Au Conseil communal du 25 mars

Vendredi 29 Mars 2013 - 11:05

Pas moins de seize interpellations /questions d'actualité ont alimenté la réunion du Conseil communal du lundi 25 mars. La redevance forfaire sur les déchets ménagers, revue à la hausse, est celle qui a fait le plus débat.

Cela étant, c'est avec une intervention d'Elio Paolini (PS), au sujet du centre culturel de Mont/Marchienne, qu'on est entré dans le vif du sujet. Comme l'a rappelé le conseiller socialiste, le bâtiment, érigé en 1923, aussi apprécié par les organisateurs d'événements que du public, est aujourd'hui confronté à de sérieux ennuis de santé, d'où ses légitimes inquiétudes: La toiture, tout comme les locaux, les sanitaires, etc, sont à réparer/rénover.

L'échevin Eric Goffart a confirmé la visite récente sur place de différents services communaux, ce qui fut pour eux l'occasion de faire le point de la situation. « Le service des Bâtiments travaille à un dossier  (qui reste à approuver par un prochain Conseil communal) concernant la réfection de la toiture pour un montant de 50.000€. Je le défendrai lors de la prochaine MB. Il comprend aussi la réparation des différents murs et plafonds abîmés par les infiltrations d'eau ».

D'autre part, a ajouté l'échevin des Travaux, des interventions ponctuelles seront également effectuées par le service des Bâtiments, notamment en ce qui concerne les sanitaires. Le Conseil était d'ailleurs, à ce titre, appelé à approuver un marché de fournitures pour un montant de plus de 120.000€. Enfin, l'édile a souligné que d'autres marchés de réparations allaient être mis à l'étude et lancés par le même service des Bâtiments.

Cette entrée en matière conclue, on en vint ensuite au gros morceau de la soirée avec la fameuse redevance sur la collecte et le traitement les déchets ménagers, qu sera revue à la hausse comme on le sait.

Sur les bancs de l'opposition, tant Sophie Merckx, pour le PTB+ que X. Desgain, pour Ecolo, on a vivement critiqué cette mesure.

Pour la première, « C'est toudi les p'tis qu'on spotche! La seule explication à cette nouvelle ponction fiscale, insista Mme Merkcx, selon qui elle ne serait même pas dictée par l'actuel plan de gestion, « est qu'il faut boucher les trous des finances communales et qu'il est tellement plus simple d'aller chercher dans la poche des habitants! La logique est que la Ville est priée d'équilibrer ses comptes et comme toujours, c'est la population qui doit passer à la caisse. Un petit coup de baguette magique, et hop, on trouve 3 millions d'€ en augmentant la taxe poubelle. L'annonce de cette augmentation est choquante. Les Carolos ont déjà des difficultés à payer la taxe actuelle(...) Notre nouveau Collège se trouve décidément très loin de leurs préoccupations."

Comparant les taux en vigueur dans d'autres communes, Mme Merckx stigmatisa le caractère injuste de cette taxe: « Même les bénéficiaires de la GRAPA, de la pension minimale, ainsi que les bénéficiaires du CPAS, jusqu'ici épargnés, devront payés ». Et elle d'y aller de contre-propositions: « Nous nous sommes réunis en conclave budgétaire et nous avons trouvé des solutions socialement justes; tout d'abord, on pourrait majorité la taxe sur les agences bancaires (5000€ par unité au lieu des 467), cela rapporterait 2,4millions d'€; taxer les pylônes GSM à hauteur de 10.000€ l'unité (bénéfice 623.000€), + majorer la taxe sur les panneaux publicitaires (1€ le m2), le tout rapporterait 3,1 millions d'€ » conlut Sophie Merckx, applaudie dans la salle où se trouvait un groupe de partisans venus calicots à la main. « Nous les examinerons, même si je doute que la plupart ne soient techniquement pas faisables, rétorqua le bg Paul Magnette avant de céder le micro à X. Desgain.

Pour le vert élu, « cette taxe est aussi anti sociale qu'anti écologique. Cette mesure n'incite pas au tri et à la prévention: Que les gens aient des comportements favorisant une moindre production de déchets ou non, ils paieront la même chose. C'est justement le tri, le recyclage qui permettront aux Carolos de payer moins cher demain. Finalement, je pense que derrière tout ça il y a la politique du CA de l'ICDI qui est de renouveler le four 3 de l'incinérateur en préservant la même capacité. Nous ne pouvons pas l'accepter » concluait X. Desgain.

L'augmentation de la taxe? « Les coûts de collecte et de traitement des déchets ménagers étant sans cesse croissants, il s'agit d'un obligation légale! Une obligation d'équilibre entre les dépenses et les recettes imposée par la RW » argumenta l'échevin des Finances, Françoise Daspremont. S'insurgeant en faux contre ce qui a pu être dit dans la presse, F. Daspremont précisa que l'augmentation est donc pour l'ensemble des catégories de ménages d'environ 28% (et non 40%). « La plus forte de ces augmentations atteindra 46€, pour la catégorie des ménages comprenant 5 personnes et plus, ce qui équivaut à maximum 9€ d'augmentation annuelle par membre du ménage. Pour 2013, le décret impose d'atteindre au minimum 100% du coût vérité. Cela constitue la dernière étape d'un processus progressif visant à atteindre un équilibre financier entre les dépenses et les recettes ».

F. Daspremont rappelait ainsi que l'augmentation du coût de collecte et de traitement des déchets était passé de 7,560 millions d'euros en 2009 à 12,039 millions en 2013, soit une augmentation de 59% (61% si on tient compte d'autres critères), alors que le rendement de la taxe, lui, n'avait évolué, durant la même période, que de 44,5 % (9,258 millions en 2009 contre 13,384 millions en 2013).

Reste que Charleroi a retenu un taux de 110% (critiqué tant par Mme Merckx que X Desgain) plutôt que 100%. La raison? « Etant donné que l'on ne peut estimer avec exactitude le coût vérité du traitement des déchets, une marge de sécurité doit être appliquée. Grâce à cela, nous sommes certains d'éviter toute sanction et nous tenterons de garantir une paix fiscale de 3 ans ».

Enfin, concernant l'argument social de cette taxe, F. Daspremont a indiqué que « Charleroi est la seule ville à aller aussi loin dans la répartition; c'est en soi une mesure d'équité (...) les taux sont réduits pour les familles monoparentales. Charleroi est et reste la seule commune à prendre en considération la situation financièrement compliquée de ces familles ». Pour Mme merckx, qui eut la dernière réplique,  "Etant donné qu'on est à 110% du coût vérité – je regrette de ne pas trouver dans le document le détail du calcul permettant de l'établir-, il me semble qu'avec le million qui nous reste nous pourrions peut-être l'investir en donnant des sacs poubelles supplémentaires à des personnes plus démunies ».

Jean-Philippe Preumont (PS) au micro ensuite pour une intervention relative à Marcinelle-en-Montagne. Le site sera mis en veille à partir du 1er avril, on le sait, mais quid dès lors du sort du personnel et des classes de neige interrogea le conseiller?

Concernant la seconde question, on sait que le Collège s'est engagé à maintenir les classes de neige via un opérateur privé avec une nouvelle répartition de la participation de la Ville au profit des enfants des différents réseaux d'enseignement; pour la première question, le bourgmestre P. Magnette informa qu à ce jour aucun licenciement n'a été prononcé dans les rangs du personnel (28 eq/tp dont 17 toujours occupés). « Des mesures de reclassement sont à l'analyse, tant pour les travailleurs belges que français. Il est envisagé que 3 postes soient maintenus sur place (pour l'entretien, le gardiennage, le service administratif) ainsi que deux autres en Belgique, lesquels glisseront progressivement vers d'autres postes de la RCA ».

Le Calvaire de Montignies/Sambre est un véritable phare pour les Montagnards, mais il est en train de s'éteindre à petit feu, faute d'un minimum d'entretien, ce qui inquièe Albert Frère (cdH), lequel regrette aussi le peu d'intérêt témoigné par la RW à ce bâtiment significatif. Selon lui, outre des interventions immédiates (élagage, placement de barrières de protection, réparation de l'éclairage au sol,etc) il s'agirait aussi de s'interroger sur la procédure de clasement qui permettrait de perenniser ce fleuron patrimonial. « Un dossier de sauvegarde avait été introduit à ce sujet auprès de la RW en 1999. A ce stade, précisa l'échevine en charge du Patrimoine Véronique Salvi, il fait partie des dossiers  dits en sommeil. Qu'importe, je compte bien le réveiller . J'attends l'ensemble des documents de la division Patrimoine du Gouvernement wallon pour réactiver un comité d'accompagnement et relancer ainsi au plus vite la procédure. » Quant à savoir s'il existe, au sein dela Ville, un gardien du temple, comme le demandait M. Frère,Véronique Salvi répondit par la négative. « Mais je compte bien lancer le débat car nous disposons d'une véritable richesse patrimoniale et il serait dommage de ne pas y dédicacer quelqu'un ». En attendant, contact en direct a été pris avec son collègue C. Devilers pour la question de la végétation.

En se rendant récemment au Palais des Expos, Malika El Bourezgui (Ecolo) a pu constater, une fois de plus dit-elle, « que des seringues usagées, des détritus et déchets tachés de sang jonchaient les abords de l'escalier et la rampe d'accès à la Géode ». D'où ses inquiétudes quant au ramassage de ces déchets, mais aussi ses propositions, notamment, celle d'une salle de « shooting ». « Compte tenu de l'important problème de toxicomanie à Charleroi (...) ne pensez-vous pas que l'idée d'une salle de ce type, encadrée pour les toxicomanes confirmés mérite une réflexion avec les acteurs de terrain pour éviter ces situations à risque, et qui nuisent aussi à l'image de notre ville?"  Il faut savoir qu'un rapport européen, relaté en substance par Mme El Bourzegui, indique que ces salles de shooting permettent notamment de réduire le taux de morbidité et les risque de mortalité, ainsi que la nuisance suscitée par la consommation de drogue en public, et ce grâce à l'accès des consommateurs de drogue à un matériel d'injection propre et à un environnement surveillé.

Quant au ramassage des seringues, actuellement, indiqua le bourgmestre P. Magnette, « seuls les éducateurs de Carolo Rue et ceux de l'asbl Le Comptoir, accompagnés de « jobistes », recherchent les seringues abandonnées ». Cependant, la mission principale des éducateurs de rue n'étant pas d'assurer la propreté des lieux publics, « il a semblé opportum d'attribuer la mission de récupération à des jobistes usagers de drogues ou ex usagers: ceux-ci pourront, à leur tour, sensibiliser les consommateurs et les initier à pratiquer l'échange avec les professionnels ».

A propos de l'échange justement, P. Magnette est revenu sur le dispositif RDR mis en place en 2011 géré conjointement par les deux organismes cités supra. « Le bilan dressé au terme de plus de 10 années de pratique met en évidence divers effets positifs liés aux actions menées ».

Relativement à la salle de « shooting », le bourgmestre a indiqué que des réflexions sur l'opportunité d'implanter une salle de Consommation à Moindres Risques (SCMR) sont menées depuis quelques années déjà chez nous. « Une première étude avait été exposée au Conseil zonal de sécurité en 2009. Sur cette base, des démarches ont été entreprises. Un premier document détaillant les aspects organisationnels avait été rédigé en 2011. Un dossier auprès du Fonds de lutte contre les assuétudes avait été introduit ensuite, sans résultat du côté du financement. Depuis 2012, nous poursuivons la réflexion: des initaitves ont été prises, chez nous comme ailleurs pour porter le débat au niveau national. Ici, comme dans d'autres phénomènes, les risques pour les villes menant des projets pilotes (NDLR: il en existe 91 de ce type en Europe), c'est d'en assumer pour elles-mêmes l'essentiel. Or, ce type de politique, conclut le maïeur, ne peut fonctionner que si elles sont territorialement réparties et c'est donc à cette réflexion que la Ville de Charleroi participe ».

Reprenant la parole, M. El Bourezgui rappela que le Forum Européen pour la sécurité urbaine s'est positionnée clairement en faveur des SCMR. « Comme Charleroi aura la présidence belge du Forum jusqu'en 2014, j'espère que ce sera l'occasion de pouvoir mener plus loin la réflexion, trouver les moyens et profiter de l'échange de bonnes pratiques ».

Questions d'actualité

La première est venue de Mme Demaret (MR), à propos du patrimoine populaire. Les collèges communaux disposent d'un crédit annuel de 600.000€ pour la restauration du petit patrimoine populaire et la conseillère voulut dès lors savoir si la Ville a eu recours à cette possibilté de subsvention, et si oui, si elle comptait intensifier le nombre de dossiers déposés à la Région. Sûrement, dans la mesure où seuls deux dossiers ont été introduits dans ce cadre à précisé l'échevine Véronique Salvi (un en 2011, l'autre en 2012). « Tout comme vous, je suis abasourdie du peu de demandes de subventions qui ont été introduites jusqu'ici » souligna l'échevine. « C'est nettement, nettement insuffisant et on compte bien évidemment faire mieux ». Comment? En travaillant sur deux axes: primo, en établissant un recensement des éléments du PPW et faire en sorte que les dossiers remontent plus rapidement vers l'administration wallonne; secundo, en soutenant l'ensemble du patrimoine privé pour lequel la Ville doit se positionner en tant que relais, réseau d'infomation.

Lors du récent Mipim de Cannes, la s.a. Eurogare s'est fait fort de présenter le projet de nouvelle gare de Charleroi. Outre une large galerie commerciale sous les voies, celle-ci prévoit une immense verrière de plus de 30.000 m 2, des logements, un quartier d'affaires ainsi qu'un parking sous-terrain côté Villette, etc. La Ville a-t-elle donné son aval à ce projet, des investisseurs se sont-ils déjà manifestés, un calendrier a-t-il déjà été avancé? Ce sont autant de questions qui taraudaient Antoine tanzilli (cdH). « Il s'agit effectivement d'un projet important, fruit de la collaboration entre la Ville et la SNCB Holding » indiqua P. Magnette. « Un budget de 80.000 millions d'€ sur la période 2013-2021 est prévu dans le plan pluriannel d'investissement; mais, à ce stade, il ne s'agit encore que d'un projet. Les conclusions de l'étude d'orientation ont été présentées lors d'un collège spécial en janvier dernier et au cours duquel nous avons pu formuler des remarques. La Ville est partenaire dans le sens où il s'agit d'un projet de développement important pour Charleroi mais elle n'a pas été sollicitée pour intervenir en tant qu'investisseur. » Au stade actuel du plan d'investissement, a ajouté le bourgmestre, il devrait pourvoir se concrétiser avant 2021, dont une grande partie avant 2018. Mais il est trop tôt pour avoir un retour d'investisseurs potentiels pour la valorisation des espaces hors mission service public. Il n'y pas pas non plus de calendrier qui a été établi a-t-il conclu. « Jusqu'à présent, c'est très enthousiasmant, on espère seulement que ce ne sera pas une annonce sans lendemain dans le chef de la S.A Eurogare et la SNCB qui ont eu tendance ces dernières années à oublier Charleroi » concluait pour sa part A. Tanzilli, lequel a promis de revenir régulièrement devant le Conseil avec le même sujet.

Marchienne tremble pour son académie. Déjà affectée par les travaux de la route de Châtelet, voilà qu'elle est confrontée maintenant à des problèmes de tuyauterie qui ont conduit les services techniques de la Ville à arrêter la chaudière. « Il est indispensable de prendre d'urgence des mesures pour que les cours puissent à nouveau être dispensés de manière normale dans cette académie qui est un des fleurons de l'enseignement musical à Charleroi » intervint Anne-Marie Boeckaert (PS), laquelle regretta au passage l'absence de toute solution sérieuse proposée jusqu'ici. « C'est à l'occasion de cette panne qu'on s'est aperçu que le circuit hydraulique contenait de l'amiante » indiqua l'échevin E. Goffart. « Nous avons donc été contraints de recourir aux services d'une entreprise spécialisée. Le service des Bâtiments a aussitôt instruit un dossier pour que celle-ci puisse être désignée. Elle s'est rendue sur place dernièrement de sorte qu'une intervention rapide devrait pouvoir avoir lieu rapidement pour régler définitivement ce problème. Je comprends l'impatience et le mécontentement des personnes qui travaillent ou qui suivent des cours à l'académie de Marchienne, mais il nous incombe de régler les questions qui se posent dans le respect des normes de sécurité ».

Vu l'ampleur sans cesse grandissante de la pauvreté et vu l'importance majeure, dit-elle, de favoriser l'accès à un logement stable et durable, Julie Patte (PS) interrogea quant à elle le président du CPAS Eric Massin au sujet de la politique menée par l'institution du bd Joseph II en matière de relogement des personnes en difficulté ainsi que le soutien apporté par elle au tissu associatif pour mener dans ce cadre des actions. « Le CPAS s'est fixé différents objectifs afin de garantir l'accès à un logement correct à un prix abordable » précisa M. Massin. D'abord, favoriser l'accès au logement social ou non pour les personnes ou les familles les plus défavorisées; ensuite, prévenir les expulsions, coordonner certaines actions, développer une pédagogie de l'habité, assurer un relogement durable pour les personnes et les familles les plus démunies. « Pour atteindre ces objectifs, le CPAS gère et coordonne de nombreuses actions en tant qu'opérateur (logements transitoires, abris de nuit, d'insertion,etc), des projets novateurs comme celui mené en collaboration avec le Relais Social et l'asbl « Comme Chez Nous », mais aussi dans le champs de l'aide sociale individuelle, des missions d'informations, de conseil de nature à favoriser l'accès au logement, des articulations avec le Cellule Energie, une convention avec la cellule wallonne du Crédit social, l'accompagnement spécifique dans la recherche d'un logement, la coordination des partenariats, l'opérationnalisation de la réquisitition douce, ainsi que la participation à différents lieux de réflexion et d'action.  Vous pourrez le constater, les réalisations du CPAS en matière d'insertion par le logement son importantes. Les actions aussi et cela fait partie des préoccupations prioritaires de l'institution ».

La fusion des 5 sociétés de logements de service public, c'est pour bientôt. Cette fusion concerne non seulement 10.000 locataires, mais aussi les quelques 180 travailleurs de la future Sambrienne qui se posent, naturellement, des questions. Avec eux, pour les relayer, Sophie Merckx (PTB+) et Mohamed Fekrioui (cdH). « Si l'inquiétude des travailleurs me semble légitime face au changement et à l'inconnu, il me semble par contre erronné que les syndicats évoquent des tensions sociales au sein des travailleurs à partir du moment où les directeurs des 5 sociétés de logement ont toujours veillé à travailler en toute transparence et dans la concertation » répliqua l'échevine du Logement, Ornella Cencig.

Sur la question de la représentation syndicale, l'édile indiqua également qu'une fois le projet de fusion abouti, elle réunira toutes les conditions légales pour installer un Conseil d'entreprise qui garantira de fait une représentation syndicale. Quant à la question du statut des travailleurs, « Ils conserveront leur régime social actuel tout en sachant qu'à terme une harmonisation sera nécessaire et devra être négociée ».

Enfin, un point titillait Mme Merckx, eu égard au mandat donné à M. Azzouzi pour mener à bien le projet. « Il me semble qu'il n'en a pas le pouvoir au sens de la législation sociale » dit-elle. Ornella Cencig rappela que dans le cadre du marché public de services par appel relatif à une étude à mener sur l'opportunité et la faisabilité de fusionner les cinq sociétés de logement de service public, « le Collège, en date du 3 juillet 2012, a décidé d'acter les résultats de l'assessment de la SA Comase, à savoir, de désigner au poste de directeur-gérant, M. Azzouzi. En date du 11/09/2012, le Collège a également invité les administrateurs représentant la Ville de Charleroi de prendre position dans chacun des CA afin de charger l'intéressé, comme pilote du projet de fusion et de lui donner toutes prérogatives nécessaires pour y parvenir. »

Reste les échéances. Ornella Cencig a rappelé que le 26 avril 'au plus tard, le projet de fusion devait être déposé auprès des greffes du Tribunal de Commerce; au terme des AG extraordinaires programmées pour le 28 juin dans chacune des sociétés, la fusion devrait être entérinée le 1er juillet 2013.

La Ville de Charleroi s'est dotée en son temps d'un bel outil de gestion de son patrimoine arboré public. « Il apparaît que cet outil (une cartographie complète de 22.000 arbres) se retrouve sur une voie de garage: le site www.mon-arbre.com/charleroi est inactif et le recensement semble à l'arrêt », ce qui turlupine pour le moins Luc Parmentier (Ecolo) qui s'en est ouvert à l'échevin de l'Environnement Cyprien Devilers. « Or, cet outil de pointe devrait permettre à notre ville de privilégier des interventions d'entretien dans le respect de l'arbre, d'appliquer les principes de taille douce et raisonnée,... » insista L. Parmentier. « Nonobstant le problème specifique du site internet pour lequel des contatcs ont été pris avec les services informatiques dès l'annonce de son inaccsessibilité, le véritable noeud du problème, indiqua C. Devilers, réside dans la sous-estimation initiale (30%) de notre patrimoine arboré. Nous en payons aujourd'hui les conséquences en termes administratifs. Au stade actuel, il convient cependant d'utiliser au mieux et de la manière la plus efficace possible les élements en notre possession. Ces éléments nous seront précieux non seulement dans le cadre d'une politique de l'arbre, mais surtout dans le cadre plus global de la mise en valeur des nombreux espaces verts de notre métropole ».

« Moi, ce qui m'inquiète », devait ajouter Luc Parmentier, « , est que votre département sort souvent de bons projets mais qu'on a l'impression qu'ils s'arrêtent dans le temps. Je pense à l'audit de la Comase, le bilan carbone, le projet Charleroi Maya... Il serait temps de rouvrir les tiroirs et de les remettre sur votre bureau. Et de commencer à les relire ».

La réouverture de la piscine Hélios, les utilisateurs l'attendent depuis six ans. Xavier Desgain aussi. C'est, revêtu d'un peignoir et coiffé d'un bonnet de bain, que le conseiller écologiste est revenu à la charge. « Ca fait six ans que j'attends que l'Hélios soit rouvert; six ans, c'est long; mon gamin aura fait ses humanités sans voir l'Hélios ouvert. Et ça fait six mois que les travaux sont terminés. Ma question est donc de savoir quand on va enfin rouvrir? 14 millions d'euros (70€/hab) pour rénover une piscine, qui est terminée depuis six mois, je pense qu'on est en droit de savoir pourquoi?

« La question est légitime » devait lui répondre l'échevin E. Goffart. « En fait, c'est la réception provisoire qui a eu lieu en novembre 2012; la réception définitive n'interviendra elle qu'au bout du délai de garantie fixé, dans ce cas, à 2 ans. Il est clair que durant ce délai, nous restons attentifs à toutes les questions techniques qui pourraient se poser. « Par ailleurs, a ajouté l'édile,  le Collège et la CA de la RCA poursuivent le travail administratif lié au transfert de propriété. Dès qu'il sera résolu, plus rien ne s'opposera à la réouverture de la piscine, ce que nous appelons tous de nos voeux ».

« J'espérais une date, pour pouvoir me préparer. Je suis déçu; j'attendais une réponse plus positive »conclut X. Desgain.

Dernière question d'actualité, elle fut posée par Kevin Saladé (PS), au sujet des classes de dépaysement, et plus précisément de l'insécurité juridique qui entoure la nouvelle formule décidée par le Collège en date du 12 mars 2013. Rappelant une série d'arrêts rendus tant par la Cour de cassation que la Cour d'appel, le conseiller voulu savoir si toutes les dispositions ont été prises afin d'éviter que la situation ne se retourne contre la Ville eu égard à sa participation financière dans ces actions sur base du principe de non discrimination entre les réseaux officiel et libre. Réponse de l'échevin Serdar Kilic:« Les avantages sociaux sont en effet une composante de la solution que nous avons choisie pour perenniser l'organisation des classes de montagne, qui en l'occurrence sont bien des classes de neige. J'affirme en toute sérénité que la formule respecte les principes d'égalité et de non discrimination puisqu'elle permet à toutes les écoles concernées par l'organisation d'une sixième année primaire sur le territoire de Charleroi, et tous réseaux confondus, de s'inscrire dans le projet pour profiter de ces avantages intrinsèque, notamment en matière de financement ».

Dans le reste de l'ordre du jour, on retiendra que le Conseil a désigné M. Olivier Chastel (MR) et A. Tanzilli (cdH) pour représenter respectivement le Conseil communal et le Secrétaire communal au sein du Comité de pilotage du partenariat Ville-Cunic-Cifop concernant la mise en oeuvre de l'Université Ouverte à Charleroi; qu'il a adopé une nouvelle convention d'occupation d'une partie des bâtiments de l'imprimerie provinciale située à Gosselies, par les services de l'imprimerie communale. L. Parmentier (Ecolo) s'est dit étonné de cette nouvelle convention. « Alors que la précédente signée en 2000 et nous liait pour 20 ans pour l'occupation gratuite de 500m2, aujourd'hui, avec la nouvelle, nous devons payer 1050€ mensuels de loyer pour 226 m2 + 560€ de charges. Je ne comprends pas comment on fait nos calculs . Le point étant présenté en urgence, cela ne nous permet pas de l'étudier convenablement ». Le bourgmestre lui promit une réponse écrite.

Enfin, la Conseil a approuvé la nouvelle convention de partenariat entre la Ville et l'asbl « Association des Diététiciens Indépendants de Charleroi » dans le cadre du label de restauration de qualité « Plat Net Santé ». Malika El Bourezgui (Ecolo) a simplement fait remarquer que cette convention avait déjà été lancée précédement, sans beaucoup de succès. Elle a suggéré une analyse des motifs du peu d'engouement suscité. Le fait qu'à l'époque c'était quelque chose de neuf, pourrait être une des explications, selon l'échevine Véronique Salvi, qui a dit vouloir croire à ce nouveau pari. L'édile eut le mot de la fin en présentant, comme elle se l'est promis dorénavant, les rapports des Conseils consultatifs pour l'Egalité Femmes-Hommes et de la Personne Handicapée (lire par ailleurs sur notre site).