PROJET DE VILLE 2019-2024

 

Introduction 

1. Une ville inclusive    
2. Une ville durable 
3. Des services publics performants  
4. Une ville entreprenante
5. Une ville active  
6. Une ville construite par les citoyens  
7. Une métropole rayonnante 8. Annexe 1. Perspectives budgétaires Annexe 2. Perspectives de réorganisation administrative

 

Introduction

 

Sous la précédente législature, la ville de Charleroi, première métropole de Wallonie, a entamé une mue profonde, qui se traduit à la fois par des travaux matériels améliorant l’espace public, les bâtiments et les infrastructures, et par un soutien apporté à tout ce qui, de manière plus immatérielle, contribue à la vitalité et à la cohésion sociale de la Cité (enseignement, culture, folklore…).

 

Le projet de ville 2019-2024 présente les grandes politiques et les mesures structurantes retenues pour poursuivre ce mouvement. Sans viser l’exhaustivité, il se centre sur les compétences communales mais évoque également les problématiques connexes relevant des autres niveaux de pouvoir.

 

Dans chacune des matières, les politiques annoncées dans ces pages feront l’objet de concertations régulières avec les conseils consultatifs concernés et les conseils de participation.

 

Toute mesure communale devra, en outre, faire l’objet d’une analyse d’impact tant en termes de genre que de sauvegarde du climat et de développement durable.

 

Réaliste, responsable et concret, ce projet reprend en annexe une modélisation budgétaire ainsi qu’un exposé des grandes réorganisations administratives nécessaires à la mise en œuvre de ses actions.

 

 

 

 

 

1. Une ville inclusive

Par son histoire, Charleroi est caractérisée par une grande mixité sociale et empreinte de multi-culturalité. La volonté du projet de ville est de donner à chacun la capacité d’épanouir l’ensemble de ses capacités. Notre ville ne se relèvera pleinement que si tous les Carolos y trouvent leur place et s’y investissent.

 

1.1. L’enseignement est le premier facteur de promotion sociale. Dès lors, nous allons :

 

  • Étendre la gratuité de l’enseignement, notamment en ce qui concerne l’accès des publics scolaires aux piscines et aux musées et, par extension, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la distribution de repas de qualité ;
  • Rénover l’ensemble des bâtiments scolaires, en ce compris ceux de l’enseignement artistique, en portant une attention particulière à l’efficacité énergétique, aux matériaux sains, à la sécurité routière aux abords, à l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR) et à l’intégration de la nature dans les espaces de jeu. Instituer un conseil des élèves et intégrer ceux-ci dans les décisions de rénovation ou d’aménagement des cours de récréation et des espaces de jeux ;
  • Développer des pédagogies nouvelles axées sur la lutte contre l’échec scolaire, en collaboration avec les familles et développer le Centre de ressources, d’informations et d’animations pédagogiques communal (CRIAC) pour en faire un outil à la disposition des enseignants de Charleroi, tous réseaux confondus. Faciliter l’accès aux classes de l’enseignement ordinaire des enfants porteurs d’un handicap ;
  • Intégrer dans le parcours de l’enseignement communal fondamental un « big five éducatif » comprenant l’accès à la culture (par la visite de nos musées), la découverte de la nature (notamment par l’organisation de classes vertes au Centre de délassement de Marcinelle) et, en lien avec des structures associatives, l’accès à l’alimentation naturelle, l’apprentissage de la sécurité routière et des actions liées à la propreté ;
  • Soutenir les ASBL qui accompagnent les enseignants et les familles d’enfants à profil « atypique » (centre de l’attention) et les initiatives associatives de lutte contre l’échec scolaire, comme les écoles de devoir et d’apprentissage de la langue française, ainsi que les initiatives visant à combattre le harcèlement physique ou moral en milieu scolaire.

Donner accès aux bâtiments scolaires en dehors des heures de classe aux associations sportives et culturelles et aux écoles de devoirs ;

  • Encourager la mise en œuvre de plans de déplacement scolaire afin d’aider les élèves, les parents et les enseignants à trouver des alternatives à la voiture (ramassage collectif par un bus scolaire, co‑voiturage dans les quartiers excentrés, pédibus…) ;
  • Développer le campus des sciences, arts et métiers (Cité des Métiers, centre universitaire Zénobe Gramme, Centre de culture scientifique, Université technologique, Centre design-innovation, centres de recherche…).

Faire de Charleroi une vraie ville universitaire via le développement de l’offre d’enseignement supérieur et du campus de Charleroi ;

  • Réaliser la Cité des Métiers pour revaloriser l’enseignement technique et professionnel et améliorer l’orientation scolaire des étudiants, en lien avec les métiers verts et d’avenir, en adéquation avec le tissu économique et public local et métropolitain.

Maintenir l’enseignement technique et professionnel dans le périmètre de la ville et valoriser, entre autres, l’école hôtelière, en lien avec la création d’une cantine publique ;

  • Soutenir les formations dans les secteurs émergents comme Be‑Code et l’Advanced Manufacturing, notamment dans la filière des véhicules électriques, et ramener des centres de compétences à proximité du centre-ville. Dans ce cadre, rénover le pôle Villette pour en faire un lieu de formation dans ces secteurs. Ce dossier sera au cœur des prochains appels à projets du Feder ;
  • Rénover le pôle de reconversion de Marchienne, en l’inscrivant dans l’espace urbain à rénover, et développer un projet de deuxième pôle, en concertation avec les acteurs (Funoc, Mirec, etc.) à proximité du centre-ville (Marcinelle Vilette) ;
  • Renforcer, en collaboration avec le Centre public d’action sociale (CPAS), le recours aux articles 60 et 61, en veillant particulièrement à ce que la formation des usagers soit qualifiante.

 

1.2. Une ville inclusive passe par un logement durable à un prix raisonnable. En ce sens, nous allons :

 

  • Poursuivre, avec le soutien renforcé de la Wallonie, la rénovation et l’extension du parc de logement social public de La Sambrienne, ce qui implique de réaliser, notamment, les projets « Aux parcs » (ancien Apollo), « 5e élément » (ancien Broucheterre) et Cité Parc. Déposer auprès de la Wallonie des demandes de subsides dans le cadre du plan d’ancrage, afin de réaliser le potentiel de rénovation et construction établi par la Sambrienne. Nous veillerons à accorder une attention particulière à l’efficacité énergétique et à la qualité du cadre de vie dans le logement public (propreté, présence de la nature, présence d’équipements collectifs pour tous les âges), en améliorant la communication entre la Ville et La Sambrienne pour agir rapidement et efficacement ;
  • Soutenir les projets d’écoquartiers nouveaux situés en zones déjà urbanisées (Hiercheuses, Sacré Français, Villette, Zoé Drion, Rivages), en veillant à assurer une diversité des types de logement qui garantisse la mixité sociale et en visant l’excellence sur les plans énergétique et environnemental ;

  • Soutenir la création de logements neufs passifs et presque « zéro énergie » de tout type, pour conserver l’objectif de quatre cents logements de qualité par an, concentrés dans les zones prioritaires et à proximité de services publics et des espaces verts ;
  • Poursuivre et amplifier le recours aux charges d’urbanisme dans les projets d’ampleur, afin de promouvoir le logement public ou les équipements communautaires (jeux d’enfants, locaux pour vélos, espaces verts…) ;
  • Amplifier la rénovation des logements existants, en soutenant les demandeurs dans leurs démarches administratives et en favorisant les opérations de rénovation énergétique par rue ou par quartier ;
  • Réviser la circulaire sur la division des logements afin de faciliter la cohabitation, notamment intergénérationnelle, et l’occupation des logements au-dessus des commerces, tout en continuant à lutter contre les marchands de sommeil ;
  • Soutenir la création de logements estudiantins (kots) accessibles et de qualité à destination des étudiants qui seront notamment présents sur le site universitaire Zénobe Gramme ;
  • Mettre à la disposition d’une structure de type Community Land Trust, une partie du foncier de La Sambrienne ou de la Ville, en vue d’y développer du logement acquisitif à destination des ménages à faible et moyen revenus, le tout dans une logique d’écoquartier ;
  • Favoriser la rénovation de logements inhabités, en mettant en place, en collaboration avec La Sambrienne, un programme d’acquisition de logements à un euro, permettant l’auto-rénovation ;
  • Faire de La Sambrienne un acteur majeur de la transition écologique de Charleroi. En ce sens, la société mettra en œuvre un plan global et ambitieux de réduction des charges énergétiques, en s’appuyant sur les technologies vertes « matures » (isolation, photovoltaïque, etc.) dont :
    • le développement de la production d’énergie renouvelable propre à La Sambrienne en vue de couvrir l’ensemble des besoins de fonctionnement interne et des communs. Le financement de l’opération se fera via un marché du type « tiers investisseurs » ouvert aux coopératives citoyennes et solidaires spécialisées dans les énergies renouvelables,
    • la mise en place d’un plan déchets-propreté pour chaque cité. Dans ce cadre, on développera la collecte sélective des poubelles, notamment par l’utilisation de conteneurs enterrés (le gros œuvre sera à la charge de La Sambrienne ou de la Ville et la fourniture, l’installation et l’entretien des conteneurs à celle de Tibi). Ce plan propreté comprendra un volet sensibilisation et prévention (adapté au public cible) qui sera assumé par les équipes de prévention de l’intercommunale,
    • la mise en place d’un plan de sortie du mazout de chauffage pour 2030 afin d’anticiper la hausse du prix des produits pétroliers et de s’inscrire dans une démarche d’amélioration de la qualité de l’air à Charleroi ;
  • Développer, dans l’ensemble des cités, la mise à disposition d’espaces collectifs à destination des locataires et de la vie associative locale ainsi que d’espaces permettant d’accueillir des services de proximité ;
  • Mettre en place un plan de sécurisation des accès aux immeubles à appartements et à leurs locaux techniques, notamment par la réinstallation de concierges ;
  • Développer, en partenariat avec des tiers investisseurs citoyens et solidaires, une politique active permettant aux Carolos (ainsi qu’aux locataires sociaux) d’accéder aux technologies vertes « matures » (isolation, photovoltaïque, biomasse, etc.), sur le modèle de COOPEM à Mouscron ou d’Energiris à Bruxelles ;
  • Amplifier le recours à l’agence immobilière sociale (AIS) pour dynamiser le parc locatif privé, via des mesures incitatives comme le capteur logements. Renforcer également les formules de bail-rénovation et de bail glissant, en collaboration avec le groupe « partenariat logement » (GPL). Des mesures coercitives pour les propriétaires récalcitrants seront également mises en place. Pour mener à bien sa mission, l’AIS s’appuiera notamment sur un inventaire, tenu à jour, des logements inoccupés ;
  • Intensifier la lutte contre les marchands de sommeil, en renforçant les moyens de la cellule de contrôle ;
  • Renforcer l’utilisation de la grille indicative des loyers, dans l’attente de l’installation d’une grille contraignante au niveau régional, notamment par une meilleure information des locataires, le contrôle de la publication des loyers et du montant des charges, et en demandant aux propriétaires sollicitant un permis de location de justifier les écarts ;
  • Requalifier des quartiers par acquisition et rénovation des logements insalubres, en lien avec les politiques d’aménagement des espaces publics (places, parcs, espaces verts, jeux pour enfants, etc.), via l’agence de développement local urbain (ADLU) ;
  • Créer une dixième maison de repos (MR) publique du CPAS ; étendre et moderniser les maisons existantes avec le soutien de la Wallonie ;
  • Continuer à garantir un relogement des familles qui doivent quitter un logement insalubre, notamment en recourant au mécanisme de l’urgence sociale (en collaboration avec La Sambrienne) et en assurant un accompagnement individuel des locataires.

 

1.3. Une ville inclusive implique des actions spécifiques pour les publics fragilisés. Pour cela, Charleroi dispose du CPAS le mieux soutenu et le plus performant de Wallonie. Celui-ci doit jouer un rôle moteur dans la politique d’insertion sociale et citoyenne et de valorisation du potentiel de chacun. Les spécificités institutionnelles de la Ville et du CPAS ne doivent pas empêcher de concilier les objectifs et de mutualiser les moyens, notamment dans la dynamique « Charleroi Ville Santé ». L’associatif doit continuer à collaborer avec les services communaux pour mieux répondre aux besoins des Carolos. Cela implique que la Ville et le CPAS soutiennent les associations locales sur les plans humain, financier et logistique.

 

Un Plan transversal de lutte contre la pauvreté sera relancé. Il sera élaboré, évalué et adapté par un comité d’accompagnement composé de représentants de la Ville, du CPAS et des associations. Dans ce cadre, des actions nouvelles sont nécessaires pour :

 

  • Soutenir, en collaboration avec l’Intercommunale de santé publique du pays de Charleroi (ISPPC), tout projet d’accueil innovant de la petite enfance ou de halte‑garderie, pour les parents qui se forment et cherchent un emploi mais aussi, occasionnellement, pour d’autres raisons personnelles (santé, naissance, force majeure…) ;
  • Soutenir et renforcer le réseau des « acteurs santé » du Comité de pilotage « Charleroi Ville Santé » ;
  • Renforcer l’accès de tous à la médecine de première ligne, notamment par un soutien aux maisons médicales existantes et à la création de nouvelles maisons médicales par conventionnement avec des associations de médecins, d’infirmiers, kinés et psychologues. Leur rôle sera, entre autres, d’assurer le suivi de patients juste après leur sortie de l’hôpital et dans le cadre d’un réseau facilitant le maintien à domicile des personnes âgées ;
  • Soutenir les centres de santé, le médibus et le relais santé, et renforcer l’accès à l’aide médicale urgente ;
  • Créer plus de places d’accueil dans les services de santé mentale, résidentiels et ambulatoires, en collaboration avec l’ISPPC, le réseau Mosaïque et les centres de santé mentale ;
  • Poursuivre le réaménagement de tous nos bâtiments et infrastructures pour les rendre accessibles aux personnes à mobilité réduite et consulter systématiquement le Conseil consultatif de la personne handicapée (CCPH) pour les projets de construction et de rénovation de bâtiments publics et d’espaces publics ;
  • Redéployer les services décentralisés du CPAS (antennes sociales, espaces citoyens, restaurants sociaux, etc.), en veillant à assurer la meilleure couverture territoriale et en développant des synergies avec les services communaux et le secteur associatif ;
  • Veiller à la présence d’agents formés à la langue des signes au sein du personnel de l’Administration ;
  • Développer le réseau des écrivains publics, en collaboration avec les associations actives dans ce domaine ;
  • Élaborer le plan de cohésion sociale (PCS) en concertation avec les organisations syndicales et le monde associatif ;
  • Plaider en faveur du développement d’un réseau hospitalier carolo et de la multiplication des synergies, entre autres pour le projet de cantine publique ;
  • Créer un centre de consommation à moindres risques et, dans le cadre d’une approche prévention, examiner la possibilité de mettre en place une coopérative d’autoproduction pour les consommateurs de cannabis, en collaboration avec la Province et les associations existantes ;
  • Rencontrer les besoins des gens du voyage, en matière de terrain (maintien d’une solution provisoire et poursuite des travaux en vue d’un terrain définitif) et de scolarisation des enfants (via le bus de la Fédération Wallonie-Bruxelles) ;
  • Favoriser, avec les acteurs de terrain ‑ et notamment en collaboration avec La Sambrienne ‑, l’accès au logement des personnes sans domicile fixe. Favoriser le housing first et les autres formes de relogement avec encadrement ponctuel ou durable ;
  • Amplifier le soutien accordé au Resto du cœur, aux restaurants sociaux et aux épiceries sociales, notamment par la reprise des invendus alimentaires, si nécessaire en imposant celle-ci via les permis d’environnement ;
  • Déployer dans les quartiers les plus fréquentés un réseau de toilettes, de points d’eau et de casiers à destination, notamment, des personnes sans domicile fixe ;
  • Donner aux aînés la place qui leur revient, notamment :
    • Poursuivre la diversification des activités et des publics dans les maisons des aînés,
    • Consulter régulièrement le Conseil consultatif des aînés dans toutes les matières communales,
    • Créer des résidences-services sociales ;
  • Faire de Charleroi une commune antisexiste, notamment en :
    • renforçant la mixité des noms de rue lors des opérations de changement odonymique,
    • analysant en profondeur les données récoltées par la Ville et le CPAS sur la base de statistiques sexuées, afin de mieux orienter les politiques communales (observatoire du plan de cohésion sociale, associations),
    • appliquant la convention d’Istanbul et ses 3P : prévention, protection et poursuite,
    • sensibilisant les enseignants et les agents de la Ville, du CPAS et de la police aux stéréotypes de genre et sur les métiers,
    • consultant plus régulièrement le Conseil consultatif de l’égalité femme-homme ;
  • Adopter et mettre en œuvre la motion « ville hospitalière » ;
  • Utiliser tous les moyens légaux dont la Ville dispose pour s’opposer à la construction de centres fermés sur son territoire.

 

1.4.Une ville inclusive doit être, aujourd’hui, une ville « socio-numérique ».

 

La smart city doit permettre à tout le monde de bénéficier des avantages de ces technologies, tant en matière de mobilité ou d’énergie que de communication entre les habitants ou de mise en commun des savoir‑faire de chacun. Pour cela, nous allons :

 

  • Développer l’e-consultation, via la création d’une application qui permettra de consulter les citoyens dans le cadre des processus de participation qui garantissent la création et le maintien du lien social ;
  • Travailler avec le « Fab-lab ULB Charleroi » pour permettre à l’ensemble des Carolos de prendre en main les différents outils numériques ;
  • Examiner, lors de tout développement informatique, l’opportunité de recourir à des logiciels libres ;
  • Mettre en place, en concertation avec la plate-forme des associations de jeunesse de Charleroi, des « cours » intergénérationnels ayant pour but de réduire la fracture numérique ;
  • Soutenir les initiatives citoyennes ou associatives promouvant une autre utilisation ou appropriation du monde numérique.

 

 

 

 

2. Une ville durable

 

Lutter contre les conséquences du réchauffement climatique est un défi essentiel. Les mesures du Plan d’actions en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC) adopté en 2017 seront mises en œuvre et, si nécessaire, renforcées et accélérées en vue d’atteindre l’objectif d’une ville « zéro carbone » à l’horizon de 2050.

 

La ville doit amorcer sa transition vers une diminution des émissions atmosphériques et prendre les mesures nécessaires en matière d’environnement, de mobilité, d’économie d’énergie et d’isolation des bâtiments, pour devenir une ville où l’on se sent bien et où il fait bon vivre.

 

La présence de la nature en ville sera massivement renforcée. Elle offre, en effet, un grand nombre d’avantages en termes de santé publique, de qualité du cadre de vie (écrans contre les nuisances sonores et visuelles), d’image, de mobilisation citoyenne, de pédagogie, d’autonomie alimentaire et de lutte contre le réchauffement climatique et ses effets (îlots de chaleur, réserves hydriques, lutte contre l’érosion des sols…). Elle est, en outre, susceptible de créer de nombreuses collaborations avec la vie associative et les opérateurs culturels et d’enseignement, et d’ainsi contribuer aux dynamiques collectives.

 

2.1. Pour favoriser les économies d’énergie et les énergies renouvelables, nous allons :

 

  • Poursuivre et amplifier le programme d’économie d’énergie par tiers investisseurs (pour tous les bâtiments communaux, avec une priorité accordée aux écoles) ;
  • Soutenir les particuliers dans leurs projets d’économie d’énergie et de production et d’utilisation d’énergies renouvelables, en favorisant notamment les opérations de rénovation énergétique par rues ou par quartiers, par une aide aux démarches administratives, par l’élargissement du dispositif d’achats groupés (entre autres via la maison de l’énergie qui doit être mieux connue et renforcée) et en lien avec des opérations de rénovation de l’espace public ;
  • Lancer un plan d’action en matière d’énergie au niveau du CPAS, prévoyant notamment un suivi individualisé des ménages précarisés (bénéficiaires ou non de l’aide sociale), avec un accompagnement pour la mise en œuvre des solutions identifiées et la proposition systématique de réaliser une mesure d’efficacité énergétique ;
  • Créer, à l’échelle de Charleroi Métropole, une société énergétique territoriale dont la mission sera d’accélérer la mise en œuvre de la transition énergétique. Cette société sera chargée de la stimulation et du montage des projets d’isolation des bâtiments, d’efficacité énergétique et de production décentralisée de photovoltaïque, d’éolien, d’hydraulique ou de biomasse, sur leur territoire. Après avoir conçu les projets en concertation avec les habitants et les acteurs locaux, elle assurera la réalisation, l’exploitation, la production et, si souhaité, le stockage, la distribution et la vente de l’énergie produite ainsi que la gestion des éventuelles compensations environnementales. Elle fonctionnera dans un cadre de base fixé par les villes et communes associées (gouvernance, démocratie interne, transparence, affectation d’une part des bénéfices aux projets du territoire…). Elle sera organisée sur quatre piliers : les porteurs de projets de production, de stockage ou de gestion de la flexibilité (particuliers, communes, PME, agriculteurs, associations) ; les exploitants techniques des diverses installations concernées ; les investisseurs financiers (coopératives citoyennes, acteurs financiers classiques, fonds publics) ; les bénéficiaires et riverains ;
  • Poursuivre la rénovation et la modernisation de l’éclairage public par le placement d’un éclairage par diode électroluminescente (led) intelligent ;
  • Monitorer les consommations énergétiques du parc communal afin de prendre les mesures de réduction adéquates (isolation, remplacement de matériel, bons réflexes…) et désigner un responsable « énergie » par bâtiment communal ;
  • Sortir de tous les investissements communaux directs et indirects dans les énergies fossiles et fissiles. Pour cela :
    • Développer, en collaboration avec Ores, les réseaux énergétiques intelligents,
    • Mettre en place de petits réseaux de chaleur ou de froid, notamment lors de la réalisation de nouveaux quartiers ou lors de la construction de nouveaux immeubles,
    • Lancer un programme d’investissements sur trente ans visant le développement des réseaux de chaleur alimentés en énergie renouvelable (biogaz, chaudière à bois, unité de gazéification de biomasse sèche, etc.) et en chaleur résiduelle issue des processus industriels, dans les quartiers de Charleroi pour lesquels une étude en aura démontré l’opportunité (quartiers denses avec des habitations à rénover, présence de consommateurs de chaleur constants comme les maisons de repos, les entreprises alimentaires, les coiffeurs ou les lavoirs). Là où le gaz n’est pas encore installé, privilégier le développement de réseaux de chaleur,
    • Amener les promoteurs immobiliers à intégrer des moyens de production d’énergie renouvelable collectifs dans le cadre de leurs projets,
    • Permettre aux producteurs de gaz renouvelable d’injecter leur production dans le réseau.

 

2.2. Pour soutenir la mobilité douce, nous allons :

 

  • Poursuivre la rénovation des voiries sur la base du principe « STOP », à l’instar de ce qui se pratique en Région bruxelloise. Ce principe donne respectivement la priorité aux personnes à mobilité réduite et aux poussettes, aux piétons, aux cyclistes, aux transports en commun et, ensuite, aux voitures privées, et aménager en ce sens les voiries déjà rénovées ;
  • Améliorer la sécurité routière aux abords des écoles mais aussi dans les quartiers : zones 30, zones résidentielles, dispositifs ralentisseurs, élargissement des trottoirs, pistes cyclables, sécurisation des passages pour piétons, éclairage, bon entretien des ruelles, sentiers, venelles, Ravel, etc., afin de former des itinéraires sécurisés continus tant pour les personnes à mobilité réduite que pour les piétons et les cyclistes ;
  • Rénover les places publiques en fonction de leur contexte (écoles, habitat, etc.), dans une optique de convivialité, de qualité des espaces publics et de « verdurisation » ;
  • Compléter le réseau de transport en commun et améliorer son attractivité, en :
    • créant un bus à haut niveau de service (BHNS) dans le sud de la métropole, entre Bomerée et Ma Campagne, via la gare du Sud,
    • développant les parkings couplés aux billets des TEC (parkings « P+R »),
    • demandant à la Wallonie de dégager les moyens nécessaires pour mettre en service et prolonger jusqu’au grand hôpital de Charleroi (GHDC) la ligne Est du métro,
    • renforçant et en optimisant l’offre vers l’aéroport (BSCA) et l’aéropôle,
    • augmentant l’amplitude horaire du réseau, principalement en soirée et le week‑end,
    • optimisant les liaisons circulaires à l’intérieur du grand ring,
    • défendant auprès de la Région la gratuité pour les usagers à faibles revenus et le public scolaire, et des expériences de gratuité dans les créneaux horaires peu usités (milieu de journée, dimanche…) ;
  • Repenser la signalisation routière verticale (réglementaire mais aussi touristique) et mettre en place une signalisation piétonne ainsi qu’une signalisation dynamique des parkings ;
  • Poursuivre et accentuer le développement des alternatives à la voiture. Pour cela :
    • Implémenter, dans les quartiers, les mesures des plans de mobilité en matière de mobilité douce, en concertation avec les habitants concernés,
    • Prévoir des voies cyclables sécurisées dans toutes les rénovations lourdes de voiries et poursuivre leur aménagement sur les voies existantes,
    • Développer, à terme, une offre de vélos en libre-service,
    • Déployer une offre variée et sécurisée de stationnement pour les vélos, en particulier aux endroits très fréquentés (bureaux, écoles, bâtiments publics) et aux points d’intermodalité (gares, arrêts de bus, parkings, etc.) comportant des points de recharge pour les vélos électriques. Cela se traduira, notamment, par la création d’au moins cent vingt emplacements sécurisés par an sur les espaces publics communaux,
    • Intégrer des espaces pour vélos dans les nouvelles constructions et dans les grosses rénovations de bâtiments et de logements,
    • Élargir le réseau Cambio, notamment dans les districts et pour les véhicules communaux,
    • Prévoir l’alimentation électrique des véhicules publics et privés dans les aménagements publics et électrifier progressivement le parc automobile de la Ville ;
  • Avoir recours aux formations spécifiques destinées aux enfants afin que chaque élève de 5e primaire puisse obtenir son brevet du cycliste ;
  • Élaborer un plan de déplacement global pour tous les travailleurs du service public, les écoles et les entreprises des quartiers les plus denses afin de favoriser, via une centrale de mobilité, les mobilités douce et collective et le co‑voiturage ;
  • Développer un plan de mobilité scolaire, en priorité à Charleroi et à Gosselies, faisant la part belle aux initiatives de transport doux (pédibus, vélo, etc.) ;
  • Augmenter la cadence des city-bus dans le cœur de la cité, afin d’assurer un passage toutes les dix minutes, et repenser leur parcours afin de desservir la gare et les parkings de persuasion en bordure du centre-ville ;
  • Poursuivre la lutte contre le stationnement sauvage ;
  • Instaurer un « dimanche sans voiture » dans l’intra-ring lors de la semaine de la mobilité et y mettre en place une zone à très basse émission ou une zone à trafic limité à l’horizon de 2024 ;
  • Implanter un dispositif partagé permettant d’utiliser les technologies digitales pour combiner les différents modes de déplacement alternatifs à la voiture, de façon totalement transparente (paiement simplifié, réservation de places de stationnement dans les parkings de persuasion, de vélos et de voitures partagées, de stationnement pour vélos sécurisés, de taxitec en soirée, de déplacement pour les personnes à mobilité réduite, etc.) ;
  • Mettre en place un service téléphonique et internet pour signaler tous les points d’insécurité routière (panneaux routiers manquants, éclairage défaillant ou insuffisant, vitesse excessive, marquage au sol effacé, etc.) relié directement au service « mobilité » de la police et au service communal chargé de l’entretien des voiries. Instaurer également de nouvelles procédures pour remédier plus rapidement à ces points d’insécurité.

 

2.3. Pour renforcer radicalement la présence de la nature en ville, nous allons :

 

  • Insérer une végétation durable indigène, demandant peu d’entretien et augmentant la biodiversité, dans tout projet, public ou privé, en particulier dans les ensembles de logements, les places et les écoles ;
  • Permettre l’accès de tous à une zone verte à 500 mètres de chez soi, après une analyse précise du patrimoine vert de la ville. Ce lieu pourra offrir, en fonction des besoins exprimés par les citoyens, des jeux pour les enfants, des bancs, des engins de fitness, un espace réservé aux animaux de compagnie… ;
  • Revoir radicalement la gestion des zones vertes existantes dans une logique naturelle et de renforcement de la biodiversité (plantes vivaces, espèces indigènes, pelouses à faible croissance, fauchage tardif, recours aux animaux pour la tonte et la réduction des espèces invasives, etc.) et ce, tant dans les espaces publics que chez les habitants et dans les entreprises ;
  • Renforcer l’infrastructure naturelle de la trame bleue (haies, talus, bandes enherbées, zones humides, ripisylves…) qui permettent de ralentir l’écoulement des eaux, d’en favoriser l’infiltration ; valoriser les plans d’eau, les bords des rivières et du canal ; prévoir des zones d’expansion des crues (espaces naturels, non ou peu urbanisés ou peu aménagés, où se répandent naturellement les eaux lors du débordement des cours d’eau) ;
  • Planter mille arbres par an (notamment fruitiers), en collaboration avec les acteurs des quartiers, en privilégiant les espèces qui résistent au réchauffement climatique ;
  • Végétaliser, dans une logique durable, les parkings, l’ensemble des cimetières et les voiries et boulevards ;
  • Étendre le réseau des jardins partagés dans les quartiers demandeurs et soutenir leur animation ;
  • Connecter les zones vertes (parcs, jardins, terrils, etc.) entre elles, notamment par la création de zones de refuge et de petits massifs forestiers, tout en prévoyant des zones réservées, interdites au public, afin de préserver la faune et la flore locales ;
  • Valoriser la chaîne des terrils, sa biodiversité et ses promenades ;
  • Soutenir des projets d’agriculture urbaine biologique, notamment par la mise à disposition de terres arables pour des projets coopératifs et la création de vergers urbains, en collaboration avec les écoles et la vie associative ;
  • Inclure des clauses de protection de la végétation et de la faune existante dans les marchés de travaux, incluant des sanctions et une politique de « désimperméabilisation » des sols après une étude globale ;
  • Encourager la végétalisation des rues résidentielles en prévoyant des ouvertures dans les trottoirs et en facilitant l’occupation privative de l’espace public ; soutenir aussi l’affectation des îlots intérieurs à des fins de culture, notamment alimentaire ;
  • Recourir à la phytoremédiation dans les projets de reconversion industrielle ;
  • Encourager les toitures végétales et les jardins collectifs dans les projets de logement et créer une charte végétale facilitant le recours aux espèces indigènes à l’entretien facile ;
  • Encourager l’agriculture urbaine ;
  • Soutenir, notamment via l’ASBL Chana, les activités impliquant les citoyens : concours de végétalisation, distribution d’arbres, organisation d’événements autour de la nature (balades pédagogiques, marchés verts, bourses aux plantes…).

 

2.4. En matière d’environnement, nous allons :

 

  • Renforcer les clauses environnementales dans tous les marchés publics, notamment au niveau de la performance énergétique, de l’utilisation de matériaux sains, de la limitation de la production de déchets et du soutien à l’économie circulaire, à l’agriculture biologique et aux circuits courts ;
  • Augmenter la prévention pour réduire la production de déchets et favoriser le tri pour tendre vers l’objectif d’une ville « zéro déchets », en commençant par les bâtiments communaux qui doivent devenir exemplaires. En ce sens, le budget de prévention des déchets sera doublé. Comme le prévoit le PAEDC, la collecte des déchets organiques sera mise en œuvre de façon différenciée, en fonction de la densité de l’habitat dans les quartiers. La taxe communale sur la collecte et le traitement des déchets sera adaptée pour mieux récompenser les citoyens qui trient et réduisent la quantité de déchets qu’ils produisent. Des mesures seront prises pour mieux faire connaître la ressourcerie aux habitants ;
  • Proposer de l’eau potable gratuitement via la mise en place de fontaines ;
  • Offrir une gourde à chaque élève, en début d’année scolaire ;
  • Assurer le suivi des cadastres du bruit et du plan d’exposition au bruit de l’aéroport afin de réduire progressivement la part de la population soumise à des niveaux sonores trop élevés au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. Les mesures en matière de mobilité seront complétées par une attention portée au placement de panneaux et dispositifs anti-bruit le long des voiries régionales, par le maintien des heures de fermeture de l’aéroport, par la conservation du Plan d’exposition au bruit (PEB) de l’aéroport dans son enveloppe actuelle, en réclamant de la Sowaer l’application du principe d’équité, et par l’adoption des recommandations de l’étude d’incidences sur l’allongement de la piste visant en particulier la limitation des vols d’avions gros porteurs dans la tranche de 7 h 00 à 19 h00 ;
  • Assurer un meilleur suivi de la qualité de l’air par la participation à des campagnes de mesure dans des conditions les plus proches de la réalité vécue. Ces mesures permettront de suivre l’impact des initiatives prises en matière de sauvegarde du climat ;
  • Adopter et mettre en œuvre une charte du bien-être animal.

 

2.5. Pour une alimentation de qualité.

 

Chacun a droit à une alimentation de qualité et accessible à tous. La Ville peut y contribuer en créant un plan d’alimentation durable. Celui-ci aura pour objet notamment la promotion ou le développement des circuits courts, des potagers collectifs, des cours de cuisine et de jardinage, le soutien aux achats groupés ou des échanges d’expériences sur les jardins sans pesticide. Le programme provincial Proxial offre déjà certaines pistes intéressantes en ce sens. Dans cette optique, nous entendons :

 

  • Inclure systématiquement l’alimentation durable dans les marchés publics communaux et para-communaux et en faire la norme. Pour cela, il faudra mettre à la disposition des gestionnaires de cantine les moyens nécessaires pour opérer cette transition (encadrement, cahiers des charges types, guides pratiques, collaborations avec le monde associatif…) ;
  • Encourager la diversification des sources de protéines dans les menus des cantines, ce qui dégagera des moyens pour assurer la transition vers l’alimentation durable ;
  • Créer un droit au repas sain et quotidien pour tous les enfants, en offrant la possibilité, dans toutes les écoles, d’obtenir à petit prix un repas équilibré, sain et de qualité, tenant compte des saisons. Tendre vers sa gratuité, avec le soutien financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • Dans ce cadre, mobiliser l’ensemble des acteurs publics (Ville, écoles, CPAS, ISPPC…) et privés intéressés (GHDC, acteurs de l’économie sociale…) en vue de mettre sur pied une structure publique de restauration collective proposant des repas locaux, bios et équilibrés à destination des cantines d’écoles, des hôpitaux, des bénéficiaires des repas livrés par le CPAS, des restaurants d’entreprise, etc. ;
  • Donner à tous, dans les écoles ou les lieux publics, un accès permanent à l’eau potable et à des boissons durables ;
  • Sensibiliser les enfants des écoles à l’agriculture (visites à la ferme, animations, tables rondes agriculteurs-habitants…) ;
  • Veiller à ce que les programmes de transition visant à promouvoir une alimentation durable et de qualité à l’échelle communale soient accessibles aux cantines des CPAS ainsi qu’aux organismes fournissant des repas à domicile aux personnes fragilisées.

 

 

 

 

3. Des services publics performants

 

Chaque Carolo doit se sentir pleinement en sécurité dans les cinquante-cinq quartiers que compte notre ville. En outre, afin de pérenniser l’accueil chaleureux et de qualité au sein de nos services administratifs, il est également primordial de poursuivre nos efforts en termes de modernité, d’accessibilité mais aussi de bien‑être au travail.

 

3.1. Les espaces publics doivent être préservés et les citoyens respectés. Nous entendons donc renforcer la lutte contre les incivilités, qu’elles concernent la propreté, la sécurité routière ou le vivre-ensemble. Nous allons ainsi :

 

  • Établir un marché stock pour assurer le placement de coussins berlinois sur les voiries existantes ; imposer la pose de tels dispositifs (coussins, couloirs cyclables, etc.) dans tout projet de rénovation de voirie ; renforcer les zones 30 ; assurer un meilleur suivi des panneaux de signalisation et placer des caméras de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) ;
  • Mettre en place des « rues scolaires » afin de limiter le stationnement aux abords des écoles et de faciliter le dépôt-minute des enfants. Les rues scolaires seront fermées à la circulation durant les heures d’arrivée et de départ à l’école afin de limiter le stationnement en double file, l’insécurité routière qui en découle et la pollution atmosphérique ;
  • Développer, dans les quartiers en zone résidentielle, les zones de rencontre où la vitesse maximale autorisée sera de 20 km/h. Dans celles‑ci, les piétons pourront utiliser toute la largeur de la voie publique, les jeux seront autorisés et les conducteurs ne pourront gêner les piétons et les cyclistes ;
  • Organiser des marches exploratoires par quartier, avec les habitants, afin d’identifier les lieux posant le plus de difficultés et de formuler des recommandations en matière de sécurité ;
  • Revendiquer du Gouvernement fédéral la révision de la norme de financement KUL qui handicape historiquement la zone de police locale de Charleroi, en bloquant le calcul de la dotation sur la base de 873 agents opérationnels, alors que la norme minimale établie par arrêté royal fixe l’effectif minimum à 1 058 agents opérationnels. En comparaison, la dotation de la zone de police de Liège est calculée sur la base de 1 173 agents opérationnels, soit une différence de 300 agents ;
  • Compte-tenu de la nécessité, pour une grande ville, de disposer d’un dispatching 24 heures sur 24 afin d’optimiser la réactivité et l’efficacité des services de police, revendiquer auprès du Gouvernement fédéral, l’installation d’un centre local de communication (CLC). Dans certaines situations, la connaissance du terrain par les opérateurs est, en effet, indispensable ;
  • Renforcer la présence de la police via les agents de quartier, l’information publique et la coordination entre la police et les gardiens de la paix. Ces derniers se verraient confier des missions d’observation et de compilation de constatations diverses qui seraient relayées directement à la police et aux services techniques concernés. À l’instar de ce qui se pratique à Saint-Gilles, cette mesure contribuera à instaurer un lien de proximité entre les citoyens et les gardiens de la paix, revalorisant leur fonction par une présence active sur le terrain. Celle-ci contribuera, en outre, à réduire le sentiment d’insécurité ressenti par la population dans certaines zones du territoire ;
  • Densifier le maillage des antennes de la zone de police locale pour assurer la présence d’un ou deux commissariats dans chaque district. Au terme de la législature, chaque implantation aura été modernisée afin de répondre aux exigences actuelles de sécurité et de confort ;
  • Renforcer l’effectif et les interventions des agents constatateurs chargés du contrôle des dépôts clandestins et des incivilités ;
  • Étendre et moderniser les réseaux de caméras pour lutter contre toutes les formes d’incivilités ;
  • Rénover progressivement l’ensemble de l’éclairage public de l’entité, en accordant la priorité aux quartiers les moins bien lotis ;
  • Combattre plus activement le stationnement illicite, en commençant par des campagnes massives de prévention et par une amélioration de la lisibilité de la signalisation là où elle s’avère insuffisante ;
  • Réviser en profondeur le règlement général de police (RGP) dans le cadre d’une large consultation, pour moderniser les règles publiques et renforcer la police administrative et le rôle des agents constatateurs ;
  • Améliorer en permanence la coordination avec le parquet et la police fédérale ;
  • Renforcer, dans les limites du possible, les équipes de pompiers de la zone de secours Hainaut Est (ZOHE) et équiper le nord de la zone de nouvelles infrastructures ;

 

3.2. Les contacts avec l’Administration doivent être toujours plus faciles, plus rapides et plus conviviaux. Pour cela, nous allons :

 

  • Maintenir le service public, en collaboration avec les intercommunales et les autres structures publiques (CPAS, régie communale autonome…). Cela implique de n’externaliser ou de ne mutualiser les missions que quand ce choix est imposé par la nécessité de recourir à des connaissances spécifiques ou en raison d’un volume de travail incompatible avec le service public local ;
  • Redéployer en priorité les services de manière équilibrée dans les cinq districts ; accélérer et simplifier les procédures administratives en modernisant nos guichets citoyens ; développer les services en ligne et les services mobiles, tout en améliorant le confort des salles d’attente ;
  • Apporter une attention particulière à l’accueil des nouveaux citoyens, notamment concernant l’information sur la vie communale. Des cérémonies d’accueil seront organisées à cet effet ;
  • Assurer que l’ensemble des contenus numériques soient accessibles à tous.

 

3.3. Porter une attention particulière à la qualité de l’espace public par :

 

  • Le renforcement de la propreté, via la poursuite de la mutualisation des missions avec Tibi après une évaluation rigoureuse de l’expérience en cours, et une politique de sanction renforcée ;
  • Le durcissement des sanctions administratives à l’égard des auteurs d’incivilités ;
  • L’entretien multidisciplinaire des espaces publics (opérations « arpenteurs ») ;
  • L’offre de services publics efficaces, gratuits et variés en matière de propreté (accès aux parcs à conteneurs et à la ressourcerie) ;
  • L’exploitation de la révision du marché mobilier urbain fin 2019 pour fixer la politique de mobilier urbain pour les quinze à vingt ans à venir. La négociation devra dépasser le cadre de ce marché stricto sensu (panneaux publicitaires, poubelles…). Le démontage des grands panneaux publicitaires dans les zones à forte densité scolaire sera inclus dans ce plan.

 

3.4. Mener, en concertation avec les organisations syndicales, une politique de recrutement, de formation, de promotion et de nomination, tenant compte des moyens de la Ville et visant notamment à combler les vacances d’emploi dans les fonctions d’encadrement de l’organigramme. Les recrutements seront organisés sur la base des bonnes pratiques notamment présentées par l’Union des villes et communes de Wallonie. Un groupe des partenaires sociaux carolos (GPS carolo) sera institué. On assurera aussi la remise à niveau et on développera la formation des agents de manière à augmenter la qualité des prestations.

 

3.5. Mettre en œuvre le décumul complet pour les membres du Collège.

 

 

 

 

4. Une ville entreprenante

 

Travailler, entreprendre, développer son projet à Charleroi, c’est le souhait de milliers de Carolos. Nous n’avons pas été épargnés par les grands drames industriels, comme la fermeture de Carsid ou celle de Caterpillar, mais nous avons continué de créer des milliers d’emplois, principalement dans les secteurs de la manufacture de pointe, de l’aéronautique, des biotechnologies et du digital, ainsi que dans l’économie de service (commerce, Horeca, etc.). Plus de 500 hectares sont en voie d’aménagement pour créer de nouvelles zones d’activité économique et de nombreuses friches industrielles sont en cours d’assainissement, notamment à la Porte Ouest.

 

L’économie urbaine est, elle aussi, en pleine expansion : parallèlement au renforcement de l’offre commerciale, la Ville soutient le déploiement de nouveaux quartiers d’affaires sur le site de l’ancienne prison et dans le quartier économique Trésignies-Mayence, le développement de nouveaux espaces de travail autour du quai digital et la manufacture avancée autour du quai de la gare étendu à la Villette. Le développement d’un pôle événementiel centré sur les expositions et les congrès est également porteur de nombreux emplois. Un soutien sera apporté au secteur Horeca local afin qu’il tire pleinement profit de ces développements.

 

Dans le secteur public, la Ville est le premier employeur local. Charleroi est aussi un grand pôle de santé qui, après le CHU Marie Curie, voit sortir de terre le nouveau Grand hôpital de Charleroi. Par ailleurs, comme capitale sociale de la Wallonie, Charleroi accueille des milliers de fonctionnaires régionaux, au Forem, à l’Aviq, etc.

 

Parallèlement, la Ville soutient l’esprit d’entreprendre et le redéploiement du commerce de proximité dans tous nos quartiers.

 

4.1. En ce sens, nous allons poursuivre la reconversion des principales zones d’activité économique de notre territoire. Cela signifie :

 

  • Reconvertir le plateau de Gosselies : étendre le Biopark, densifier l’aéropole en préservant les terres agricoles au nord de l’autoroute de Wallonie et installer à Charleroi des infrastructures de pointe comme la protonthérapie. Achever la reconversion complète du site de Caterpillar en y installant, à côté de Thunder Power, des entreprises technologiques valorisant le savoir-faire de nos travailleurs dans des secteurs d’avenir tels que les moteurs électriques. Poursuivre le développement de l’aéroport en tant qu’aéroport de jour pour accueillir de nouvelles compagnies et y créer de nombreux emplois, tout en inscrivant ses activités dans les objectifs communaux et régionaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre ;

 

  • Reconvertir et désenclaver le site de Carsid pour accueillir un parc paysager productif, composé essentiellement de PME ;

 

  • Développer, autour de Tibi, un cluster carolo du recyclage et des énergies renouvelables, notamment en :
    • développant une unité de biométhanisation afin de valoriser les déchets organiques issus de la collecte sélective,
    • amplifiant le soutien aux entreprises d’économie sociale chargées de la valorisation des encombrants et des déchets électriques et électroniques de plus en plus nombreux,
    • fédérant les entreprises déjà actives dans ces secteurs afin de développer ces filières d’emplois ;

 

  • Faire de Charleroi une ville phare en matière d’économie digitale, en accueillant les entreprises de ce secteur dans les quartiers en cours de rénovation et en renforçant la formation numérique, la création et l’autocréation d’emplois avec des opérateurs de pointe (Be-Code, École 6000, R/O Institut, Bubble Hub, Co.Station, Switch Coworking, Dream Wall, KeyWall, Dirty Monitors…) ;

 

  • Construire un palais des Congrès, rénover le palais des Expositions et développer notre capacité hôtelière afin de créer de nombreux emplois dans les secteurs événementiel, de l’Horeca, des énergies renouvelables et des matériaux durables ;

 

  • Rénover, redynamiser et désenclaver le Technopôle Villette, afin d’y développer notamment une plate‑forme partagée pour l’innovation industrielle (Advanced Manufacturing Hub).

 

4.2. La Ville continuera, par ailleurs, à soutenir toutes les formes non marchandes de création d’emploi et tous les projets innovants de formation et accompagnement des personnes sans emploi. À cette fin, la Ville veillera à :

 

  • Créer de nouveaux emplois locaux notamment grâce au projet pilote « territoire zéro chômeur » qui sera développé dans deux quartiers où le taux de chômage est élevé ;

 

  • Soutenir l’économie sociale par des marchés publics réservés aux entreprises d’économie sociale d’insertion et intégrer des clauses sociales spécifiques dans les autres marchés publics afin de permettre aux entreprises de ce secteur de déposer des offres valables. Généraliser le recours à la boîte à outils anti-dumping social, ainsi qu’aux clauses sociales, éthiques et environnementales dans les cahiers des charges communaux, afin d’encourager le travail digne, de garantir de bonnes conditions de travail, de protéger l’environnement, de réduire l’empreinte écologique de la consommation des services publics, de soutenir les emplois verts et de rendre les marchés publics plus accessibles aux entreprises et aux commerçants locaux. Poursuivre le développement de l’économie sociale et d’insertion avec le CPAS, la Funoc, la Mirec, les entreprises de Monceau-Fontaine… Dans ce cadre, la Ville contribuera à la rénovation et au redéploiement du pôle de reconversion de Marchienne-au-Pont et soutiendra la transformation d’anciens bâtiments, comme la brasserie des Alliés et le théâtre Varia, en pôle de création d’emplois, notamment dans le secteur culturel ;

 

  • Soutenir l’initiative « Coup de Boost ! » qui vise à remobiliser les Neets ‑ les jeunes qui ne sont ni à l’emploi, ni à l’école, ni en formation ‑ en proposant à ces jeunes et aux structures qui les accompagnent (Mirec, Forem, organisations syndicales) de participer à la réalisation de projets communaux d’utilité publique (petits travaux d’amélioration du cadre de vie, aide à la préparation de festivités ou d’événements publics, etc.) ;

 

  • Encourager et stimuler les modes de consommation et de production les plus durables pour favoriser l’économie locale. La Ville assumera, en ce sens, un devoir d’exemplarité. Saisir les opportunités liées à la sauvegarde du climat et à l’objectif « zéro carbone » pour soutenir la création de nouvelles activités économiques dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables, de l’amélioration de l’efficacité énergétique, des modes de déplacement durable, de l’économie digitale et de l’agriculture biologique. Les formations, comme la stratégie de l’intercommunale Igretec et de la cellule Catch devront contribuer à l’émergence puis au développement de ces filières prometteuses en matière d’emplois.

 

4.3. À côté de l’emploi industriel et des emplois publics et non marchands, les PME, TPE et indépendants jouent un rôle essentiel dans la vitalité économique de notre cité.

 

Au cours de la première année de la mandature, le Collège communal adoptera un plan d’action général et transversal en vue de mobiliser un maximum de leviers communaux pour encourager le développement de l’activité des PME et des indépendants sur le territoire de la ville.

 

Ce plan d’action sera établi pour cinq ans, en concertation avec l’ensemble des organisations intéressées (UCM, UWE, Comeos, Agoria, CCW, Essencia Wallonie, FIV, Igretec, CCIH, CCV, B4C, BNI, Madame Network, Switch Coworking, organisations syndicales, etc.), ainsi que par un dialogue approfondi avec les chefs d’entreprise qui souhaitent contribuer à son élaboration. Il sera accompagné d’objectifs concrets et mesurables, et sera évalué périodiquement au moyen d’un tableau de bord.

 

Par ailleurs, la ville entend :

 

  • Continuer à professionnaliser les associations de commerçants en les dotant de moyens suffisants pour exercer leurs actions et renforcera le dialogue avec l’ASBL Charleroi Centre-Ville ;

 

  • Créer, à l’instar de la Commission consultative de l’aménagement du territoire et de la mobilité (CCATM), une Commission consultative du commerce et du tourisme (CCCT) réunissant régulièrement des représentants des commerçants, des acteurs de la vie associative, des riverains et des représentants politiques. À travers cette CCCT, la Ville favorisera les associations de commerçants en leur offrant une aide logistique dans le cadre des projets divers (déchets, mobilité, partenariat local de prévention…). La CCCT mènera également une réflexion sur la simplification et la cohérence de la fiscalité des activités commerciales dans le but de favoriser le commerce de proximité ;

 

  • Soutenir le commerce local, dans tous les quartiers, sur le marché dominical et sur les marchés locaux en collaboration avec les unions de commerçants ;

 

  • Développer une halle aux produits locaux et issus de circuits courts, en partenariat avec les opérateurs de la Ceinture alimentaire. Transférer complétement le marché de gros à la régie communale autonome (RCA), notamment dans le but de rénover le site et ses bâtiments, pour y développer, entre autres, une plate-forme d’échange de produits en circuit court ;

 

  • Développer les espaces de bureaux à proximité des grands points d’intermodalité durable pour accueillir de nouveaux sièges d’entreprise et soutenir la valorisation des surfaces commerciales inoccupées par des commerces et services de proximité ;

 

  • Pour les travaux réalisés sur les voiries communales :
    • Informer les commerçants concernés sur leur nature et leur impact sur la circulation et la mobilité, dès que les services communaux disposent des informations complètes sur l’organisation du chantier ;
    • Consulter les commerçants ou les associations de commerçants sur les mesures à prendre pour atténuer l’effet négatif des travaux sur l’accès et la circulation à proximité de leurs commerces ;
    • Assurer une coordination effective des impétrants afin d’éviter l’ouverture de la route ou du trottoir à plusieurs reprises sur une période limitée et pour un même chantier global,
    • Garantir un accès minimum à tous les commerces concernés et mettre en place des parkings de remplacement si nécessaire ;
    • Réduire au maximum la durée des travaux pour limiter les nuisances pour les commerces.

 

4.4. La Ville apportera son soutien au projet participatif, porté par un groupe de citoyens, visant à créer le « Carol’Or », monnaie locale complémentaire qui réconcilie finance, environnement et société.

 

 

 

 

 

5. Une ville active

 

Charleroi bénéficie d’un tissu culturel et associatif très dynamique. Elle peut également se prévaloir d’un folklore qui suscite l’engouement populaire.

 

Si la culture est un levier essentiel du redéploiement de notre ville, elle est aussi un vecteur d’émancipation et de multiculturalité. Par-là, elle s’impose comme un facteur essentiel de la démocratie et du vivre ensemble. Il importe donc de continuer à élargir l’accès aux différentes programmations à tous les publics. Dans ce but, il est indispensable de veiller notamment à la mobilité des Carolos et des citoyens de l’aire métropolitaine, en interpellant les TEC et la SNCB sur la problématique des transports en commun en soirée et les week-ends.

 

L’action des associations d’éducation permanente qui vise à rendre à tous et à chacun le pouvoir de comprendre, de critiquer, d’agir et de participer à la vie collective et à la délibération politique, dans une perspective d’égalité civique et de progrès social, doit être valorisée et soutenue.

 

Charleroi est une ville jeune mais, comme toute la Wallonie, elle est aussi marquée par l’allongement de l’espérance de vie. Le rôle de la ville est donc de favoriser la rencontre des générations qui vivent côte à côte, de plus en plus longtemps.

 

En matière de sport, des centaines de familles participent, chaque semaine, aux activités organisées par nos très nombreux clubs. À Charleroi, nous avons réussi à garantir l’équilibre entre l’accès au sport pour tous et l’excellence de clubs d’élite dans différentes disciplines. C’est en ce sens que nous voulons continuer à progresser. Les personnes extraordinaires et les personnes défavorisées doivent pouvoir participer pleinement à cette dynamique saine et salutaire.

 

Pour servir ce mouvement de fond, en veillant à ce que tout événement public soit rendu accessible aux PMR, nous allons :

 

5.1.Soutenir le bouillonnement culturel et festif à l’œuvre dans la première métropole wallonne. Le foisonnement créatif auquel nous assistons s’est consolidé grâce à des investissements structurels importants, des renforcements budgétaires et un soutien accru aux nombreux partenaires. La poursuite de cette mutation est vitale. C’est pourquoi nous allons :

 

  • Poursuivre le processus de réhabilitation patrimoniale qui va concerner le Musée des Beaux-Arts, le Rockerill, le théâtre de l’Ancre, les académies, le conservatoire et les centres culturels locaux, le tout en tenant compte de l’attention particulière accordée aux critères sociaux, environnementaux et éthiques. Cet objectif se traduira aussi par l’implantation d’œuvres d’art dans l’espace public ;
  • Conforter la démocratisation culturelle en :
    • instaurant la gratuité d’accès à différents lieux de culture pour les écoles primaires et en favorisant l’entrée des artistes dans les classes,
    • diversifiant les espaces de diffusion et de répétition sur l’ensemble du territoire,
    • multipliant les passerelles entre l’enseignement artistique et les pratiques de terrain,
    • soutenant les processus d’aide aux projets des plus petites associations,
    • valorisant les initiatives participatives, à l’image de l’exposition « Public à l’œuvre »,
    • facilitant l’accès de la création locale à des institutions reconnues ;
  • Mutualiser la communication par le biais d’une interface numérique et d’un agenda concerté ;
  • Créer une plate‑forme de coordination et de réflexion entre les différents opérateurs ;
  • Organiser des événements fédérateurs, comme le futur festival « Idées claires au Pays noir » successeur de la biennale « Asphalte », qui visera à mettre les évolutions du monde contemporain en débat et en projets, en collaboration avec nos principaux opérateurs culturels.

 

5.2. Prolonger l’important investissement de la Ville dans le soutien aux initiatives destinées à la jeunesse et, notamment :

 

  • Étendre et rénover des maisons des jeunes, afin de garantir la meilleure couverture territoriale et compter à terme au moins trois maisons de jeunes par district ;
  • Désigner au sein de l’Administration une personne ressource pour les mouvements de jeunesse ;
  • Rénover nos vingt-sept centres des aînés et développer la gamme de leurs activités, en particulier les activités intergénérationnelles et multiculturelles ;
  • Faire de Charleroi une ville « amie des enfants », notamment en permettant aux citoyens de fermer leur rue à la circulation, certains jours, pour les transformer en « rue du jeu » ;
  • Accroître le nombre des maisons ludiques pour tendre vers une par district ;
  • Multiplier les aires de jeux dans les parcs (balançoires, parcours, toboggans adaptés à chaque âge), dans un environnement sécurisé (sécurité routière).

 

5.3. Agir pour que le sport pour tous reste la marque de fabrique de l’action de la Ville. À cette fin, nous veillerons notamment à :

 

  • Rénover l’ensemble de nos infrastructures sportives, rouvrir la piscine de Marchienne, construire une nouvelle piscine dans le district Nord et élargir les heures d’ouverture de la piscine Hélios ;
  • Examiner la possibilité de ré-ouvrir la piscine Solvay en collaboration avec Charleroi Métropole et les communes voisines ;
  • Développer un monitoring permanent de la fréquentation des écoles de jeunes présentes sur notre territoire afin de mettre en œuvre des politiques adaptées pour accroître la pratique du sport chez les jeunes ;
  • Garantir la transparence sur les critères d’attribution et assurer une égalité de traitement entre les différents clubs sans distinction de genre, ainsi qu’une objectivation de la répartition des subventions aux différentes disciplines sportives et aux clubs ;
  • Renforcer l’accès de tous au sport via les chèques « sport » et la carte C (pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite) ;
  • Créer un skate-park extérieur à proximité de la gare ;
  • Créer des agora space dans les quartiers, via un processus participatif, avec les jeunes des différents districts et les maisons des jeunes.

 

5.4. Valoriser nos racines et notre patrimoine immatériel comme une composante essentielle de la cohésion sociale de la cité. À cette fin, nous veillerons notamment à :

 

  • Faire mieux connaître notre patrimoine littéraire et musical wallon, par le soutien au théâtre et aux publications en langue régionale ;
  • Faire des Fêtes de Wallonie de Charleroi un événement phare de notre vie culturelle, mettant en valeur la richesse de nos arts urbains ;
  • Mieux faire connaître aux Carolos et aux visiteurs notre patrimoine de réputation internationale et notamment les sites et traditions consacrés par l’Unesco : le Bois du Cazier, le beffroi, les marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse et en particulier la Madeleine ;
  • Soutenir les fêtes de quartier notamment via des budgets participatifs et la mise à disposition de mobilier urbain éphémère propice à la rencontre.

 

 

6. Une ville construite par les citoyens

 

À Charleroi, les citoyens sont largement associés aux décisions publiques, à travers la retransmission en ligne du Conseil communal mais aussi les conseils consultatifs et les comités et relais de quartier qui portent leur voix.

 

Dans les maisons de quartiers, les espaces citoyens, les conseils de participation ou encore au sein des 1 400 ASBL que compte notre ville, des milliers de bénévoles s’impliquent au quotidien. Il est capital de soutenir ce mouvement et de renforcer le lien entre l’autorité communale et les citoyens.

 

Avec l’appui de l’administration, chaque membre du Collège organisera les états généraux de l’ensemble de ses matières afin d’enrichir le projet de ville, et de nourrir la rédaction du Programme Stratégique Transversal (PST) par des propositions issues de la société civile.

 

En ce sens, nous allons :

 

6.1. Poursuivre la dynamique de participation citoyenne déjà mise en place. Cela implique notamment de :

 

  • Renforcer le rôle des conseils de participation et des conseils consultatifs pour construire des projets qui répondent aux attentes et aux besoins des citoyens au sein des quartiers, notamment en leur permettant de rendre un avis d’initiative sur toutes les politiques les concernant, en leur permettant de proposer au Collège l’inscription d’un point à l’ordre du jour du Conseil communal, et en établissant des connexions entre ces structures ;
  • Tenir dans chaque district, à l’initiative des conseils de participation, au moins une Assemblée générale annuelle réunissant l’ensemble des organisations citoyennes et associatives (comités et relais de quartiers, ASBL, espaces citoyens…) afin de dresser un diagnostic de la vie de chacun des cinquante-cinq quartiers, et de développer collectivement des projets de quartier répondant aux attentes des citoyens ;
  • Organiser, chaque année, un Conseil communal citoyen, ainsi que deux rencontres des conseils de participation et des conseils consultatifs avec l’échevin responsable ;
  • Amplifier le recours aux budgets participatifs. Trois types de budgets participatifs seront développés : les « petits projets de quartier », les projets de génération (aînés, enfance, jeunes…) et les projets structurants (financés dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement). Tous ces projets répondront aux appels à projets lancés par la ville, qui veilleront à assurer un juste équilibre des moyens mis à la disposition des districts. Les citoyens qui souhaiteront y répondre pourront compter sur le soutien logistique de Charleroi Participation. Les projets seront sélectionnés sur la base d’une procédure de vote établie dans chaque district ;
  • Mettre en œuvre la Charte associative et renforcer les missions de la Maison pour associations (MPA) afin de constituer Charleroi Participation ;
  • Créer un espace de co-construction de solutions et de services à l’échelle d’un quartier (tiers lieu éphémère). Outil transversal pour des événements de toute nature, il permettra aussi de découvrir et de s’approprier, par la pratique, le concept des « tiers lieux » ;
  • Transformer les anciennes maisons communales annexes (MCA) en maisons des associations dans les différents districts (Lodelinsart, Dampremy, Roux, Jumet, Mont-sur-Marchienne, Gilly, Marchienne-Monceau). Utiliser des locaux disponibles pour créer, dans chacun des quartiers, des espaces de participation, de production, d’échange et d’apprentissage entre les habitants. Ces espaces pourront prendre des formes différentes suivant les souhaits émis par les habitants des divers quartiers ;
  • Créer un Conseil consultatif du monde animal et un Conseil consultatif de la sécurité routière ;
  • Garantir la transparence et la publicité de l’action publique à travers Charleroi Magazine, le site de la Ville, le cadastre des mandats publics et un accès facilité à toutes les décisions du Conseil communal (travaux, subsides…).
  • Par ailleurs, dans une logique d’open-government, rendre accessibles les points inscrits à l’ordre du jour du Conseil communal et, à chaque fois que ce sera techniquement possible, rendre disponibles les documents administratifs émis par les instances publiques communales (à l’exception évidemment de ceux contenant des données à caractère personnel ou des documents confidentiels). La mise à disposition de ces données se fera sous licence libre chaque fois que ce sera techniquement possible ;
  • Instaurer, en collaboration avec la Province, un comité d’éthique et de déontologie qui sera destiné non seulement aux élus et au personnel communal, mais qui pourrait aussi être sollicité par les habitants, dans le cadre des processus participatifs et de leur relation avec l’Administration et les élus communaux.

 

 

 

 

 

7. Une métropole rayonnante

 

Ville industrielle et d’innovation, Charleroi se veut ouverte et chaleureuse. Son sens de la fête et son esprit de folklore fusionnent avec ferveur. La Madeleine et nos nombreuses autres marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse, le bal des Climbias, les Fêtes de Wallonie ou encore le carnaval sont des événements qui suscitent un engouement populaire croissant.

 

Charleroi, c’est aussi sa mémoire ouvrière. Le Bois du Cazier en est un symbole poignant, tout comme le site du Martinet à Roux ou le Rockerill, situé dans l’ancienne usine de la Providence à Marchienne. Cette mémoire vive se manifeste aussi à travers la réappropriation de nos terrils ou la préservation de sites remarquables comme le haut fourneau HF4.

 

Charleroi est aussi une ville d’images et, à ce titre, elle héberge l’un des plus grands musées d’Europe dédié à la photographie. C’est dans cet environnement que les éditions Dupuis et l’école de Marcinelle ont marqué plusieurs générations de lecteurs. L’installation de nouvelles statues consacrera plus encore la place de la bande dessinée au cœur de la Cité. Parallèlement, les créations artistiques contemporaines resteront très présentes dans l’espace public.

 

Tous ces éléments, alliés au développement de l’aéroport et à la proximité des lacs de l’Eau d’Heure peuvent faire de notre territoire un espace de plus en plus prisé par un public en quête de dépaysement.

 

Forte de ces atouts et de sa position de première ville de Wallonie, Charleroi entend également contribuer pleinement et activement à la dynamique de son aire métropolitaine.

 

Sous l’angle de la Ville, nous voulons ainsi :

 

7.1. Mieux faire connaître aux Carolos et à nos visiteurs notre patrimoine de réputation internationale (Bois du Cazier, Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse, beffroi de l’hôtel de ville…). Concernant le patrimoine industriel de la Porte Ouest, la Ville plaide pour que le Gouvernement wallon acquière l’ensemble du site de Carsid en vue de le reconvertir en parc paysager productif, en y intégrant la dimension patrimoniale. Cela inclut l’acquisition des trois cheminées de l’Agglomération et du HF4 qu’il conviendra de sécuriser et de valoriser. Pour le Martinet, sur la base des projets soumis à l’Administration et compatibles avec le caractère naturel du site, la Ville réalisera et mettra en œuvre un schéma directeur qui favorisera l’éclosion d’activités pédagogiques, économiques, environnementales et sociales, intégrées aux caractéristiques du quartier, articulées autour d’un projet fort et portées par des opérateurs multiples ;

7.2. Développer le tourisme patrimonial et culturel, notamment en poursuivant la rénovation de notre patrimoine industriel et de notre architecture Art Déco et en renforçant les outils touristiques numériques ;

7.3. Valoriser l’héritage « bande dessinée » de l’École de Marcinelle, mondialement célèbre, en installant de nouvelles statues de personnages et en créant des parcours BD à destination des Carolos et des visiteurs ;

7.4. Mieux faire connaître notre patrimoine littéraire et musical wallon par le soutien au théâtre et aux publications en langue régionale, et faire des Fêtes de Wallonie de Charleroi un événement phare de notre vie culturelle ;

7.5. Poursuivre la valorisation de nos terrils par la préservation de la nature et des bâtiments industriels remarquables, l’aménagement des sentiers, la pose d’une signalétique et un renforcement des liaisons pédestres et cyclistes tout au long de leur chaîne ;

7.6. Améliorer la signalisation vers Charleroi, sur tous les grands axes routiers.

 

Sous l’angle de l’aire métropolitaine, nous voulons :

 

7.7. Valoriser « Charleroi Métropole » par le développement de projets coordonnés à l’échelle du territoire en matière de mobilité, de tourisme, de développement économique, de santé, d’enseignement supérieur ou de paysages. La première phase du Schéma de développement territorial a démontré toute la pertinence de l’échelle métropolitaine et ce, à plusieurs niveaux (bassins d’emplois et de formation, bassins d’interactions téléphoniques, bassins résidentiels, bassins commerciaux…). Elle a également mis en lumière la complémentarité des cinq plateaux qui constituent notre territoire (plateau hesbignon, plateau urbain, plateau du Condroz, plateau de la Fagne et plateau des Ardennes).

Avec les élus des vingt-huit autres villes et communes de son aire métropolitaine, par le biais de la Conférence des bourgmestres de Charleroi Métropole et de ses commissions, la Ville entend s’investir dans la co-construction de projets répondant à des problématiques et enjeux communs. Il s’agit notamment :

 

  • De contribuer activement au développement de la Ceinture alimentaire de Charleroi Métropole (CACM) par :
    • le développement de projets et filières en circuits courts en vue de renforcer l’économie alimentaire locale et régionale de qualité (bio ou tendant vers le bio),
    • la création d’un label « Charleroi Métropole », alliant proximité et qualité,
    • la création d’un réseau de commerçants locaux pour valoriser les produits labellisés,
    • l’établissement d’un cadastre des cuisines dépendant des pouvoirs locaux,
    • le réinvestissement dans la transformation alimentaire ;
  • D’inciter aux synergies entre les maisons du tourisme. Le développement d’une stratégie touristique et culturelle partagée et intégrée sera une priorité pour la métropole ;
  • D’investir dans la réalisation et la mise en œuvre du schéma de développement territorial (horizon 2030) lancé en septembre 2017. Le scénario intermédiaire de développement territorial multipolaire différencié sera privilégié par la Ville. Il pourrait intégrer des spécialisations pour chacun des territoires, basées sur les pôles, activités majeures et points forts de ceux-ci. Par exemple, la création d’un parc régional des lacs de l’Eau d’Heure.

Ce scénario permet à chacune des zones du territoire de trouver des sources de développement local, dans la perspective du développement d’une économie durable et circulaire et dans un projet de métropole « zéro carbone » à l’horizon 2050.

En ce sens, il semble pertinent :

  • de consacrer le principe de l’arrêt de l’étalement urbain,
  • de concentrer dans les pôles existants, l’habitat, l’enseignement et l’activité économique,
  • de mener un travail d’animation économique différencié autour des pôles identifiés pour les objectifs de développement d’activités (international, résidentiel, résilient climat…),
  • de rapprocher les lieux de vie des lieux de travail,
  • de prendre en compte la lutte contre le réchauffement climatique pour soutenir les opportunités économiques qu’elle offre dans chacune des cinq zones géographiques de Charleroi Métropole,
  • d’intégrer la dimension de la faible croissance et du vieillissement de la population dans cette planification,
  • d’intégrer une stratégie numérique et de smart cities à l’échelle de la métropole,
  • de préserver nos paysages et ressources naturelles,
  • de développer des espaces naturels,
  • de développer une politique métropolitaine de production d’énergies renouvelables ;
  • De renforcer notre identité territoriale ;
  • De développer la supracommunalité, entre autres en favorisant les rencontres thématiques portant sur des objectifs transversaux avec les échevins concernés ;
  • D’assumer pleinement son statut de « Ville métropole », avec les partenaires sociaux et les représentants politiques siégeant activement au comité de développement stratégique et à la Conférence des bourgmestres, notamment en :
    • relayant les projets et besoins sociaux, économiques et environnementaux portés par la Conférence des bourgmestres,
    • favorisant tous les projets créateurs d’emplois de qualité,
    • étendant les horaires des bus reliant la ville à la périphérie après 22 heures, le vendredi et le week-end, et en les renforçant lors des grands événements. Il sera proposé à la Conférence des bourgmestres de prendre en charge une analyse financière du développement de l’offre de bus durant les horaires de nuit,
    • portant les préoccupations et les demandes des communes vis‑à‑vis des TEC désormais fusionnés, afin de renforcer notre poids face à la Société régionale wallonne des transports (SRWT) qui ne prévoit que deux réunions annuelles de concertation avec les pouvoirs locaux,
    • donnant la priorité au rail et à la voie d’eau pour le transport des marchandises et ce, en valorisant les plates-formes multimodales existantes,
    • donnant la priorité, pour le transport des personnes, au transport en commun, routier mais aussi ferroviaire pour les distances plus longues,
    • exigeant de la SNCB le développement d’une desserte ferroviaire à grande vitesse à la gare de Charleroi Sud, notamment via le rétablissement de la liaison ferroviaire vers Paris ;
    • participant activement au développement d’un réseau express carolo combinant train, tram et bus et créant des nœuds d’intermodalité durables facilitant l’accès à ces lignes, notamment sur les lignes SNCB vers Couvin et Erquelinnes. La Ville de Charleroi défendra le caractère structurant des lignes 132 (Charleroi-Couvin) et 130 (Charleroi-Thuin-Erquelinnes),
    • veillant à une meilleure connexion entre les villages et les bourgs principaux et au désenclavement des parties du territoire les moins bien desservies,
    • organisant un bassin de soins exclusivement centré sur la qualité du service aux patients,
    • cherchant à attirer davantage de touristes, en collaboration avec l’aéroport et les lacs de l’Eau d’Heure, dans le cadre d’un tourisme durable et inclusif, valorisant le patrimoine, les ressources et les produits locaux,
    • attirant davantage d’investisseurs « durables » ;

 

7.8. Établir un cahier de revendications à l’adresse du fédéral (finances, justice, SNCB), de la Région (friches, TEC…) et de la Communauté (enseignement supérieur, repas gratuits, culture).

 

Annexe 1. Perspectives budgétaires

Les financements qui permettront la réalisation du projet de ville reposent à la fois sur des subventions déjà acquises et sur les budgets ordinaire et extraordinaire de la Ville elle-même.

1. Subventions

Au cours de la législature 2013-2018, Charleroi a obtenu près d’un milliard d’euros de subventions de la Wallonie, de l’Union européenne et de l’État fédéral, notamment :

    • 350 mios pour la construction du nouvel hôpital du GHDC ;
    • 142 mios pour la réalisation du District créatif (palais des Expositions, palais des Congrès, Centre de design, Centre universitaire Zénobe Gramme, rénovation énergétique du palais de Beaux-Arts et BPS22) et la rénovation des espaces publics de la ville haute ;
    • 30 mios pour la Cité des Métiers et 12 mios pour la nouvelle phase du campus technologique en centre-ville ;
    • 92 mios pour la mobilité (BHNS, gare des bus et siège des TEC, rénovation des trams) ;
    • 30 mios pour l’aménagement de la galerie de la gare et de ses abords ;
    • 45 mios pour la protonthérapie ;
    • 35 mios pour l’extension du Biopark ;
    • 55 mios pour l’extension et la sécurisation de l’aéroport ;
    • 52 mios pour la reconversion économique (Sowafinal) ;
    • 45 mios pour le nouveau siège de l’Aviq ;
    • 12 mios pour le nouveau siège de La Poste ;
    • 13,5 mios pour le plan « routes » ;
    • 40 mios pour la construction de 435 nouveaux logements sociaux via le plan d’ancrage et d’autres programmes liés au logement ;
    • 10 mios pour la restauration du patrimoine classé (théâtre Varia, brasserie des Alliés, verrière du passage de la Bourse).

Par ailleurs, les opérateurs publics (Sambrinvest, Igretec) constitueront un fonds d’investissement coordonné pour continuer à soutenir, en partenariat avec le privé, la construction de zonings et de bureaux et le soutien aux entreprises qui investissent pour la création d’emploi local. La priorité sera donnée aux bâtiments inoccupés à rénover, sauf si la voie de la démolition et de la construction neuve s’avère moins coûteuse.


Le CPAS poursuivra sa politique d’expansion des maisons de repos et développera, en collaboration avec l’ISPPC, le GHDC et les communes intéressées du bassin de Charleroi Métropole, une grande cantine publique. Le CPAS financera également un centre de consommation à moindres risques, en collaboration avec la Province. Il poursuivra son programme de redéploiement des antennes sociales et des espaces citoyens, dans tous les districts. Ces investissements feront l’objet d’un contrat de législature entre la Ville et le CPAS. La possibilité d’étendre les bureaux du CPAS au bâtiment Charleurope ‑ laissé libre après le transfert des services vers la nouvelle cité administrative ‑ sera envisagée.

La zone de police finalisera la modernisation de son réseau de commissariats de quartier (notamment la modernisation de ceux de Gilly et de Montignies-sur-Sambre) afin de tendre vers un réseau complet d’antennes de police modernes couvrant les cinq districts de Charleroi.

La Ville de Charleroi continuera de déposer des demandes de subventions solides et argumentées dans tous les domaines de son action (logement, sport, mobilité, culture, enseignement…) et développera de grands projets visant, notamment :

    • une nouvelle phase de programmation Feder principalement axée sur la reconversion du pôle Villette et de la Porte Ouest, dans une optique de soutien à la formation et à l’innovation ;
    • des crédits Sowafinal complémentaires pour la reconversion du plateau de Gosselies, du site de Carsid et du site de la Villette ;
    • la mise en fonction de la ligne Est du métro vers Montignies-sur-Sambre, Gilly et le GHDC ;
    • la poursuite de la rénovation des voiries régionales dans une optique de mobilité douce et collective.

2. Budget extraordinaire de la Ville

Le montant des investissements devrait être porté à 160 euros par habitant par an, soit 192 mios d’euros auxquels s’ajoutent les investissements de la zone de police et le complément communal du Fonds d’investissement (15 mios). Ce montant permettra, outre les acquisitions nécessaires pour le fonctionnement de nos services publics, d’achever la modernisation de notre réseau de routes et places publiques, la conversion de nos espaces verts vers une gestion durable et les investissements dans les bâtiments prévus dans le projet de ville (piscines, maisons de jeunes, maisons de quartier, etc.)

En collaboration avec Igretec, la Ville visera à dégager un montant équivalent via un mécanisme de tiers investisseur, afin d’assurer l’isolation de l’ensemble de ses bâtiments (écoles, académies, centres culturels, centres sportifs, MCA, etc.) et le développement des énergies renouvelables. Ces investissements seront hors balises.
Afin de respecter la balise d’investissement et de donner une vue prospective des projets en cours ou planifiés, l’ensemble des investissements seront repris dans un outil évolutif : le plan pluriannuel d’investissement (PPI), dont la première version sera présentée pour le 30 juin 2019. Il prévoira un budget de minimum dix euros par an par habitant pour le développement de la mobilité cyclable.

3. Budget ordinaire

Les recettes annuelles de la Ville sont d’environ 425 mios d’euros. La perspective d’évolution de nos dépenses à l’horizon 2023, à périmètre constant, fait apparaître un déficit à l’exercice propre passant de 26,5 mios en 2019 à 36,5 mios en 2023, auquel il convient d’ajouter une augmentation annoncée de la cotisation de responsabilisation de 11 mios d’euros en 2019 à 21 mios d’euros en 2023 (hors impact des mesures décidées au printemps 2018 par le Gouvernement fédéral dans ce dossier).

Par ailleurs, la politique de non remplacement d’une partie des « départs naturels » a atteint ses limites et doit être abrogée, ce qui représente un investissement annuel cumulatif d’1,6 mio d’euros.

La Ville devra donc obtenir de la Wallonie un refinancement à hauteur de 335 mios d’euros sur la législature.

Au niveau de la zone de police locale, les autorités contesteront, par tous les moyens, la norme KUL en vue d’obtenir un financement équivalent à celui calculé sur la base du besoin minimum en hommes tel que défini par le fédéral (soit 1 058 unités).

La Ville n’augmentera aucun impôt touchant ses habitants et la taxe poubelle sera ajustée à la baisse à mesure de la réduction des volumes collectés.

Par ailleurs, parmi les propositions de ce projet de ville, devra être financé à l’intérieur du budget communal, le fonctionnement :
    • du centre de consommation à moindres risques ;
    • de la halte-garderie ;
    • de l’extension de la mutualisation des services de propreté avec Tibi ;
    • de la gratuité de l’accès des publics scolaires aux musées.

La gratuité des piscines sera financée grâce à une partie des recettes parkings sur le budget de la régie communale autonome, le reste servant à améliorer la mobilité.

 

Annexe 2. Perspectives de réorganisation administrative

Le poste de Directeur général (DG) et celui de Chef de zone seront ouverts dans les meilleurs délais.

La mise en place de l’organigramme sera poursuivie, en concertation avec les organisations syndicales.

Afin d’améliorer la communication entre l’Autorité politique et l’Administration, des réunions sont organisées entre une représentation de l’Autorité politique (Chefs de file du Collège et chef de Cabinet) et les grades légaux. Ces réunions se tiennent au moins une fois par mois dans le bureau du Bourgmestre. Les points à examiner sont communiqués au Secrétariat du Bourgmestre au minimum 24 heures précédant la réunion. Elle est élargie aux membres du CODIR au moins 3 fois par an.

La construction de la cité administrative et la rénovation des maisons communales annexes seront réalisées.

Les synergies avec le CPAS seront renforcées, en particulier dans les domaines des services de support (gestion des ressources humaines, finances, informatique, gestion du patrimoine…).

Les liens seront renforcés avec les autres para-communaux (La Sambrienne, ISPPC, Igretec…).

La formule des « arpenteurs » fera l’objet d’une évaluation en vue de la constitution, dans les meilleurs délais, d’un service transversal d’entretien pluridisciplinaire de l’espace public, permettant à la fois une réparation en profondeur des cinquante-cinq quartiers et une capacité de réponse rapide aux dégradations signalées à l’administration.

La police administrative s’appuiera sur un effectif élargi d’agents constatateurs, désignés dans tous les services actifs sur le terrain, et mettra en place une politique de verbalisation systématique des infractions au règlement général de police. Après un avertissement des propriétaires responsables de ces infractions (dépôts sauvages, immeubles vides et non sécurisés, véhicules inutilisés…), la police administrative ordonnera, en concertation avec le Bourgmestre, des mesures d’office dont le coût sera systématiquement refacturé aux propriétaires.

Une cellule « coordination sécurité » sera créée afin d’optimiser la collaboration entre la zone de police, les gardiens de la paix et les agents constatateurs à l’instar de ce qui se pratique à Saint-Gilles.

Une cellule « mobilité » sera constituée au sein du bureau d’étude, afin de donner une priorité absolue à la sécurité routière et à la mobilité douce dans tout projet de réaménagement de voirie. Le plan d’embauche prévoira, dans les meilleurs délais, l’engagement de deux conseillers en mobilité.

Le bureau d’étude intégrera également une expertise visant à prendre en compte systématiquement l’accès de tous aux bâtiments et aux événements.

Le bureau d’étude de la Ville accordera une attention particulière au patrimoine remarquable et aux éléments historiques de la cité. La Ville veillera à la formation de certains ouvriers à l’entretien et à la restauration de ce patrimoine.

La Ville organisera avec l’ensemble des opérateurs publics présents sur son territoire (IGRETEC, Sambrienne, ISPPC, …) et le service « architecture » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une concertation visant à se doter des meilleures procédures qui garantissent une qualité architecturale et urbanistique.

Le recours aux marchés stocks sera poursuivi et étendu chaque fois que possible.

Le SLT soumettra une proposition visant à amplifier le soutien aux divers événements en simplifiant la mise à disposition du matériel.

Charleroi Participation sera mise en place dans les meilleurs délais, en conservant un statut d’ASBL et une gestion paritaire. Les missions actuelles de la Maison pour associations (MPA) et celles du plan de cohésion sociale (PCS) liées à l’accompagnement des conseils de participation seront au cœur de Charleroi Participation. Les moyens affectés à la MPA, aux conseils de participation (PCS), à l’accompagnement des publics en difficulté (PGV) et à l’animation des quartiers (PSSP) seront mutualisés dans ce cadre.

Les outils de financement les plus importants (PCS, PGV, PSSP) seront spécialisés. Dans ce cadre, le PCS sera entièrement consacré au CPAS qui se verra transférer la tutelle sur Diapason‑Transition, ainsi que la cellule d’intégration par le sport (CIS) et « Jeunes jugés dérangeants ».

Aves les moyens humains y afférents, une cellule transversale de pilotage du PAEDC sera mise en place au sein de l’administration, de même que sera créée une cellule de promotion (« Delivery Unit ») des investissements économiseurs d’énergie auprès de tous les opérateurs (citoyens, mondes associatif et économique).

Au sein des services communaux, de nombreux fonctionnaires travaillent au quotidien avec les entreprises situées sur notre territoire, dans divers domaines (urbanisme et aménagement du territoire, fiscalité, occupation privative temporaire de la voirie, mobilité, fêtes et événements, égouttage, environnement, etc.). Dynamiser les investissements et le développement économique à Charleroi requiert une approche intégrée du service public rendu aux entreprises. La Ville veillera à assurer la mise en réseau et la formation permanente des fonctionnaires communaux chargés des contacts avec le monde de l’entreprise. Cette politique à destination du personnel sera complétée par des séances d’échanges entre le personnel communal concerné et les différentes organisations intéressées, visant à mieux identifier les besoins de l’entreprise et à y répondre efficacement.

Par ailleurs, les autorités publiques développent, à d’autres niveaux de pouvoir, des politiques incitatives en vue d’encourager l’investissement et l’entrepreneuriat. Toutefois, la multiplicité et la complexité des dispositifs existants sont telles que bon nombre d’indépendants, pourtant totalement éligibles et potentiellement bénéficiaires de ces dispositifs, passent à côté de ces aides à l’entrepreneuriat. Sans se substituer aux autres niveaux de pouvoir et aux organismes externes chargés de ces matières, les fonctionnaires en contact fréquent avec le monde de l’entreprise seront parfaitement informés des dispositifs existants et des procédures permettant d’en bénéficier, ce qui nécessite une politique de formation permanente en la matière, en incluant des contacts fréquents et des échanges d’informations avec les institutions chargées de cette politique d’aide aux entreprises.

Les travaux publics sont une source de nuisance importante pour les commerçants mais aussi pour tous les indépendants et chefs de PME. En ce qui concerne les travaux réalisés sur les voiries communales, l’échevinat des travaux publics, l’échevinat des affaires économiques, des indépendants et des PME, l’échevinat de la mobilité et les services de la zone de police travailleront de concert en vue d’atteindre les objectifs visés au chapitre 4 du projet de ville.

Le Collège organisera des réunions thématiques du Conseil communal. Les questions orales qui y seront posées seront majoritairement orientées vers le thème choisi et quelques dossiers importants y seront soumis au vote des conseillers. Cinq de ces séances seront organisées dès la première année de la mandature, dont une sur le rapport des intercommunales, une sur le budget et deux sur différentes thématiques.

Outil dense et complexe, le règlement général de police doit être évolutif afin de répondre toujours efficacement aux défis d’un territoire en mutation. Ce document fera l’objet d’une évaluation annuelle et, au besoin, des ajustements réglementaires seront proposés au vote du Conseil.

La Cellule « Communication » sera réorganisée afin de spécialiser les missions de communication administrative, de communication interne et de soutien aux événements.

 

Le Collège se prononcera avant mars 2019 sur les décisions à arrêter dans le dossier des pensions. Dans ce cadre, il s’appuiera notamment sur l’étude actuellement réalisée par Ethias concernant les implications budgétaires et l’impact individuel de différents scenarii.