Au Conseil communal du 16 décembre

Lundi 23 Décembre 2013 - 08:58

La police et son chef de corps largement mis à l'honneur lors de la séance du Conseil communal du lundi 16 décembre 2013. Conseil qui a également observé quelques instants de silence à la mémoire de Nelson Mandela. Une rue ou un espace public pourrait être appelé à porter chez nous le nom de cette figure emblématique et universelle de la liberté et du respect des valeurs humaines.

« Ce n'est pas tous les jours, lançait en forme de boutade le bourgmestre Paul Magnette, juste après l'approbation du pv de la séance du 25 novembre dernier, que la police reçoit de tels applaudissements. »

C'est pourtant ce qui s'est passé à l'entame du Conseil communal de ce lundi 16 décembre lorsque Philippe Stratsaert conclut sa prestation de serment qui l'officialise dans ses fonctions de chef de zone, à titre définitif, d'un corps de police également salué pour s'être vu décerner le prestigieux Ethias Prevention Awards pour l'année 2013. « C'est un moment solennel; vous êtes arrivé à Charleroi en 2003, dans un contexte pas toujours facile. Au cours de ces dix années, vous avez vraiment fait preuve d'un dévouement professionnel remarquable. Vos qualités sont connues. Vous avez su regrouper les forces et les talents et faire en sorte que nous n'ayons aucune trace des concurrences de police qui soit. Vous avez mené un travail de fond remarquable et remarqué par tous, que votre nomination vient simplement consolider. »

Un travail remarquable et remarqué, cela s'est marqué notamment au travers des actions de prévention, de harcèlement et de bien-être au travail menées sous sa houlette et pour lesquelles donc la zone de police de Charleroi vient de se voir attribuer le très couru Ethias Prevention Awards. « C'est le meilleur témoignage que nous puissions avoir de la qualité du travail accompli, devait conclure P. Magnette, avant de céder le micro à Sofie Merckx (PTB+), pour la première intervention de la soirée.

« Je n'ai plus envie de répondre », c'est ainsi qu'un responsable du CPAS aurait conclu dernièrement une interview qu'il donnait à un journaliste de la RTBf qui l'interrogeait sur la problématique des taux des allocations perçues par les bénéficiaires du RIS. « Nous constatons qu'à Charleroi, la circulaire (ministérielle datant de 2007) n'est pas appliquée. Dans ce cas, on comprend mieux pourquoi votre responsable a préféré arrêter l'interview quand cette question lui a été posée ». Et citant l'exemple de la ville de Namur (où le cpas aurait été récemment condammé pour les mêmes raisons par le Tribunal du Travail), Sofie Merckx de se poser la question: « Celui de Charleroi ne se place-t-il pas lui-même dans un état d'insécurité juridique? ».

« Le problème – pour autant qu'il y en ait un – réside dans la circulaire à laquelle vous faites égard. Contrairement à la loi, que nous respectons et qui est claire, cette dernière ne l'est pas mais nous la respectons aussi. » Et le président du CPAS, Eric Massin, lancé dans un véritable cours de droit, d'insister longuement sur les nombreuses initiatives enclenchées depuis sa prise de fonction pour augmenter le nombre de PIIS (Plan Individuel d'Intégration Sociale) et donc de bénéficiaires du taux isolé: « Tout simplement parce qu'ils ne sont pas assez nombreux (sur les 244 SDF référencés en 2010, 187 bénéficiaient d'un taux cohabitant, 243/389 en 2011, 228/366 en 2012 et, selon les estimations 171/346 en 2013). « Mais, ajouta Eric Massin, « il faut reconnaître que nous sommes confrontés à des personnes qui ne veulent pas rentrer dans ce système d'intégration sociale. C'est une vérité et une réalité. » Malgré tous les efforts entrepris quotiennenement en ce sens.

Reste alors « cette phrase via laquelle vous essayez de créer la polémique: « Retirer une phrase de son contexte, c'est relativement facile. J'attends, demain, de l'administateur général de la RTBf qu'il examine si son journaliste a bien traité, avec toute l'objectivité requise, la manière de monter son reportage et la manière dont le responsable du CPAS a été interrogé ».

« Il s'agit tout de même ici d'octroyer 270€ supplémentaires (le RIS s'élève à 6600€ annuels pour une personne isolée) à des personnes sans abri. Je ne comprends pas pourquoi vous vous obstinez à dire que vous appliquez la loi et que nous avons là une circulaire de M. Dupont qui dit clairement que si un SDF est effectivement isolé, ce dernier a bien entendu droit au taux isolé même s'il ne bénéficie pas d'un PIIS. Finalement, je crois que la seule solution pour eux est de porter plainte et d'aller devant les tribunaux » conclut l'élue du PTB.

« Nos conseillers sont déjà intervenus à plusieurs reprises pour dénoncer l'illégalité de la position de la Ville de Charleroi qui octroie le taux cohabitant et pas celui d'isolé aux SDF. Des SDF dont Xavier Desgain (Ecolo) se demande d'ailleurs pour sa part de qui diable ils pourraient être les cohabitants. « je ne comprends pas l'obstination de la Ville alors que ces personnes auraient bien besoin du taux isolé pour essayer de se reconstruire une vie et d'avoir les moyens de pouvoir le faire ».

Dernière réaction sur le sujet, celle de Malika El Bourezgui (Ecolo), à propos de l'inconditionnalité de l'allocation: « C'est ce principe qui nous fait réagir ». « Il est de mise pour l'hébergement de nuit et d'urgence, mais il ne vise pas la même législation », dixit Eric Massin.

Charleroi a été à la pointe de ce qui se faisait en matière de prévention et d'aide aux toxicomanes. Oui mais voilà, « les réponses apportées restent très partielles face à l'ampleur du phénomène » selon X. Desgain, selon qui, il semble « essentiel de remettre le travail sur le métier et de développer de nouvelles méthodes de prévention, mais aussi d'aide et de soutien à cette population en détresse ». D'autres formules nouvelles d'accompagnement sont-elles étudiées, interrogea-t-il en substance?

« Charleroi a été à la pointe de ce combat et le reste ». Selon P. Magnette, « la diversité des stratégies et des objectifs constitue une richesse à Charleroi puisqu'elle offre la meilleure possibilité d'adéquation entre l'offre de soins et la singularité des trajectoires individuelles ».

La Ville de Charleroi, a expliqué le bg,  s'est d'ailleurs inscrite pleinement dans le cadre du décret wallon relatif à l'agrément et au subventionnement des réseaux d'aide ou de soins et de services spécialisés et ce, par la création de la concertation « Assuétudes » du Pays de Charleroi. « Ce réseau structuré permet d'assurer une coordination des actions locales, de créer des collaborations ou de développer des projets identifiés par les acteurs de terrain ».

Parmi ses membres, on y retrouve de nombreuses absl, le CPAS, mais aussi 3 services communaux dépendant de la Division Prévention Drogues: Le Carolo Rue, Contact Drogues et la Cellule Recherche et Concertation. C'est cette dernière qui justement est en train de clôturer une vaste enquête dans le milieu scolaire sur l'usage des drogues. « Elle sera publiée début 2014 et, grâce aux recommandations qu'elle formulera, on pourra imaginer de nouvelles méthodes de prévention concertées ». Voilà pour le réseau de prévention.

Au plan de l'aide, le bourgmestre a rappelé que le réseau local offre lui aussi des prestations spécifiques, grâce à Diapason (prise en charge pluridisciplinaire), Transition (dédiée plus particulièrement à la problématique du sevrage), l'équipe Assuétudes (dépendant du service de santé mentale du CPAS (accompagnement psycho-social et thérapeutique), trempoline (centre d'aide aux personnes dépendantes et à leur famille).

Reste la question, déjà évoquée, des salles de consommation à moindre risques. « La Ville continue à participer au débat sans à priori, même s'il faut rappeler que l'ouverture de telles salles n'est actuellement pas possible en Belgique ».

« Malgré la diversité et la qualité du dispotitif,  je perçois qu'on n'arrive pas à faire face à l'évolution de la situation. Je pense donc qu'il est intéressant de voir ce qu'on peut faire de plus, de différent, pour faire en sorte que certains ne tombent pas dans les assuétudes et à d'autres d'en sortir. Je pense qu'à ce titre, une salle de consommation à moindre risque est intéressante et nous pourrions la tenter au travers d'une expérience pilote » conclut X. Desgain.

Pour Malika El Bourezgui, « si on veut aider les gens, il faut aussi s'en donner les moyens ». Par exemple en imaginant des référents drogues dans les écoles (milieux plus fragiles) ou en augmentant les équipements de certains centres, par exemple de Transition dont le nombre de lits serait bloqué, dixit l'élue écologiste, à dix depuis 2005.

P. Magnette: « Nous avons un dispositif parfait ou presque mais il reste une partie du public concerné qui ne veut pas entrer dans un suivi thérapeutique et pour lequel il n'y a pas de solution. C'est à ce niveau là que réside tout l'intérêt du débat portant sur les salles de consommation à moindre risques».

Une intervention, pour suivre, de M. Serge Gaëtan Bangisa (PS) relative aux installations de l'école des jeunes du Sporting de Charleroi, à Marcinelle. Des centaines de mômes s'y entraînent et se forment régulièrement à l'endroit. Mais pas vraiment dans des conditions idéales comme l'a rappelé M. Bangisa. Il y a l'état des terrains, certes, mais que dire de ces douches rendues inutilisables à cause de l'absence d'eau chaude? « Au vu de ces conditions d'entraînement, beaucoup de jeunes quittent le club. Certes, « un nouveau bâtiment est mis à leur disposition; il est vrai que les responsables ont bien reçu les clés, mais il n'est ni équipé, ni meublé, donc inutilisable ».

« C'est un dossier que l'on connaît fort bien et que l'on suit de très près » rassura l'échevine Véronique Salvi. « Sitôt que l'école aura pris possession de ses nouvelles installations (pour rappel un investissement de 2,2 millions) le chantier (300.000€) pour la réfection des anciens vestiaires pourra tout de suite être lancé ».

Mais les jeunes dans leur nouveau bâtiment, ils n'y sont pas encore. Mais pourquoi? En cause un petit retard dans les dossiers Infrasports en ce qui concerne les équipements selon l'échevine. « A ce stade-ci, la Ville de Charleroi a fait tout le nécessaire pour fournir à l'école des jeunes l'installation en parfait état de fonctionnement ». L'édile a également indiqué que l'occupation, on le sait, sera régie par le biais d'une convention (avalisée par le conseil communal en date du 4 novembre dernier) valable pour une durée de 30 ans.  Selon les termes de l'accord, elle prévoit que la Ville prenne en charge une grande partie de frais énergétiques et que le club se charge de l'entretien et de l'aménagement des terrains.

A propos de ceux-ci, « compte tenu de leur utilisation, à l'approche de la période hivernale, je peux vous dire qu'ils sont dans un état acceptable. La ville de Charleroi s'alloue par ailleurs les services d'une société compétente en la matière qui effectue très régulièrement les interventions nécessaires; un jardinier engagé par le club se charge de son côté de la maintenance au quotidien ».

Enfin, quant à la Coupole, au sujet de laquelle elle était également interrogée, Véronique Salvi a confirmé l'existence d'un marché pour sa desconstruction, prévue dans le courant 2014.

Suite au Plan de gestion, le budget annuel consacré à l'acquisition d'oeuvres d'art a été réduit de 160.000 à 100.000€. « Bien entendu, sans vouloir juger de l'apport fondamental de l'art dans nos sociétés, néanmoins en ces temps d'austérité, il est légitime, selon Malika El Bourezgui, que des citoyens s'interrogent sur ces acquisitions pour lesquelles un éclaircissement serait opportun ».

Et c'est le bourgmestre P. Magnette qui le lui apporta. On appris de sa bouche que le budget extraordinaire dédié à l'acquisition d'oeuvres d'art est effectivement de 100.000€ (le même que les six années précédentes). Quant aux achats, la politique s'inscrit dans le cadre de celle développée par nos musées, réalisées bien souvent avec le concours d'experts, selon les matières artistiques, et placées sous le contrôle d'une commission ad hoc.

« Nos collections s'inscrivent régulièrement dans des prêts réciproques avec d'autres musées ou institutions, tant nationaux qu'internationaux. Le patrimoine artistique communal (estimé à 14,7 millions, dont coût des assurances 16.201€ en 2013)) étant inaliénable, aucune vente n'a eu lieu ni n'est prévue. »

Enfin, quelques chiffres, ceux de la fréquentation de nos espaces muséaux comme demandé: Si le musée des Beaux-Arts a drainé quelques 4691 visiteurs, celui du Verre en a attiré 14.287 (Celui dédié à Jules Destrée n'étant plus ouvert que sur rendez-vous). P. Magnette a confirmé travailler sur les synergies avec le milieu scolaire et sur des pistes pour déménager le musée des Beaux-Arts vers un lieu plus adéquat offrant une meilleure visibilité.

Le 5 juin dernier, des difficultés financières récurentes avaient définitivement raison du théâtre du Vaudeville. Conscient comme beaucoup d'autres de cette perte inestimable pour le paysage culturel carolo, pour Antoine Tanzill (cdH)i, « Il est primordial pour Charleroi et sa région de combler ce vide et de créer les balises d'une reprise d'activité théâtrale populaire permettant à des comédiens amateurs de se produire dans de bonnes conditions devant un public ».

Et cette reprise d'activité théâtrale populaire justement, on n'a pas tardé à l'imaginer comme l'a souligné le bg P. Magnette. Au travers d'une plateforme présentée par plus tard que vendredi dernier baptisée Divertiscènes. « Nous déplorons tous la disparition du Vaudeville; mon équipe a très rapidement tenté de rebondir et avec l'ensemble des acteurs, nous avons construit cette plateforme dans laquelle les moyens sont mutualisés ».

Dans ce cadre, on sait que six acteurs de la place s'y sont regroupés. Il s'agit de la Ruche Théâtre, Charleroi Culture Business (Le Marignan) le Comédie Central, le Théâtre Poche, Cabaret 2000, l'Association carolo d'Improvisation, soutenus par la Ville et la Fédération Wallonie-Bruxelles ».

« Pour 2013, nous avons récupéré 25.000€ de subsides non encore consommés auxquels nous ajoutons 5.000€ (le point était à l'ordre du jour et fut voté); pour 2014, nous finalisons avec la ministre une subvention de 60.000€ à laquelle la Ville ajoute 10.000€ + des points APE pour l'engagement d'un coordinateur culturel. ».

Quid du marché vespéral? En juin, comme l'a indiqué Mohamed Kadim (cdH) qui suit avec intérêt le dossier, quatre grands scénarios étaient sur la table: la vente, la privatisation de la gestion, la rénovation des lieux et la désignation d'un syndic, voire un déménagement. « Pourriez-vous me dire vers quelle solution s'oriente aujourd'hui la Ville de Charleroi?.

« Pour le moment il n'y a pas de décision arrêtée, nous sommes en attente d'une note globale descriptive qui nous permettra de prendre les décisions finales » informa l'échevin Ph. Van Cauwenberghe. « Quoi qu'il en soit, l'objectif du Collège reste la recherche d'une solution permettant de maintenir une activité de marché de gros ».

Parallèlement, l'édile a confirmé qu'un budget d'un montant de 1,250 million d'euros (non utilisé et donc reporté en 2014) était bien prévu pour couvrir les frais de la démolition de l'ancienne halle à légumes. « Il s'avère que les estimations sont surévaluées; des pistes sont explorées pour réduire la charge de la Ville dans celle-ci ».

Une rénovation de la gare du Sud, côté Villette, on sait que le projet existe mais c'est peu dire qu'il inquiète à certains égards Xavier Desgain. Surtout après ce que le conseiller écologiste a pu lire dernièrement dans la presse (Le Vif) des explications données par Eurogare au sujet du plan d'orientation. « S'il est évident de repenser l'intégration de la gare dans le tissu urbain du côté de La Villette, et de voir naître sur cette zone un projet immobilier, n'est-il pas étonnant (qu'on) projette de recommencer une nouvelle fois l'esplanade de la gare alors que celle-ci est à peine terminée et pas encore payée par le contribuable »? «

«  Le Collège s'est en effet prononcé favorablement sur le masterplan, précisa P. Magnette, mais il va de soi que tout cela doit être traduit dans des plans précis et des demandes de permis précis ».

Selon le bg, ce plan d'orientation vise trois objectifs: primo, de densifier toute cette zone comprise entre la gare et l'ancien hôtel des Chemins de Fer: « l'idée est d'avoir là un nouveau petit quartier de ville à proximité du centre ville, avec des bureaux, du logement, du commerce local, une crèche et éventuellement des infrastructures sportives »; secundo: de lutter contre les effets cicatrice et de coupure qu'ont toujours les infrastructures ferroviaires (d'où l'idée d'une nouvelle galerie sous voie pour créer plus de transversalité, d'une placette à l'avant et à l'arrière). Mais, « rien de ce qui a été fait ne sera défait » rassure P. Magnette, ce qui va être transformé, c'est le couloir de droite (dans un état peu accueillant); on va plutôt poursuivre la rénovation entamée; tertio: contribuer à végétaliser la zone: on créerait là notamment un parc en dessous du Ring, avec une placette, qui serait le trait d'union entre les habitants de Marcinelle et du centre-ville.

Quant au projet d'une galerie verrière (de 30.000 m2?), « on ne va rien rebétonner du tout. Il s'agit de placer une nouvelle couverture vitrée et de la prolonger vers l'avant de la gare, ce qui fera de cette zone une zone baucoup plus attractive et vivante ».

« Je n'ai pas bien compris comment vous allez pouvoir réaliser ces aménagements sans défaire des choses qui ont été faites » conclut pour sa part X. Desgain, prêt à revenir avec d'autres questions une fois qu'il aura pu prendre connaissance des plans.

« Je soutiens ces remarques, on a l'impression qu'on vient juste de terminer la gare et qu'on va recommencer. Avec toutes ces nouvelles galeries et espaces commerciaux, on se demande vraiment si c'est le seul projet à Charleroi (Sofie Merckx).

Il y a quelques jours, nous quittait Nelson Mandela. Comme le rappela Latifa Gahouchi (PS), « Cet homme a donné sa vie pour lutter pour la liberté de son peuple. Et, au-delà de l'Afrique du Sud, il est un exemple universel d'abnégation, de transmission de valeurs essentielles pour notre jeunesse ». Pourquoi, dès lors, ne pas donner son nom à une rue, une place ou un espace du charleroi de demain? C'est la suggestion de la conseillère socialiste pour que Charleroi puisse contribuer au devoir de mémoire. A l'heure où la Ville est engagée dans un processus d'élimination des doublons odonymiques...

« Nous sommes plusieurs à avoir eu cette idée et je supporte pleinement cette suggestion, tout en sachant, précisa l'échevine F. Daspremont, qu'un accord doit émaner de la Fondation Mandela (qui reçoit 3000 demandes par mois). « Des premiers contacts que j'ai pu avoir, il apparaît clairement que votre proposition pourrait être retenue par la Commission royale de Toponymie étant donné la dimension planétaire et exceptionnelle du personnage. Pour ma part, si tant est que l'exception ne puisse être retenue (les 50 ans nécessaires pour que le nom d'une personne soit retenu), j'insisteterai pour qu'une place, une esplanade ou un parc puisse être nouvellement dédicacé dans l'intra-ting à Nelson Mandela. Dans l'immédiat, contact sera pris,dès cette semaine, avec le président de la Commission odonymique communale afin qu'il étudie attentivement la proposition et que celle-ci puisse être soumise à un plus proche conseil ».

Comme l'avait suggéré en début de séance J-P. Deprez (MR), le bourgmestre demanda à l'assemblée d'observer quelques instants de silence en hommage à cette figure hors du commun.

La Saint-Nicolas c'est déjà du passé mais elle a donné lieu à une belle initiative développée au sein de l'école Cobaux, le 6 décembre dernier, en partenariat avec le CECS La Garenne. Une question de Christian Meysman (PS) permit à l'échevin Serdar Kilic, sous la houlette de qui il était placé, de détailler ce beau projet de toute évidence appelé à se reproduire ailleurs dans nos étabblissements.

« Cette opération s'inscrivait effectivemùent dans le cadre du Plan Vauban; elle visait principalement 4 objectifs ». 1. développer un environnement scolaire favorable à la co-éducation en y intégrant les parents; 2. intégrer l'institution scolaire dans un processus de valorisation de quartier; 3. favoriser l'esprit de solidarité en impliquant les élèves et les enseignants d'établissements différents dans un projet commun; 4. mette en valeur les compétences acquises par les élèves et donner du sens à leurs études en les amenant à pratiquer leur futur métier, dans des conditions proches de la réalité (ici, en l'occurence pour les étudiants des sections coiffure et esthétique, prodiguer des soins beauté à quelques deux cents mamans).

« D'autres initiatives de ce genre seront conduites à l'avenir (sans doute à l'occasion du carnaval ou de la Fête des Mères) » conclut l'échevin Kilic.

Les statistiques du département de l'urbanisme en matière de délivrance de permis ne sont pas bonnes. Selon Luc Parmentier (Ecolo), « le nombre de permis pour nouvelles constructions est en chute libre pour l'année 2012: 63 permis pour une moyenne annuelle de 126, soit une perte de 50%. Le nombre de logements est en baisse lui aussi: 255 permis pour une moyenne de 269 ainsi que le nombre de logements unifamiliaux: 44 maisons contre une moyenne annuelle de 105 logements. « Ce qui donne une baisse de près de 35% de la surface habitable constructible (...). Les chiffres concernant les rénovations des bâtiments sont meilleurs (260 permis à comparer à une moyenne de 270 autorisations), mais, « la diminuition du nombre de nouveaux bâtiments semble être le fait exclusivement de notre métropole ». Ces chiffres -interpellants-, laissent-ils supposer une « gentrification », ou sont-ils le reflet « de la difficulté récurrente de notre Administration à délivrer des permis de bâtir dans des délais raisonnables »?

L'échevine Ornella Cencig: « Je vous rejoins lorsque vous affirmez que le département de l'urbanisme doit être un fer de lance du renouveau de notre métropole ».

Moins de permis délivrés pour la construction de nouveaux bâtiments? « C'est vrai, mais il s'agit d'une tendance générale. Il est vrai aussi que le nombre de permis pour la construction de logements reste quant à lui relativement stable, mais nous pouvons constater que la construction d'appartements (tout comme la rénovation du bâti existant), est en hausse de 25%. Pour l'édile, « C'est la preuve que la politique qui est menée par le Collège en vue de la redensification de notre métropole commence à porter ses fruits ».

Quant à la situation du département de l'urbanisme. « Je suis d'accord avec vous: il y a un manque criant d'effectifs ». Actuellement, précisa-t-elle, le cadre du département de l'urbanisme et des permis d'environnement est de 30 agents (respectivement 22 et 8 agents) « quand le cadre idéal serait de 42 personnes ». Les solutions pensées pour pallier cette difficulté? D'abord le Plan d'embauche. « Il reste encore 3 eq/t/p qui doivent arriver sur celui de 2012; pour celui de 2013/2014, il y en a 9, ce qui porterait le staff à 42 agents ». En attendant, ceux-ci font avec, ce qui mérite un beau coup de chapeau, insista O. Cencig , quand on sait qu'ils ont eu à traiter, en 2012, 4500 demandes émanant des notaires, 1085 demandes de permis d'urbanisme et avis dans le cadre de l'article 127, 585 dossiers pour subdivisions d'immeubles et 300 infractions urbanistiques.

Cela dit, le Plan d'embauche 2013/2014, on n'en a pas encore vu les effets concrets. « Il n'est pas facile de le mettre en oeuvre ». En cause une procédure lourde administrativement qu'O. Cencig entend moderniser. Acceptée en comité de concertation en date du 10 décembre dernier, le protocole d'accord prendra très prochainement le chemin de la tutelle. « Une fois qu'elle aura marqué son accord, nous pourrons alors lancer les recrutements tant pour le PE 2012, qu'entamer, enfin, celui pour 2013/2014 ».

Mais du personnel en suffisance, ce n'est pas tout pour l' échevine O. Cencig. Il fallait aussi penser à une réorganisation du départerment.  Les solutions en place aujourd'hui feront que, pour chaque dossier introduit, un binôme formé d'un agent administratif et d'un agent technique y sera affecté. Autre nouveauté: le travail par thèmes: certains vont être affectés au traitement des nouveaux dossiers, quand d'autres se chargeront d'épurer le passif. Enfin, une délégation de signature dans le chef du Directeur général devrait également permettre de gagner du temps. Actuellement, l'aboutissement d'une demande requiert entre six mois et 1 an. « C'est beaucoup trop long, d'autant que tous les dossiers ne se ressemblent pas;  cette nouvelle structure mise en place aujourd'hui va justement permettre d'accélérer les choses et de faire la différence entre ceux-ci ».

« Je vous remercie pour cette réponse optimiste mais c'est à peu près ce que m'avient répondu MM. Monseux et Massin il y a quelques années. Quand on pourra enfin, à Charleroi, avoir un permis délivré dans un délai raisonnable, je vous offrirai le champagne! » conclut sur une pointe d'humour L. Parmentier.

La redynamisation du centre-ville est en marche, certes, mais qu'en est-il réellement du côté de la ville-haute, et plus particulièrement de la rue Neuve? La question a été posée par Albert Frère (cdH) à l'échevin Philippe Van Cauwenberghe. « Comme vous le dites, le monde ne s'est pas fait en un jour mais nous travaillons depuis plusieurs mois au redéploiement de Charleroi ». Au travers du Plan Vauban, certes, mais aussi au travers d'initiatives qui ne devraient pas tarder à se concrétiser. Ainsi ce schéma de structure pour le développement commercial qui devrait bientôt faire l'objet d'un appel d'offres. « En attendant, nous ne restons pas les bras croisés ». Un projet de pace-making serait ainsi à l'étude par les bons soins de l'asbl Charleroi Centre-Ville pour la VH. Enfin, preuve en est de ce second souffle qui s'amorce selon Ph. Van Cau, c'est la relance des deux associations des commerçants à la rue Neuve et au bd J. Bertrand. « Comme vous pouvez le constater, on s'attelle sans relâche au redéploiement du centre-ville. Nous restons également attentifs à toute proposition cohérente et réalisable. D'ici peu, la Cité des Métiers verra le jour et ce sera aussi tout bénéfice pour le quartier ».

La période des fêtes est propice aux voeux et aux cadeaux. Mais que pourrait bien déposer sous le Gui de l'An Neuf chaque membre de l'Exécutif communal dans son domaine de compétences? Une question toute de circonstance posée par J-P. Deprez (MR). « Il faut effectivement que l'ensemble des membres du Collège puisse communiquer sur les projets et la mise en valeur des priorités qu'il entend suivre. Cela dit, le meilleur moyen pour le faire, c'est le budget, rétorqua le Bg P. Magnette. C'est lui qui matérialise le mieux les intentions politiques ». rendez-vous donc le 23 décembre. Malheureusement, ce sera sans J-P.. Deprez.

Dans le reste de l'ordre du jour, on retiendra le point 9. Il avait trait au taux de couverture des coûts en matière de déchets ménagers pour l'exercice 2014.

Il a suscité l'intervention de X. Desgain: « Je constate que ce que les gens paient sur les déchets, ça couvre plus que le coût du service rendu. Il y a donc une partie qui sert à renflouer les caisses de la Ville. Nous ne sommes pas d'accord. Pour nous, 100% du coût vérité, c'est un maximum.

« Ce taux, précisa l'échevine F. Daspremont, résulte du ratio entre les dépenses estimées et les recettes du coût vérité de la gestion des déchets. Pour 2014, il est estimé à 109%. Je rappelle que c'est une décision qui a été votée en Conseil il y a près d'un an, avec la garantie d'une paix fiscale. Ca nous permet d'autre part d'anticiper les variations du coût de l'énergie. Vous ne pouvez donc pas nous reprocher d'avoir été proactifs. Je voudrais également rappeler les nombreuses actions de sensibilisation menées par l'ICDI. Toutes ces actions sont de nature à faire baisser le coût vérité ».

« Vous avez promis une paix fisacle, mais je vous rappelle que vous avez décidé d'augmenter le prix du sac poubelle en 2014. Elle sera donc de très courte durée » avertit Sofie Merckx.

F. Daspremont: « C'est prévu pour 2015 et je rappelle que le prix du sac n'a pas augmenté depuis 20 ans ».

En étant à 109%, conclut X. Desgain, vous courrez un risque qui est que si les méthodes de prévention fonctionnement bien vous soyez au-delà de 110%, ce qui signifie des sanctions régionales ».

Le pt 18 avait trait à l'approbation du mode de passation et des conditions du marché pour la démolition des parcovilles. Là aussi intervention de X. Desgain, lequel dit ne pas comprendre le coût estimé: 1.625.054,43€ TVAC, d'autant qu'il ne s'agit pas de détruire les silos. « Effectivement, mais le travail n'en est pas moins conséquent pour autant selon l'échevin E. Goffart. Il s'agit de silos ayant une profondeur de 13 mètres pour un diamètre de 19 mètres. Cela dit, il s'agit d'une estimation réalisée par le bureau d'études de la Ville. Si un soumissionnaire remet une offre largement plus basse, mais régulière, il remportera le marché sans aucune difficulté « .

Le Conseil a finalement, avant de clôturer la séance publique, approuvé l'accord de principe relative à l'aliénation de gré à gré d'un immeuble sis n°24, bd. Audent. Il s'agit en fait de l'immeuble qui a abrité jusqu'il y a peu le Consulat général d'Italie. Il pourrait être cédé pour 615.000€. Une modique somme, selon Sofie Merckx, pour laquelle le m2 (420€ ici) serait en-dessous du prix du marché en vigueur à Charleroi, à savoir environ 800€. « j'ai l'impression que c'est peut-être dû au mauvais état extérieur du bâtiment, et donc je me demande si, en tant que Ville, on a vraiment géré ce bien en bon père de famille. J'ai l'impression qu'on a un peu laissé dépérir ce bijou de famille et que maintenant on veut vite s'en débarrasser ».

Ne vaudrait-il pas mieux en rester propriétaire, en attendant d'en titer un meilleur profit, quitte à lui trouver une autre affectation temporaire? « Il s'agit d'une simple décision de principe, mais c'est vrai, expliqua le bg P. Magnette, que nous avons envisagé toute une série d'options autres. Mais y installer des services communaux, par exem:ple, reviendrait trop cher, en raison de l'état du bâtiment en général, et de son état éngergétique en particulier. « Nous avons eu des contacts avec une série d'associations; nous étions prêts à le mettre en concession, même à des conditions très intéressantes, mais malheureusement, à ce stade, nous n'avons pas trouvé de partenaires intéressants ».

Précision de l'échevin E. Goffart: « 615.000€, c'est un montant qui serait le bienvenu dans les recettes communales. Si effectivement on arrive à en tirer ce prix (estimé par le Comité d'acquisition qui dépend du Ministère des finances), ce sera favorable pour la Ville. »

Le prochain et dernier conseil communal de l'année est donc convoqué pour le lundi 23 décembre 2013, à 18h30.