Rues en doublons: Le Conseil avalise les 4 premiers changements

Mercredi 02 Mai 2012 - 14:07

 

 

 

Cette fois la machine est lancée et bien lancée dans ce lourd dossier de « rebaptisation » de quelques 400 rues faisant doublon sur l'entité et constituant parfois un réel casse-tête, certes pour le simple quidam mais, surtout, pour les services de secours qui étaient les premiers demandeurs. A tel titre que le Conseil communal était appelé à examiner lundi soir un premier lot de six propositions de nouveaux noms pour les rues de l'Industrie (Charleroi), Puissant (Charleroi), Léopold (Charleroi), du Canal (Charleroi), des Déportés (Jumet), et Ferrer (Marcinelle).

Après débat(s), et non des moindres puisque certains élus demandaient ni plus ni moins le report du vote (furent invoqués ainsi des couacs dans la communication aux riverains, des délais légaux à respecter avant les élections - là-dessus l'échevine Françoise Daspremont apportera toutes les garanties: les listes seront bloquées le 1er août, ce qui laisse le temps), ces derniers ont finalement donné leur feu vert à quatre d'entre-elles et recalé deux autres. La rue Puissant s'appellera donc désormais « rue Puissant Agimont » (du nom d'un des premiers bourgmestres de Charleroi qui fut anobli), la rue du Canal devient « rue du Bastion d'Egmont » (du nom du bastion de la forteresse hollandaise qui se trouvait à cet endroit), la rue des Déportés devient « Chemin de la Cayôde » (du nom d'un ruisseau coulant sur la pierre qui se jetait dans le Piéton), et la rue Ferrer devient « Cours Garibaldi » (l'artère, située près du Bois du Cazier, rappellera ce grand artisan de l'unité italienne que fut Giuseppe Garibaldi). Par contre donc, l'unanimité n'a pas été réunie pour faire de la rue de l'Industrie la « rue du Grand Possible » et de la rue Léopold la « rue Castel Rodrigo ». Il faudra revoir la copie à leur sujet...

Petit à petit, d'autres suivront. Attention: si vous habitez une rue dont la nouvelle appellation a été approuvée, ne vous précipitez pas aux guichets de la population pour faire modifier les données sur la puce de votre carte d'identité !  Le nom de ces voiries, en effet, ne deviendra officiel qu'après toute une série de démarches de l’administration. Cela peut prendre quelques semaines. Vous devez donc attendre le courrier qui vous invitera à venir vous présenter dans les services de l’état civil - population.

Ce point constituait un des points importants inscrits à l'ordre du jour de la séance du 30 avril. On retiendra aussi plusieurs interpellations et questions d'actualité.

Xavier Desgain, pour Ecolo, fut le premier à intervenir pour relayer les troubles de la tranquillité au passage de la Bourse notamment durant les heures noctures où celui-ci devrait être normalement inacessible au tout public. Un dispositif est on le sait prévu à cet effet mais, comme l'a rappelé Xavier Desgain, il est plus souvent en panne qu'à son tour. « Je me demande s'il n'y a pas lieu de prendre des mesures d'urgence pour rétablir son fonctionnement » insista le mandataire qui mis en avant les multiples nuisances occasionnées par des rassemblements et autres dans un espace non prévu à cet effet. Rappelant combien le Collège était et est sensible à cette problémaique, le bourgmestre Eric Massin a indiqué que, en attendant les mesures qui seraient prises dans le cadre du projet Rive Gauche (la question se posera de savoir ce que deviendra par ailleurs la porte vitrée donnant sur la rue Léopold), une caméra de surveillance seraitinstallée en même temps qu'une intensification des interventions du service propreté.

Quel suivi pour le terril Saint-Charles? Solange Mesdagh (cdH) rappela que depuis 1992, date de l''expropriation des riverains qui coûta 2 millions d'euros à la Ville, plus rien ne semble bouger dans le quartier. « En l'état, tant que le terril continue de flamber, et malgré les nuisances (les études scientifiques menées chaque année attestent d'une combustion lente), on ne pourra pas faire grand chose en matière d'assainissement » indiqua le bourgmestre Eric Massin, lequel rappela aussi cette suspicion de mise à feu du terril dont se serait rendu coupable (pour des raisons économiques) l'exploitant. Les faits devraient être évoqués devant la cour d'Appel de Mons début 2013.

Cinq questions d'actu' à se mettre sous la dent. D'abord celle d'Anne Cattiez (Ecolo) à propos des gens du voyage et la place que les villes, eu égard au respect des lois sur les minorités mais aussi dans l'optique de désamorcer des conflits qui se multiplient avec le voisinage des terrains d'accueil, devrait leur réserver. « Il est temps d'arrêter les hyprocrisies et de prendre le problème à bras-le-corps » insista l'élue qui avanca plusieurs pistes pour résoudre cette épineuse problématique. Par exemple, l'engagement d'un médiateur spécialement chargé de régler les conflits qui pourraient naître de la cohabitation entre riverains et des communautés de gens du voyage. « Le problème n'est pas seulement carolo, mais il se pose à l'échelle de la Wallonie. Nous partageons la volonté de bien les accueillir mais est-ce que cela doit nécessairement se faire sur le territoire de Charleroi »? Pour avoir listé plusieurs sites possibles, Eric Massin est loin d'en être convaincu. « Je trouve intéressante l'idée de la mutualisation des moyens mais il se fait que les communes limitrophes n'y sont pas elles très chaudes . Comme c'est le cas dans d'autres dossiers, elles renvoient tout vers nous. C'est trop facile de toujours dire « allez voir à Charleroi ». La Ville se dit néanmoins prête à accompagner la création d'une telle infrastructure.  Quant à la proposition d'engager un médiateur communal, pour le bourgmestre, ce serait du superflu dans la mesure où il en existe déjà un au niveau de la RW: « Il est à chaque fois saisi par nos soins et il fait du bon travail ».

Après Anne Cattiez, Gérard Monseux (PS) au micro. Pour évoquer un petit couac qui selon lui a côuté son engagement à un des cinq candidats preneurs d'un poste dans le projet « Pépinière culturelle) à la division de l'animation urbaine. Effectivement, confirma l'échevine des RH Véronique Salvi, 4 personnes ont été engagées à 4/5è temps et une cinquième aurait pu l'être. Tout devrait s'arranger grâce à une fin de contrat prévue en août prochain pour un agent en poste.

On a déjà évoqué ces projets de reconstruction d'écoles et construction de nouvelles classes. Oui, mais où en est-on interrogea Léon Casaert (PS)? Que ce soit pour celui relatif aux écoles de Lodelinsart Ouest, au Groupe 1 à Marchienne ou aux Cerisiers , l'échevine de l'Enseignement Latifa Gahouchi a indiqué que des délais supplémentaires avaient été sollicités pour l'introduction des projets définitifs. Par contre, 1,3 million d'euros a déjà été budgétisé à l'extraordinaire pour le dossier du Long Try.

Les centres récréatifs aérés ouverts durant les vacances de Pâques ont été un succès comme s'en est félicitée Latifa Gahouchi qui répondait à une question de Serge Beghin (PS). Grâce au concours de quelques 65 animateurs, les cures ont en effet pu faire le bonheur de quelques 1900 bambins (dont 447 de moins de 6 ans), une fréquentation en hausse par rapport aux autres années.

Avec le titre de champion de division II remporté cette saison, Jean-Pierre Deprez (MR) se prend à rêvé. Et si demain, les Zèbres remportaient la Champion's League, et si demain, le rose devenait la couleur des relations entre le club du Mambourg et l'échevinat des Sports, et si demain, le Sporting retrouvait son âme véritable et redevenait ce grand club à même de catalyser les foules et d'être le moteur de toute une Ville? Dans la langue de l'ancien avocat des noirs et blancs, ca s'appelle la zébritude... La réalité, elle, est moins réjouissante comme l'a indiqué l'échevine Ingrid Colicis. Le titre, les réjouissances, « c'est le seul côté positif car le Sporting est devenu une coquille vide qui a perdu son âme. Au-delà de la fête, je suis en colère car je dois défendre les intérêts de la Ville et nous avons toujours des soucis car la seconde tranche du prêt (que la Ville cautionne) n'a toujours pas été payée. Si Dexia voulait actionner sa caution, cela nous poserait de sérieux problèmes financiers. Et l'échevine d'indiquer qu'elle aussi avait fait un rêve. Le même que Martin Luther King. Un rêve de liberté, que « nous étions enfin libérés d'Abbas Bayat » (sic). Dans cette optique pourquoi la Ville ne fédèrerait-elle pas des initiatives qui ne demandent qu'à se concrétiser? Selon l'élu-avocat, des entreprenuers locaux notamment seraient prêts à jouer le jeu. Chose à laquelle Ingrid Colicis se refuse tant qu'il y a ce pendant judiciaire. On peut toujours rêver...

Avec les assises du développement culturel, Philippe Sonnet (MR) terminait la séance des q/r. Apparemment, si on a bien capté les propos des uns et des autres lundi soir, elles ne se seraient pas tout-à-fait déroulées comme on aurait pu l'espérer côté ville ces assises. Si une séance inaugurale doit se résumer à écouter déblatérer une litanie de chiffres bruts, à entendre une panoplie de critiques et autres clichés usités sur l'offre culturelle au pays de Charleroi , on peut comprendre le sentiment un peu désabusé affiché par l'échevin Antoine Tanzilli au sujet de ce programme mis en oeuvre par la fédération Wallonie-Bruxelles. Craignant quelque ombrage de sa part, l'élu MR plaida néanmoins pour une reprise en main: « Les travaux débuteront en septembre prochain; il est essentiel pour la Ville d'y jouer un rôle; il s'agit d'une véritable opportunité pour définir notre offre culturelle; il est important d'y aller, de dire ce que l'on veut, d'y faire entendre sa voix ». Parce qu'il est utile, voire salutaire d'en être, on y sera, promet Antoine Tanzilli, au travers d'une commission rassemblant diverses forces vives.

Terminons pour signaler que le Conseil a également adopté la modification du montant et le règlement de certaines taxes comme celles relatives à la force motrice, aux pylônes et mats affectés à un système global de communication mobile, aux logements meublés, à la salubrité urbaine et à la participation financière des parents aux centres récréatifs aérés. Compte tenu de l'évolution du prix des denrées alimentaires, le tarif sera donc le suivant: 4€ pour les enfants domiciliés à Charleroi (contre 3€), 7€ (contre 6€) dans les autres cas.