Histoire

Une des plus jeune ville de Belgique

En 1666, les Espagnols édifient une forteresse sur un promontoire dominant la vallée de la Sambre. Elle prend le nom de Charleroy en hommage à l'infant-roi d'Espagne Charles II. La place est prise l'année suivante par les Français et les ouvrages d'art sont parfaits et agrandis par Vauban. Louis XIV accorde des privilèges aux habitants de la nouvelle ville en vue de la développer, mais le Traité de Nimègue de 1678 rend Charleroi aux Espagnols. La population carolorégienne s'accroît grâce à une première mutation industrielle basée sur le charbon, le fer et le verre.


Terre de batailles

Les grandes puissances continuent à se disputer le contrôle de la position stratégique de la ville. La place est assiégée et emportée par les armées françaises à trois reprises, en 1693, 1746 et 1794, à la veille de la bataille de Fleurus qui allait sceller le sort de la Belgique pour vingt ans. Charleroi est rebaptisée par les révolutionnaires " Libre-sur-Sambre ". Napoléon loge à Charleroi deux jours avant la bataille de Waterloo et la veille de sa dernière victoire à Ligny, le 16 juin 1815. Les Hollandais édifient une nouvelle forteresse prise d'assaut par les habitants lors de la Révolution belge de 1830. Durant la Grande Guerre, Charleroi est pour la dernière fois, en 1914, le théâtre d'une grande bataille.


Berceau de la Révolution industrielle

Il y a plus de deux mille ans, les celtes exploitaient déjà le minerai de fer dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Quant à l'extraction de la houille, elle remonte au XIIIè siècle, mais l'essor de l'industrie houillère restera entravée jusqu'à l'invention des pompes à feu au XVIIIè siècle. Enfin, la fabrication du verre à vitres par le procédé du soufflage en cylindres est introduite, également au XVIIIè siècle, par les verriers allemands. A l'orée du XIXè siècle, la Révolution industrielle, née en Angleterre, bouleverse la métallurgie traditionnelle. L'adoption du coke comme combustible, au lieu du charbon de bois , et l'emploi de machines à vapeur en remplacement de l'énergie hydraulique, provoquent le déplacement des centres métallurgiques des régions forestières de l'Ardenne vers le bassin houiller de Charleroi.


C'était le Pays Noir

Ancien charbonnage

Les besoins énergétiques énormes de l'industrie lourde naissante, conjugués aux évolutions techniques et à l'intervention de groupes financiers comme la Société Générale de Belgique, font des charbonnages le métronome de la vie économique du pays de Charleroi, baptisé pour la circonstance le " Pays Noir ". Il fut le plus important bassin houiller de Belgique avec une production annuelle de dix millions de tonnes (le dernier charbonnage est fermé en 1984), et reste en Europe l'un des principaux centres sidérurgique et verrier. A partir de 1964, l'association de développement économique ADEC (IGRETEC) entreprend un vaste programme qui assure la reconversion industrielle de Charleroi.



Pépinière d'inventeurs

Charleroi a pu compter sur des entrepreneurs d'exception, créatifs et audacieux:Georges Lemaître et Albert Einstein
1735: Le marquis Desandrouin installe la première pompe à feu " Newcomen " du continent;
1827: Paul Huart-Chapel construit le premier haut fourneau au coke de Belgique;
1864: Ernest Solvay fonde la première soudière de son vaste empire industriel;
1881: Julien Dulait crée les premières génératrices hydroélectriques;
1903: Emile Fourcault met au point son procédé d'étirage mécanique du verre à vitres;
1930: Georges Lemaître formule pour la première fois la théorie du " Big Bang " qui sera reprise plus tard par Albert Einstein;
1937: Jean Dupuis imprime ses premiers albums de bande dessinée.


" Pays de Charleroi, c'est toi que je préfère "

L'essor industriel a été possible grâce à la présence d'une nombreuse main-d'oeuvre laborieuse et, très tôt, le développement des institutions sociales a été considérable: coopératives, mutualités, oeuvres sociales, tant socialistes, chrétiennes que publiques (Intercommunales des Oeuvres Sociales en 1935). Un effort important a été consenti pour accroître le niveau d'instruction et fournir à l'industrie les techniciens dont elle a besoin (Université du Travail et Aumôniers du Travail en 1901). Venus des quatre coins de Belgique et d'Europe, les Carolorégiens sont le fruit de métissages successifs, Wallons, Flamands, Français, Allemands, Polonais, Italiens... C'est surtout à la suite de la " bataille du charbon " et de la signature en 1946 de l'accord italo-belge sur l'immigration que la présence italienne devint significative.
Des Carolos ont aussi exporté leur savoir-faire vers la Russie et les Etats-Unis où ils fondèrent " Charleroi " en Pennsylvanie.


Une Ville à la hauteur de ses ambitions

Vers 1870, le démantèlement de la forteresse libère de nombreux hectares de terrain sur lesquels s'élèvent de nouveaux quartiers, favorisant la croissance démographique de Charleroi. C'est à ce moment-là que la Ville s'affirme définitivement dans son rôle de centre dominant du Pays Noir: en 1911, elle est le cadre d'une importante exposition industrielle internationale; en 1930, le roi Albert Ier inaugure les grands travaux dont le remblaiement de l'ancien lit de la Sambre; en 1936, le nouvel hôtel de ville symbolise les libertés communales; en 1952-1957, les Palais des Expositions et Palais Beaux-Arts la dotent des outils de son ambition. La fusion des communes en 1976 la hisse au rang de troisième ville de Belgique.

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Armoiries de Charleroi

Le coq, emblème de la partie francophone belge et de la France.
Sa dextre est posée en chef, en signe d'allégeance.

Blason

Sur le blason (en partant du haut):

La fleur de lys rappelle le développement donné
par la France à la forteresse initiale.
Les 15 carrés représentent les 15 anciennes communes,
qui fusionnées forment l'actuelle ville de Charleroi.
Les 12 étoiles qui symbolisent le drapeau des Communes d'Europe.
(Au centre des étoiles) La forteresse de Vauban, berceau de la ville.