Au Conseil communal du 30 septembre

Vendredi 04 Octobre 2013 - 10:50

Après le règlement mendicité, c'est le règlement relatif aux artistes de rue qui a été adopté par le Conseil communal lors de sa séance du lundi 30 septembre. Majorité contre opposition. Et toujours après d'apres débats. Ils sont entrés l'un et l'autre en vigueur ce 1er octobre.

C'était bien un des gros morceaux inscrits au menu de ce conseil communal. Comme on devait s'y attendre, il a été adopté au terme de longues interventions de la part de la minorité Ecolo-PTB+, qui l'a finalement rejeté, pratiquement pour les mêmes raisons que celles qu'elle avait avancé lorsqu'il s'est agi d'approuver, le 9 septembre dernier, le nouveau règlement mendicité.

Mais avant d'aborder ce point, inscrit en fin de séance, il y eut aussi pas mal d'autres matières à débat(s) – notamment la problématique du (re)logement- né des traditionnelles interventions et questions d'actualité, examinées juste après la prestation de serment et l'installation en tant que conseiller communal de M. Reggiani Mario (il remplace Emmanouel Vargiakakis décédé cet été) et la présentation des comptes annuels pour l'exercice 2012 par les bons soins de M. Eric Wartel, le directeur financier. Ils seront bientôt publiés in extenso à l'endroit ad hoc de notre site mais qu'en retenir?

Que le résultat budgétaire se clôture, à l'ordinaire, à 25.771.599,74€; le résultat comptable s'établit lui à 78.577.972,40€ et que le compte de résultat se clôture par un mali de 25 millions d'€. Quant à l'évolution entre 2011 et 2012, si le premier se clôturait avec un boni de 18 millions d'€ en 2011, en 2012, il s'est clôturé avec un boni d'un peu plus de 25 millions d'€, une évolution qui s'explique, selon M. Wartel, par le fait que certains engagements ont été reportés. A l'exercice propre, on est passé d'un mali de 6 millions d'€ à quasi un boni de -800.000€, une évolution de près de 5 millions d'€ donc.

Du côté du compte de résultat, on passe d'un mali de 2,8 millions d'€ à un mali de 25 millions d'€, une dégradation qui s'explique par la charge exceptionnelle qu'il a fallu inscrire dans les livres suite à la mise en liquidation du Holding communal Dexia et la perte des parts que la Ville possédait à hauteur de 36 millions d'€.

Pour le résultat courant, on passe d'un mali de 22 millions d'€ à un mali de 7 millions. Tant le résultat budgétaire à l'exercice propre qui est en amélioration de plus de 5 millions que le compte de résultat, qui est en amélioration de 15 millions peuvent, dixit E. Wartel, s'expliquer par le produit de nos recettes puisque l'on passe de 333 à 349 millions d'€. Lesquelles viennent de l'amélioration entre 2011 et 2012 de la dodation du Fonds des communles (+ 6,5 millions), 4 millions supplémentaires en centimes additionnels au précompte immobilier, 500.000€ de taxes communales, 4 millions de subsides divers supplémentaires. « Ca confirme que, globalement, notre ville est bien gérée, nos frais de fonctionnement sont largement inférieurs à ce que l'on trouve partout ailleurs, nos frais de personnel ont largement baissé, notre dette est l'une des plus basses et des mieux gérées de Wallonie et, pour ceux qui en douteraient encore, nous sommes de loin la ville la plus sociale de Wallonie, comme le démontrent les chiffres » devait conclure le bourgmestre Paul Magnette, avant de céder la parole à Malika El Bourezgui (Ecolo) pour une intervention commune avec sa collègue du PTB+ Sofie Merckx au sujet du relogement de locataires expulsés.

« Depuis quelques mois, vous avez décidé de durcir les actions en matière de lutte contre l'insalubrité et l'insécurité des logements; sur cette lutte nous sommes tous d'accord et devrions nous en réjouir. Pourtant, nous constatons que la mise en oeuvre de votre politique pose problème et risque de rajouter de la misère à la misère (...). Les expulsions en question ne sont acceptables que si elles sont systématiquement suivies d'un relogement correct et donc l'amélioration de la situation du locataire et en aucun cas de sa dégradation » devait insister en substance Mme El Bourrezgui.

Et Sofie Merckx de rappeler en sus que, depuis le 1er septembre 2013, compte tenu des nouvelles dispositions du CWL, il incombe au bourgmestre de prendre des mesures pour reloger les personnes victimes d'un arrêté d'inhabitabilité. « Est-ce que le Code wallon du Logement est un simple bout de papier ou est-ce que Charleroi va être un pionnier dans le respect du droit au logement » questionna in fine Mme Merckx?, selon laquelle la situation mise au jour par les contrôles au centre ville confirme la nécessité, pour Charleroi, de disposer d'un parc locatif public plus important et bien géré ainsi que davantage de logements de transit.

« Je le redis, car on entend de tout, notre seul objectif, c'est vraiment de lutter contre ceux qui exploitent la misère humaine. Nous ne visons à chasser personne de Charleroi, bien au contraire et, si on regarde au cas par cas, nous veillons à toujours faire en sorte que, dans la quasi totalité des cas, les personnes restent dans leur logement. Ce n'est que dans les situations extrêmes que nous sommes amenés à prendre des arrêtés qui font que le locataire doit quitter son logement. Quand c'est le cas, devait préciser le bg, nous faisons en sorte qu'il bénéficie d'un accompagnement social adapté. »

Les situations extrêmes, elles résultent pratiquement toujours d'arrêtés pris pour cause de normes incendie non conformes. Mais sur les 25 arrêtés pris depuis le 1er janvier, 20 ont été solutionnés, soit 80%. « Dans ce dernier cas, dès réception par mon cabinet du rapport défavorable des pompiers, le service logement adresse un courrier dans les 5 jours, par voies simple et recommandée au propriétaire les informant de mon intention de prendre un arrêté et les inviter à assister dans les 7 jours à une audition sur place. Si la personne ne peut trouver de solutions de relogement temporaire, alors nous prenons ses coordonnées et on informe le jour même le CPAS de la nécessité de l'accompagner dans ses recherches. La collaboration étroite avec la Sambrienne a aussi abouti à la mise en place d'un comité d'attribution spécifiquement dédicacé à rencontrer ces situations particulières, en application du nouveau principe d'urgence sociale. Ca n'a donc rien à voir avec tout ce que l'on peut dire: Que des personnes peuvent devoir quitter leur logement endéans les 48h, il se passe au minimum 3 semaines pendant lesquelles toutes les solutions sont envisagées » devait ajouter P. Magnette, content par ailleurs de  "l'effet Chavannes ».

Sur la même longueur d'ondes, l'échevine Ornella Cencig, qui passa en revue pour sa part quelques portes de sortie exploitées depuis la mise en place de la cellule contrôle. Elles passent par un renforcement de la collaboration avec les opérateurs de terrain. Avec l'AIS, le CPAS, la Sambrienne, et puis via le Plan d'Ancrage communal 2014-2016 qui permettra de porter dit-elle, avec 4 projets dédiés à la construction de 14 logements,  à 41 la capacité des habitations de transit sur le territoire de la ville. « Tous ces opérateurs de terrain, nous les rencontrons régulièrement, dans l'intérêt des personnes précarisées afin que chacun puisse vivre à Charleroi dans un logemenbt décent.

« Les situations sont personnelles et souvent dramatiques; le CPAS continuera à mettre les moyens pour les gérer. C'est en se mettant tous autour de la table qu'on pourra les rencontrer au mieux » devait ajouter quant à lui le président du CPAS, Eric Massin.

Une question au sujet des plaines d'été de Mohamed Kadim (cdH) pour suivre. Quel bilan, qualitativement et quantitativement au terme de la réorganisation introduite voici quelques mois interrogea-t-il? « Je pense que nous pouvons affirmer qu'il s'agit d'un beau succès, surtout si l'on tient compte des difficultés rencontrées à la période de Pâques » devait se réjouir l'échevin Serdar Kilic.

En fait, les 11 CRA (Centres récréatifs Aérés) ouverts durant les vacances ont permis d'accueillir 799 enfants en moyenne chaque jour. « Nous avons atteint 85% de la limite maximale de capacité d'accueil et nous avons même dû réorienter certains parents vers d'autres lieux encore disponibles ». Outre les activités de plaines très diversifiées, ajouta l'édile, les enfants ont pu bénéficier d'excursions au lac de Banbois, de visites dans une ferme pédagogique, de séances de cinéma, d'excursions au Centre de délassement de Marcinelle et de sorties à la piscine. « Ces activités ont été largement plébiscitées, tant par les enfants que les équipes d'animation. Toutefois, devait conclure M. Kilic, la perfection n'étant pas de ce monde, la garniture et la présentation des sandwiches est une faiblesse à revoir. Ce devrait faire l'objet d'une attention particulière pour les prochaines organisations ».

A nouveau Mme Merckx (PTB) pour une intervention relative au Plan d'embauche de la Ville. Problématique en termes d'effectifs, et donc de conditions de travail, celui adopté pour la période 2013-2014, l'est sans doute plus encore, selon l'élue, plus particulièrement pour le secteur du nettoyage, pour des raisons bien compréhensibles de pénibilité, si l'on devait maintenir la règle d'un remplacement pour 3 départs. « Le plan d'embauche prévoit 80 postes à pourvoir en 2013-2014. Parmi ceux-ci, 16 seulement sont des postes d'ouvriers, mais 38 concernent des postes de directeurs, de chefs de bureau,.... Selon certaines sources, nous disposons déjà d'un nombre élevé d'emplois de niveau A. Le plan actuel ne risque-t-il pas d'accentuer encore cette tendance?"

Paul Magnette: « D'abord, la règle de remplacement d'un départ sur 3 n'est plus d'actualité depuis le dernier conclave budgétaire. Concernant le secteur du nettoyage des bâtiments, un plan particulier est actuellement en cours d'exécution. Quant à la révision du cadre et de l'organigramme fonctionnel des services, cette opération menée par l'administration requiert temps et réflexion, même si celle-ci est bien consciente que les besoins urgents en personnel sont à pourvoir en priorité dans les départements qui doivent répondre à des missions légales et obligatoires. Du reste, quand cela est possible, l'administration évalue systématiquement les possibilités typiques de synergies, de promotion, de mobilité interne avant de procéder à un nouveau recrutement ».

Nécessité de la gratuité de l'appel d'urgence sociale. Suite (et sans doute pas fin) avec Malika El Bourezgui (Ecolo) qui est à nouveau remontée au créneau, lundi soir. « A l'approche de la période de grands froids et vu l'augmentation de la pauvreté dans notre cité, pouvons-nous espérer voir la mise en place de ce dispositif gratuit?

Bien qu'il ne représentait pas selon lui la panacée, le président du CPAS, Eric Massin, avait promis de charger ses services et l'opérateur téléphonique d'en évaluer la faisabilité voici quelques mois. Quid alors, quelques mois plus tard?  « La question a été posée; le seul problème étant qu'en passant par un 0800..., on ne peut pas garder le même numéro (071/32.12.12). L'exemple de Namur que vous citez est bien beau, le seul problème est que, nous, cela fait 26 ans que l'on utilise le même numéro, qui est connu par tout le monde, ancré chez tout le monde, qui figure dans tous les renseignements communiqués et qu'on ne balaie pas 26 ans d'expérience positive, de démarches positives qui ont rendu service d'un seul revers de la main ».

« Je ne comprends pas votre obstination à dire que ce n'est pas possible alors que c'est un +; cette difficulté pourrait être surmontée par la biais d'une campagne ciblée » devait conclure Mme El Bourezgui.

Selon quelles conditions la Ville organise-t-elle des vins d'honneur? Ce fut la demande de Maxime Sempo (MR).

« Pour être organisées et financées par le service du Protocole, les cérémonies et autres manifestations doivent obligatoirement revêtir un caractère officiel et être décidées par l'autorité communale que représente le Collège. C'est précisément ce caractère officiel, devait informer l'échevine Françoise Daspremont, qui différencie les organisations prises en charge pratiquement et financièrement par le Protocole et celles qui relèvent des misssions, des compétences et des attibutions confiées au bourgmestre et aux échevins et pour lesquelles des crédits en matière de frais de réceptions et de représentations leur sont attribués. Pour faciliter la procédure et réduire les délais d'introduction des demandes, F. Daspremont a encore précisé qu'un formulaire à usage inerne est disponible sur le site Intranet de la Ville.

Au chapitre des questions d'actualité, la première fut à mettre au crédit de J-Ph. Preumont, à propos du site Le Gazo, à Gilly. On sait, pour diverses raisons (insécurité ambiante notamment), qu'il a dû quitter un peu dans la précipitation son siège établi à la rue du Calvaire. « La disparition du Gazo est une perte qu'il faut combler. Y a-t-il déjà des pistes de solutions d'avenir » interrogea en substance le conseiller socialiste?. « La priorité du Collège est d'avoir une analyse précise de l'état général du bâtiment ainsi que des investissements qui sont encore à effectuer. L'objectif est de prendre, dès lors, position le plus vite possible afin d'éviter une inoccupation prolongée du bâtiment dans un quartier déjà fortement atteint au centre de Gilly » informa l'échevin Eric Goffart.

On reste à Gilly et avec J-Ph. Preumont pour une question au sujet cette fois de la place Chantraine et du suivi du plan d'aménagement. Concernant les travaux de démolition, « Le dossier suit son cours sans encombre, la procédure est lancée et on devrait prochainement, dans les semaines ou mois à venir, pouvoir désigner l'entreprise soumissionnaire. Laquelle, pour rassurer M. Preumont et les riverains dont il se fait le relais, expliqua l'échevin Etric Goffart, devra être intégrée dans les entreprises spécifiques de démolition de manière à pouvoir faire face à l'éventuelle présence d'amiante dans les toitures des préfabriqués ». Un empierrement propre posé sur la place Chantraine derait être selon l'édile la première étape précédant un plan d'investissement général à plus long terme nécéssitant une inscription budgétaire adéquate et un permis d'urbanisme en conséquence pour les voiries notamment.

La SpaQue en pleine action de dépollution de friches industrielles dans notre région; mais la SpaQue qui rencontre aussi certaines difficultés pour avancer, par exemple du côté des anciens sites verriers de la Discipline ou de la goudronnerie Robert, ce qui inquiète le conseiller écologiste Xavier Desgain. « Des solutions trouvées dépendent des investissements que la SpaQue peut réaliser sur ces terrains à hauteur de 30 millions d'€. Je pense qu'on ne peut plus traîner ».

« Ce sont deux dossiers épineux et problématiques mais ce ne sont pas les seuls. Nous y portons une attention particulière; nous sommes à cette fin en étroit contact avec les services de la SpaQue et du Ministre Henry afin d'y apporter une solution » rétorqua le bg P. Magnette.

Les chantiers à la ville basse et une question d'Antoine Tanzilli pour suivre au sujet des problèmes de mobilité engendrés, et des conséquences pour les commerçants, inquiets. « Ils se disent également en manque d'informations et en manque de communication concernant les chantiers du centre-ville et de l'agenda sur le long terme des ouvertures-fermetures des accès à celui-ci » relaya l'élu humaniste.

« Après un premier plan, la solution qui a été privilégiée consistait à créer deux boucles, ce qui permettait que tous les parkings restent accessibles. Depuis, les embarras de circulation se sont en partie résorbés en tout cas côté Ouest, mais il perdure des embouteillages à l'extrémité Est, en particulier au carrefour formé par le bd Tirou et la rue Ferrer. Afin de résoudre ce conflit, nous avons procédé à une analyse dont il ressort que beaucoup de véhicules sortant de cette dernière sont des véhicules qui ne respectent pas la boucle Ouest. Pour fludifier le trafic, il a été décidé d'empêcher le contournement de la place Albert. Cette modification du plan de mobilité a été communiquée aux riverains dès le jeudi 26 septembre, en collaboration avec l'asbl Charleroi Centre Ville et mise en place progressivement durant le week-end. Les commerçants et les riverains ont donc été les premiers informés. Enfin, pour aider le commerce local, tout en gardant les accès à tous les parkings payants, la Ville a décidé de mettre gratuitement à la disposition des usagers celui du Rivage, près du TEC. Normalement, a conclu P. Magnette, avec ces dispositions, la ville basse doit être partout accessible et fluide ». Enfin, s'il ne se trouve pas certains irréductibles prèts à tout pour forcer le pasage, même celui de la Bourse en camion! L'histoire, foi de P. Magnette, est véridique... « Je ne saurai que trop insister sur la nécessité de bien communiquer en amont pour éviter une partie des mauvaises surprises » se contenta d'ajouter en guise de conclusion A. Tanzilli. Lequel devra encore attendra un peu pour connaître la date d'inauguration du parking de la Digue qu'il souhaitait obtenir...

On le sait, le Collège a fait de la lutte contre les incivilités une de ses priorités. L'intensification de la répression et le renforcement de l'éducation à l'écocivisme sont les deux axes poursuivis par l'autorité pour y arriver et c'est justement à ces propos qu'Albert Frère (cdH) voulut obtenir des précisions. Des précisions aussi par rapport au Plan d'embauche. « Il prévoit entre 30 et 40 engagements par an dans les volets sécurité et propreté. Actuellement, le service propreté dispose de 196 agents dont 5 agents constatateurs; n'est-il pas insuffisant pour la première ville wallonne »?

« Ce que nous voulons avant tout au niveau des agents constatateurs, c'est structurer, organiser et renforcer la capacité du service pour traquer les infractions environnementales, mais pas seulement, indiqua l'échevin Cyprien Devilers. « Ce sont des matières transversales qui sont en cours de réalisation pour le moment ».

Enormément de transversalité aussi du côté des projets pédagogiques: « Nous travaillons principalement avec l'ICDI, qui est notre partenaire privilégié sur différents axes ». Partenaire dans les actions locales de prévention (ALP), à destination des enfants des écoles, plaines de jeux et tout public, dans l'investissement de la Semaine européenne de réduction des déchets, ou participation dans la diffusion d'une série de spots radio produits par la Copidec et participation aux premières Assises wallonnes des Déchets qui auront lieu le 23 octobre, à Namur.

« Evidemment, devait conclure Cyprien Devilers, la collaboration entre les différents échevinats est également de mise comme on a pu le voir à l'occasion des opérations Vauban. Car tous ces problèmes d'insalubrité (et d'insécurité) sont entremêlés et ce n'est qu'en travaillant de manière transversale que nous pourrons les résoudre ».

Après Albert Frère, Jean-Pierre Deprez (MR) pour une question au sujet du projet Rive Gauche, qui semble avoir enclenché la vitesse supérieure la semaine dernière avec l'entame de la démolition de plusieurs bâtiments vétustes dans l'îlot Buisset. Tant mieux, car « il y a urgence, docteur Engelstein, car le commerce, à la ville-basse, se meurt lentement mais sûrement à quelques exceptions près. Les praticiens se doivent de ne pas se contenter d'un simple lifting, la chirurgie doit être plus profonde mais aussi entièrement maîtrisée dans son timing ». Précisément, à ce propos, l'élu a voulu savoir si l'annulation du permis d'urbanisme (4 juillet 2013) octroyé à la SA Lambert Promotion par le Conseil d'Etat était bel et bien confirmée? « La Ville ne craint-elle dès lors pas l'immobilisme, au grand dam de ces citoyens et singulièrement donc de ses commerçants?

Réponse de P. Magnette: « Le planning des démolitions entamées ce 25 septembre a été arrêté en totale concertation avec les services communaux concernés, notamment la cellulle mobilité de la police locale qui a pris toutes les mesures ad-hoc. Cette phase du renouveau de la ville basse devrait être terminée à la mi-mars 2014. Si les travaux sont évidemment plus spectaculaires qu'une simple ouverture de voirie, ils causent par contre beaucoup moins de désagréments en terme de mobilité ». En effet, devait ajouter le bg, une fois que l'engin de démolition aura percé une ouverture dans les îlots concernés, la suite des opérations s'effectuera de l'intérieur desdits îlots, sans cause d'entrave à la circulation. Les gravats seront évacués par charroi de 40 à 60 camions par jour qui emprunteront la rue de l'Industrie pour rejoindre le R9, en évitant les artères déjà saturées du centre ville. »

Enfin, P. Magnette a confirmé que le Conseil d'Etat avait annulé le permis d'urbanisme concernant l'ensemble du projet Rive gauche, et pas uniquement les « colonnades » délivré par le fonctionnaire délégué le 14 novembre 2011. De nouveaux permis d'environnement et d'urbanisme, déclarés complets et recevables, ont été introduits le 17 juillet 2013. Les permis devraient être délivrés début 2014 et les travaux être entamés durant le 1er semestre 2014, pour une durée de 30 mois.

Pour clore ce chapitre, une question de Dominique Fotia (PS) à propos du projet d'éco-quartier en cours sur l'ancien site du Martinet, à Roux.

Moyennant les 4 millions débloqués par la RW, l'ensemble des bâtiments a pu être sécurisé, indiqua le président du CPAS, Eric Massin. « Sur base d'une réflexion menée au sein du CPAS, nous avons développé un projet qui pourrait être soumis tant au Feder qu'au Fonds social Européen, qui est la création d'un nouveau circuit économique de production, en l'occurrence le maraîchage, avec le stockage, la transformation (assurée par une entreprise de réinsertion sociale) et la distribution de produits à destination des restaurants sociaux et autres épiceries sociales.  Evidemment, conclut Eric Massin, « il faudra qu'il soit retenu dans le cadre de l'appel à projets qui sera lancé dans le courant du 1er semestre 2014 par la RW et retenu par l'Europe pour obtenir des moyens de financement »l

Pour le reste, c'est évidemment, pour terminer la séance, le point relatif au nouveau règlement des artistes de rue qui allait retenir toutes les attentions.

Première à prendre la parole sur le sujet, Sofie Merckx, PTB+: « On pense qu'à priori, une réglementation peut être nécessaire dans les rues où il y a énormément de passage comme à Paris, Rome ou Amsterdam; là, les artistes de rue se battent vraiment pour les places. Mais à Charleroi, je pense que nous sommes dans un autre cas de figure. Qui plus est, le timing de ce règlement arrive à un moment un peu suspect, juste derrière le règlement mendicité. Ils étaient d'ailleurs présentés ensemble au mois de mai. On a fait un règlement pour quelques artistes alors qu'il perdure toujours des inconnues, par exemple, au niveau des critères de sélection qui prévaudront à l'octroi des permis. Ce règlement, ajouta Mme Merckx, c'est pour moi réduire encore un peu plus la notion d'espace public qui est à nous tous ». Au contraire, Charleroi à besoin d'une politique qui insufle l'art dans la rue » conclut-elle en rappelant qu'elle fut la première scène d'immenses artistes comme Piaf ou Zaz ou encore, des talents comme Michelange Montigny, sélectionné dernièrement à Belgium' s Got Talent.

« Après celui sur la mendicité, vous nous proposez cette fois un règlement pour les artistes de rue, qui est hélas, de la même veine. En instaurant un système d'autorisation administrative trop complexe pour le public concerné, en fixant un délai préalable au renouvellement des autorisations, en délivrant une autorisation précaire, en permettant à la commission d'opérer à tout moment des contrôles sur la qualité artistique des prestations, en ne donnant aux artistes de rue aucune voie de recours, en rendant quasi impossible l'accueil d'artistes de rue de passage ou itinérants, vous excluez, dans les faits, devait expliquer pour sa part Xavier Desgain, des personnes qui sont défavorisées et qui, justement, tentent de s'en sortir comme elle le peuvent en apportant aux passants un petit + qui peut rendre notre ville plus humaine et plus agréable. En plus de la complexité de la procédure, ce règlement pose des problèmes en terme de praticabilité. C'est pour nous, Ecologistes, totalement inacceptable. Je me demande vraiment ce que vous avez contre ce mime qui circule sur le marché le dimanche, contre cette femme qui joue de l'accordéon près du Centre électronique, contre cette personne qui joue parfois de la flûte dans la rue de la Montagne, contre ce vieux monsieur qui joue de l'épinette près de la gare. Je ne vois pas pourquoi vous voulez leur imposer un tel règlement. Vous voulez être les initiateurs du renouveau de Charleroi, mais manifestement, il ne sera fera pas avec tous ses habitants. Pour nous, le renouveau doit s'accompagner, nous l'avons déjà dit, d'une véritable politique sociale novatrice d'intégration qui rende espoir et dignité à tous ses habitants ».

"Comme pour le règlement mendicité, on a oublié de soulever, ajouta pour sa part Mme El Bourezgui, l'impact budgétaire de la mise en place de ce règlement et son suivi d'autant que la Ville est sous plan de gestion ».

Il n'y en aura pas, selon l'échevine Véronique Salvi, qui a piloté l'élaboration dudit règlement, précisant que les personnes qui se réuniront au sein de la commission par exemple le feront bénévolement.

Sur le fond, elle a précisé qu'avec ce règlement, l'intention n'était nullement d'exclure, mais au contraire de valoriser en évitant justement que la pratique d'un art soit assimilé à de la mendicité. « En les accréditant, comme dans d'autres grandes villes, c'est justement leur donner la possibilité d'exercer leur art en toute sérénité et tranquillité. La volonté du Collège était aussi d'éviter certains amalgames. Donc, pas de difficultés administratives, juste le fait de remplir un formulaire avec énorménent de souplesse de la part de la police administrative, une commission des artistes de rue dans laquelle siègerontt un représentant du Centre culturel, des académies, de l'asbl Charleroi centre Ville, des personnes qui s'engagent à faire de cette ville une ville ouverte, complètement bénévoles et qui sont prêtes à se réunir dès que les formulaires seront rentrés. Je ne vois pas pourquoi il faut faire une tempête dans un verre d'eau; pourquoi vous venez avec une vision aussi limitative sur un règlement qui se veut souple, qui est au contraire apprécié des artistes eux-mêmes et qui a le soutien des milieux culturels ainsi que des commerçants. Plutôt que de le dénoncer, il faut plutôt l'encourager et bien entendu, l'évaluer afin d'améliorer la vie artistique et le vivre ensemble sur le territoire de la Ville.

Le règlement sur les artistes de rue a été adopté majorité contre opposition Ecolo-PTB+ et FN.