Propreté publique : des missions confiées à l'ICDI dès 2018

Lundi 26 Juin 2017 - 15:45

La Ville de Charleroi et l'Intercommunale de traitement des déchets, l'ICDI, vont unir leurs efforts pour rendre la ville plus propre. Dans un premier temps, c'est principalement le centre-ville (intra-ring)  qui va bénéficier des effets de ce mariage.

Depuis deux ans, la Ville de Charleroi réfléchit sur les possibilités d'amélioration de la propreté en ville. Cette tâche est loin d'être aisée vu le nombre important de kilomètres de voirie à couvrir et la sous-utilisation du matériel. "Dans le système actuel, nous ne disposions plus de marge pour améliorer le fonctionnement en interne du service propreté. Notre objectif était de fournir un meilleur service aux citoyens, de respecter une neutralité financière pour notre budget et de garder un service public. Nous nous sommes donné le temps de la réflexion pour trouver la meilleure solution et nous avons décidé de confier les missions de propreté à l'ICDI"  précise l'Echevin Cyprien Devilers.  

Au départ, sur les 14 communes faisant partie du giron de l'ICDI, 9 se sont montrées vraiment intéressées par ce système de mutualisation de la propreté. Châtelet, Anderlues, Pont-à-Celles, Courcelles et Ham-sur-Heure-Nalinnes ont préféré rester dans la situation actuelle. Mais la porte leur reste ouverte et ces villes pourront toujours prendre le train en marche si elles le souhaitent. 

Dès 2018, Charleroi sera la commune pilote où les opérations de propreté menées par l'ICDI seront lancées. "C'est la première fois en Belgique que l'entièreté des missions de propreté publique sont confiées à une intercommunale. Mais nous ne partons pas dans l'inconnu. D'autres pays comme l'Allemagne ou la France ont été des pionniers en la matière. Nous avons d'ailleurs pris exemple sur la ville de Lyon qui externalise depuis plusieurs années les activités liées à la propreté" explique Olivier Bouchat, Directeur général de l'ICDI.  Le but est de réaliser des économies d'échelle en rationnalisant les activités, d'améliorer la qualité des services prestés et d'accroître l'efficience des actions publiques. Ainsi, la fréquence des passages journaliers des balayeuses sera augmentée, l'utilisation du matériel roulant sera optimalisée et le nombre de kilomètres de voirie couverte passera de 70.000 à 100.000 Kms par an. Deux phases sont prévues pour opérer tous ces changements. Dans un premier temps, en janvier 2018, toutes les opérations de propreté et de prévention concernant l'intra-ring (balayage mécanisé et manuel, le vidage des corbeilles publiques et l'évacuation des dépôts clandestins) seront prises en charge par l'ICDI ainsi que le balayage mécanisé et la prévention pour toute l'entité. Après deux à trois de fonctionnement, un bilan sera réalisé et décision sera prise de couvrir l'ensemble du territoire de Charleroi. 

Pour réaliser ces missions, 68 équivalents temps plein devront être recrutés mais priorité sera donnée aux 58 membres du personnel concernés par la phase 1 et qui travaillent déjà au sein du service propreté de la Ville. Les départs vers l'ICDI se feront uniquement sur base volontaire et aucun licenciement ne sera envisagé. L'incitant financier offert par l'intercommunale devrait être intéressant : une prime d'insalubrité, une assurance groupe et hospitalisation, des chèques repas à 6 euros et une prime de fin d'année. "Chaque personne a un statut particulier et des permanences seront ouvertes afin de voir les agents individuellement. Pour les agents statutaires, une réflexion est toujours en cours pour étudier les possibilités de transfert en gardant les mêmes conditions" poursuit Cyprien Devilers.

Enfin, la création de ce secteur au sein de l'intercommunale permettra, à terme, de créer une école de la propreté sur Charleroi. L'expertise serait partagée pour l'ensemble de la Région Wallonne et des cours sur le maniement des différentes machines, balayeuses ou camions compacteur par exemple, seraient dispensés. Charleroi deviendrait ainsi un exemple à suivre...