Charleroi

Don d’organes : des familles en parle

Ê tre donneur/​donneuse d’organes, c’est sauver des vies. Mais à côté de l’acte lui-même – l’inscription comme donneur – il est une étape qu’il ne faut pas négliger : en parler avec ses proches. Car au choc de l’annonce du décès s’ajoute parfois celui d’apprendre la décision du défunt.

Le témoignage ci-dessous pourra sans doute apporter un éclairage nouveau et sensibiliser le public à l’importance de poser cet acte qui sauve des vies…

Jean-Yves, ce héros

Le 3 janvier dernier, les Carolos, sous le choc, apprenaient le décès brutal de Jean-Yves Wargnies. Apprécié, aimé par cette Ville qu’il a contribué à redynamiser, Jean-Yves s’en est allé avec sa générosité coutumière : il était donneur d’organes. Un acte de super-héros qui a contribué à sauver 4 vies ! Aujourd’hui, sa famille témoigne du chemin qu’elle a dû parcours pour arriver à cette conclusion… « Il y avait quelque chose de beau à poser sur toute cette laideur. »

« Nous sommes tous des super héros », par Agnès Wargnies

Avant que le drame ne nous touche personnellement, je n’avais jamais pensé au don d’organes autrement que comme un acte purement médical, une intervention chirurgicale, une fourniture à une « banque », … à la limite, un vol, un viol, une mutilation quasi immorale du corps d’un être cher… 

Ne touchez pas à ce corps… Laissez le reposer en paix… Arrêtez…. !!! 

Lorsque nous avons compris que ce corps tant aimé, dans quelques jours ou quelques heures, nous ne pourrions plus le toucher, l’embrasser… même plus le croiser… l’apercevoir… nous avons aussi compris qu’il fallait le laisser s’éloigner, et seulement garder avec nous l’âme qui l’avait habité. 

Jean-Yves n’avait plus besoin de ce corps… il ne l’habitait plus. Il était déjà ailleurs, dans un lieu sans souffrance où, en y pensant, ce corps abîmé et douloureux l’aurait ralenti. 

Jean-Yves aimait la vie, le don de soi et le partage plus que tout. C’était son essentiel. Comment le trahir ? Pourquoi faire de lui un égoïste ? Lorsque la question terrible s’est posée… la réponse a été une sorte d’évidence, presque apaisante… 

Faire un geste. LE geste auquel il aurait lui-même rêvé de participer : sauver une vie, deux, trois… 

En l’occurrence, il a sauvé 4 personnes. Et il nous a sauvés aussi, nous ses sœurs, sa maman, ses amis. 

Parce que devoir dire au revoir dans des circonstances si tragiques, douloureuses ou violentes, c’est se sentir dévasté, détruit, se dire qu’on ne pourra jamais cesser de souffrir. C’est haïr, c’est mourir un peu soi-même. 

On ne peut échapper à ce cataclysme. 

Ne croyez pas que votre douleur sera moins terrible, moins dévastatrice, si vous gardez intact ce corps sans vie dont votre enfant, votre parent, n’a plus besoin… et qui vous sera de toute façon inaccessible dans un avenir proche. Très proche. 

En ce qui nous concerne, la douleur aurait été encore plus insurmontable, plus absurde, si nous n’avions pas eu la possibilité de faire quelque chose de beau, de généreux, et dans le respect de ses choix de vie. 

Amener une petite lumière dans toute cette ombre qui nous envahissait. 

Ça, c’est notre côté de l’expérience, en tant que famille. Du mauvais côté. « Du côté de la mort ». 

Mais de l’autre côté, « du côté de la Vie », au moment où nous perdions notre frère, notre fils… 4 familles ont été épargnées, n’ont pas eu à pleurer, à endurer ce que nous avons enduré. 

4 corps abîmés ont pu être réparés. 

Et 15 jours plus tard… un merveilleux courrier qui nous annonçait que Jean-Yves, le fils, le frère que nous pleurions, avait accompli un miracle, que les greffes avaient fonctionné, et que 4 personnes rentraient chez elles… 

Toutes sont la fille, le fils, la sœur, la mère, le père, d’une personne qui attendait un peu d’espoir. Fille, fils, sœur, mère ou père de l’un de vous peut-être… un jour… 

Il y avait quelque chose de beau à poser sur toute cette laideur. Enfin. Parce que nous n’avons pas contraint Jean-Yves à emporter avec lui quelque chose dont lui n’avait plus besoin… mais qui pouvait faire le bonheur de quelqu’un d’autre.

Ne craignez pas de faire du mal à celui ou celle qui est parti… ne craignez pas de lui manquer de respect. C’est exactement le contraire… vous lui offrez un magnifique cadeau, plein d’amour, vous lui permettez d’accomplir la plus belle des choses : donner la vie. 

Devenir donneur

Retrouvez toutes les informations concernant le don d’organes via formulaires auprès de votre commune : https://​www​.charleroi​.be/​m​e​s​-​d​e​m​a​r​c​h​e​s​/​f​a​m​i​l​l​e​/​d​e​c​e​s​-​e​t​-​f​o​r​m​a​l​i​t​e​s​#​1​5​2​4​7​1​-​d​o​n​-​d​o​r​ganes

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