Déclaration de politique sociale: Le CPAS fixe ses priorités

Vendredi 08 Mars 2019 - 11:02

S’appuyant sur le Projet de Ville et répondant au décret du 19 juillet 2018, Philippe Van Cauwenberghe, son président, a présenté, ce jeudi, la Déclaration de politique sociale du CPAS. Celle-ci comporte les principaux projets politiques qui seront développés durant la mandature 2019-2024.

Structurée selon 6 axes prioritaires, la Déclaration de politique sociale s’inspire aussi des échanges entretenus avec les différents acteurs sociaux, de leurs propositions et suggestions, en externe et en interne au CPAS, et ce dans une démarche participative. Votée par le Conseil de l’Action sociale, cette déclaration fixe le cap, mais un important travail doit encore être réalisé quant à la concrétisation des actions proposées. Fin mai prendront place les Etats Généraux de l’action sociale pour aboutir, en septembre, à une finalisation du plan stratégique transversal du CPAS. Deux préalables à cette Déclaration : la nécessité d’un équilibre financier durable et une attention permanente au personnel, soit près de 2 500 équivalents temps plein.

Rapprocher l’action sociale du citoyen est le premier axe développé dans la Déclaration de politique sociale. En effet, certains services sont encore trop éloignés de leurs bénéficiaires potentiels, ou mal répartis selon les districts. Un nouveau maillage de ceux-ci sur le territoire de notre Ville est ainsi à l’étude, en tenant compte de la présence sur le terrain des services communaux et du secteur associatif. La création de la Cité administrative pourrait, à terme, libérer une dizaine de bâtiments communaux dans lesquels le CPAS envisage de répartir ses services de manière plus judicieuse. Un rapprochement du citoyen qui passera aussi par une amplification des services itinérants et la création d’un budget participatif destiné aux petites actions associatives.

Orienter l’action sociale vers les enfants, les jeunes et les personnes sans domicile fixe constitue une autre priorité. On constate en effet que les personnes précarisées sont de plus en plus jeunes et comptent un nombre important de familles monoparentales. Ces nouvelles fragilités doivent être prises en compte en amplifiant notamment les actions de la plate-forme « synergie enfance et parentalité et avec un accompagnement ciblé des jeunes en situation d’isolement, particulièrement les jeunes femmes enceintes ou avec enfant. Des mesures qui s’accompagnent d'une démocratisation de l’accès aux infrastructures sportives et culturelles (une convention a d’ailleurs déjà été adoptée avec le Bois du Cazier) et d’un soutien à la remise en logement des personnes fragilisées et spécialement des SDF. Le CPAS dispose depuis peu d’un lieu d’ « habitat solidaire » à Couillet, mais comme le précisait Philippe Van Cauwenberghe, il existe peut-être encore des possibilités de développer d’autres partenariats dans ce cadre.

Le vieillissement de la population est un phénomène qui ne peut être ignoré. Le CPAS doit être prêt à y faire face en favorisant un hébergement adapté, ce qui passe par la modernisation de ses maisons de repos et l’augmentation de capacité de logements de type résidence-service. Le soutien au domicile et la lutte contre l’isolement des seniors, en favorisant la mobilité et l’accessibilité à différents espaces sont également à l’ordre du jour en impliquant dans ce domaine le Conseil consultatif des Aînés.

La diminution des inégalités dans l’accès au soin de santé s’impose elle aussi parmi les préoccupations du CPAS. Celle-ci pourrait passer par la création d’une Maison médicale en centre-ville, probablement sur l’ïlot Zoé Drion (espace autrefois occupé par l’hôpital civil). Une telle structure, gérée par un CPAS, existe à Frameries. Le médibus et le relais santé doivent être soutenus, là aussi en fonction, notamment, de la cartographie effectuée, et la coordination en matière de santé mentale intensifiée. Enfin, la création d’une salle de consommation à moindres risques est à l’étude. Des responsables du CPAS se rendront prochainement à Liège pour découvrir comment fonctionne une telle structure dans la Cité ardente, mais un modèle suisse, intégrant cette salle à d’autres services, pourrait lui aussi être envisagé.

Signe des temps, le développement durable représente un autre axe de la Déclaration de politique sociale du CPAS. Avec une volonté de réduction de l’empreinte carbone de ses bâtiments et services, mais aussi le souci d’aider ses bénéficiaires à réduire la leur, notamment via la Maison de l’énergie. Une alimentation saine sera également encouragée pour les bénéficiaires avec, notamment, une approche des acteurs de la grande distribution quant aux invendus alimentaires.

Enfin, la sixième priorité structurant la Déclaration porte sur le rôle du CPAS comme outil d’insertion. Dans ce cadre sont envisagés la poursuite du développement de l’économie sociale et un travail accru quant à l’orientation des jeunes, le savoir-être et l’insertion sociale.

La politique sociale du CPAS sera traduite dans son programme stratégique transversal pour début octobre. Celui-ci précisera les actions concrètes à mettre en œuvre avec l’ensemble du personnel et des partenaires publics et associatifs dans le respect des valeurs définies dans la charte du CPAS : respect, responsabilité, empathie, compétence et créativité.