BSCA : C’est parti pour l’allongement de la piste!

Mercredi 08 Mai 2019 - 15:26

Les travaux d’allongement de la piste de l’aéroport de Charleroi ont officiellement été lancés ce mercredi matin. A terme, c’est-à-dire au printemps 2021, celle-ci aura un gabarit de 3200 mètres contre 2550 mètres aujourd’hui. Un atout pour Brussels South Charleroi Airport qui vise les 10 millions de passagers à l’horizon 2026. L’investissement (30 millions d’euros) devrait aussi, dans la foulée, générer environ 1500 emplois et réduire les nuisances pour quelques 5000 riverains situés dans la zone.

Voilà près de vingt ans qu’on en parle. Le premier permis délivré date même de 1997! Mais, d’études d’incidences en recours, il avait été à chaque fois reporté. Cette fois, c’est une réalité : Le projet d’allongement de la piste de BSCA est arrivé en bout de piste et est entré dans sa phase concrète avec l’entame (officielle) des travaux pas plus tard que ce mercredi matin, sur les hauteurs de Gosselies.

Après celui du futur Grand Hôpital de Charleroi sur le site des Viviers, à Gilly, voici quelques semaines, c’est donc un autre projet pharaonique qui aboutit en l’espace de peu de temps en terre carolorégienne. De bon augure en terme de développement industriel et économique pour la région de Charleroi mais également, ce qui est loin d’être négligeable, l’occasion de faire d’une pierre deux coups avec, dans le cas présent, la réduction espérée des nuisances pour une large partie de la population riveraine de l’infrastructure.

« Passer de 2550 mètres à 3200 mètres ouvrira la porte à de nouveaux horizons pour notre aéroport. Dans notre stratégie de développement, cet allongement permettra de nous élargir sur deux axes. D’un côté , de nouveaux types d’aéronefs, avec un rayon d’action plus large, pourraient décoller depuis notre tarmac offrant davantage de possibilités, en terme de destinations. Il sera, en outre, possible aux compagnies aériennes d’optimiser leurs vols par l’ajout de petit cargo, en plus des passagers. Il est donc primordial de poursuivre le développement de l’aéroport et diversifier nos activités afin de prendre une place importante sur la scène aéroportuaire internationale, tout en ancrant notre rôle socio-économique pour la région » déclarait Laurent Levêque, président du Conseil d’administration de BSCA.

Du même avis, le ministre wallon en charge des aéroports Jean-Luc Crucke, présent parmi les nombreux invités du jour : « Cet allongement de piste est un atout indéniable pour l’aéroport de Charleroi afin de lui permettre de poursuivre son développement et faire de cette plateforme un véritable hub en accueillant de nouveaux types d’avions dont le rayon d’action sera plus large et offrira donc aux passagers de BSCA de nouvelles destinations. Les retombées économiques en termes d’emploi seront également très importantes. On ne redressera pas la Wallonie si on ne redresse pas Liège et Charleroi. Et les aéroports sont deux vecteurs importants de celui-ci. On se devait, au travers de cet investissement qui devrait générer quelques 1500 emplois, de le faire dans une dynamique positive ».

A propos de l’investissement, on parle donc d’une enveloppe de 30 millions pour ce chantier qui sera finalisé mi-2021. 30 millions auxquels s’ajouteront quelques 11 autres millions pour des investissements dits de « parachèvement » qui verront la mise en place d’une nouvelle signalisation, d’une nouvelle porte d’entrée, la construction de nouveaux bâtiments dévolus notamment aux Douanes ou encore l’ouverture d’une ligne de bus au départ de Fleurus afin de mettre BSCA en phase avec les besoins de mobilité alternative actuels. La SOWAER, propriétaire de l’aéroport, en profitera aussi pour mener à bien une grosse opération de rénovation de l’existant. Dont coût : 4,5 millions.

Un allongement profitable aux riverains

Développement économique, création d’emplois, répercussions positives pour bon nombre de sociétés locales sollicitées,… Mais les riverains dans tout cela ?

Selon Luc Vuylsteke, président du Comité de Direction, après coup, « Beaucoup plus de riverains ressentiront une amélioration de la situation acoustique car les avions partiront de plus loin sur la piste ». Dans la mesure où 88% des décollages se font vers Jumet, la situation devrait donc être améliorée pour près de 4500 immeubles selon les estimations.

Quant aux nuisances qui pourraient être occasionnées durant la durée du chantier, la SOWAER, propriétaire de l’aéroport», se veut aussi rassurante. Des dispositions ont ainsi été prises dit-elle pour l’aménagement des itinéraires du charroi en dehors des zones d’habitations, pour la conduite limitée des travaux en nocturne, pour la limitation des incidences dues aux vibrations ou aux poussières. Des mesures ont aussi été prises pour garantir au minimum les incidences sur le trafic, permettre l’accès au cimetière, forunir l’information aux riverains les plus proches via, notamment, l’ouverture d’une ligne spécifique qui renseignera, chaque semaine, le planning des travaux programmés sur son site internet.

On ne s’attendait pas à moins compte tenu du caractère « gigantesque » du chantier. Quelques chiffres pour en cerner l’ampleur : Il nécessitera le déblai ou le remblai de quelques 330.000³ de terre ; la pose de 45.000 tonnes de revêtement hydrocarbonné, de 7800 mètres d’égouttage, 176 km de câbles, la création d’un nouveau bassin d’orage de 12.400 m³, etc. Néanmoins, « Les capacités opérationnelles de l’aéroport seront assurées durant toute la phase de travaux » assure la SOWAER.

Un aéroport qui, soulignons-le, a permis à près de 8 millions de passagers de s’envoler en 2018 vers plus de 170 destinations réparties en Europe, Nord de l’Afrique et Moyen-Orient. A ce jour, BSCA compte sept compagnies aériennes partenaires, à savoir Ryanair, Wizz Air, Airlines, TUI fly, Air Corsica, Belavia et Air Belgium.

On ne doute pas un instant que la perspective de ses futures capacités donnera des idées à d’aucunes de rejoindre son giron…