Frelons asiatiques : pourquoi le piégeage printanier est crucial pour nos abeilles
L ’automne dernier a marqué un tournant inquiétant avec une progression record du frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) sur l’ensemble de notre territoire. Face à cette menace grandissante pour la biodiversité, l’heure n’est plus seulement au constat, mais à l’action immédiate.
Une menace directe pour notre écosystème
Le frelon asiatique n’est pas un simple prédateur ; c’est un fléau pour nos pollinisateurs. Une seule colonie peut consommer plusieurs kilos d’insectes en une saison, avec une prédilection pour les abeilles mellifères. En stagnant devant les ruches, le frelon stresse les colonies, empêchant les abeilles de sortir butiner et affaiblissant durablement les ruches jusqu’à leur effondrement.
Si la destruction des nids en fin de saison reste nécessaire, le véritable levier de contrôle se joue dès maintenant, à l’entrée du printemps 2026.
L’enjeu du printemps : stopper les “reines”
Pourquoi agir maintenant ? Au sortir de l’hiver, les femelles fondatrices (les futures reines) sortent d’hibernation pour construire, seules, un nid primaire.
Le calcul est simple : chaque fondatrice capturée au printemps, c’est un nid de moins en été. Quand on sait qu’un seul nid peut abriter jusqu’à 3 000 individus et générer des dizaines de nouvelles reines pour l’année suivante, on comprend l’impact exponentiel d’un piégeage précoce et ciblé.
Comment agir concrètement ?
La lutte ne nécessite pas de moyens complexes, mais elle demande de la méthode et de la sélectivité pour ne pas nuire aux autres insectes utiles.
1. S’équiper d’un matériel adapté : Privilégiez des pièges sélectifs agréés qui permettent aux petits insectes (mouches, abeilles) de ressortir.
Vous pouvez en commander via le Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA‑W) ou sur des sites spécialisés en apiculture.
2. Préparer facilement le “cocktail” attractif : Le mélange le plus efficace et le plus économique reste le “tiers-tiers” :
- 1/3 de sirop de grenadine (pour le sucre),
- 1/3 de bière brune (pour l’odeur),
- 1/3 de vin blanc (le répulsif indispensable pour éloigner les abeilles).
3. Emplacement stratégique : Installez vos pièges à environ 1,50 m du sol dans des zones de passage : jardins fleuris, haies, tas de bois, points d’eau ou à proximité immédiate des ruchers.
Une mobilisation collective pour un impact réel
Si les services de secours et les particuliers multiplient les interventions chaque année, ces actions restent vaines sans une coordination globale. Le piégeage est un effort citoyen : plus nous serons nombreux à installer des dispositifs dans nos jardins en ce printemps 2026, plus nous donnerons de chances à nos pollinisateurs de survivre et de maintenir l’équilibre de notre agriculture locale.
N’attendez pas de voir les premiers nids dans les arbres cet été. C’est aujourd’hui, alors que la nature s’éveille, que se joue l’avenir de nos abeilles.
Liens utiles
Informations officielles :
- Consultez le portail de la Wallonie sur les espèces invasives pour connaître les dernières recommandations de lutte.
- Pour les neutraliser ou signaler un nid : ici







