Au Conseil communal du 28 avril

Lundi 05 Mai 2014 - 08:32

110 millions d'euros, c'est le montant de l'enveloppe que la SNCB pourrait consacrer à la requalification du périmètre de la gare du Sud au travers de son plan pluriannuel d'investissements 2014/2025. L'étude d'orientation, autrement dit le Master Plan de ce qui pourrait être un des gros chantiers à venir à la ville basse-Villette a été dévoilée lors de la dernière réunion du conseil communal tenue le lundi 28 avril.

Voilà quelques temps déjà que l'on évoque ce projet de requalification du quartier de la gare du Sud. Cette fois, on en sait un peu plus grâce à l'étude d'orientation présentée en primeur, l'autre soir, en ouverture de la séance du conseil communal dont elle constituait le clou.

Mettre la gare en scène, affirmer sa présence et son rôle de porte d'entrée dans la ville: C'est autour de cette idée faîtière que devrait s'articuler le projet de réaménagement envisagé. Lequel, comme l'a indiqué le patron d'Eurogare, Vincent Bourlard, la filiale Etudes du holding SNCB, n'en n'est cependant, aujourd'hui, qu'au stade du concept.

Si tout reste discutable donc, comme il l'a bien rappelé, on en connaît cependant les lignes de force. « Les aménagements dans et autour de la gare ambitionnent de donner une nouvelle impulsion à la ville-basse et d'être le trait d'union entre celle-ci et la Villette, résumait-il; avec un triple objectif: « faire tomber la barrière ferroviaire en rendant la gare réellement translative, perméable; structurer l'espace circonscrit entre la gare ferroviaire, la Sambre, le pont de la Villette et le pont de la Résistance; développer des équipements et des espaces verts, côté Villette.

Concrètement, pour faire de Charleroi-Sud une gare translative, la SNCB ambitionne de réaliser une large galerie sous voies percée par des puits de lumière, rythmée par la présence de commerces et de services et débouchant, côté Sambre et côté Villette, sur des espaces publics généreux, attractifs et conviviaux.

Pour matérialiser le rôle unificateur de la gare entre la ville-basse et Marcinelle Villette, l'idée consisterait à recouvrir partiellement le site d'un élément architectural (sans doute une verrière) qui renforce son identité. Côté Villette, l'idée serait (comme à Liège ou à Louvain) de connecter le ring autoroutier à un nouveau parking souterrain (d'une capacité approximative de 1500 places en relation avec la galerie sous voies) et d'y ancrer une salle polyvalente.

Côté Sambre, « Notre objectif est de démolir l'ancien bâtiment du tri postal, de conserver le parking, et d'y développer là du logement et des bureaux. Des investisseurs privés et publics ont déjà manifesté leur intérêt ».

Si on démolit le tri postal, on préserve par contre l'ancien Hôtel des Chemins de Fer (1930): « Notre comptons le proposer à la promotion privée de manière à en faire un véritable hôtel dans le respect total de son architecture ». Enfin, on n'oublie pas l'aspect mobilité avec, notamment sur le site de la gare, le développement de l'intermodalité et des déplacements doux ».

« Eurogare est déjà internue à Charleroi, dans le cadre des travaux de rénovation du bâtiment principal construit par l'architecte Lambot en 1874. Pourquoi intervenir à nouveau? Car la gare de Charleroi, une des toutes grandes gares du pays, est un lieu important de la Ville, un pôle important pour son développement économique aussi, le seul lieu à concentrer, quotidiennement, quelques 26.000 personnes » devait conclure M. Bourlard.

Selon lui encore, les travaux à venir (110 millions au total que se répartiraient à concurrence de 80/30 Eurogare et Infrabel), devraient se distribuer en 3 lots une fois la convention tripartite en voie de finalisation signée: 1. réalisation de la galerie sous voies, modernisation des accès aux voies, de la structure de couverture des quais; 2.: nouvel habillage des voies du métro; 3.: parking et salle polyvalente (à ériger avec le concours d'investisseurs privés). « Ce que le groupe SNCB demande aujourd'hui, c'est le feu vert pour aller plus avant et développer un véritable avant-projet. Avant-projet qui sera, à tout moment, à concerter, c'est notre engagement, en permanence avec les autorités communales ».

« Rien de ce qui a été fait ne sera défait; on vient compléter ce qui a déjà été fait; le budget public ne viendra couvrir que des investissements, par définition, publics. Ceci est une réparation d'un sous-financement historique qui nous permettra d'avoir un quartier de la gare moderne, convivial et efficace » rappelait le bourgmestre P. Magnette.

Les réactions.

Si, côté majorité, on devait se montrer plutôt satisfait par les voix d'Albert Frère et Antoine Tanzilli (cdH), on se montra nettement plus critique sur les bancs de l'opposition avec X. Desgain et M. ElBourezgui (Ecolo) et Sofie Merckx (PTB+). « Je suis un peu perplexe, un peu scié par certaines choses qui se disent » soulignait le premier. « Alors qu'il existe un plan transport SNCB qui n'est pas bon pour Charleroi, je suis surpris qu'on vienne aujourd'hui avec un projet immobilier. D'autant que la gare a déjà été rénovée et qu'elle est beaucoup plus accueillante qu'il y a quelques années. Je suis aussi perplexe vis-à-vis de l'aménagement de l'esplanade que vous proposez devant la gare, car il y a peu de temps qu'il s''est terminé. Ce que vous proposez maintenant, c'est de refaire autre chose, toujours avec de l'argent public, et en reprenant certains éléments que nous avions proposé mais qui, à l'époque, avaient été considérés comme non utiles et non praticables ».

Sur le fond, le conseiller écologiste devait faire aussi 3 remarques. La première vis-à-vis de la verrière (qu'en sera-t-il de l'esthétique de la façade après-coup et des conditions d'habitabilité en dessous en hiver comme en été?); la seconde vis-à-vis des aménagements projetés côté Villette (à même de prolonger la traversée des usagers- pour quel niveau de sécurité?-, avec le risque de faire chuter la valeur des bâtiments qui ne seront pas expropriés) et, tertio, vis-à-vis du parking Villette dont il dit craindre qu'il ne fragilise (en terme de fréquentation), les autres gares de la région de Charleroi.

« Je voulais aussi faire part d'un certain septicisme. Bientôt, on aura quelques 10.000 m2 en plus de galeries commerçantes à Charleroi. Il me semble qu'il y a un peu pléthore » ajouta sa collègue. « Pq ne pas favoriser d'autres investissements, comme une crèche (idée aussi avancée par Albert Frère)? En ce qui regarde les investissements publics, je pense qu'au niveau de la ville, il y a aussi d'autres priorités que de recommencer des travaux qui viennent d'être terminés. »

Quant à Malika El Bourezgui: "Je regrette que ce projet qui aura des conséquences certaines pour Charleroi n'ait pas été présenté comme cela se fait d'habitude, lors d'une commission générale, pour permettre aux conseillers de mieux prendre connaissance de ce projet et d'avoir le temps de poser d'éventuelles questions".

Quant aux crèches, M. Bourlard a indiqué que la SNCB n'avait pas pour vocation d'en gérer. « Ce qui ne nous empêche pas de mettre des locaux à disposition ». De telle sorte qu' »il y en aura une dans la gare de Charleroi ».

Un surplus de commerces engendré par la galerie sous voies? « Il s'agit de commerces et de services de proximité qu'on trouve partout, dans toutes les gares d'Europe. Il ne s'agit pas de venir y installer du grand commerce et faire concurrence à d'autres rues commerçantes. Nous ferons ce que nous faisons ailleurs, et qui ne pose pas problème ».

Par rapport à l'investissement immobilier: « Nous le faisons dans d'autres villes, je ne vois pas pourquoi nous ne le ferions pas à Charleroi. Ce n'est ni anormal, ni exceptionnel. Nous ne sortons pas du gabarit de ce que nous avons fait ou faisons dans d'autres villes en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles ».

Sur la verrière anti-esthétique, éventuellement inappropriée en été comme en hiver? « Bien entendu, il faudra que que la couverture soit architecturée (et étudiée pour convenir en toute saison) avec grande qualité sans mettre en péril la qualité architecturale de la façade et sa visibilité. » Enfin, si le porte-parole d'Eurogare a dit ne pas avoir eu d'écho d'une baisse de fréquentation dans les gares avoisinantes des grands centres urbains en liaison avec la création d'un parking comme celui envisagé à la Villette, il a confirmé qu'il n'est pas question de toucher à l'esplanade de la gare, ni aux travaux qui ont été réalisés. Qui seront bien réalisés, même si, comme s'en inquiétait A. Tanzilli, les investisseurs privés devaient faire défaut en cours de route.

Il y avait aussi des interventions au menu.

Les deux premières sont venues de J-Ph. Preumont (PS). D'abord pour relayrer un gros problème de voirie à la rue Horace Pierard située entre Gilly et Montignies/Sambre; puis s'interroger (à nouveau) sur le devenir du site de l'ancienne salle club de volley VSAG, rue du Pirotia, à Gilly.

Dans le premier cas, il s'inquiète, tous comme les riverains, d'un trou large de plusieurs mètres qui éventre la voirie depuis plus de 2 an et demi. « Même si le lieu a été sécurisé, il existe toujours divers dangers (...) Qui plus est, « cette situation reste intenable pour certains riverains qui craignent toujours des inondations dans leur habitation ».

« C'est un dossier qui pose pas mal de problèmes; la situation s'est développée en 2011 à la suite du percement d'un collecteur d'égoût par des impétrants », dixit l'échevin E. Goffart. « La question est de savoir qui est responsable du dommage. De notre point de vue, ce sont les impétrants. Le Collège a désigné un avocat afin de défendre les intérêts de la Ville et, au besoin, les assigner en justice afin d'obtenir réparation du préjudice ». Affaire à suivre donc...

Quant au dossier de remise en état du site du VSAG – le conseiller a rappelé que les riverains plaident pour un nettoiement et une réaffectation en espace vert- la première a consisté à faire inscrire la démolition au budget de la Régie foncière. L'étate suivante, ce fut le lancement du dossier administratif, en date du 8 avril dernier. Il est pour l'heure dans les mains du bureau d'étude communal. « En ce qui concerne l'aménagement définitif de la zone, plusieurs alternatives existent mais le Collège ne s'est pas encore prononcé. S'il devait décider d'y affecter une utilisation publique, il conviendra d'en déterminer la nature en lien étroit avec les riverains ».

Pour la première fois en Belgique, un grand forum économique était organisé, début avril dernier à Gosselies, à l'initiative d'Africa Rise, en partenariat avec la Ville de Charleroi et l'AWEX. « Cette organisation avait pour but de montrer un autre visage de l'Afrique, en faisant valoir ses valeurs, mais aussi montrer ses compétences et ses potentialités ». Pour quelles retombées économiques, quels contacts noués? C'est ce que Serge Gaëtan Bangisa (PS) voulut savoir en questionnant l'échevin Ph. Van Cauwenberghe.

Qui commenca par donner quelques chiffres. Ainsi, 12 pays africains étaient représentés pour 119 participants également africains et 152 autres européens. Avant de citer quelques retombées, tels un accord de création d'un business club Algérie-Wallonie, conclu par le Comité wallon du Forum francophone des Affaires, ainsi qu'une série d'autres partenariats et contrats signés entre des sociétés belges et africaines. « A cela s'ajoute les retombées en termes de nuitées d'hôtels, de locations de salles, de sites visités,... Au vu du bilan plus que positif, je suis persuadé que l'événement pourrait en appeler d'autres » conclut l'édile.

La concrétisation des plans d'embauche, elle tarderait à venir et c'est bien ce qui inquiète Luc Parmentier (Ecolo). « Apparemment, les différents plans d'embauche sont au point mort alors que de nombreux services n'arrivent plus à remplir correctement leurs missions, faute de combattants ».

« L'administration m'a transmis deux tableaux extrêmement précis; je vais vous les transmettre afin que vous puissiez les éplucher en détail. D'une manière générale, indiqua le bourgmestre, il y a eu certes un ralentissement dû aux incendies survenus au Charleurope, mais l'administration met désormais tout en oeuvre pour accélérer les plans d'embauche 2012, 2013 et 2014. L'objectif prioritaire est d'aboutir à un maximum de recrutements avant la fin du premier semestre de cette année. Quant à (l'absence) de la publicité regretée par L. Parmentier aux regards de ces emplois, « Je vais demander que la plus large possible soit faite tant sur le site internet de la Ville que de celui de l'Union des Villes et Communes de Wallonie.

Le projet de grand hôpital de Charleroi menace-t-il le site de grand intérêt biologique du terril des Viviers, à Gilly? Xavier Desgain s'en inquiète, à l'instar des nombreux riverains du Comité de défense venus le dire calicots à la main.

Si la situation du site des Viviers au plan de secteur est complexe, a rappelé le conseiller, il figure au plan communal de protection de la nature comme une zone centrale de la structure écologique accueillant une faune et une flore rares. Sera-t-il possible d'assurer la compatibilité du futur grand hôpital avec le maintient de la biodiversité sur cette zone; veillera-t-on à ce que l'étude d'incidences analyse cet aspect de façon approfondie; quelles démarches sont-elles prises en ce sens,..?

« Le site des Viviers est en effet un site dont l'intérêt biologique est indénibale » admis l'échevin Cyprien Devilers. « Un dossier de l'ampleur comme celui présenté par le GHC demande un long parcours administratif, particulièrement en termes d'études d'incidences. A cette heure, le rapport n'a pas encore été déposé et donc je ne peux évidemment pas en sonder l'exactitude ni la finesse. Nous insistons évidemment, de concert avec vous, a-t-il ajouté, pour que l'impact éventuel sur la biodiversité soit pris au sérieux ». Ce sera, à ce propos, une des missions confiées aux experts de la faculté agronomique de Gemboux mandatés à cet effet. « Nous serons bien entendu très vigilants à l'achèvement de ces objectifs: Que le projet puisse développer la sauvegarde d'une zone verte significative et offrir l'opportunité d'une gestion efficace d'un site, qui, bien qu'en friche, devrait, dans l'idéal, permettre les conditions propices au maintien des espaces naturels déjà présents. Le débat est lancé et ouvert. Il devra en tout état de cause respecter les objectifs de développement économique mais également le respect de l'écosystème qui m'apparassent, en l'état et à priori , tout à fait conciliables ».

Dubitatif, X. Desgain repris brièvement la parole pour s'étonner que la Ville n'ait pas émis de recommandations précises en ce sens lors de la réunion préalable d'infomation tenue le 10 février dernier.

« Je pense que la réponse tourne un peu autour du pot car il ne faut pas se leurrer: préserver la biodiversité du site en y construisant un méga-hôpital dessus, ce ne sera pas compatible » selon S. Merckx. Pour elle, c'est clair: «Dans ce cadre, il faut chercher un autre site ».

On reste avec Sofie Merckx pour son intervention relative à la politique sociale. Justement, quelle politique sociale à Charleroi face à l'urgence sociale interrogea-t-elle? « Alors qu'environ 2500 personnes se trouveront privées de leur allocation d'insertion au 1er janvier 2015 (...) permettez-moi de m'interroger sur celle menée par le CPAS au cours de ces dernières années. » Et elle de citer, pêle-mêle, la réduction du nombre d'antennes, la diminution du nombre de familles aidées par le service Jeunesse, la diminution du nombre de personnes percevant une attestation de sans-abri, le pourcentage inquiétant (40% selon les chiffres du président du MOC) des demandes d'aide refusées, etc. « Les situations dramatiques sont légion, engendrées par une pauvreté galopante, et, parallèlement, les mesures restrictives se multiplient de la part du CPAS, ce qui est juste le contraire de ce qu'il faut faire ».

Eric Massin: « Je ne sais pas quoi penser de l'intervention de Mme la conseillère. Parce qu'elle mélange les approximations, elle mélange les chiffres, je me pose donc la question de la pertinence de sa question compte tenu que tout ce qui l'intéresse ce sont ces propres chiffres à elle. Le moment du débat a eu lieu et il a été largement ouvert, et donc, par l'intermédiaire d'une question, on en revient, finalement, à poser une multitude d'autres questions sur certains éléments dans lesquels il y a largement des contre-vérités, voire des mensonges». Tout cela vire au populisme de bas étage » martela le président du cpas.

Le nombre d'antennes est en diminution? « Si vous aviez lu le plan de gestion, ce n'est pas pour ne pas rencontrer les demandes, mais pour en assurer une meilleure gestion, par l'entremise d'équipes plus importantes;

Le service Jeunesse qui a connu une diminution du nombre de familles aidées? « Oui, car, dans un autre secteur (SPJ, SAJ,...) on a tendance à renvoyer la patate chaude au CPAS; »

La mise en place de balises pour analyser l'état des besoins des bénéficiaires? "Il y a des conditions légales et des règles à respecter et c'est la raison pour laquelle on est passé de 700 attestations de sans-abri en 2008 et 2011 à 400 en 2013;

Quant aux propos du président du MOC, « J'ai beaucoup de respect pour lui mais, malheureusement, il se trompe. Nous avons eu, sur l'année 2013, 79.881 demandes d'aides individuelles et 18.886 décisions négatives, soit 23,6%. Nous sommes très loin des 40%. Seuls 311 recours ont été introduits ». Au même titre, a contesté Eric Massin, "Il n'y a pas 8000 bénéficiaires du RIS, mais 5200. Nous sommes donc très loin de votre affirmation péremptoire selon laquelle le CPAS prend des mesures restrictives dans l'interprétation de la loi. Je m'insurge en faux contre cela!.

Quant à l'avenir, et ce qui se profile à l'horizon: « Oui, nous allons réagir, évidemment. Nous y réfléchissons depuis plusieurs mois. On y pense aussi au gouvernement puisque les chiffres, comme les conditions bougent ».

Pour le reste, vis-à-vis du plan de gestion et des mesures d'économie qu'il préconiserait, « ce plan est aussi un plan de pilotage général. Si, demain, nous connaissons des difficultés budgétaires, nous retournerons bien évidemment vers la Ville dans le cadre d'une modification budgétaire ».

S. Merckx: « Je ne peux que constater que les questions que je pose irritent fortement l'échevin. Même 23,6% de décisions négatives, cela signifie que des gens, en soufrance, viennent demander de l'aide et qu'elle n'est pas rencontrée. Je n'hésiterai pas à revenir et à ramener la réalité des gens au Conseil communal. »
Le mot de conclusion de la part de Malika El Bourezgui (Ecolo): « Si le gouvernement revoit sa position, c'est sans doute parce qu'il s'est rendu compte qu'une catastrophe sociale s'annonçait. Quant aux 311 recours: « Je rappelle que lorsque l'on est très précarisé, on n'a plus tellement la force ni le réflexe de se lancer dans des recours en justice . Ce chiffre de 311 recours n'est donc pas un bon indicateur de la situation».

Comme d'autres, Antoine Tanzilli se félicite de l'état d'avancement des travaux dans le cadre du projet Phénix. En ce qui concerne le centre de distribution urbain, ils sont ainsi terminés à 95% et on n'attend plus que la mise en exploitation. Oui, mais à quelle date et gérée par quel(s) opérateur(s) et pour quels commerçants intéressés, interrogea en substance le conseiller humaniste?. « A ce stade, l'étude arrive à son terme » indiqua l'échevin Ph. Van Cauwenberghe. Nous avons reçu il y a peu de temps le dernier rapport provisoire et le rapport final ainsi que le cahier des charges relatif à son exploitation;ils seront d'ailleurs prochainement présentés en Collège. Je rappelle que l'objectif du CDU est avant tout de désengorger le centre ville en y optimisant le transport de marchandises. Nous l'envisageons comme une véritable plate-forme de transit et de stockage, mais pour d'autres services également ».

A priori, précisa l'édile, aucun type de commerce n'est exclu, même si on sait qu'il ne sera pas adapté aux transports de denrées alimentaires. « Afin d'optimaliser le CDU, une série de contraintes réglementaires est encore à affiner (adaptation des horaires de livraison, circulation des camions dans certaines zones, etc). « Même si des contacts ont déjà été entrepris, il est encore trop tôt pour vous parler d'un éventuel exploitant ». D'où, pas de date précise quant à son ouverture. « Nous nous attelons à ce que cela se fasse le plus vite possible ».

« C'est un dossier que nous suivons et l'hypothèse d'aller au-delà de la simple distribution commerciale est une piste intéressante pour ce projet. Gardons cependant à l'esprit que la Commission européenne exerce le plus strict contrôle sur l'exécution des fiches Phénix et que, donc, en 2017, nous devrons êtres prêts » termina pour sa part A. Tanzilli.

Quatre questions d'actualité étaient à l'ordre du jour.

La première fut posée par Sofie Merckx. Renseignements pris par elle après une scène vécue en centre-ville dernièrement, la conseillère s'est dit  stupéfaite d'apprendre que tous les véhicules de police en mission non urgente doivent payer le parking. « A l'heure où votre politique en matière de sécurité est de ramener du bleu dans la rue, ne trouvez-vous pas cette mesure à la fois improductive et à la limite du ridicule »?

Réponse du bourgmestre: « L'art. 14 du règlement relatif au stationnement des véhicules prévoit que tous les véhicules prioritaires sont éxonérés de redevance. Il faut entendre par véhicules prioritaires, tous les véhicules faisant partie de la zone de police locale de Charleroi, de la police fédérale, du TEC Charleroi et du SRI. Ce qui peut arriver, c'est qu'une redevance soit apposée sur un véhicule banalisé de la police. La procédure veut, en ce cas, que le membre du personnel identifié comme étant le conducteur du véhicule adresse au cabinet du Chef de Corps les éléments relatifs à la mission éxécutée. Dès l'instant où il apparaît que les raisons opérationnelles sont évidentes, un courrier est adressé à la RCA afin de faire annuler ladite redevance. Ce qui a toujours été le cas jusqu'ici. ». Pour info, P. Magnette a indiqué que 18 demandes d'annulation (toutes rencontrées) avaient été adressées en ce sens depuis le 1er janvier 2014.

Une question de Luc Parmentier pour suivre au sujet du service propreté, et plus précisément du plan de redynamisation présenté dernièrement au Collège par le Directeur général. Quels en sont les grandes lignes, et quel est le calendrier interrogea le conseiller écologiste?

« Le Directeur général n'a, à ce stade, pas présenté de plan d'actions même s'il a soumis au Collège une méthodologie basée sur un processus d'analyse en vue de mettre en exergue les pilliers de la redynamisation du fonctionnement de la Division propreté » indiqua l'échevin C. Devilers. Les objectifs de ce processus? D'une part, accroître le service rendu à la population, de l'autre, améliorer les conditions de travail des agents. Appuyé par le Collège, un groupe de travail a donc été mis en place, a encore indiqué l'édile. Se réunissant une fois par mois, sa mission est de relever les problèmes rencontrés sur le terrain, de réfléchir aux améliorations à apporter aux organisations, aux difficultés rencontrées par la hiérarchie et, à terme, de dégager des pistes de solutions. « Cette méthodologie de travail demande de prendre le temps opportun à la préparation du changement ».

Elle se divise en 4 étapes: 1. Enquête auprès des membres du personnel de terrain, encadrants et non encadratns (février 2014); 2. analyse des résultats (mars 2014); 3. formulation de propositions (mai 2014); 4. propositions finales soumises à l'Autorité en juin. » Nous sommes donc à l'étape 3 de la démarche. Les actions à proprement parlé doivent encore être discutées par le Collège. Une présentation pourrait ensuite être envisagée au Conseil communal. »

« Je reviendrai donc vers vous en temps utiles car Charleroi à de gros problèmes de propreté et il serait vraiment grand temps de s'y mettre afin qu'elle redevienne ce qu'elle a été dans le passé » conclut L. Parmentier.

La régularisation de la situation des enseignants, c'est ce qui a susicité une question de Mohamed Kadim (cdH) auprès de l'échevin Serdar Kilic. « Il me revient qu'à ce jour, un certain nombre de dossiers ne sont pas encore traités alors que l'année scolaire approche à grands pas » s'inquiète le conseiller.

« Dès janvier 2013, sous mon impulsion, des pistes ont été dégagées pour résorber le retard. On parle ici approximativement de quelques 900 dossiers » expliqua l'édile. « L'objectif était de résorber dans un délai de deux ans l'ensemble des dossiers en soufrance depuis 2007. C'est mission accomplie », s'est félicité Serdar Kilic, « puisque, à ce jour, il est quasiment, voire complètement, à 99,99%, résorbé pour tous les niveaux d'enseignement et qu'aucun nouveau retard n'est à déplorer ».

La coupe du monde de « futebol », c'est dans quelques semaines. J-.P. Deprez (MR) en est convaincu: « elle pourrait nous valoir de bien belles satisfactions » et être à l'origine d'un fort engouement populaire. Pour lui, une seule question s'impose dès lors: « Quel dispositif la Ville a-t-elle mis en place pour encadrer, en toute sécurité, cette liesse populaire?

Ph. Van Cauwenberghe: « C'est à ce titre que le Collège a prévu d'installer sur la place du Manège un écran géant ». Devraient y être diffusés, dixit l'édile, la cérémonie d'ouverture ainsi que la rencontre Brésil-Croatie ( match d'ouverture) le 12 juin, tous les matchs des Diables Rouges, certains matchs phares et, dans tous les cas , les demi-finales et finale.

Le dernier match amical des belges le 7 juin (contre la Tunisie) sera également diffusé sur cet écran géant. La mi-temps sera animée par le Grand Jojo, qu'on retrouvera pour un concert complet le 17 juin, après le 1er match des Belges contre l'Algérie.

Quant aux animations, plusieurs sont prévues, notamment un spectacle de danses brésiliennnes, la réalisation d'un Tifo aux couleurs de la Belgique, la décoration de vitrines en collaboration avec l'asbl Charleroi Centre-Ville et l'UCAC. « Comme vous le voyez, nous mettons tout en oeuvre pour faire de cette fête du foot un véritable événement populaire à Charleroi et au centre-ville ».

Pour le reste, le Conseil a approuvé le règlement communal définissant les conditions d'octroi de l'autorisation permettant l'activitation séquentielle, et sur demande, des bornes télescopiques limant l'accès aux zones piétonnes. A la demande de X. Desgain (Ecolo), P. Magnetta précisa que » c'est la souplesse qui est visée ici; le règlement vise a permettre aux riverains d'avoir une carte d'accès contre un dépôt d'une caution de 50€ pour accéder aux zones à tout moment pour une petite course. Bien entendu, il faudra se fier à la correction des riverains ».

Toujours à la demande de X. Desgain, il précisa que le premier dispositif a être activé sera celui placé autour de la Place de la Digue (nuit du 2 mai). « Les autres le seront une fois les chantiers finalisés et l'ensemble des contrats de maintenance attribué ».

Le Conseil a également approuvé la désignation des délégués Ville au sein de l'Intercommunale ORES. Pour le PS: Latifa Gahouchi, Bernard Van Dyck, J-Ph. Preumont; pour le MR: Cyprien Devilers; pour le cdH: Albert Frère.

Une série de poins urgents (79 au total) étaient également au programme.

« Je me demande si vous essayez de battre une sorte de record. Je me suis déjà insurgée contre cette pratique et donc je continuerai à m'indigner de cette façon de procéder » (Sofie Merckx).

A propos de points urgents justement, le sixième avait trait à la délégation, au Collège communal, de l'octroi des subventions motivée par l'urgence ou en raison de circonstances imprévues et impérieuses. Sur la forme, L. Parmentier s'est dit surpris de l'urgence – la réforme a été introduite sur base du décret du 31 janvier 2013,- et sur le fond, il a dit craindre que, sur base de l'art 4 dudit règlement, que les subventions versées aux associations ne fassent plus l'objet d'une décision du Conseil. « Ne faudrait-il pas dès lors modifier cet article en stipulant que, au cas où, le Conseil soit informé et puisse prendre acte de la décision du Collège »?

Tout-à-fait, a convenu P. Magnette. Cela dit, « la chose est prévue par le Code de la Démocratie Locale et nous respectons toujours le Code ».