Un schéma directeur pour redessiner Charleroi
Un schéma directeur pour redessiner Charleroi
De la ville haute à la ville basse, des sites du Palais des Expos à celui de l'UT en passant par le quartier Zoé Drion, l'esplanade de la gare du Sud ou la rue de la Montagne, voici, en détail, ce que prévoit cette note qui redessine la plus grande métropole de Wallonie.
D'abord un constat. Contrairement à certains grands centres urbains, voire certaines villes, grandes, ou d’importance moyenne, Charleroi ne dispose pas ou n’est pas :
- un grand siège administratif (chef lieu de province ou régional)
- un grand siège judiciaire (Cour d’Appel - Cour d’assises)
- un grand siège religieux (Evêché)
- un grand siège universitaire (Université complète ou pas)
- un centre de services (les sièges grandes entreprises de la région de Charleroi n’y ont pas leurs sièges sociaux)
Les grandes infrastructures, outre la structuration du paysage, le développement de la Ville, le redéploiement économique, sont, indéniablement, des moteurs d’amplification de la rénovation ( pour autant que la mixité des fonctions soit assurée ), mais aussi des éléments de nature à modifier durablement l’image d’une région, compte tenu qu’il apparaît impossible d’obtenir à Charleroi certains des éléments mentionnés supra, lesquels cependant sont souvent associés à l’image de métropole urbaine, ou en tout cas sont un des facteurs de métropolisation.
Dès lors, si la Ville de Charleroi, soit la plus grande ville de Wallonie, veut pouvoir tenir son rang, elle se doit, outre le fait d’attirer de nouveaux habitants, disposant de revenus, disposer de grandes infrastructures, emblématiques, moteurs d’activités et de développement économique, mais aussi facteurs d’attractivité régionale et supra-régionale, voire internationale.
Il ne faut pas non plus perdre de vue les atouts ou contraintes indéniables de la Ville, éléments qu’il est indispensable de rappeler, car ils peuvent conditionner la localisation d’un de ces grands projets.
Pour rappel :
- la Ville dispose du seul aéroport régional (à vocation internationale) capable d’accueillir à terme +/- 5.000.000 de passagers, ce qui représente un potentiel non négligeable de tourisme ( à supposer un public de 10 % ) et donc de développement économique
- la Ville dispose, pratiquement dans son cœur urbain, d’un pôle économique industriel (permis d’exploiter jusqu’en 2023), dont les perspectives de développement pourraient nécessiter des terrains importants
- la Ville est un pôle de multimodalité important, marqué toutefois par certaines faiblesses, telles l’importance temporelle de la liaison Charleroi-Bruxelles (+/- 45 m), l’absence de liaison ferroviaire ou tram entre l’aéroport et le cœur urbain, l’absence de développement du tram vers le sud de l’agglomération, l’absence de liaisons transfrontalières à grand gabarit (sortie sud et liaison vers Maubeuge), l’absence de parkings de dissuasion, …
- la Ville dispose de nombreux terrains libres, voire peu occupés, que ce soit dans son cœur urbain (site du Palais des Expositions, Esplanade et arrière de la gare) ou dans son 1er cercle
- la Ville, en fonction du SDER, devrait, à moyen terme, intégrer la zone de développement de Bruxelles et devenir l’entrée sud du " triangle " d’or (Anvers-Gand-Bruxelles)
Ce dernier élément doit toujours être à l’esprit en terme de positionnement de la Ville de Charleroi. En effet, et cela doit être mis en liaison avec le développement des grandes infrastructures, cela offre l’opportunité à la Ville de se positionner comme pôle de " désengorgement " de Bruxelles pour l’organisation de nombre d’événements.
Préalablement, certaines règles se doivent d’être mises en avant, car elles sont un des éléments, incontournable, de la réussite d’un projet.
C’est ainsi que tout projet se doit de tenir compte des principes suivants :
- la situation foncière doit être réaliste ( surface, typologie, …)
- le plan de secteur doit correspondre à l’affectation projetée ou être modifiable rapidement et facilement
- le projet doit donner une image architecturale nouvelle de la Ville de Charleroi
- les fonctions envisagées doivent être compatibles et mixtes
- les problèmes de mobilité doivent tenir compte, pour leur résolution, des infrastructures existantes ou de leur développement futur, sans entraîner de coût insupportable pour la collectivité
- l’évaluation de l’impact financier, son montage et de ses incidences sur les capacités financières de la ville.
D’autre part, il faut rappeler que certaines options ont déjà été retenue par le Conseil Communal, lors de la présentation d’outils urbanistiques, ou sont en cours de réalisation :
- Schéma directeur Zoé Drion : ce schéma, relatif à l’implantation du nouvel hôtel de police, prévoit en outre sur le site de la caserne Trésignies l’implantation universitaire suite aux habilitations de l’ULB sur Charleroi, avec la localisation Cunic-Cifop, et le développement de logements et bureaux. Il prévoit aussi que suite à la désaffectation de l’hôpital civil, cette réserve foncière sera affectée prioritairement au logement et à d’éventuelles extensions des implantations universitaires ou de même nature. Il est à noter qu’une étude est en cours, et va être finalisée, sur le site de la caserne Trésignies.
- Schéma directeur Palais des Expos ( projet orchidée ) : ce schéma prévoit la construction d’un nouveau palais des expositions, d’une zone de loisirs et spectacles, de logements, bureaux, ainsi que d’un développement commercial, complémentaire par rapport aux commerces existants dans la zone commerciale traditionnelle ainsi qu’au projet Rive Gauche à la ville basse.
- Schéma directeur intra-ring : ce schéma directeur est pratiquement terminé mais doit faire l’objet de modifications suite aux remarques de la CCATM.
- Zone de rénovation urbaine de la ville basse : cette étude est en cours. Elle est le complément du projet Phénix et a aussi pour objet la redynamisation de la ville basse ainsi que la coordination du projet Phénix, du PRU et du projet Rive Gauche
- Le PRU ville basse : est soumis au ministre de l’Aménagement du Territoire et sous-tend la réalisation du projet Rive Gauche.
Une précédente note stratégique listait un certain nombre de grandes infrastructures manquantes ou devant subir une profonde rénovation ou reconstruction, et sur lesquelles la ville a pris option à savoir :
- un stade de football, pour lequel la localisation a été déterminée en dehors du centre urbain
- un centre de congrès – palais des expositions, pour lequel le collège s’est positionné en faveur d’une nouvelle construction plutôt qu’une rénovation
- un centre commercial, pour rappel la priorité a été réaffirmée par le collège pour la réalisation du projet Rive Gauche. Une capacité commerciale complémentaire pourrait être insérée dans le centre urbain, et plus particulièrement à la ville haute ( site du Palais des Expositions ). Toutefois, afin de garantir une situation équilibrée qui tienne compte de la bipolarité historique du centre ville, les implantations et les cellules qui prendront place en leur sein devront être strictement calibrées non seulement en terme de surface mais également au niveau de la complémentarité de l’offre.
- une cité administrative permettant, sur base de la poursuite d’une plus grande rationalisation et efficience, de regrouper certains services transversaux de la ville
- l’école régionale d’administration. La ville devant l’opportunité d’accueillir sur son territoire cette structure
- en complément devraient être envisagées les localisations ou les opportunités que sont la Haute Ecole Louvain en Hainaut , un multiplex ( 8 salles ) de cinéma, une salle de spectacle, des hotels 4 ou 5 étoiles ainsi qu’une attraction touristico-culturelle
Avant toute proposition d’implantation dans un quartier, un lieu, il n’est pas inutile de rappeler certains préalables essentiels :
- le centre de Charleroi doit faire l’objet d’une politique volontariste de densification en terme de bâtis, avec des différenciation en fonction des quartiers, de même qu’une politique de densification en terme d’habitants, avec une forme de mixité sociale dans ou entre les quartiers
- le centre de Charleroi doit faire l’objet quant à ses espaces urbains ( voiries, trottoirs, places, espaces verts…), mobilier urbain et éclairage urbain d’une rénovation en profondeur ( à l’image du projet Phénix ), d’une amélioration qualitative et architecturale ainsi que d’un entretien constant
- le centre de Charleroi doit faire l’objet en matière de mobilité d’une " sanctuarisation " piétonne de ses places et voiries principales, de même que d’une politique radiale de ses transports en communs
- la qualité architecturale des projets doit être un élément amplificateur et de nature à donner une " image " résolument tournée vers l’avenir de Charleroi
Venons en maintenant aux différents quartiers du centre ville de Charleroi et partant de la localisation et des affectations de ceux-ci, mais tout en ayant à l’esprit l’ensemble des éléments développés supra, le non respect d’un de ceux-ci étant de nature à compromettre l’équilibre général de même que l’image générale de la Ville.
1. Ville basse
Le collège a réaffirmé la priorité de développer le projet Rive Gauche. Par ailleurs, au sein de ce périmètre, la ville mènera les travaux de rénovation urbaine liés au projet Phénix ( quai de Brabant + place de la Digue ). La ville étudiera, complémentairement, la possibilité d’une densification de bureaux et de parking du côté des espaces " Finances et TEC " .
Sous réserve des décisions qui résulteront des contacts entre la ville et la SNCB relatifs au site de l’esplanade de la gare de Charleroi-Sud, diverses implantations pourraient être localisées à cet endroit à savoir :
- des parkings de persuasion
- l’Ecole Régionale d’Administration si elle ne trouvait pas sa place sur le site " Trésignies " ou " CHU " pour des raisons de timing
- la Haute Ecole Catholique pour des raisons identiques à l’infrastructure précédente
- la salle de spectacle et concert ( limitée à 5000 places maximum )
- si un groupe cinématographique a toujours un intérêt pour un développement à Charleroi, le multiplex pourrait y être localisé
- le développement de bureaux
2. La zone de la rue de la Montagne
Il faut être conscient que l’attrait commerciale de cette zone risque de souffrir de la concurrence du projet Rive Gauche à la ville basse. C’est pourquoi la ville élaborear un PRU pour la zone de la rue de Dampremy, de la rue de la Montagne, du Boulevard Audent centré sur le logement de qualité, incorporant un parking souterrain, un parc en îlot semi ouvert et assurant une reconversion de cette zone dans une logique mixte logement – horeca – petit commerce.
3. La Ville haute
La ville haute fait déjà l’objet d’un traitement important.
Ainsi, un schéma directeur est d’application pour la zone Zoé Drion.
Les affectations sont déterminées, extension universitaires, logements, bureaux, sous quelques réserves telle l’implantation comme explicité ci-dessous de la haute Ecole catholique et de l’Ecole Régionale d’Administration.
A terme, outre les extensions du ministère de la Justice, devraient être développés l’extension de l’ULB, voire Umons à Charleroi. La ville y mènera également un projet mixte " logements et bureaux " : le site pourrait accueillir des organismes d’intérêts publics ainsi qu’un programme de logements HQE de l’ordre de +/- 500.
Par ailleurs la même logique d’implantations pourrait bénéficier des réserves foncières existantes du CHU ainsi que du Stade du Pays de Charleroi.
Le site "Solvay" fait l’objet d’une série de projets de rénovation, dont les temporalités peuvent être différentes :
- l’extension muséale du BPS 22
- l’affectation du bâtiment GRAMME à destination de l’académie des Beaux-Arts, ouverte potentiellement à d’autres types d’activités d’enseignement principalement, ainsi qu’à un PPP
- l’implantation au sein de la barre " Roullier " de la nouvelle cité administrative de la ville, ainsi que la rénovation de l’esplanade publique
Sur le site du Palais des Expos, il est indéniable que la construction d’un nouveau, mieux dimensionné, construit en fonction des nouvelles technologies et demandes de la clientèle expositions, associé à un centre de congrès, dans la même configuration, à toute sa pertinence.
Associé à ce Palais, le développement d’une zone de loisirs touristico-culturelle renforcerait l’attractivité de la zone ( par exemple le complexe Rainforest ).
Sur cette même zone, un centre commercial complémentaire, tant en terme de surface qu’en terme de commerce, aux projets existants pourrait être développé. Celui-ci pourra incorporer d’autres activités non encore existantes dans la ville ( exemple : le concept Kidzania ). Cette zone devra aussi faire l'objet d'un PRU
