Au Conseil communal du 4 mars

Mercredi 13 Mars 2013 - 09:54

Le dossier Caterpillar Gosselies et la réorganisation des centres récréatifs aérés sont deux des points qui ont retenu plus particulièrement l'attention du Conseil communal qui s'est réuni le lundi 4 mars sous la présidence du bourgmestre Paul Magnette.

Et en présence d'un public nombreux au sein duquel on remarquait d'ailleurs tant des travailleurs de Caterpillar, venus calicots à la main dénoncer le plan industriel 2015 de l'entreprise, que des membres du Conseil des Femmes Francophonnes de Belgique CFFB,venues elles dire « non aux mesures d'austérité portant atteinte aux programmes d'éducation et d'épanouissement de nos enfants ».

Mais d'abord Caterpillar. Après avoir approuvé (sans remarque) le pv de la séance publique du 28 janvier 2013, le Conseil a approuvé une motion de la majorité lue par le bourgmestre Paul Magnette au travers de laquelle il exprime sa solidarité envers les travailleurs tout en exhortant la société Caterpillar Belgium SA « à reconsidérer, en concertation tant avec les organisations syndicales qu'avec les autorités fédérales et régionales compétentes, son projet de plan industriel intitulé « Plan industriel 2015  afin de réduire très significativement l'ampleur des pertes d'emplois projetées» (lire cette motion).

« Je ne voterai pas la motion, mais je veux témoigner toute ma solidarité et celle du PTB à tous les travailleurs, tous les employés, tous les sous-traitants de Caterpillar, ils pourront compter sur nous, sur le soutien du PTB dans le combat qu'ils engagent » déclara Sophie Merckx. C'est vrai que le PTB+ avait proposé un amendement qui n'a pas été retenu dans le texte final. Il s'agissait pour lui « de demander aux autorités fédérales et régionales d'étudier la possibilité d'une loi qui interdise les licenciements dans les entreprises rentables. Cette loi exigerait entre autres, le remboursement des aides publiques en cas de licenciement ». Et puis, autre motif, « Le PTB pense qu'on doit s'opposer à la logique de l'austérité et de la rigueur budgétaire (...), il serait donc pour nous illogique d'accepter la phrase comme quoi on doit maintenir l'objectif de revenir progressivement à l'équilibre budgétaire, c'est-à-dire que la motion, elle soutient l'austérité européenne, et cette austérité et la crise frappent d'ailleurs durement notre région (...) Et donc cette annonce nous fait réfléchir sur la politique d'austérité menée dans notre ville, on ne remplace qu'une personne sur trois à la ville de Charleroi et pourtant du travail il y en a ».

La motion a été adoptée par 38 voix pour, 2 contre et 1 abstention.

Toujours du côté de l'opposition, Xavier Desgain (Ecolo) devait, à l'inverse, exprimer l'adhésion de son groupe, tout en mettant l'accent également sur la politique d'autérité et de rigueur budgétaire: «Au niveau d'Ecolo, nous marquons notre soutien à cette motion en indiquant deux éléments. Un premier par rapport à la politique d'austérité au niveau européen: je pense que le rythme de l'assainissement des finances publiques doit être assoupli ou sinon nous allons engager l'ensemble de l'économie européenne dans une tendance de récession et peut-être de dépression; et secundo, qu'on doit pouvoir se garder les moyens d'orienter l'activité dans la perspective du développement durable; je pense qu' avec une bonne politique européenne en matière industrielle dans cette perspective là, une multinationale comme Caterpillar pourrait très bien conserver son siège à Gosselies et même voire se renforcer dans des activités futures.».

Au chapitre des interventions, la première interpellation est venue de Nicolas Tzanétatos (MR) au sujet de clauses environnementales et qualitatives dans les marchés publics. « Soucieux de promouvoir nos entreprises locales et la production de matériaux indigènes, j'aimerais savoir si l'introduction de considérations autres qu'économiques dans le cadre d'un marché public peut se concevoir à la Ville de Charleroi » interrogea le conseiller.

« Oui, elle peut se faire, et cela existe dans les procédures de marchés publics à la Ville de Charleroi » devait préciser le bourgmestre P. Magnette. « Il s'agit cependant d'une démarche du pouvoir adjudicateur essentiellement volontaire car aucune réglementation qu'elle soit belge ou européenne ne rend obligatoire l'usage de telles clauses. Le Conseil, pour les marchés à l'extraordinaire, et le Collège pour les marchés à l'ordinaire, ont les compétences d'arrêter les conditions de marché; il leur appartient dès lors de recommander l'usage de telles clauses dans la rédaction des cahiers spéciaux des charges lorsque l'objet du marché le permet. « La Ville de Charleroi, devait encore ajouter le bourgmestre, «est sensible à l'intégration de critères environnementaux et sociaux dans les cahiers des charges ». Et lui de citer plusieurs exemples où cela a été possible. « Néanmoins, l'insertion des considérations environnementales ou sociales et l'utilisation des outils juridiques pour valoriser un savoir-faire local nécessitent une maîtrise pointue de la législation, un vaste travail de formation et d'information des agents ainsi qu'une mise en pratique itérative indispensable à l'acquisition de la maîtrise de ces concepts. » La mise en place d'un service de centralisation des achats et l'utilisation du logiciel d'aide à la gestion des achats et des marchés publics devraient contribuer, selon P. Magnette, à développer une systématisation de l'utilisation de ces clauses.

Organiser un service de ramassage des poubelles en soirée en centre-ville? Pourquoi-pas. C'est en tout cas l'idée suggérée par Antoine Tanzilli (cdH). Pour le conseiller humaniste, ce système présenterait deux principaux avantages: primo, il permettrait de réduire les embouteillages en matinée mais aussi en journée dans le centre-ville lorsque les camions circulent; secundo,il permettrait que les poubelles ne soient pas saccagées certains soirs avant le ramassage ou n'attirent les animaux errants. « La Ville, en tant qu'actionnaire principal de l'ICDI pourrait lui proposer, comme cela se pratique déjà à Liège ou à Bruxelles », déclara A. Tanzilli.

« Effectivement, si de prime abord la solution que vous proposez est séduisante, il y a plusieurs « mais ». Et ce n'est pas aussi simple » devait lui rétorquer l'échevin de l'Environnement, Cyprien Devilers. D'abord, il y a le surcoût qu'engendrerait des collectes en soirée. Selon l'édile, on l'estimerait entre 15 et 20%; ensuite, il y a le personnel supplémentaire qu'il faudrait mobiliser, l'obligation d'ouvrir l'unité d'incinération, l'impossibilité de l'envisager dans certaines rues piétonnes, les nuisances sonores et olfactives; enfin, le risque que certains riverains indisciplinés ne sortent les sacs durant la journée,...  « A notre sens, ce n'est pas la bonne solution. Néanmoins, devait ajouter Cyprien Devilers, en accord avec l'ICDI, on va effectuer des tests pour décaler les horaires en intra-muros. Nous allons très rapidement les mettre en oeuvre. D'ici plusieurs mois, je pense qu'on pourra tirer des conclusions afin de modifier de manière durable les horaires si toutefois l'expérience répond significativement à la problématique ».

Reprenant la parole, Antoine Tanzilli se dit étonné du taux de surcoût annoncé (à Liège et à Bruxelles, dit-il,ils devraient alors commencer sérieusement à se poser des questions...) et de l'argument horaires pour les riverains. « Nous savons bien qu'il suffit d'un peu de volonté politique pour faire respecter les règlements. Par contre, j'entends bien que la solution du ramassage en soirée n'est pas nécessairement la seule solution viable » conclut A. Tanzilli avant de se réjouir de l'idée de ce test décrit supra. « J'attire seulement votre attention sur le fait que la déviation des charges sur l'extra-muros doit se faire en bonne intelligence avec la cellule Mobilité de manière à ne pas encombrer les axes de pénétration aux mêmes heures de pointe ».

Après A. Tanzilli, au tour d'Albert Frère (cdH) avec une interpellation au sujet de la Sambrienne, cette société qui fusionnera bientôt sous une même coupole les cinq sociétés de logement de service public carolos. Les services administratifs et locatifs ont élu domicile au bd J. Bertrand dans un bâtiment déjà bien occupé, et c'est ce qui inquiète le conseiller. « L'espace de réception des visiteurs est-il assez spacieux? N' y a-t-il pas un problème de mobilité dans et autour du bâtiment? Avons-nous vraiment évalué l'espace à consacrer pour la gestion de ce mastodonte (à terme la plus grosse société de ce type en Wallonie avec 10.000 logements)?

« Je tiens à vous rassurer, tout a été pensé et ce sont précisément des critères pratiques et objectifs qui ont guidé le choix du siège au bd Bertrand » indiqua l'échevine Ornella Cencig. Puis, ajouta l'édile, l'espace Bertrand va subir des modifications, les travaux ont d'ailleurs déjà commencer en date du 21 février dernier. A terme, la Sambrienne devrait disposer de quelques 3 plateaux répartis sur une surface de 1000m2 pour l'accueil des locataires. Quant à l'idée d'avoir des antennes décentralisées pour l'accueil du public, tel que suggéré par M. Frère, Ornella Cencig a indiqué qu'on a tenu compte des habitudes et que des discusssions étaient en cours pour les concrétiser dans les maisons communales annexes de Montignies/Sambre, de Marcinelle et de Marchienne. Enfin, rappelant l'importance du projet de fusion, Ornella Cencig s'est dit convaincue que placer le siège de la Sambrienne au bd Bertrand – qui bénéficie selon elle de l'intermodalité la plus parfaite- représente aussi une belle opportunité pour redynamiser tout ce quartier de la ville haute.

Autre interpellation, celle de X. Desgain (Ecolo), à propos du tri et du recyclage des déchets produits par les services communaux. D'après ses informations, et de ce qu'il a pu constater sur place, il est loin d'être aussi poussé. « Or, il s'agit là d'une source d'économies importantes car le tri et le recyclage coûtent moins chers que l'élimination des déchets. De plus, il s'agit d'une attitude plus respectueuse de l'environnement » argumenta le conseiller qui voulut notamment savoir si des stratégies et mesures de prévention étaient envisagées pour instaurer le tri ou l'améliorer, voir réduire la quantité de déchets produite.

« Contrairement à ce que l'on pense, la Ville trie la majorité de ses déchets » précisa l'échevin Cyprien Devilers. Sur les 1840 tonnes (dont 1760 de déchets verts), 1800 partent vers les centres de tri. Quelques 40 tonnes de déchets sont entre autres collectés au sein des bâtiments communaux. Là aussi, il y a tri, via les quelques 265 poubelles sélectives pour le papier/carton et PMC et la reprise des cartouches d'encre usagées par deux sociétés spécialisées. « Nous encourageons également l'impression double face même si cela dépend des utilisateurs » ajouta M. Devilers qui précisa encore que la Ville a lancé en juin 2012 le projet Eco-Team. « Il consiste à trier de manière beaucoup plus fine dans les bâtiments publics. Actuellement, il y a trois sites pilotes (MCA Marcinelle, Marchienne et Ransart). Ce sont quelques 200 agents qui ont été sensibilisés et serviront de relais. Prochainement, l'expérience sera élargie à trois écoles: celles de l'Alouette, du Spignat à Marchienne et l'école communale de la Docherie sachant qu'en 2014 le tri sélectif sera obligatoire dans les bâtiments publics ».

Histoire de conclure, X. Desgain a insisté sur l'importance d'augmenter le nombre de poubelles sélectives. « C'est là qu'il faut porter l'effort. Je reviendrai avec la même question dans un an pour m'assurer que cette généralisation des poubelles sélectives soit effective ».

Dernière interpellation, celle de Luc Parmentier (Ecolo) au sujet des centres récréatifs aérés.

On sait que la Ville, partant d'inspections menées par l'AFSCA (l'organisme avait jugé certaines cuisines et réfectoires non conformes), en a profité pour revoir toute l'organisation des plaines de jeux. Elle a abouti, principalement, à la suppression des repas chauds de midi et du ramassage en bus. C'est justement ce que dénonce le conseiller écologiste (soutenu dans la salle par les membres du CFFB) qui n'a pas hésité à parler de « mesure terriblement anti-sociale qui conduira à remettre des enfants à la rue, laissés à eux-mêmes ». Quant aux repas chauds, « un système de liaison identique à celui utilisé dans nos écoles a-t-il été envisagé? Quant au ramassage en bus, « l'accès aux plaines est devenu quasi impossible pour les enfants dont les parents n'ont pas de voiture; responsabiliser les parents, cela veut dire dans votre chef: marche ou crève ». Sophie Merckx (PTB+) se met au diapason de cette critique: « Cette mesure, c'est s'en prendre aux personnes les plus précarisées; vous l'enrobez de bons mots, mais l'objectif est de faire des économies (NB estimée à 58.000€ tenant compte aussi de la suppression des postes des agents de cuisne)sur le dos des plus faibles; c'est tellement plus simple de s'en prendre à eux. Je suis convaincue, même plus grave, que cette mesure s'inscrit dans une vision globale de la majorité visant à gommer l'image de Charleroi ville sociale. C'est un choix délibéré, ce n'est même pas demandé dans le plan de gestion. Votre choix anti-social ne fait qu'aggraver la situation. On vous demande quelque chose de clair: revoir votre copie ».

« Ma première décision en tant qu'échevin responsable des CRA a surtout été de rendre encore réalisable, par la Ville de Charleroi, l'organisation de plaines de jeux dans un contexte où tout les interdisait » devait rétorquer l'échevin Serdar Kilic. « Depuis décembre, le délai réduit à trois mois, pour pallier les insuffisances accumulées depuis des années en matière d'entretien des bâtiments, m'ont contraint à gérer l'organisation des CRA à travers des mesures difficiles à prendre mais qui étaient le prix à payer pour éviter le néant. En intégrant tous ces critères (négatifs: état catastrophique des bâtiments, rigueur budgétaire,...), j'ai « forcé » malgré tout l'organisation de plaines de jeux pour les vacances de printemps en sélectionnant trois sites (Charleroi, CSD, Montignies/Sambre) réponsant au cahier des charges lié à la capacité d'accueil, l'état des bâtiments, la spécificité des âges et le type d'activités.(...)Toutefois, ces mesures ne sont en rien définitives. Des aménagements seront déjà certainement possibles pour cet été» devait conclure l'édile, qui rappelait encore que les tarifs pratiqués à Charleroi, par rapport à des communes voisines, restent eux fois et demi moins élévés.

Des aménagements? Luc Parmentier, rejoignant Sophie Merckx n'en appelle pas moins à un retour à ce qui se pratiquait jusqu'ici: des repas chauds pour les enfants et un ramassage en bus effectué dans les quartiers où résident un public défavorisé auquel s'adresse justement les plaines jeux.

Question d'actualité.

La première, de Maxime Felon (PS), avait trait à la réclamation à la Ville du paiement des primes de fin d'année non perçues par des mandataires communaux.

Pour les années 2002 à 2011 (et sous réserve de vérification sur la prescription pour l'année 2002), le coût total de la régularisation est estimé à 255.902€ (montant brut) l'informa le bourgmestre P. Magnette.

A l'avenir, va-t-on systématiquement instaurer le paiement des primes de fin d'année au Collège communal? Depuis une loi de décembre 1999, le paiement de ladite prime (faisant partie au sens large du traitement des mandataires, qui ne peuvent même pas la refuser!) est une dépense obligatoire que le Conseil communal est tenu de porter annuellement au budget. La donne est tout autre en ce qui concerne les agents, pour qui l'octroi d'une prime de fin d'année est une faculté laissée à l'appréciation de l'Autorité. « La Ville étant sous plan de gestion, a rappelé P. Magnette, il serait difficilement envisageable de rétablir à brève échéance ce droit pour l'ensemble du personnel communal. » Il en coûterait au trésor communal quelques 3.518.000€.

Pour suivre, une question de Jadoul David (PS) au sujet du personnel du service Nettoyage des bâtiments. Un service où les rumeurs d'externalisation vont bon train, d'où les inquiétudes relayées par le conseiller. « Entre 2009 et 2012, on est passé de 684 personnes à 549, nous sommes donc loin de la réduction drastique des effectifs évoquée. Par ailleurs, contrairement à des rumeurs qui ont été véhiculées, il n'y a aucune volonté d'externalisation de notre part, comme cela a été indiqué aux organisations syndicales » devait préciser le bourgmestre.

Le Coliseum est un bâtiment acheté 200.000€ par la Régie foncière en 2004 et dont la gestion a été cédée un an plus tard par bail emphythéotique à l'asbl Le Coliseum. Seulement voilà, le bâtiment se dégrade et des litiges sont apparus sur les responsabiltés de chacune des parties, dont la Ville de Charleroi. Où en est-on? C'est ce qu'a voulu savoir Luc parmentier (Ecolo).

« Une procédure de conciliation a été mise en place « a indiqué l'échevin en charge de la RF, E. Goffart. « Le dossier est en excellente voie de finalisation et une convention de transaction est sur le point d'aboutir dans les jours qui suivent ».

Partant d'un triste fait divers survenu dernièrement (un détenu victime de violence policière à Mortsel) Malika El Bourezgui (Ecolo) voulut savoir quelles étaient les dispositions prises à Charleroi pour encadrer cette problématique. « Des témoignages à Charleroi de victimes ou des proches nous indiquent que les cas de violence physique ou verbale de la part de policiers ne sont pas exceptionnels » indiqua l'élue.

Rappelant tout d'abord les différentes possbilités s'offrant au citoyen pour introduire sa plainte, le bourgmestre P. Magnette informa qu'en ce qui concerne la zone de police de Charleroi, le respect des valeurs fondamentales, de la dignité humaine et des droits individuels est un principe essentiel. « Il est d'ailleurs rappelé, dit-il, dans le 1er chapitre du plan zonal de sécurité ainsi que dans le Règlement d'ordre intérieur qui est distribué à chaque nouveau membre de la zone de police ». « Nous faisons donc tout pour que ces droits soient respectés; toute plainte fait l'objet d'une enquête du service interne de contrôle. »

Cela dit, indiqua encore le président, en 2011, 250 dossiers ont été ouverts, contre 1999 en 2012. « Dans 8 cas sur 10, les plaintes n'émanent pas d'un citoyen mais d'un membre du personnel ou de la hiérarchie qui estime le comportement d'un subordonné comme n'étant pas adéquat ou non professionnel. En général, 10% des faits dénoncés donnent lieu à une réaction de la hiérarchie que ce soit par le biais de sanctions disciplinaires, de notes de remarques ou d'entretien de fonctionnement. Les rapports introductifs faisant suite à des violences policières sont extrèmement peu nombreux dans notre zone de police, et elle s'en félicite, a conclu P. Magnette. « Le personnel a conscience que ce genre d'actes n'est jamais minimisé par la direction ».

Le mardi 26 février 2013, le collège communal annonçait des mesures afin de réduire les délais de paiement des factures, ce qui éviterait des intérêts de retard et les conflits avec les fournisseurs. Quels moyens vont-ils dès lors être mis en oeuvre pour atteindre cet objectif? Ce fut la question posée par Mohamed Kadim (cdH) à l'échevin Françoise Daspremont.

Cette dernière lui indiqua que cette démarche concerne prioritairement le circuit des dépenses extraordinaires (pour les dépenses à l'ordinaire c'est déjà le cas, comme l'impose une Directive européenne) en levant certaines tâches administratives et redondantes dans un cadre simplifié et plus rapide. « Cette première étape s'attelle principalement au paiement des factures liées au projet Phénix. Notre priorité est d'améliorer les relations avec les fournisseurs mais aussi dans des délais garantissant la récupération de subsides européens. La seconde étape, qui devrait encore réduire les délais de paiement, consistera à revoir l'ensemble du processus de gestion; il s'agira de simplifier et de formaliser les échanges avec les fournisseurs. Elle est purement organisationnelle et ne nécessitera donc pas d'engagement de personnel supplémentaire ».

Relayant Mohamed Kadim au micro, son chef de groupe, Mohamed Fekrioui, prit la parole pour une question au sujet de la procédure d'ouverture de magasins Discount. Plusieurs magasins se sont ouverts ces derniers mois et le conseiller s'interroge en effet sur la manière dont le Collège envisage le redéploiement et la redynamisation du quartier de la ville haute.

L'échevin du Commerce Philippe Van Cauwenberghe a tout d'abord rappelé qu'il n'existait pas de mécanisme permettant à l'autorité communale d'assurer une offre diversifiée en matière de commerce. Idem en matière de discount, où rien n'est prévu. Par contre, indiqua l'édile, l'autorité communale peut notifier un refus lorsque l'on est en présence d'une surface commerciale supérieure à 400 m2 (dans ce cas, un permis socio-économique doit être sollicité auprès du département ad hoc).

« Cela dit, la Ville a déjà adopté en date du 26 mars 2007, un règlement spécifique relatif aux magasins et bureaux privés, phone-shop,etc implantés sur son territoire. A ce sujet, dans la perspective du redéploiement et de la redynamisation du quartier de la ville haute, nous ne manquerons pas évidemment de revoir au besoin certains règlements qui par la suite nous permettront de renforcer les contrôles et, par de là, les autorisations ». Ph. Van Cauwenberghe a enfin rappelé qu'un Masterplan pour cette zone de la ville est en préparation. « Même si rien n'est définitivement arrêté, je peux vous confirmer la volonté du Collège de rendre les espaces plus agréables et plus conviviaux notamment en diminuant la pression automobile ou encore en développant les différents espaces horéca. Cette problématique est plus large et dépasse les seules compétences de l'échevin du Commerce; elle devrait revenir prochainement sur la table du Collège pour une réponse plus globale ».

Jean-Pierre Deprez (MR) aime flâner. Plus encore à l'heure où le printemps est à nos portes. Dans nos parcs et espaces publics. Oui, mais voilà, la situation d'entretien n'est pas toujours au rendez-vous. Sans parler de la sécurité, par exemple dans le parc Astrid où « une certaine forme de prédateurs, marchandand la santé des gens quand ce n'est pas la leur propre, s'y meut à peine l'obscurité tombée... ». Alors il y a cette idée émise dans le projet de ville d'un « gardien » de nos espaces verts considérée par J-P. Deprez comme une avancée sensible dans la bonne direction.

L'échevin C. Devilers préfère lui parler de « guide » de parc: « Il constitue un élément de réponse à l'insécurité; cet élément est à considérer dans le cadre d'une politique sécuritaire intégrale qui insiste une fois de plus sur les projets menés par notre ville ». Un des éléments donc. Il y en a d'autres, à l'instar de l'aménagement particulier des espaces verts. « Certains ont déjà été touchés d'une main verte, une main verte qui est aussi soucieuse de la sécurité. Ainsi, tous les végétaux ont été élevés de manière à permettre des vues traversantes et la plus grande luminosité possible. Cela favorise incontestablement la sécurité et le contrôle social ». Et C. Devilers de conclure: « Il n'y pas de solution magique, mais un travail de longue haleine qui rendront à nos espaces verts l'attrait que les Carolos sont en droit d'attendre ».

Dernière question d'actualité, celle posée par Sophie Merckx, au sujet de l'accès aux documents. Un accès loin d'être évident, même pour les conseillers, comme elle a pu s'en rendre compte, dit-elle, lorsqu'elle a essayé d'obtenir une copie du rapport AT/Osborne concernant la destruction de la Tour Apollo et qu'elle a été renvoyée, sans succès, du comité de direction de la Carolorégienne vers le service du logement et vice et versa. « J'estime que cette méthode de gestion de l'information est une entrave au bon fonctionnement de la dynamique démocratique locale » s'est insurgée l'élue. Partant, elle a embrayé sur la problématique générale de l'accès aux documents. Et elle de demander dès lors s'il serait possible, 1. de donner un accès sécurisé aux élus à la banque de données Alfresco, 2. si la Ville prévoyait d'avancer en matière d'informatisation des procédures et 3. de réclamer cette fameuse étude AT/Osborne.

En ce qui concerne Alfresco (il regroupe notamment toutes les décisions du Conseil et du Collège depuis 2001) le système, actuellement, ne permet pas de donner dans des conditions raisonnables de sécurité des accès externes au réseau Ville » devait indiquer P. Magnette. « Par ailleurs, des décisions qui s'y trouvent stockées relèvent de l'intérêt général et sont donc non accessibles aux conseillers ».

En ce qui concerne l'informatisation des procédures, le bourgmestre a précisé que plusieurs projets étaient en cours. A terme, une procédure totalement informatisée sera mise en oeuvre. Enfin, quant à la fameuse étude AT/Osborne réclamée par Mme Merkcx, le maïeur a confirmé que c'était bien à la Carolorégienne de le lui fournir.

La première et la troisième réponses n'ont pas manqué d'étonner l'élue; d'une part, elle a dit ne pas comprendre pourquoi il n'était pas envisageable de fournir aux conseillers ne fusse qu'un accès limité à Alfresco, d'autre part, elle a fait remarquer que le conseil d'administration de la Carolorégienne est entièrement composé de représentants de la Ville. Alors venir dire que c'est une entité indépendante, à l'heure où l'on évoque aussi la possibilité d'instaurer des permanences sociales dans les maisons communales annexes... Elle a dit prendre acte « qu'on ne veut pas me transmettre ces informations. Ce qui est regrettable ». Et elle n'en avait pas fini. En effet, toujours dans le même chapitre, elle s'est plaint de ne pas avoir eu de réponse à deux questions écrites posées il y a 7 semaines. « Je suis outrée de devoir attendre 7 semaines; c'est faire preuve d'un manque de respect pour les mandataires ».

« Le travail qui incombe à l'administration pour répondre à ces questions est colossal » devait lui répondre le bourgmestre P. Magnette. « Ils font de leur mieux pour répondre de la manière la plus complète, la plus précise et la plus rapide possible, mais ce n'est pas toujours évident ». « Si vous ne recevez pas de réponse pour le prochain conseil, elles seront traitées comme des interventions en vertu du règlement » a conclu le bourgmestre en ajoutant que, dans la perspective d'assurer une meilleure transmission des questions vers le service des Assemblées, assurer un meilleur suivi,etc, un petit formulaire d'uniformisation a été élaboré.

Dans le reste de l'ordre du jour, on retiendra l'approbation d'un nouveau règlement relatif à l'exercice et à l'organisation des activités ambulantes sur les marchés et le domaine public (lire le document) et l'adoption du projet de convention de bail concernant l'occupation par le Centre Coordonné de l'Enfance du bien situé route de Beaumont, à Marchienne, suite à la cessation d'activités du Jardin de Kassiopée. La maison d'accueil, rebaptisée Carabouilla, assure on le sait la continuité de la maison d'accueil depuis le 1er mars.