Charleroi

Faire feu — Musée du Verre

Faire feu : mémoires de femmes verrière

Une installation de l’artiste Sandrine Isambert, conçue en résonance avec l’exposition « Art déco et modernisme au Val Saint-Lambert (1925−1939) ».
Illustration : Les maux de verre, 2026, mot en verre et impression vinyle © Olivier Bourgi

L’année 2026 célèbre le bicentenaire des emblématiques cristalleries du Val Saint-Lambert, fondées à Seraing, au bord de la Meuse. À cette occasion, le Musée du Verre de Charleroi met à l’honneur la période 1920 – 1939, moment charnière marqué par l’essor de l’Art déco, bientôt suivi par les premières formes du modernisme.

Très vite, un constat s’impose : retracer l’histoire de cette cristallerie revient aussi à raconter celle de ses dirigeants, ingénieurs et créateurs — un récit largement façonné par des figures masculines. Les femmes, quant à elles, en sont absentes, effacées des mémoires, rendues invisibles — à l’image du cristal, qu’elles ont pourtant contribué à façonner.

Car leur présence est indéniable. On les retrouve à des postes clés : au relevage d’arche, dans les ateliers de décoration, au contrôle qualité, à l’emballage, puis plus tard à la taille. Autant de rôles essentiels, longtemps relégués dans l’ombre.

Il devenait dès lors nécessaire de leur rendre hommage. L’Agora du Musée des Beaux-Arts s’est imposée comme un lieu idéal pour porter cette reconnaissance, à travers le regard engagé de l’artiste plasticienne française Sandrine Isambert, dont le choix s’est naturellement imposé.

Rencontrée en 2020 lors d’un colloque consacré à la place des femmes dans le secteur verrier, elle avait déjà marqué les esprits par la justesse de son engagement : oui, les femmes ont toute leur place dans cet univers. Avec son installation Faire feu, elle rend visible cette présence longtemps diffuse, mais jamais absente.

Et aujourd’hui, les lignes évoluent. Désormais, Noa Bovy officie au soufflage du cristal. Une réalité difficile à imaginer en 1826.