Grâce au PSO, les opérations policières en nette hausse dans le centre-ville

Mardi 21 Novembre 2017 - 13:51

Après six mois de fonctionnement, le bilan est bon, même très bon pour le Pelon Sécurisation et Ordre Public (PSO). En effet, la mise sur pied de cette brigade a permis à notre police locale d’intensifier de quelques 72% le nombre de ses interventions dans le périmètre du centre-ville. Et ce n’est qu’un début puisqu’un doublement des effectifs de cette cellule est annoncé à l’horizon 2019.

On le sait, à Charleroi comme dans d’autres grandes villes du pays, le centre-ville constitue le noyau dur des faits délictueux. Chez nous, un fait délictueux sur trois s'y déroule; deux fois plus à la ville-haute qu'à la ville-basse d'ailleurs.

Si en 2016 et 2017, suite à la recrudescence importante des faits délictueux et doléances citoyennes un montant de 1,8 million d’euros a été consacré au paiement d’heures supplémentaires prestées par les forces de police, en mai dernier, la Ville est allée plus loin en créant un Peloton Sécurisation et Ordre public (PSO). « Ce peloton est né de la volonté politique de renforcer la sécurité sur le périmètre de l’intraring, lieu de concentration d’une majorité des faits divers » confiait ce mardi matin, lors d’un point presse, le bourgmestre Paul Magnette. « Après les opérations Vauban et Petit Vauban, qui nous ont permis de reprendre le contrôle de la zone autour du Monument à la ville haute, il nous a semblé qu’il fallait aller plus loin ».

D’où, en mai de cette année, la constitution de ce peloton dont la philosophie pourrait se résumer, selon le Chef de Corps Philippe Stratsaert, à la volonté de répondre au maximum aux demandes des Carolos qui habitent ou fréquentent cette zone fortement impactée par diverses formes de troubles à l’ordre public. 

En termes de sécurisation, les efforts du PSO se structurent en trois missions : la mission CVIL- cible les cinq phénomènes les plus récurrents à savoir la prostitution, la mendicité, la consommation d’alcool sur la voie publique, le deal de rue et le contrôle des fermetures des magasins de nuit; la mission PEACE, en appui des équipes militaires, elle veille aux mesures de sécurité correspondant au niveau de menace OCAM 3; la mission Evénements, comme son nom l’indique, consiste à mettre en œuvre les moyens de sécuriser les événements et à accroître la présence et la visibilité des forces de police lors de manifestations sur la voie publique. En matière d’ordre public, le dispositif HYCAP vient en appui aux autres zones de police à la demande de la DAO. Il assure par ailleurs la sécurité des rencontres sportives dites à risques.

« L’objectif est vraiment d’avoir une équipe qui assure le contrôle sur cette zone de manière permanente avec une mobilité au niveau du centre-ville afin de poursuivre de façon permanente les fauteurs de troubles » ajoutait le bourgmestre.

Alors qu’est-ce qui distingue le travail de ce peloton de celui effectué par les autres hommes et femmes en képi ? « Ce peloton permet également de davantage professionnaliser certaines missions et de fidéliser les patrouilles sur un seul et même secteur, accroissant leur connaissance profonde du terrain; les forces de police sont ainsi en capacité d’assurer un meilleur suivi, en ce compris vers les riverains, et d’agir directement sur l’insécurité et sur le sentiment d’insécurité ».

Et ça fonctionne si l’on s’en tient aux chiffres dévoilés ce mardi matin par philippe Scheirlinckx, directeur des opérations. « On constate que le nombre d’opérations a augmenté de 72% et, dans divers lieux et établissements générateurs de nuisances, six fois plus de personnes en séjour illégal ont été contrôlées. Il en va de même avec la mendicité où le volume de contrôles a aussi été multiplié par cinq (182 contre 35 en 2016). Les contrôles en matière de prostitution ont augmenté eux de 70% (124 contre 73). En termes d’arrestations judiciaires, les chiffres passent de 136 à 180 (+32%) tandis que les arrestations administratives connaissent une augmentation de 13% sur la même période. 12 établissements auront été frappés d’un arrêté de fermeture du bourgmestre, soit 2,4 fois plus que l’année précédente tandis que 22 sont sous scellés, soit 37,5% de plus qu’en 2016 ».

Et pour la suite ? Composé aujourd’hui de 18 effectifs, organisés en deux sections et opérant sur une pause de huit heures, variable selon les doléances, la volonté des autorités communales et policières est d’intensifier son action. Cela se traduira, dès le printemps 2018, par l’agrégation d’une troisième section – soit 9 hommes/femmes supplémentaires – sur deux pauses permettant une couverture de 7h00 à 23h00 et d’une quatrième section, à l’horizon 2019. Avec ses 36 effectifs, le PSO pleinement constitué pourra occuper entièrement le centre-ville et assurer le suivi des mêmes phénomènes criminels sur les autres communes de notre entité.