilisation ».

Reste la problématique désherbage. « Elle se pose avec d'autant plus d'acuité depuis l'instauration de la politique zéro phyto voulue par le Gouvernement wallon, lequel n'a pas prévu des moyens pour les solutions alternatives ». Qu'à cela ne tienne, « nous avons lancé un appel d'offres pour du matériel spécifique de l'ordre d'1,3 million que nous espérons voir aboutir. On le constate: nous essayons de tout mettre en oeuvre pour assurer la qualité de vie de nos concitoyens et faire progresser notre image tant à l'intérieur qu'à l'extérieur ».

On ne le sait pas forcément, mais notre chère bonne vieille ville de Charleroi fêtera son 350è anniversaire en 2016. L'événement donnera-t-il lieu à des célébrations et autres manifestations, et si oui, comme va-t-on les financer, y impliquer les divers acteurs de la vie culturelle et du monde associatif? C'est en substance les questions posées par Nicolas Tzanétatos (MR) à l'échevine Julie Patte.

« Vous avez raison, cet événement nécessite une préparation minitieuse et conséquente que nous avons entamée voici près de six mois » informa cette dernière. « Ma réponse à votre question sera univoque: Oui nous avons lancé une réflexion partagée sur l'anniversaire; Oui des groupes de travail se sont mis en place (l'un dédié au volet culturel; l'autre au volet historico-touristique) et un 3è groupe dédié à l'organisation des festivités se constituera en septembre (ils rassemblent divers services communaux mais aussi d'autres institutions et des citoyens engagés). « Oui nous sollicitons les autres niveaux de pouvoir afin d'obtenir les moyens que nécessite l'événement; Oui nous sommes en contact avec les Lions clubs ».

Le projet de programmation, ajouté Mme patte, est pratiquement déjà finalisé. Elle en a livré l'esprit: « Toute l'année 2016 sera placée sous le signe des 350 ans avec des manifestations que nous voulons populaires et porteuses d'identité (colloques, expositions, publications, etc). Les 350 ans, conclut l'échevine, ils seront aussi touristiques (visites guidées de 4 sites habituellement fermés au grand public + réalisation d'une application faisant appel à la réalité augmentée portée en collaboration avec Igretec), patrimoniaux (mise en lumière de différents sites d'intérêt remarquables); éducatifs (à destination des enfants en collaboration avec les directions d'écoles); participatifs (concours et appels à projets s'adressant tantôt aux artistes tantôt aux enfants, associations,...); et enfin, festifs avec une semaine de célébration en septembre et des Big Five labellisés 350 ans tout au long de l'année.

A l'image de ce que s'est autorisé son homologue liégeois, ne pourrait-on pas profiter des extensions du nombre de lignes au départ de Charleroi, du permis d'agrandissement pour l'aérogare et des bons chiffres d'utilisation pour rebaptiser BSCA en Charleroi Airport, donnant ainsi toute la visibilité à la région de Charleroi en plein renouveau? C'est la suggestion émise par Hicham Imane (PS).

Qui dit visibilité, dit attractivité et c'est une des priorités de Julie Patte. Après examen,  "je me suis rendue compte qu'il fallait travailler sur 2 axes stratégiques » dit-elle: a) la mobilité BSCA-Centre ville; b) La valorisation de notre potentiel touristique, par exemple, en plus des flyers, brochures,.. diffusées tout azimut, actions de promotion (sur les cartes d'embarquement des passagers de Ryanair notamment,...) en proposant des packages touristiques thématiques accessibles via smartphones et adaptés aux horaires des quelques 7 millions de touristes en transit chaque année à Charleroi. Il s'agit dont de faire preuve d'originalité et, dans cet esprit, on pourrait même imaginer un jour, dixit Julie Patte, voir l'esplanade de la gare du Sud se transformer en extension de BSCA dotée de tout l'équipement ad hoc pour l'enregistrement des bagages. Ah oui, le changement d'appellation? « C'est évidemment un élément important en terme d'attractivité et nous sommes ouverts à la réflexion en concertation avec le management de BSCA et le Gouvernement wallon ». Demain, pourquoi pas? on pourrait s'envoler depuis l'aéroport gosselien René Magritte, fantasio,... Léonard de Vinci, à Rome, n'aurait qu'à bien se tenir... « C'est un souhait largement partagé, mais c'est un débat (fréquemment abordé) qui doit être mené entre le management et ses occupants » conclut P. Magnette.

En attendant, Hicham Imane se fait fort de demander son avis sur la question au ministre Carlo Di Antonio; X. Desgain, lui, demande qu'on pense déjà à améliorer ce qui peut être fait en matière de communication aux alentours du site et, notamment, à remettre non pas l'église au milieu du village mais l'arrêt des bus TEC en face de la sortie voyageurs...

A trois; ils s'y sont mis à trois pour (re)lancer le débat. Sur l'accueil des gens du voyage. On l'imagine, l'intervention conjointe de Luc Parmentier (Ecolo), Sofie Merckx (PTB+) et Mohamed Kadim (cdH) faisait suite à l'initiative controversée de la Sambrienne de creuser dernièrement des tranchées autour de ses terrains de la Cité Parc, à Marcinelle, afin d'en interdire l'accès aux itinérants. « Mon groupe a déjà saisi le Conseil à plusieurs reprises sur ce sujet. En réponse à votre inaction, argumenta en substance L. Parmentier, la Sambrienne vient de décider de creuser des tranchées autour de ses terrains susceptibles d'accueillir les gens du voyage. Difficile d'envoyer un signal plus pourri et lamentable en cette année de commémoration de la libération des camps d'extermination. 70 ans plus tard, il est toujours inacceptable que des gens du voyage soient systématiquement stigmatisés. Après la technique sonore en Flandre, le mur de la honte à la frontière franco-belge, voilà qu'à Marcinelle, terre d'accueil et de multiculturalité, une société de droit belge et wallonne décide, sur proposition de la police locale de creuser une tranchée pour lutter contre les gens du voyage. Après les tranchées pour rejeter ces gens, pourquoi pas des miradors et des barbelés autour de certains quartiers jugés infréquentables? »

Après avoir égratigné son collègue conseiller, député président de la Sambrienne, Luc Parmentier a rappelé que, pourtant, "des solutions plus humaines sont possibles". Elles ont été formulées par Ecolo au niveau du parlement wallon en 2011. Hélas, elles sont restées lettres mortes dit-il.  « Elles suggéraient un plan régional pour l'accueil des gens du voyage; le texte visait à la fois le respect de ceux-ci et ceux des citoyens sédentaires. Je ne peux qu'encourager Monsieur le conseiller-député à échanger son bâton de « fureur » pour un bâton de pèlerin et monter à Namur afin de défendre les droits des gens du voyage ». Il est plus que temps que votre majorité trouve une solution pérenne à cette problématique » ponctua-t-il.

Pour S. Merckx:« L'acte posé par le président de la Sambrienne, et par son CA, est loin d'être anodin. Comme responsable politique, on doit veiller aux intérêts de l'ensemble des communautés présentes sur le territoire carolo. C'est l'inverse que fait Monsieur Imane avec le creusement de ces tranchées. C'est un acte d'exclusion de toute une communauté qui ne peut qu'augmenter les tensions sociales au lieu de les résoudre. Il appartient au Conseil communal et à sa majorité d'apprécier les conséquences politiques d'une telle erreur » Et d'ajouter: « Seulement il n'est pas le seul responsable. La Ville est aussi lente sur le sujet » conclut la conseillère rappelant les recommandations de bonnes pratiques formulées à l'adresse des communes par le ministre Furlan. Oui mais qu'à fait la Ville de la missive ministérielle?

Et précisément, en parlant de bonnes pratiques, « vous annoncez que la Ville de Charleroi a décidé de s'inspirer de celles développées dans d'autres villes et communes wallonnes. Pourriez-vous m'informer de ce que vous comptez faire, conclut Mohamed Kadim, lui aussi soucieux de connaître les dispositions envisagées.

Tout d'abord un petit rétroacte. « Dès qu'elles ont eu connaissance de la décision de la Sambrienne  indiqua le bourgmestre P. Magnette- selon lui la société de logements n'aurait pas agi sur recommandation formelle de la Zone de police-, les trois familles politiques de la majorité ont fait par de leur désapprobation. Cette politique, dit-il, ne nous paraît pas être la politique qui convient à notre Ville. Charleroi est une grande ville qui a une tradition d'accueil des gens des quatre coins du monde et notre travail, difficile et délicat, consiste à assurer à la fois la qualité de l'accueil et le maintien de l'ordre public. Nous n'avons pas aujourd'hui de terrains qui soient mis à disposition, nous n'avons pas non plus de procédure formelle qui peut être suivie, mais le fait qu'il y ait un contact (les arrivants disposent d'un interlocuteur communal lorsqu'ils s'installent sur un terrain de la Ville), cela permet déjà, au moins, d'éviter toute une série de tensions. Un dialogue est possible s'il s'agit d'une quarantaine de caravanes, mais cela fait un peu bricolage, a-t-il reconnu.

Diminution du niveau des tensions, c'est du reste, après avoir pris en compte justement les expériences menées par ailleurs ajouta P. Magnette, ce qu'il résulte lorsque l'accueil est organisé et accompagné. « Donc oui nous sommes partis à la recherche de terrains; oui nous avons fait des analyses avec le précieux concours d'Igretec mais, hélas, il a fallu conclure qu'ils ne se prêtaient pas à ce type d'aménagements. Mais nous allons poursuivre le screening du territoire pour identifier d'autres sites. Lorsqu'il aura abouti, le choix sera soumis au conseil communal pour un débat en toute transparence et nous introduirons une demande de subsides auprès de la Région wallonne pour l'aménager. »

Luc Parmentier, qui a promis de suivre l'évolution du dossier et de revenir à la charge si besoin et S. Merckx – qui elle a regretté au passage l'absence d'une condamnation plus ferme de la décision de la Sambrienne- ont souhaité tous deux obtenir un résumé de ces documents d'analyse des différents terrains.

Comme l'a rappelé J-Ph. Preumont (PS), les maisons communales annexes de Gilly et de Gosselies sont toutes deux appelées à devenir le siège central des futurs districts Nord et Est de Charleroi. Et c'est pour dans quelques mois. D'où sa pertinente question sur l'état d'avancement des travaux dans ces deux bâtiments posées à l'échevin Eric Goffart.

On a appris de sa bouche qu'en ce qui concerne la MCA de Gilly, un dossier est actuellement en cours pour la rénovation des parements et de la toiture. Au total 1650m2 de façade et 1420 m2 de toiture seront à rénover. Des montants complémentaires ont été sollicités et inscrits lors de la dernière MB. Un retour du dossier de la Tutelle est attendu (pour juillet?) afin de pouvoir notifier le marché.
En ce qui concerne le Centre Civique de Gosselies, on a appris que les travaux de rénovation de la façade arrière sont terminés. Il est prévu de poursuivre avec des rénovations intérieures visant à offrir un meilleur accueil aux agents mais aussi aux PMR grâce à des aménagements spécifiques. Enfin, la rénovation des châssis devrait faire l'objet d'une prochaine inscription budgétaire et ce, dans l'optique d'une meilleure efficacité énergétique.

En parlant d'efficité énergétique, Xavier Desgain devait justement, dans la foulée, demander au même Eric Goffart pourquoi Charleroi laissait passer des moyens pour isoler ses bâtiments?

« Le service proposé aux villes et communes du secteur 3 par Igretec a été analysé par l'administration. Il semble effectivement très séduisant. Mais l'analyse du contrat cadre d'amélioration énergétique des bâtiments communaux soulève quelques contraintes et le fait qu'il soit présenté comme non négociable par l'intercommuale pose des difficultés, notamment par la présence, souvent, de marchés de travaux conjoints » résuma l'édile. Qui plus est, les bâtiments en question sont proposés par Igretec pour être validés par le Collège. Autrement dit, ce dernier n'a en rien le choix quant aux bâtiments sur lesquels il compte investir. Et, à ce stade, l'intercommuale ne souhaite pas modifier ce point de la convention cadre. Nous attendons de voir le résultat d'un exemple concret (Châtelet?); Nous restons cependant ouvert à la discussion ».

« Je constate tout de même, repris X. Desgain que, selon les dires d'Igretec, 7 ou 8 communes de notre arrondissement sont déjà engagées dans la procédure. Elles ont contourné les difficultés, alors pourquoi pas Charleroi? Il doit pouvoir y avoir moyen de trouver une solution rapide pour contourner les lourdeurs que vous évoquez. Je suis un peu surpris par les éléments de réponse. Je vous invite à regarder, avec vos services comment d'autres villes ont contourné les difficultés et faire en sorte d'alléger les lourdeurs administratives afin qu'on puisse bénéficier d'un dispositif qui, franchement, en vaut la peine. Il est urgent d'agir ».

La porte n'est pas fermée, mais pas à n'importe quelles conditions » conclut quant à lui E. Goffart.

Le nouvelk OIP à Charleroi: Où en sommes-nous? Ainsi que l'a rappelé Véronique Salvi (cdH), dès janvier 2016, des centenaires de fonctionaires wallons devraient arriver à Charleroi. « Il semblerait que le dossier avance et avance bien ». Mais comment Charleroi se prépare-t-elle pour accueillir ce flux de fonctionnaires » demanda-t-elle au bourgmestre P. Magnette.

Certains, rétorqua celui-ci, sont d'ailleurs déjà arrivés, en toute discrétion (au Forem notamment). Les autres ariveront au fur et à mesure. L'accord qui s'est dégagé entre la Ville et la RW a consisté à travailler en deux temps: Primo, une installation provisoire des agents; secundo: une réflexion sur un éventuel regroupement des différentes présences wallonnes sur notre territoire. Dans notre ordre du jour (13è pt urgent), il nous sera proposé d'adopter une convention d'occupation de l'ancien hôtel de police (bloc Q). Elle prévoit que la Ville met ledit bâtiment (+ une surface de parking) à disposition du nouvel OIP. En échange de quoi la RW effectuera, avec l'accord de la Ville, d'importants travaux de reconditionnement du bâtiment avec, notamment, une mise aux normes pour PMR. Nous hériterons, au terme de l'opération, a ajouté P. Magnette, d'un bâtiment qui aura été complètement remis à neuf. A plus long terme, une réflexion s'engagera afin de trouver une implantation définitive pour l'OIP (5/6/7 ans). Selon le bourgmestre, un certain nombre de possibilités de terrains existent à Charleroi, notamment à proximité immédiate de l'actuelle tour des finances (River Bank) ou de l'esplanade de la gare du Sud.

Autant de bonnes nouvelles et nous continuerons à suivre ce dossier avec beaucoup d'attention «  conclut pour sa part V. Salvi.

Une première question d'actualité pour suivre au sujet des 10 Miles avec Albert Frère (cdH). « Force est de constater que, malgré les changements de dates, des animations, etc, le nombre de joggeurs est passé à 745 et un peu moins à l'arrivée. Faut-il rappeler que c'est le taux de participation le plus bas de l'histoire des 10 Miles depuis 1985. L'épreuve n'a, à mon sens, a ajouté le conseiller humaniste, qui s'est étonné au passage de l'augmentation significative du coût de l'inscription, plus besoin d'un second souffle mais d'une profonde remise en question, et ce, à tous niveaux. Le choix de la date aussi pose question. Que comptez-vous mettre en oeuvre pour redynamiser l'image d'une course en perte de vitesse » demanda-t-il en substance à l'échevin Ph. Van Cauwenberghe?

Ce constat, a admis ce dernier, a été à l'origine d'une réflexion sur son déroulement et son positionnement dans le calendrier. « Dans notre approche, le choix de la date ne pouvait être déterminé sur le seul calendrier des courses à pied et de jogging organisées ailleurs. Nous avons donc décidé de fixer définitivement au 3è dimanche de juin les 10 Miles afin de redynamiser la course et de l'inscrire dans la durée. Se déroulant lors du week-end de la Brocante des Quais, les 10 Miles s'intègre dans un Big Five et bénéficie d'activités publiques de celui-ci. Ces activités qui se chevauchent, a ajoué l'édile, sont un véritable « + » pour la course ». Cette année, comme les années précédentes, dit-il, l'organisation avait été confiée au Spirou basket en partenariat avec la Ville de Charleroi et l'asbl Parc des Sports.

Quant au prix de l'inscription, « Celui-ci a en effet un peu augmenté mais j'insiste sur le fait que, cette année, chaque participant a reçu grâcieusement un Tee-Shirt labellisé Run For C (lequel a pour but de mettre en avant l'image de la ville et de la défendre par le biais du sport et du running). C'est donc un travail sur le long terme. Nous avons l'intime conviction qu'avec ce travail de communication, voire de marketing, on fera revenir des joggeurs à nos différentes courses.

Quant aux prix distribués, Ph. Van Cauwenberghe a précisé que « la philosophie qui nous guide est de privilégier le sport pour tous sans tomber dans une politique destinée à faire du chiffre avec des incitants comme les Prize Money.

Pour ce qui est de l'implication des clubs, ainsi que le demandait A. Frère, « des consultations et avis ont été sollicités sur le parcours. Dans notre volonté de relancer la course, ces clubs seront davantage impliqués et sollicités les années suivantes » a conclu l'échevin des Sports.

Peut-être susciter davantage les Prize money pour faire revenir les coureurs?. Pour Al. Frère, « il faut sans doute passer par là pour susciter l'intérêt. Nous nous demandions aussi, conclut le conseiller, si le mois de mars n'était pas une bonne date pour les 10 Miles et s'il ne fallait pas confier les rênes à des clubs de jogging afin de donner à l'événement une continuité cohérente ».

On notera que la dernière question d'actualité portant sur la problématique des logements inoccupés (L. Parmentier) a finalement été transformée en question (et réponse) écrite. Résumons néanmoins les éclaircissements apportés par l'échevine Ornellla Cencig.

En fait, selon l'édile- elle se base sur les résultats de l'étude menée par Région wallonne sur le sujet-, il y aurait en fait 2636 logements réellement inoccupés à Charleroi (qu'il ne faut pas confondre avec les logements faisant l'objet de domiciliations fictives). « En ce qui concerne les logements réellement inoccupés, la Ville a mis sur pied différentes actions. Et elle de citer la taxe sur les logements inoccupés (l'enrôlement s'élève à 540.843,84€ pour l'année 2013), la réquisition douce ou encore la mise en gestion à l'AIS de logements rénovés grâce aux subventions du FWL. Sa conclusion: « Il est important de travailler sur ces logements inoccupés mais également sur les logements insalubres afin de rendre certains quartiers plus sécurisants et plus attrayants mais aussi de proposer des logements de qualité à notre population ».

Dans le reste de l'ordre du jour, le Conseil était invité à adopter (pts 25, 26 et 27) plusieurs marchés de fournitures et d'entretien de matériel roulant (camions équipés d'une benne basculante, camion équipé d'un élévateur avec nacelle, ...) pour un montant total 1,046 million d'euros TVAC. Ecolo s'est abstenu au motif, a expliqué X. Desgain, que dans les critères de sélection des offres il n'y a pas de critère(s) qualitatif(s) concernant la consommation des véhicules.

Au point 30, le Conseil était invité à adopter un marché de fournitures pour l'acquisition et le placement de mobilier de stationnement vélo dans le coeur de ville de Charleroi y compris le démontage de certains mobiliers existants (60.000€ TVAC).

« Vous nous proposez 14 nouveaux emplacements vélo; c'est un bon point. Mais je suis surpris que 4 emplacements existants sont retirés ou vont l'être dans le cadre du marché qui nous est proposé » fit valoir le même X. Desgain. « Le résultat est, qu'en fait, il n'y en aura au final que 9 réellement nouveaux. Je rappelle que le Plan communal de mobilité prévoit la possibilité de stationnement pour 800 vélos et qu'avec le dossier qui nous est proposé on atteindra à peine une capacité pour une centaine de vélos. Je constate aussi que le Conseil d'apprête à voter 6,5 millions d'euros d'investissements pour les voiries communales et qu'il n'y aura que 60.000€ pour les emplacements vélos. L'Eden, le Conservatoire, l'hôtel de police, les halls sportifs, les hôtels de ville annexes, le CEME,etc, mériteraient aussi un petit budget complémentaire pour que les cyclistes qui s'y rendent puissent stationner leurs vélos en toute vsécurité ».

« C'est une première étape, rétorqua P. Magnette, et elle se déroule conformément au PCM. Mais l'idée est de continuer à diffuser ce type d'équipement (les emplacements, le choix des modèles ont été concertés avec le GRACQ) sur l'ensemble du territoire ». P. Magnette a également indiqué que la décision d'enlever ci et là certains équipements résultait du souci d'harmonisation mais que cela n'empêchait qu'ils puissent être réutilisés ailleurs.

Au point 33, le Conseil a adopé le projet d'avis de prospection du marché relatif à la construction d'une unité de production d'énergie pour les infrastructures publiques. X. Desgain est intervenu pour regretter « qu'on ne saisisse pas l'opportunité pour rénover en profondeur l'ensemble du réseau de chauffage urbain et que la chaudière puisse être, prioritairement, alimentée en énergie renouvelable ».

« Quand les offres arriveront, indiqua le bg P. Magnette, très probablement qu'il y aura des projets qui correspondront à ce que vous appelez de la « rénovation », en fait la réutilisation des canalisations existantes en y faisant passer des infrastructures beaucoup plus fines ». Pour ce qui est de la capacité de génération elle-même, « c'est vrai que l'étude qui avait été demandée à Igretec a recommanbdé plutôt l'utilisation du gaz. Mais si on fait un bilan (carbonne) complet d'approvisionnement (en énergie renouvelable) en plein centre ville, il n'est pas certain qu'il soit tout-à-fait positif. Et, en tout cas, a-t-il conclu, c'est beaucoup mieux que le fuel lourd que nous utilisons aujourd'hui pour chauffer ces infrastructures ».

Au point 37, le Conseil a adopé un marché public de services par appel d'offres ouvert avec publicité européenne portant sur la création d'un Centre de Congrès passif et la rénovation du PBA. Un centre de Congrès passif ou basse énergie?. X. Desgain a avoué ne plus très bien s'y retrouver dans la mesure où le document soumis au vote du Conseil et le cahier spécial des charges se contredisent. Normalement, a précisé P. Magnette, il y a lieu de s'en référer à ce dernier mais une vérification sera toutefois opérée.

Aux points 40 et 54, le Conseil était invité à adopter des marchés de fournitures pour un budget total de près de 987.000€ TVAC (acquisition et maintenance d'engins de chantiers destinés à différents services de la Ville). Ce fut à nouveau sans Ecolo. Au motif, expliqua X. Desgain, de l'absence de critère qualitatif concernant le bruit. « Je pense que c'est important pour le confort des travailleurs appelés à travailler sur ces engins » dit-il.

L'échevin C. Devilers: E"n ce qui concerne le matériel thermique, nous répondons aux exigences européennes en matière d'émissions sonores; en ce qui concerne les aspirateurs électriques, il y a là effectivement une condition technique concernant le bruit. Donc, nous répondons totalement aux normes. On ne va pas demander de nous faire des appareils sur mesure alors que nous avons déjà des budgets extrêmement limités ».

Au pt 76, le Conseil a avalisé un marché public de travaux portant sur l'aménagement d'une maison communautaire pour personnes âgées sise à l'avenue Mascaux et Paul Lambert, à Marcinelle;. « On s'abstiendra sur ce dossier fondamentalement intéressant mais nous (S. Merckx y compris mais on ne sait pas si c'est pour les mêmes raisons) aurions souhaité une isolation plus poussée et un recours aux énergies renouvelables pour l'eau chaude » précisa pour sa part X. Desgain.

Le Conseil, au point 77, a ensuite adopté la révision du mode d'attribution des logements de l'Ilot Dauphin. A la grande satisfaction de Sofie Merckx: « Enfin on se décide à changer le régime locatif et faire de ces 12 logements vides depuis longtemps des logements sociaux. Il faut aussi, dit-elle, engager maintenant une réflexion (qui serait en cours dixit P. Magnette) à propos des rez-de-chaussée afin qu'eux aussi ne demeurent pas vides ».

Les points 88, 99-102 avaient trait à des rénovations lourdes de voiries. « Dans les dossiers soumis à notre examen, il n'y a pas de plans. C'est la première fois que je vois ça » s'est étonné X. Desgain dont le groupe (s'il a admis l'utilité des travaux) s'est logiquement abstenu. Tout aussi étonné, l'échevin Eric Goffart, selon lequel il y a sans doute eu un petit problème de gestion administrative.

Le Conseil a par la suite voté l'acquisition de gré à gré, et pour cause d'utilité publique, de l'immeuble sis rue de l'Europe, n°16. Acheter d'un côté pour le démolir de l'autre se sont étonnés plusieurs conseillers communaux se référant au 7è point urgent de l'ordre du jour. L'échevin Serge Beghin, revenu aux affaires après le grave accident dont il a été victime, a promis d'apporter une réponse plus précise lors d'un prochain conseil mais a néanmoins indiqué qu'au travers de la Politique des Grandes Villes, « nous investissons ce qu'il reste à investir afin de ne pas perdre les subsides ».

Enfin, la séance du 29 juin comportait également à son ordre du jour quelques 20 points urgents. En urgence, le Conseil a approuvé la procédure de désignation d'un auteur de projet pour repenser l'intégration urbaine du Stade du Pays de Charleeroi; adopté la Charte Maya, soit une série d'engagements pour protéger nos petites amies les abeilles.