Au Conseil communal du 14 juillet

Mercredi 23 Juillet 2014 - 08:48

Le Conseil communal s'est réuni ce 14 juillet sous la présidence du Bourgmestre Paul Magnette. Après l'approbation du procès-verbal de la séance du 23 juin, le Directeur général et la Direction du budget ont présenté au Conseil la modification budgétaire numéro 2. Une modification qualifiée par le Directeur général de « rassurante et conforme à la ligne budgétaire communale, s'inscrivant dans la trajectoire définie depuis plusieurs exercices. » Cette modification a un impact limité sur le budget communal tel que défini et son principal mouvement est l'intégration du prêt d'aide exceptionnel dont les modalités d'intégration ont été négociées avec l'autorité de tutelle. Relevant différents points de cette modification budgétaire, Luc Parmentier (Ecolo) regrette notamment la diminution de la dotation de la zone de police dont les meilleurs éléments quittent Charleroi, l'augmentation de celle de la RCA « appelée à combler les déficits de la piscine Hélios et, demain de celle de Marcinelle ainsi que du futur centre de distribution. » Le Conseiller déplore le report de certains projets en 2015 ou 2016 alors que l'on a l'impression que certaines zones sont en jachère, que la reconstruction de certaines écoles tarde, de même que les travaux à l'Hôtel de Ville et à son beffroi, et plus généralement, de travaux portant sur l'amélioration du cadre de vie. « Encore une fois, adresse le Conseiller au Collège, ces préoccupations ne semblent pas vous intéresser au-delà des mots ou des intentions. ».

Christian Meysman (PS) intervient ensuite qu sujet du désherbage de la place Wauters à Marchienne qu'il décrit envahie de végétation ainsi que le talus de la rue des Carrièrees et le tunnel de la rue de Zone, souvent impraticable en cas de pluie pour cause d'égoûts bouchés. L'Echevin Devilers a précisé que la place avait été entretenue les 23 et 25 mai derniers et que la demande quant à la rue des Carrières avait été transmise au service compétent. L'Echevin a ensuite évoqué les nouvelles dispositions légales quant à l'utilisation de pesticides compatibles avec un développement durable, entraînant une adaptation des services vers des méthodes plus contraignantes et plus lentes au sein d'un planning de plus en plus complexe. L'Echevin de l'Environnement a également rappelé les obligations des riverains quant à l'entretien et au désherbage des trottoirs. Eric Goffart, Echevin des Voiries, a précisé que l'entretien du tunnel sous voies mentionné par le Conseiller faisait l'objet d'une convention avec Infrabel. Les avaloirs ont été curés. Contact sera pris avec Infrabel quant aux avaloirs défectueux. Le Conseiller a appelé la Ville à montrer l'exemple en la matière, exemple qu'il espère suivi.

Xavier Desgain (Ecolo) a sollicité des précisions quant aux objectifs de la Ville dans la lutte contre le réchauffement climatique, évoquant le bilan carbone réalisé en 2008 qui indiquait de nombreuses pistes d'action à mettre en oeuvre. Le Conseiller a demandé quelles avaient été les mesures mises en place pour atteindre ces objectifs et pourquoi Charleroi n'avait toujours pas marqué son adhésion la convention des maires qui engage ses signataires à atteindre une réduction de 20 % des gaz à effet de serre d'ici 2020 ? L'Echevin de l'Environnement Cyprien Devilers a rappelé que l'étude mentionnée était un bilan, n'entraînant pas une fixation d'objectifs précis. L'ensemble de démarches définies est lié au coût de sa mise en en oeuvre et la conjoncture actuelle ne permet pas d'allouer une part substantielle de budget à ce projet. La réduction des gaz à effet de serre reste cependant un enjeu majeur, des résultats positifs ont pu être obtenus et la Ville mène une politique volontariste à ce sujet, en fonction des moyens dont elle dispose. Ainsi, le développement durable et l'efficacité énergétique sont un leitmotiv de plusieurs éléments du projet Charleroi DC. Charleroi préfère ne pas aller plus vite que ce que réclame la législation afin d'assurer la situation et un développement intelligent. Xavier Desgain déplore que la Ville ne rejoigne pas la convention des maires, ce qui risque de la mettre en retard, y compris d'un point de vue économique, quant aux technologies à mettre en oeuvre. Selon Conseiller, les grands projets doivent constituer une vitrine de ce qui se fait de mieux en matière de réduction des gaz à effet de serre et de développement durable. Il est important que la Ville s'engage dans ce mouvement afin de marquer sa volonté politique et d'y jouer un rôle constructif, si pas de moteur.

Jean-Philippe Preumont (PS) s'est, pour sa part, étonné de la quasi absence carolorégienne au sein du bilan 2013 de l'Institut du Patrimoine Wallon (IPW), le seul dossier carolorégien repris dans celui-ci étant un dossier de maintenance de la Résidence Albert, rue Meurée à Marcinelle, oeuvre de l'architecte Marcel Leborgne. Le Conseiller a demandé s'il existe des pistes à explorer pour rénover certains bâtiments exceptionnels de notre ville, qu'ils soient publics privés. En existe-t-il un cadastre ? Ce type de travail participerait probablement à l'embellissement de nos rues comme cela se fait progressivement à Liège ou à Mons. Mohamed Fekrioui, Echevin du Patrimoine, a rappelé que les bâtiments carolorégiens les plus récemment classés sont la Cité de l'Enfance (2013) et la maison Gaspard (2014). Charleroi est une ville jeune et la création d'un échevinat du patrimoine date de 2012, ce qui peut expliquer son nombre limité de bâtiments classés comparativement à d'autres grandes villes. La Région wallonne entreprendra cette année la réalisation de fiches sanitaires pour l'ensemble des bâtments classés à l'exception de ceux qui font l'objet d'un certificat de patrimoine. Celles-ci pêrmettront de dégager des priorités d'intervention. A Charleroi, les bâtiments classés ui font l'objet d'un certificat de patrimoine sont l'Hôtel de Ville, le bâtiment Gramme, la caserne Trézignies, la chapelle N-D des affligés, la chapelle du Calvaire à Montignies-sur-Sambre, l'immeuble des pianos De Heugh, la maison Darville, la maison dorée et le théâtre Varia. Au niveau du petit patrimoine populaire wallon, la rénovation de la statue du mineur du monument international aux victimes du travail va prochainement être proposée au Conseil communal. Des petits travaux de restauration de la chapelle St Fiacre suivront. Le dossier de rénovation des toitures de l'Hôtel de Ville sera bientôt présenté, suivi par ceux de la mise en conformité incendie et du désamiantage de la salle des fêtes. Le Conseiller a attiré l'attention de l'Echevin sur le dossier problématique du théâtre Varia, celui de la brasserie de l'Union à Jumet, et sur l'état intérieur de la tour de Gosselies.

Mohamed Kadim (Cdh) a interrogé le Bourgmestre quant à l'opération Vauban 2 à Gilly. Peut-on en dresser un premier bilan, les opérations de police et de la cellule logement ont-elles déjà démarré ? Gilly bénéficiera-t-elle d'animations estivales type « Quartiers d'été » ? Où en est la mise en place du Conseil de participation ? Paul Magnette précisa que 2 grandes opérations de police avaient eu lieu les 25/3 et 25/4. Statistiquement, on trouve donc un peu le même type de résultats que pour Vauban 1 à la ville haute, avec une intensité moindre, les problématiques rencontrées étant moins intense sur la zone de Gilly. Des opérations de police se répèteront dès ce mois de juillet. Les dossiers des contrôles de la task force logement sont en cours de traitement. Il était un peu court d'organiser des animations cet été, l'opération venant d'être lancée, on a donc essayé d'étendre celle de la ville haute, notamment la roller parade. La mise en place du conseil de participation est prévue. Des réunions d'information ont eu lieu à ce sujet les 19 et 23/6. Une réunion d'information est également prévue en septembre et le lancement du conseil de participation devrait intervenir le 22 septembre. Le Conseiller interrogea ensuite le Bourmestre quant aux possibilités d'une opération Vauban 3, qui lui répondit par l'affirmative. Malika El Bourezgui (Ecolo) s'inquiéta de la poursuite simultanée de Vauban 1 et Vauban 2, la délinquance et les trafics se déplaçant. Le mayeur expliqua que c'est la raison pour laquelle les opérations sont coordonnées, afin de ne pas disperser les moyens. Il souligna que l'on compte également beaucoup sur les aménagements et animations de la ville haute pour générer une dynamique positive.

Luc Parmentier (Ecolo) intervint au sujet du marché dominical sous tension, les commerçants se plaignant de l'insécurité grandissante : agressions, vols à la tire, menaces, nuisances, bagarres, etc…Un sentiment d’autodéfense est en train de s’installer et certains maraichers s’arment pour pouvoir se défendre. La demande des ambulants : une présence policière accrue lors de leur installation et une réactivité policière plus importante. Le Bourgmestre Paul Magnette a eu écho de ces interviews dramatisant la situation, mais précisa que ce sentiment d'insécurité n'était pas répercuté et qu'il ne s'agit pas d'un phénomène généralisé. Au contraire, on note une diminution du phénomène de mendicité iomportée et organisée et les commerçants du marché dominical se renouvellent, signe de sa bonne santé. Des patrouilles de police sont présentes dès les premières heures du marché, renforcées par les agents de quartier du secteur. Le conseiller qualifia le problème de cyclique, ayant déjà eu à intervenir sur le sujet.

Maxime Felon (PS) intervint quant à l'avenir de la plaine de jeux de Marchienne-au-Pont dit « plaine de Bomerée » inaugurée voici 60 ans à Montigny-le-Tilleul. En 2010, la Ville s’est vue dans l’obligation de fermer ce site pour raisons budgétaires. Sa mise en vente ou une reconversion en entrepôt logistique aurait été évoquée. Il semble que la Commune de Montigny-le-Tilleul doive régulièrement intervenir aux abords du site afin d’éviter les désagréments causés par l’abandon et le manque d’entretien par les autorités carolorégiennes.L'Echevin des Bâtiments Eric Goffart expliqua que le bâtiment actuel sert, depuis sa fermeture, de lieu de stockage, principalement pour le matériel des PEPS. L'objectif est de préserver le site autant que possible. Quant à son avenir, le plan de gestion vise clairement son aliénation. Toutefois, compte tenu de son passé minier, des analyses approfondies ont été demandées quant à sa situation environnementale.

Parmi les questions d'actualité, Luc Parmentier (Ecolo) évoqua le point 43 du Conseil Communal du 23 juin, approuvé, relatif aux mode et conditions de marché et au cahier Spécial des charges concernant l’adjudication ouverte portant sur la réhabilitation et la transformation de 3 immeubles sis avenue de l'Europe 9, 11 et 13 à 6000 Charleroi. Or ces 3 bâtiments dont l’ancien « Bubble-Gum » se situent dans le périmètre de Charleroi-DC coincés entre les rénovations du Palais des Expos et celles du PBA. N’est-il pas prématuré de « figer » cet espace central qui pourrait, demain, être en totale inadéquation avec le projet Charleroi-DC, ne faudrait-il pas « attendre » avant de lancer cette adjudication ? Le Bourgmestre Paul Magnette précisa que ces projets ne sont pas figés et évoluent avec le temps. Les projets de Charleroi DC ne supposent pas la disparition de cet îlot, mais si dans leur développement la nécessité de démolir ces immeubles s'imposait, il serait encore possible de le faire.

Albert Frère (Cdh) s'intéressa à la deuxième édition du festival Rire sur la ville, à la programmation modifiée à cause de la pluie. Le Conseiller demanda un premier bilan de cette édition 2014. Est-ce qu’une baisse de fréquentation a été constatée à cause de la météo détestable ? De quelle manière la communication s’est-elle déroulée durant le week-end ? Les spectateurs ont-ils été suffisamment informés des changements ? Des aides supplémentaires à charge de la Ville ont-elles été engendrés suite au Plan B des organisateurs ? Le Mayeur expliqua qu'il s'agit d'une initiative privée sooutenue par la Ville, et qu'un bilan n'a pas encore été établi. Le plan B avait été pensé avant ces événements, les contacts établis avec le PBA et l'Eden, vers lesquels spectacles et spectateurs ont été orientés. Les informations quant à ces changements ont été communiquées via BEL RTL, partenaire de l'événement, via Facebook, et par les bénévoles du festival. Aucune aide supplémentaire de la Ville n'a été nécessaire, au contraire. L'organisation d'une troisième édition dépendra d'une évaluation menée avec les organisateurs.

Si les points de l'ordre du jour ne donnèrent pas lieu à de longs développements, plusieurs points en urgence avaient été ajoutés à celui-ci, dont plusieurs procédures en extrême urgence concernant des expropriations dans le cadre du projet Rive gauche. Un point concernait un hall industriel, rue Chapelle Beaussart, propriété de la Ville. La Ville était à la recherche d'un acquéreur, faute d'acheteur elle en a trouvé un occupant; une société couvinoise de livraison de matériaux de construction qui prendra ce bâtiment en emphitéose avec option d'achat, libérant ainsi la Ville des charges (taxes, sécurisation...) engendrées par ce hall inoccupé. Xavier Desgain (Ecolo) attira l'attention du Collège quant à l'importance de cette zone d'activités économiques, comprenant des entreprises de qualité, et l'intérêt d'améliorer son image. Une amélioration qui pourrait passer par la rénovation des voiries et clôtures, pour laquelle le Conseiller évoque la participation des entreprises complétée d' une intervention de la Ville ou de l'intercommunale Igretec. Le Bourgmestre l'assura de l'attention de la Ville, Eric Goffart, Echevin des voiries, précisa que la plupart des voiries de cette zone étaient en copropriété entre les entreprises du site. Enfin, le dernier point de cette séance publique, issu du Collège extraordinaire de ce jour portait sur la poursuite de l'amélioration de l'insertion du stade du Pays de Charleroi dans son quartier, et de son image, pour laquelle la Ville souhaite recourir à Igretec afin d'en rédiger le cahier des charges et organiser le concours d'architecture.