Sauvegarde du Haut Fourneau 4: Une étape supplémentaire dans la bonne voie

Jeudi 07 Mars 2019 - 14:54

Un pas de plus dans la bonne voie en ce qui concerne la sauvegarde du Haut Fourneau 4 de Carsid, à Marchienne: Il figure désormais en bonne place sur la liste régionale de sauvegarde des biens immobiliers. La décision a été annoncée, ce jeudi, par le ministre wallon en charge du Patrimoine, René Collin. La Ville et les acteurs locaux ont maintenant 12 mois pour présenter un projet cohérent et structuré autour de cet emblème sidérurgique de Charleroi. Il n’y a pas de temps à perdre…

Les batailles livrées n’auront pas été vaines. Après des années de lutte et de mobilisation, les bonnes nouvelles se succèdent enfin pour le HF4. Il y avait jusqu’ici cette décision prise par le Gouvernement wallon en date du 18 juillet dernier à l’initiative du ministre Collin: L’affectation d’une enveloppe de quelques 4 millions d’euros au travers du Plan Wallon d’Investissements. Ce jeudi 7 mars, on a appris qu’il était désormais inscrit noir sur blanc sur la liste de sauvegarde des biens industriels menacés de destruction ou de modification.

Concrètement, cela veut dire qu’il bénéficiera d’une protection identique à un monument classé durant une période de 12 mois non renouvelables, ainsi que le précisait l’éminence ministérielle lors d’un point presse organisé au sein du Rockerill, en compagnie de la députée wallonne et présidente de la Commission de sauvegarde instituée par la Ville de Charleroi, Véronique Salvi.

« Cette inscription sur la liste de sauvegarde offre, pendant une période de 12 mois non renouvelables, une protection identique à un monument classé. Ce délai doit permettre aux protagonistes locaux de plancher en toute sérénité sur un plan de valorisation du site » soulignait René Collin, visiblement convaincu par les signatures de cinq mille pétitionnaires et les arguments développés par la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles. Celle-ci évoque l’intérêt historique du HF4 comme une étape importante de l’évolution industrielle, son intérêt technique et des capacités de production hors normes; ses performances qui servirent de modèle aux hauts fourneaux du bassin liégeois ainsi que du dernier haut fourneau neuf allemand d’Ekostahl, son intérêt architectural notamment par sa construction métallique unique en Wallonie, ses empreintes historiques et sociales comme vestiges de l’histoire industrielle de Charleroi. « Je suis convaincu que la sauvegarde du patrimoine industriel a tout son sens ici dans la mesure où il a marqué le paysage et la vie de milliers de Carolos ».

Les choses semblent donc bien se dessiner mais quelques points, non négligeables, restent notamment à régler avant qu’on puisse souffler un ouf définitif de soulagement.

Primo, il y a le rachat du site au groupe Duferco, auquel le déblocage des 4 millions en question est conditionné. « La Région attend une proposition de la Ville de Charleroi avant de libérer les fonds. Ils seront alloués sous condition de la garantie juridique de l’achat du bien, de sa valorisation, de la sécurisation et de sa gestion à long terme".

Ensuite, il faut savoir que ce montant correspondrait à la valeur de la ferraille à la revente. Mais alors, si on dépense ces 4 millions, comment financer le reste ? Sa rénovation, l’entretien, l’éclairage,… Même si des appels du pied peuvent être faits à l’adresse du ministère de l’économie ou du Commissariat général au Tourisme- au titre qu'il accroîtrait l'attractivité de notre ville-, ce n’est pas encore gagné d’avance. D’autant que ça urge. 12 mois, c’est court. Et puis, on ne s’est pas encore accordé sur le projet à retenir. Si le Collectif citoyen pour le sauvetage du HF4, on le sait, défend l’idée d’un lieu de mémoire de la sidérurgie adoubé d’un musée, du côté de la Ville, rien ne dit qu’elle a abandonné l’idée d’une valorisation beaucoup plus large de ces terrains industriels dont le site du Haut Fourneau 4 ne serait que la pièce centrale. Mais on parle alors de dizaines de millions d'euros.

D’une manière ou d’une autre, ainsi que le souligne le nouvel échevin en charge du Tourisme, Thomas Parmentier, « il faut, rapidement, mettre le plus de personnes possible autour de la table pour faire avancer un projet qui doit avancer en dehors de toute couleur politique ». Cela devrait aussi permettre de définir, avec exactitude, les installations qui doivent être préservées coûte que coûte. Dans l’arrêté du GW,  il s’agirait de celles permettant le traitement du gaz, le hall de coulée Nord, le skip et le creuset. Mais il y en aurait d’autres selon les représentants du Collectif citoyen qui ne sont pas d'accord avec l'inventaire retenu.

En attendant, derrière la rue de l’Alliance, en bordure de la voie ferrée, le détricotage de ce qui a forgé l'histoire du Pays Noir, va bon train…